Agents de prévention en milieu de travail : la CSN demande que les syndicats soient aussi consultés

La CSN se réjouit de l’annonce du ministère du Travail qui redéploiera 1000 agents de prévention issus de la fonction publique pour faire la promotion des mesures de santé et de sécurité en lien avec le déconfinement graduel des entreprises. Toutefois, la centrale syndicale demande à ce que les syndicats soient également consultés dans l’évaluation des mesures de prévention mises en place pour chacun des milieux de travail.

Comme l’a indiqué le ministère du Travail ce matin, en collaboration avec la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), des équipes de prévention composées de personnel de différents ministères et organismes publics seront également responsables d’évaluer les mesures mises en place dans différents milieux de travail. Ceux-ci pourront communiquer avec les employeurs, mais aucune forme de consultation auprès des travailleuses et des travailleurs n’est actuellement prévue.

« Toute la Loi sur la santé et la sécurité du travail repose sur le paritarisme, rappelle le vice-président de la CSN, Jean Lacharité. Ces agents de prévention sont appelés à être les yeux et les oreilles de la CNESST. Il tombe sous le sens que ceux-ci doivent être habilités à consulter l’ensemble des parties pour établir un portrait approprié de la situation dans chaque entreprise. Il en va de la santé et de la sécurité des travailleuses et des travailleurs. Si on veut prendre tous les moyens pour réduire la propagation du virus, il faut s’assurer que les milieux de travail s’ajustent correctement. En ce sens, la participation des syndicats est primordiale. »

La centrale syndicale demeure très préoccupée par le manque d’inspecteurs et d’inspectrices en prévention au sein de la CNESST. « Déjà, avant la crise, nous étions inquiets des conséquences du manque de ressources pour inspecter les milieux de travail et apporter les correctifs appropriés. La situation ne s’est pas améliorée avec la crise de la COVID-19. Redéployer 1000 fonctionnaires pour faire la promotion de la prévention, c’est un bon pas en avant. Mais on doit s’assurer que les travailleuses et les travailleurs sont partie prenante de l’évaluation des mesures mises en place. C’est ce que nous demandons à la CNESST et au ministre du Travail Jean Boulet », mentionne Jean Lacharité.

Faut qu’on se parle

Depuis le début de la pandémie, on mesure chaque jour l’ampleur de la crise économique à laquelle devra faire face le Québec dans les prochaines années. Plusieurs croient, une fois la pandémie maîtrisée, que le monde reprendra son cours normal. Nous ne sommes pas d’accord avec cette lecture. En plus des victimes de la pandémie, il y aura de nombreuses fermetures d’entreprises, une augmentation importante du chômage, des pans entiers de l’économie à reconstruire, des déficits budgétaires considérables. Malgré le caractère tragique de la crise, nous sommes de celles et de ceux qui y voient l’occasion d’effectuer un virage en matière de stratégie de développement économique. Toutefois, cette stratégie doit être réfléchie, planifiée et mise en œuvre dès maintenant avec tous les partenaires de la société québécoise. Voilà pourquoi nous demandons au gouvernement de François Legault de mettre rapidement en place les balises permettant un véritable dialogue social avec l’ensemble des acteurs concernés.

Nous n’avons certainement pas toutes les réponses, mais nous connaissons quelques questions qui méritent d’être posées. Nous avons également des propositions à mettre de l’avant. Bref, nous voulons être partie prenante de cette relance.

D’emblée, il nous apparaît tristement évident que des milliers de travailleuses et de travailleurs ne retrouveront pas l’emploi qu’ils détenaient il y a maintenant deux mois. D’autres, que ce soit en culture ou dans le secteur touristique, ne le reverront pas de sitôt. Le Québec devra, collectivement, traverser une importante réorganisation de son marché du travail.

La pandémie a révélé le rôle incontournable des services publics et des programmes sociaux. Cependant, cette dernière a aussi révélé à quel point les années d’austérité ont affaibli les réseaux de la santé, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la petite enfance. De façon plus particulière, le regard lucide que pose chaque jour le premier ministre sur le sort réservé aux aîné-es confirme nos revendications des dernières années et l’urgence de revoir collectivement l’état de l’ensemble du réseau de la santé. Des réinvestissements sont toujours nécessaires, au premier chef pour consolider le réseau de la santé sur le plan des acquisitions, de l’organisation du travail, des conditions de travail, des façons de s’occuper des personnes âgées et vulnérables et des immobilisations.

Nous saluons la décision du gouvernement de contribuer activement à la reprise économique en accélérant de nombreux projets d’infrastructures, notamment en matière de transport collectif. Toutefois, cette décision, seule, n’est pas garante du succès de la relance. De nombreux secteurs auront des besoins particuliers. Des choix importants seront à faire pour soutenir la création d’emplois dans des milieux innovateurs et la nécessaire transition écologique de l’économie.

