Les employé-es de la Résidence Maison-Neuve obtiennent l’ajout de postes à temps complet
Réunis en assemblée générale ce matin et cet après-midi, les syndiqué-es CSN de la Résidence Maison-Neuve, à Montréal, un des pavillons du Centre d’hébergement de soin de longue durée Lucille-Teasdale, ont accepté une recommandation concernant l’ajout de près de quatre postes équivalents temps complet (ETC) dans les prochains jours. Ils se sont prononcés à l’uanimité en faveur de cette proposition.
Cette recommandation était le résultat des pourparlers et travaux que l’employeur et le syndicat ont eu cette semaine, les 27 et 28 janvier. Avec la création de ces nouveaux postes, le syndicat, qui représente les 150 employé-es de l’établissement, aura donc obtenu, depuis 1999, l’ajout de près de 11 postes ETC. « En plus d’améliorer nos conditions de travail, tous ces postes nous permettront d’assurer une plus grande présence auprès des bénéficiaires, ce qui était aussi un de nos objectifs », a déclaré la présidente du syndicat, Jocelyne Daviault. L’addition des nouveaux postes à la Résidence Maison-Neuve coûtera 126 000 $ par an à l’employeur, dont le budget de fonctionnement annuel est de 30 millions de dollars pour les trois pavillons du CHSLD Lucille-Teasdale. Le CHSLD exploite également deux autres pavillons à Montréal : Eloria-Lepage et J- Henri-Charbonneau.
FIL DES EVENEMENTS
Le 21 janvier, les parties patronale et syndicale s’étaient retrouvées au Conseil des services essentiels. En soirée, le syndicat avait annoncé qu’il reportait l’arrêt de travail de 24 heures prévu pour le lendemain. Le Conseil des services essentiels a à nouveau rencontré l’employeur et le syndicat, le 27 janvier. Le conseil a proposé la formation d’un comité en vue d’en arriver à des résultats.
A BOUT DE SOUFFLE
Les infirmières auxiliaires, les préposé-es aux bénéficiaires, les aides à l’alimentation et les préposé-es à l’entretien réclamaient ces postes afin de ne plus être contraints à continuer de travailler dans des conditions dangereuses pour leur intégrité, leur sécurité et leur santé physique et mentale. Au cours des dernières années, l’alourdissement de la tâche de travail s’est traduit par une augmentation importante des recours à l’assurance salaire par les employé-es, recours occasionnés notamment par des problèmes musculo-squelettiques et de santé mentale, entre autres, l’épuisement. Aussi réclamaient-ils de leur employeur qu’il ajoute quatre postes ETC et procède à une réorganisation du travail pour suppléer au manque de personnel.
UN PROBLEME RECURRENT
Le problème n’était pas nouveau : depuis 1999, les syndiqué-es demandaient d’ajouter du personnel pour trouver des solutions à la surcharge de travail. Dans un rapport de médiation intérimaire du ministère du Travail du Québec, déposé en avril 2002, on avait constaté que le recours à l’assurance salaire avait plus que doublé au cours des trois dernières années pour atteindre 13,84 pour cent en 2001-2002. La Régie régionale de la santé et des services sociaux de Montréal-centre a reconnu ce problème puisqu’elle a alloué 75 000 $ en juin dernier à la résidence. Ce montant devait servir à la création de nouveaux postes et permettre l’admission de nouveaux bénéficiaires à la Résidence Maison-Neuve.
RAPPEL
En janvier 2000, la direction de la résidence a ajouté 4,36 postes (ETC). Puis, en janvier 2002, l’employeur a ajouté un poste d’infirmière auxiliaire ainsi que huit heures supplémentaires par jour pour les tâches de préposé-es aux bénéficiaires, soit trois postes ETC. Mais ce n’était pas suffisant. La situation a par la suite continué à se dégrader. « Plusieurs membres de notre syndicat étaient prêts à démissionner pour ne plus vivre dans ces conditions », a rappelé Jocelyne Daviault. Au cours des trois dernières années, les syndiqué-es ont voté à scrutin secret divers moyens de pression, dont deux débrayages de 24 heures et une grève générale illimitée, pour régler la situation. En 1999, la députée du comté de Hochelaga-Maisonneuve à l’Assemblée nationale, Mme Louise Harel, a été sensibilisée à la situation prévalant à ce centre d’accueil. Soixante-quinze des 161 résidents ont déjà signé une pétition demandant plus de personnel et de médecins. L’âge moyen des travailleuses et des travailleurs se situe aux entre 35 et 40 ans. Ils ont une vingtaine d’années de service. Les bénéficiaires sont en moyenne âgés de 80 ans. Ils connaissent des difficultés physiques, des troubles cognitifs ou encore sont en perte d’autonomie.
(Source: CSN 30-01-03 — Renseignements: Michel Crête, (514) 598-2454)