Équité salariale dans les CPE
Les syndiquées de la CSN tentent de relancer la négociation
Les porte-parole des travailleuses des CPE dont les syndicats sont affiliés à la CSN vont mettre en avant une proposition qu’ils adresseront à leurs vis-à-vis du gouvernement et de l’AQCPE. Mandatés pour ce faire par le Conseil fédéral sectoriel des CPE qui s’est tenu à Québec la semaine dernière, ils espèrent favoriser un déblocage rapide des négociations sur les questions qui restent en litige, en particulier l’équité salariale qui demeure au cur des objectifs poursuivis par les travailleuses des CPE.
Selon Jeff Begley, vice-président de la FSSS-CSN, c’est sur la base de la reconnaissance de la spécificité que revêt l’équité salariale pour les travailleuses des CPE que les négociations devraient reprendre entre les parties, et ce, le plus tôt possible. C’est dans cet esprit que, tout en demeurant déterminées à l’exercer si elle devenait nécessaire, les représentantes des syndicats des CPE n’ont voulu fixer aucune date pour le déclenchement de la grève générale illimitée.
Pour permettre la reprise des discussions, la proposition suivante sera présentée aux responsables gouvernementaux :
Premièrement : Si une entente intervient entre les parties sur l’équité salariale, les représentantes et les représentants des travailleuses s’engagent à recommander à leurs membres l’acceptation des mêmes taux d’augmentation générale des salaires que ceux qui seront consentis aux travailleuses et aux travailleurs du secteur public à l’issue des négociations actuellement en cours.
Deuxièmement : Les représentantes et les représentants des travailleuses demandent la convocation diligente de la table de négociation pour aborder la question des avantages sociaux. En l’occurrence, il s’agit de procéder à l’harmonisation des avantages sociaux que l’on retrouve dans les conventions collectives des centres de la petite enfance pour permettre aux travailleuses d’avoir droit aux mêmes bénéfices. Ces conditions étant déjà présentes dans les conventions collectives, ces discussions ont très peu d’impacts financiers.
Troisièmement : Le gouvernement doit convenir que la question de la reconnaissance de la valeur du travail des femmes dans les CPE a un caractère spécifique du fait, d’une part, qu’il s’agit d’un milieu de travail exclusivement féminin et, d’autre part, que le réseau des CPE est à l’extérieur du giron du secteur public et que, de ce fait, les conditions de travail qui y prévalent sont différentes.
Dans le nouveau contexte que la proposition syndicale tente de créer, la présidente de la CSN appelle le gouvernement à faire preuve d’ouverture et de bonne foi. « Le premier ministre a affirmé vendredi, à la suite de la proposition de l’AQCPE d’introduire un facilitateur dans le processus de négociation pour permettre un déblocage, que les mécanismes en place étaient adéquats et suffisants et qu’il était possible d’arriver à un règlement sur l’équité salariale dans les CPE sans ajouter d’autres intervenants. Encore faut-il que la négociation ne soit pas un dialogue de sourds et que les parties soient à la recherche de solutions. Nous venons, quant à nous, de présenter une avenue qui devrait permettre le redémarrage des discussions. Notre devoir est de mettre en place les conditions qui permettent l’atteinte de l’objectif qu’est l’équité salariale pour ces travailleuses, mais c’est aussi la responsabilité du gouvernement », de rappeler la présidente de la CSN.
Ginette Lavoie, représentante du secteur, précise : « Encore une fois, nous démontrons que notre objectif n’est surtout pas de mettre dans l’embarras les parents des enfants auprès desquels nous travaillons. Il y a maintenant des années que nous revendiquons l’équité. Depuis juin 2003, ce gouvernement n’a eu de cesse de repousser l’échéance d’un règlement. »
Source : CSN – 31 août 2005
Pour renseignements : Roger Deslauriers, Service des communications de la CSN, tél. : 514 598-2378 ; cel. : 514 916-8041