Un quatrième règlement à l’hôtel Classique
Une entente de principe est intervenue aujourd’hui à l’hôtel Classique entre la direction de l’établissement et le syndicat CSN représentant uniquement la quinzaine de salarié-es de la réception. L’accord qui sera soumis aux membres du syndicat dans les prochains jours reprend les grands éléments de l’entente-modèle des 41 syndicats CSN en négociations coordonnées.
Entre autres, ces salarié-es obtiennent : des mesures favorisant la conciliation entre famille et travail, notamment des mécanismes permettant aux salarié-es de réduire leur temps de travail – jusqu’à deux jours par semaine – pour s’occuper de leurs enfants ou de leurs proches ; une sixième journée de maladie, la première année, une septième journée en 2009 et une huitième journée en 2010, remboursables si non-utilisées ; une augmentation de 5 % de la part de l’employeur au régime d’assurance pour la porter de 50 à 55 % ; la part de la personne salariée passe de 50 à 45 %, et ce, dès la première année de la convention collective ; l’indexation de la prime de départ ; un calcul des gains plus favorable pour les salarié-es au regard du régime de retraite ; une augmentation des contributions au régime de retraite de 1 % pour chacune des parties, au terme de la convention collective ; des augmentations salariales de 3 % pour chacune des années d’un contrat de travail de trois ans.
Il s’agit du deuxième règlement à intervenir dans la région de Québec après celui du PUR. Deux autres hôtels de l’Estrie ont également conclu une nouvelle convention collective, soit l’Estrimont et les Jardins de ville..
Les salarié-es du Château-Champlain joignent le mouvement de débrayage
Réunis en assemblée générale cet après-midi, les membres du syndicat CSN représentant les 321 professionnel-les de l’hôtellerie du Marriott Château-Champlain de Montréal ont voté dans une proportion de 74 % en faveur d’une banque de 72 heures de grève.
Le vote s’est tenu par scrutin secret. Les activités de cet hôtel de 611 chambres pourraient être perturbées à tout moment à compter de maintenant
Pas règlement final sans réduction de la charge de travail des préposées
La Fédération du commerce de la CSN a fait connaître sa réaction à l’égard d’un communiqué de presse émis plus tôt aujourd’hui par l’Association des hôteliers de Montréal. Au nom des hôteliers montréalais, l’association semble fermer la porte à toute réduction de la charge de travail des préposées aux chambres, un des enjeux importants de ces négociations pour les professionnel-les de l’hôtellerie.
Le 20 juillet, les syndicats CSN ont adopté une contre-proposition sur l’ensemble de leur plate-forme de négociation. Elle a été déposée à toutes les tables de négociation. Elle constitue une base de compromis satisfaisante pour les deux parties. Elle repose sur une analyse rigoureuse de la santé financière de l’industrie hôtelière au Québec et à Montréal en particulier. La demande de réduction de la charge de travail des préposée comporte un coût, ce que les syndicats reconnaissent d’emblée. Ils en ont tenu compte dans l’élaboration de leur plate-forme, parce que c’est une priorité à leurs yeux.
« Au lieu d’émettre des communiqués de presse dans lesquels ils gonflent le coût réel de nos demandes et valorisent un statu quo qui a des impacts sur la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs et sur la qualité du service dans les établissements, les hôteliers devraient mettre leurs énergies aux tables de négociation. », estime le président de la Fédération du commerce de la CSN, Jean Lortie. Les syndicats CSN n’entendent nullement laisser tomber une demande aussi primordiale et légitime. Ils veulent négocier, trouver un terrain d’entente qui permettra aux préposées d’améliorer leurs conditions de travail et de vie tout en assurant la santé à long terme de l’industrie. Il n’y a aucune autre issue que la négociation.
Un communiqué trompeur
Dans son communiqué, l’Association des hôteliers du Grand Montréal défend une position de statu quo tout à fait incompatible avec les exigences propres à un processus de négociation. Elle s’appuie notamment sur le fait que la charge de travail des préposées aux chambres est plus lourde dans certaines villes nord-américaines qu’elle ne l’est à Montréal. « Ce n’est pas parce que les employé-es d’hôtels de Washington n’en font pas une priorité que ça ne serait pas légitime pour les professionnel-les de l’hôtellerie du Québec de le faire », souligne Jean Lortie.
L’Association prétend également que la demande syndicale augmenterait les coûts d’opération des hôtels de 8 %. Pourtant, dans un hôtel comme le Reine-Elizabeth, le plus important au Québec, la demande syndicale initiale de réduction d’une chambre en tout temps représente une augmentation de la masse salariale d’environ 1, 2 %. C’est 1,10 dollar par chambre ! Ces calculs se basent sur le taux d’occupation moyen de l’hôtel selon l’employeur soit 73 %. Comment l’Association peut-elle sérieusement prétendre que cela met en péril la compétitivité des hôtels ?