Ces choix collectifs devront être accompagnés de mesures concrètes qui permettront de soutenir nombre de travailleuses et de travailleurs dans l’acquisition de connaissances en période de transformation du marché de l’emploi. On ne s’invente pas technicien en bâtiment ou électricien du jour au lendemain. Que ce soit en matière de formation continue ou de développement professionnel, l’adéquation du marché du travail ne peut être abandonnée aux seules lois du marché. L’État québécois aura un rôle à jouer à cet égard, particulièrement par l’entremise de son réseau public d’éducation et d’enseignement supérieur — sans sous-estimer le rôle crucial que le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale ainsi que le ministère de l’Économie et de l’Innovation auront à jouer.

Ce qui nous amène à réfléchir aux défis que le gouvernement du Québec aura à relever au cours des prochaines années en matière de finances publiques. Jusqu’à maintenant, il annonce qu’il n’est pas dans son intention de résorber le déficit qui résultera des mesures d’aide aux personnes et de soutien aux entreprises par de subséquentes mesures d’austérité. Par ailleurs, nous devrons soupeser la pertinence de maintenir les transferts au Fonds des générations. Les objectifs de réduction de la dette prévus pour 2026 étant déjà atteints, la crise actuelle nous force notamment à revoir ce choix.

Les mesures temporaires d’appui aux travailleuses et aux travailleurs affectés par la crise, jusqu’ici largement assumées par le gouvernement fédéral, ne seront pas éternelles. Il y aura plusieurs laissés-pour-compte et nous devrons réfléchir à la façon de bonifier le filet de sécurité sociale.

Le gouvernement dévoilera en partie les stratégies qu’il mettra de l’avant lors de sa mise à jour économique prévue pour juin prochain. Malheureusement, rien ne nous indique qu’une véritable consultation des partenaires socioéconomiques du gouvernement québécois ne l’aura précédée.

Le premier ministre du Québec doit indiquer rapidement de quelle façon il entend poser les fondements d’un réel dialogue social avec les acteurs socioéconomiques pour s’assurer d’une véritable adhésion du plus grand nombre de Québécoises et de Québécois.

Faut qu’on se parle. De notre avenir à toutes et à tous.

Daniel Boyer, président de la FTQ
Jacques Létourneau, président de la CSN
Sonia Ethier, présidente de la CSQ
Luc Vachon, président de la CSD

RSG : la réouverture qui change tout

Qu’est-ce qui a changé ? Après une semaine de réouverture des services de garde en milieu familial (à l’extérieur de la Communauté métropolitaine de Montréal), on pose la question à des responsables de service de garde (RSG) et la réponse est sans ambages : tout !

Comment s’opère la distanciation dans un milieu de vie où la proximité fait partie de l’ADN même du service de garde ? Comment exprimer de la douceur et de la chaleur envers les enfants tout en portant une visière, un masque et des gants ?

Une chose est certaine, il s’écrit, dans des milliers de milieux familiaux partout au Québec, une histoire faite de petits et de grands gestes qui n’ont qu’un seul objectif : un retour bienveillant pour les enfants.

« Une chose que j’ai vite comprise, c’est que nous devions préparer les enfants… et les parents ! », souligne d’entrée de jeu Marylin Potvin, RSG au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

« Quelques jours avant la réouverture, j’ai contacté les parents et je leur ai expliqué les changements apportés au milieu de garde ainsi que les protocoles à respecter de part et d’autre. Mais le plus important pour moi, c’était de parler aux enfants avant la rentrée. On a fait cela par appels vidéo et j’ai pu leur montrer l’équipement, la visière, les gants et les sensibiliser afin qu’ils ne soient pas trop déstabilisés le lundi matin. »

Même son de cloche pour Mélanie Dion, RSG de la même région. « Ce qui fait la beauté de nos milieux de garde, c’est justement tout l’aspect familial ! C’est un vrai défi de conserver ce caractère avec l’équipement de protection individuelle, les mesures de distanciation, les limitations multiples pour respecter les consignes. Il faut faire preuve d’imagination et je me suis assurée de préparer mon milieu afin de rendre plus fluides certaines nouvelles réalités. Il faut travailler en amont avec les parents, car c’est ensemble que nous pouvons espérer faciliter l’adaptation des enfants », ajoute-t-elle.

Les deux RSG font état d’une sensibilité accrue par rapport aux besoins des enfants, dans un contexte où les milieux et les règles qu’ils connaissent sont passablement chamboulés. « Dès la première journée, j’ai fait un atelier avec les enfants afin de leur apprendre à décoder les émotions de quelqu’un qui porte un masque. J’ai enfilé le mien et nous avons joué à deviner si j’exprimais de la joie, de la tristesse, un questionnement et tout plein d’autres expressions faciales qui nous permettent de communiquer ensemble au quotidien. En apparence banal, cet exercice leur permet de participer et d’intégrer la nouvelle réalité », mentionne Marylin Potvin.

