Selon le représentant syndical des ambulanciers paramédics qui ont répondu à une urgence médicale au Casino de Montréal, le 6 février dernier, la direction du casino diffuse des affirmations erronées sur les circonstances entourant la mort d’un employé pendant son quart de travail. Réjean Leclerc, le président du Syndicat du préhospitalier (CSN), confirme la version de l’événement concernant l’intervention des paramédics tel que présenté en conférence de presse, le 28 avril, par le syndicat des collègues de travail de l’homme décédé. Dans leur rapport d’enquête, Un mort au casino (disponible à www.csn.qc.ca), ils ont identifié plusieurs lacunes majeures dans l’intervention des infirmières et des cadres du casino, qui remplacent les agents de sécurité en lock-out depuis le mois d’août 2008. Dans La Presse, hier, le porte-parole du Casino de Montréal, Patrice Léger-Bourgoin, a insisté en disant que « les protocoles ont été suivis à la lettre » dans le traitement de la victime en attendant l’arrivée de l’équipe d’Urgences-santé. Dans son communiqué adressé aux employés, hier aussi, le directeur général du casino, Daniel Bissonnette, a même affirmé que les premiers soins lui ont été prodigués « selon les règles de l’art ». Pourtant, selon le rapport rédigé par les paramédics la journée même de l’incident afin de signaler les anomalies qu’ils ont observées, la victime ne respirait pas et n’avait aucune activité cardiaque à leur arrivée, a déclaré Réjean Leclerc. « Lorsqu’ils ont pris la situation en main, les paramédics n’ont observé aucun effort de réanimation cardiorespiratoire de la part des infirmières ni des cadres, a commenté M. Leclerc. Malgré la présence d’un défibrillateur, ils ne se sont pas servis de l’appareil, non plus. C’est peut-être le protocole du casino dans une telle situation ; ce n’est pas le nôtre. Et ce n’est certainement pas selon les règles de l’art. » M. Légér-Bourgoin a aussi nié que le cadre qui a accueilli les paramédics dans le stationnement souterrain du casino a cafouillé dans sa tentative de mettre l’ascenseur en mode manuel afin de les amener directement au 5e étage. En fait, les portes de l’ascenseur se sont ouvertes à tous les étages, retardant ainsi l’arrivée des paramédics de trois à quatre minutes. « En temps normal, nos paramédics sont habitués à une fluidité dans les déplacements lors des appels au casino, a commenté Réjean Leclerc. Les agents de sécurité font un relais du pont à la porte, et ils prennent le contrôle des ascenseurs sans difficulté afin que nous puissions nous rendre à l’urgence le plus vite possible. Cette fois-ci, il y a eu des délais ; cela apparait évident. »