Parole brisée
La semaine dernière, une entente a été conclue dans un hôtel de Montréal. L’employeur et le syndicat s’entendaient notamment sur la réduction de la charge de travail des préposées aux chambres. L’entente ne s’est pas matérialisée parce que des pressions ont été exercées par des procureurs d’autres hôtels favorisant le statu quo. « Ce revirement a été reçu comme une gifle par les salarié-es de l’établissement. Dans ces conditions, pas étonnant que les moyens de pression s’intensifient », explique Jean Lortie.
La plupart des directions hôtelières reconnaissent plus ou moins ouvertement que la réduction de la charge de travail des préposées est souhaitable et qu’un règlement négocié sur cette question est absolument nécessaire pour ramener la situation à la normale dans les établissements montréalais. Il faudra bien qu’elles donnent des mandats clairs en ce sens à leurs porte-parole aux tables de négociation sans quoi, les syndicats CSN continueront de faire pression. Soulignons que certains directeurs généraux d’hôtels ont signifié très clairement à leurs vis-à-vis syndicaux leur exaspération face aux stratégies des procureurs.
Une nécessité
La charge de travail des préposées n’a pas été revue depuis plusieurs années. Au cours de cette période, plusieurs hôtels ont procédé à des rénovations et à des réaménagements qui ont eu pour effet d’alourdir le fardeau de travail.
Par exemple, on constate : de plus en plus de chambres à deux lits ; une multiplication du nombre d’oreillers et de coussins ; une diversification croissante des articles de bains ; une offre plus généreuse des services dans les chambres ; des couettes et des matelas de plus en plus pesants ; ajout de poubelles de recyclage et de récupération ; ajouts de grands miroirs ; utilisation plus répandue du verre et de l’acier inoxydable, ce qui requiert un entretien plus exigeant.
De plus, elles manquent souvent du matériel nécessaire pour bien accomplir leur travail et il est parfois inadéquat, ce qui complique leur tâche.
Entente-modèle
Les syndicats CSN souhaitent des règlements semblables à celui intervenu à l’hôtel PUR. Il s’agit d’un hôtel moderne dont les standards sont comparables à ceux de nombreux hôtels montréalais actuellement en négociation. À leurs yeux, il n’y a aucune raison pour que les professionnel-les de l’hôtellerie du Grand Montréal ne bénéficient pas des mêmes conditions de travail. « Au PUR, à l’Estrimont, aux Jardins de ville, il y a des employeurs qui ont dit, mon monde, ils ont droit à des conditions de travail de professionnel-les. Il les ont respectés et ont conclu de bons contrats de travail avec les syndicats. Il n’y aura pas de grève au PUR, ni à l’Estrimont ni aux Jardins de ville. Qu’attendent les autres hôteliers pour suivre cet exemple ? »
L’entente-modèle du secteur de l’hôtellerie, intervenue à l’hôtel PUR de Québec, il y a trois semaines comprend : une réduction de la charge de travail des préposées aux chambres : la convention collective prévoit un maximum de 13 chambres au lieu de 14 ; des mesures favorisant la conciliation entre famille et travail, notamment des mécanismes permettant aux salarié-es de réduire leur temps de travail – jusqu’à deux jours par semaine – pour s’occuper de leurs enfants ou de leurs proches ; des dispositions limitant fortement les recours aux agences de personnel ; le partage du coût des assurances, à raison de 60 % pour l’employeur et 40 % pour la personne salariée, dès la première année de la convention collective ; huit congés de maladie par année, remboursables s’ils ne sont pas utilisés ; l’indexation de la prime de départ ; un calcul des gains plus favorable pour les salarié-es – comprenant notamment les vacances et les pourboires – au regard du régime de retraite ; une augmentation des contributions au régime de retraite de 1 % pour chacune des parties, au terme de la convention collective ; des augmentations salariales de 3 % pour chacune des années d’un contrat de travail de trois ans.
11 500 chambres
Au total, la Fédération du commerce CSN compte 37 500 membres, dont 6500 dans les hôtels du Québec. De ce nombre, environ 5500 font partie de la ronde de négociations coordonnées 2008, soit les membres des syndicats de 41 hôtels totalisant 11 500 chambres. La CSN compte aujourd’hui 300 000 membres dans tous les secteurs d’activité. Pour tout savoir sur les négociations coordonnées de l’hôtellerie : http://www.fc.csn.qc.ca/nego2008.
Source : CSN – 6 août 2008
Pour renseignements : Jean-Pierre Larche, Service des communications de la CSN Tél. : 514 598-2264