« Il faut tout adapter, même notre posture physique, s’exclame Mélanie Dion. Je m’assois moins par terre pour éviter que les enfants se rapprochent trop, je privilégie les chaises, par exemple. Ça change une dynamique, mais c’est une raison de plus pour développer d’autres trucs afin de montrer aux enfants que nous sommes tout autant
là. »

Les deux femmes sont unanimes : les enfants sont très résilients. En écoutant ces RSG nous confier leurs observations, nous aurions aussi le goût d’ajouter qu’il s’agit d’une résilience nourrie par leur propre bienveillance à l’égard des tout-petits.

La CSN déplore le manque de protection des travailleurs vulnérables et la confusion du gouvernement à cet égard

La CSN déplore vivement la confusion généralisée à l’égard des travailleuses et des travailleurs de 60 ans et plus ainsi que des personnes vulnérables dans un contexte de déconfinement, qui semble de plus en plus improvisé. La centrale syndicale exige du gouvernement des consignes claires à l’endroit des employeurs, notamment dans le secteur public, afin que tout soit mis en œuvre pour protéger leur santé et leur sécurité.

« Lundi, François Legault indiquait que toute personne âgée de 60 ans et plus devait demeurer confinée. Hier, la vice-première ministre déclarait que celles-ci sont aptes à retourner au travail. Rien pour rassurer les travailleuses et les travailleurs », dénonce Jacques Létourneau. Le président de la CSN rappelle que les directives du ministère de l’Éducation en date de vendredi dernier étaient claires à cet égard, avant qu’elles ne soient changées du tout au tout mercredi matin.

« Malgré les appels à la flexibilité et à l’ouverture lancés par le premier ministre, la confusion règne au sein des établissements de santé, d’éducation et de services de garde, constate Jacques Létourneau. Qu’il s’agisse d’une travailleuse enceinte ou d’une personne immunosupprimée ou à la santé fragile en raison de son âge, c’est une bataille de tous les instants pour exiger d’être retiré du milieu de travail. La confusion qui règne au sein du Conseil des ministres n’aide en rien cette situation. »

« Nous ne voulons pas prêter de mauvaises intentions au gouvernement, de poursuivre M. Létourneau. Mais devant la confusion des messages et les changements de cap du gouvernement, on se demande si le déconfinement des écoles et des services de garde n’est pas d’abord au service d’une relance économique précipitée, et ce, au détriment de la santé et de la sécurité de la population. »

La CSN exige ainsi du gouvernement qu’il transmette une consigne claire aux employeurs du secteur public et également à ceux du secteur privé. Toute personne craignant pour sa santé ou sa sécurité devrait pouvoir être exclue de son milieu de travail. Pour la CSN, le libre arbitre des employeurs locaux, qui a clairement démontré ses limites et ses contradictions, doit cesser.

Transport scolaire : les conductrices et les conducteurs ne sont toujours pas rassurés

Malgré certaines mesures qui seront mises en place par les transporteurs scolaires, les conducteurs et les conductrices continuent à avoir des craintes, notamment celles et ceux qui ont atteint l’âge de 70 ans. La CSN demande que toutes les mesures de protection nécessaires soient prises, y compris des barrières physiques, pour rassurer le personnel.

« Certains de nos membres vont refuser de conduire les véhicules scolaires lundi parce que les mesures de prévention auront été instaurées de façon minimale par un trop grand nombre d’employeurs », affirme Nathalie Arguin, présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN).

La CSN rappelle qu’une proportion importante de ses membres dans le secteur du transport scolaire ont 60 ans et plus. En 2015, 14 % des conducteurs et conductrices avaient déjà 65 ans et 48 % étaient âgés de plus de 60 ans.

Il n’y a pas de directives claires sur le sort de ceux et celles qui souhaitent ne pas retourner au travail parce qu’ils ont 70 ans et plus, qu’ils sont atteints de maladies chroniques, qu’ils sont immunosupprimés ou qu’ils habitent avec un proche dont la santé est vulnérable. « Est-ce que ces travailleuses et ces travailleurs seront rémunérés et est-ce qu’ils vont conserver leur lien d’emploi ? On ne peut pas se fier seulement à la bonne volonté de l’ensemble des transporteurs », estime Stephen P. Gauley.

Même si la vice-première ministre affirme que les personnes de 60 à 70 ans peuvent retourner au travail, ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas prendre tous les moyens nécessaires, comme l’installation de barrières, pour protéger la santé de ces travailleuses et de ces travailleurs qui sont plus à risque en raison de leur âge. Plusieurs conducteurs et conductrices sont très inquiets en raison des changements soudains dans les décisions du gouvernement.

