À l’initiative du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la Ferme St-Zotique, des militantes et militants de syndicats CSN de toute la région se sont rassemblés aujourd’hui, à 10 h, dans le parc voisin de l’hôtel MOCO, où se tenait une séance de négociation.
En lockout depuis le 2 octobre, les travailleuses et travailleurs de l’usine ont un message clair pour la direction : l’intimidation, ça suffit. Pour la présidente du syndicat, Régine Sergerie, une convention collective, ça se règle à la table :
« Depuis le début, notre boss mise sur la peur : des agents de sécurité, des sanctions, des avocats. Ça ne marche pas ! On ne craquera pas ! On veut une convention collective qui respecte notre travail, notre ancienneté et nos droits, on est prêts à la négocier dès maintenant ».
Le vice-président de la CSN, David Bergeron-Cyr, a rappellé qu’un employeur qui mise sur l’intimidation et les tribunaux plutôt que sur la négociation se trompe de stratégie. Il a souligné que :
« La CSN sera là aussi longtemps qu’il le faudra, même si Burnbrae Farms fait durer son lockout en envoyant classer ses œufs en Ontario et en s’approvisionnant aux États-Unis ! »
En 2017, Burnbrae, propriétaire de la Ferme St-Zotique, a investi 8 millions de dollars pour que les œufs du Québec soient classés au Québec, a souligné Serge Monette, président de la Fédération du commerce. Il ajoute :
« Le plus grand producteur d’œufs au Canada est loin d’être en difficulté : il refuse de partager. Ce sont des employé-es qu’il prive d’un salaire. La Fédération du commerce restera à leurs côtés jusqu’à ce qu’ils obtiennent une convention collective juste. »
Historique de tensions
Les salarié-es de l’usine de classement d’œufs sont sans convention collective depuis le 7 novembre 2025. L’employeur exige des reculs importants, notamment sur le respect de l’ancienneté. Il a aussi annulé huit dates de négociation. Depuis le début des pourparlers, plusieurs membres, dont des délégué-es syndicaux, ont été suspendus, congédiés ou visés par des mises en demeure. La direction multiplie aussi les recours devant les tribunaux : une dizaine de dates d’audience sont prévues d’ici avril. La veille de la séance de conciliation du 16 octobre, l’employeur a annoncé qu’il ne s’y présenterait pas en plus de reporter sa réponse aux demandes syndicales au 11 novembre.
« Quand un employeur s’attaque à un syndicat, il s’attaque à tout le mouvement. Le 2 octobre, on avait dit qu’on ne laisserait pas tomber les travailleuses et travailleurs de la Ferme St-Zotique. Aujourd’hui, on est là. Ils ne sont pas seuls, et la direction doit le comprendre », a lancé la présidente du Conseil central de la Montérégie, Audrey Benoit.
À propos
Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la Ferme St-Zotique–CSN représente près d’une centaine de salarié-es de l’usine de classement d’œufs de Saint-Zotique. Il est affilié à la Fédération du commerce–CSN, qui regroupe plus de 67 000 membres, ainsi qu’au Conseil central de la Montérégie–CSN. La CSN rassemble plus de 350 000 travailleuses et travailleurs dans l’ensemble des secteurs d’activité.