La Confédération des syndicats nationaux (CSN) lance aujourd’hui sa Semaine nationale de la santé et de la sécurité du travail, qui se déroule du 18 au 24 octobre sous le thème « La santé et la sécurité du travail, ce n’est pas un jeu ». Des activités de sensibilisation et de mobilisation auront lieu partout au Québec afin de rappeler l’importance de la prévention dans les milieux de travail.
Cette édition se tient alors que le bilan de la Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail doit être déposé cet automne à l’Assemblée nationale. Pour la CSN, le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) a fait fausse route en excluant les secteurs de la santé, des services sociaux et de l’éducation de certains mécanismes permanents de prévention.
Une exclusion toujours dénoncée
« La santé et la sécurité du travail ne doivent jamais être considérées comme un coût ou une formalité administrative. Chaque travailleuse et chaque travailleur a le droit de rentrer chez soi en santé, et en vie. Il est incompréhensible qu’on ait retiré des outils essentiels de prévention à des secteurs aussi névralgiques avant même d’en avoir évalué les effets », affirme la présidente de la CSN, Caroline Senneville.
La centrale continue de dénoncer cette exclusion, qui touche majoritairement des secteurs à prédominance féminine, et poursuit sa contestation judiciaire afin d’obtenir les mêmes protections pour l’ensemble des travailleuses et des travailleurs.
Une judiciarisation qui inquiète
La CSN s’inquiète également de la judiciarisation croissante du régime. Alors que la réforme devait améliorer le sort des victimes de lésions professionnelles, le nombre de dossiers ouverts en matière de santé et de sécurité du travail auprès du Tribunal administratif du travail et de son ancêtre, la Commission des lésions professionnelles, est passé d’un peu moins de 23 000 à près de 45 000 en 25 ans.
« Lorsqu’une personne blessée ou malade doit multiplier les démarches pour faire reconnaître ses droits, c’est tout le régime qui est remis en question. Trop souvent, les mécanismes de contestation sont utilisés à l’encontre des victimes plutôt que pour les accompagner », soutient Mme Senneville.
Des ressources insuffisantes à la CNESST
La CSN dénonce également le gel d’embauche imposé par le gouvernement sortant. Ce gel affecte directement la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), notamment par des réductions de services. Rappelons que le financement de la CNESST ne repose pas sur l’État, mais sur des cotisations versées par les employeurs.
« Comment s’assurer que les activités d’inspection, l’accompagnement des travailleurs accidentés et la prévention soient optimaux si on retire la capacité d’agir à la CNESST ? Tout cela dans un contexte où les besoins sont grandissants, où les risques se complexifient et où plusieurs catégories de travailleuses et de travailleurs demeurent particulièrement vulnérables, notamment les travailleurs étrangers temporaires. Il faut donner à la CNESST les moyens de remplir pleinement sa mission », observe la présidente.
Les changements climatiques, un enjeu de santé et de sécurité
La CSN rappelle également que les changements climatiques représentent un défi croissant pour la santé et la sécurité du travail. Les épisodes de chaleur extrême et les événements météorologiques extraordinaires plus fréquents exposent un nombre grandissant de travailleuses et de travailleurs à des risques accrus.
« Les changements climatiques ont déjà des conséquences directes sur la santé et la sécurité du travail. Le Québec doit s’orienter vers une transition écologique qui va de pair avec la protection des emplois, le développement des compétences et l’intégration de véritables mesures de prévention dans les milieux de travail », conclut Caroline Senneville.
À travers les activités organisées cette semaine, la CSN réaffirme son engagement en faveur d’un régime de santé et de sécurité du travail fondé sur la prévention, la participation des travailleuses et des travailleurs et le respect des droits des victimes.