Les barrières physiques sont permises et payées
Contrairement à ce que disent certaines entreprises du secteur du transport scolaire, il est possible d’installer une barrière physique transparente en lexan ou en vinyle pour protéger les conducteurs et conductrices. La SAAQ et le ministère des Transports ont autorisé ce type d’équipement. Un guide de la SAAQ a été produit sur le sujet. Des transporteurs comme Transdev ont d’ailleurs installé de telles barrières.

« Ce serait très rassurant psychologiquement d’installer ces barrières, surtout pour les conducteurs plus âgés. Si c’est pertinent dans les épiceries, ça devrait aussi l’être dans les véhicules scolaires qui sont des endroits beaucoup plus restreints », insiste Stephen P. Gauley, président du secteur du transport scolaire de la FEESP–CSN. Les barrières physiques sont par ailleurs financées par le ministère de l’Éducation et il n’y a donc pas de coût supplémentaire pour les transporteurs.

Surcharge et manque de concertation

Dans son mémoire présenté hier devant la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, la CSN estime qu’il est urgent pour le gouvernement d’investir temps, énergie et argent afin de redresser la situation des services sociaux. Résultant d’une consultation des membres ayant une expérience significative auprès d’enfants et de familles en contexte de vulnérabilité, le mémoire donne la parole aux intervenantes sur le terrain.

Organisation et financement
La majorité des intervenantes interrogées ont indiqué ne pas avoir l’impression d’offrir des services de qualité et selon l’intensité requise : la rupture dans le continuum des services, le manque de personnel et la surcharge de travail font en sorte qu’elles doivent trop souvent s’improviser « pompières » et éteindre des feux de cas plus critiques. Pendant ce temps, d’autres cas doivent patienter plus longtemps. Une organisation offrant davantage de souplesse, dans un plus grand respect de l’autonomie professionnelle et du jugement clinique, permettrait d’offrir des services selon la qualité et l’intensité requises. Quant au financement, le constat est clair : les investissements sont insuffisants en raison du sous-financement chronique. De plus, les sommes investies sont mal réparties, engendrant ainsi un accès difficile aux soins et aux services. Devant la représentante de la Commission, Jean Lacharité, vice-président de la CSN, a souligné « l’urgente nécessité de réinvestir de façon majeure dans les CLSC de manière à pouvoir travailler en amont sur le plan de la prévention de la maltraitance envers les jeunes ».

Pour assurer l’accès et la continuité des services à la jeunesse, le financement adéquat et stable des missions sociales du réseau de la santé et des services sociaux ainsi que des partenaires du réseau, comme les organismes communautaires, est essentiel.

Conditions de pratique
Plus de la moitié des intervenantes relatent avoir une trop grande charge de travail et ne pas arriver à suffire à la tâche pendant les heures normales de travail. En plus d’être trop grande, cette charge est complexe et émotionnellement difficile. Dans une très forte majorité, les intervenantes ont pointé manque de personnel comme étant le facteur principal de la surcharge. Les problèmes d’attraction et de rétention de personnel ainsi que les conditions d’exercice ne favorisant pas la conciliation famille-travail-études n’aident certainement pas à régler la situation. « La protocolisation des soins et le peu de consultations de la part des gestionnaires ou supérieurs immédiatsur les pratiques cliniques contribuent assurément à la démotivation de ces professionnelles », a rapporté devant la Commission Jessica Goldshleger, responsable du secteur santé et services sociaux de la Fédération des professionnèles–CSN. Pour la CSN, l’organisation du travail doit être revue afin de favoriser un réel travail interdisciplinaire et un véritable respect du jugement clinique des intervenantes.

Finalement, les personnes sondées ont constaté une complexification des cas et une augmentation des comorbidités chez les jeunes. S’ajoute à cela une augmentation importante des problèmes de santé mentale, tant chez les parents que chez les enfants. Pour la CSN, cela démontre l’importance de la prévention qui doit être faite auprès des parents.

Concertation des réseaux
Une meilleure collaboration entre les réseaux s’est aussi avérée un enjeu non négligeable. La CSN précise que selon ses membres, il est nécessaire d’instaurer de nouveaux mécanismes de concertation entre les réseaux. Or, les principaux obstacles à la concertation des réseaux sont le manque de communication, de collaboration et de coordination ainsi que la méconnaissance du rôle de chacun. La mise sur pied d’une coordination, de lieux d’échange et de discussions pourrait à cet égard s’avérer utile.

Les réalités spécifiques aux communautés autochtones
La CSN compte parmi ses membres des intervenantes et des intervenants qui travaillent auprès des jeunes et des familles au Nunavik, dans le Nord-du-Québec et sur les Terres-Cries-de-la-Baie-James. L’enquête menée par la CSN a permis de mettre en lumière des éléments qui nuisent à l’accès et à la qualité des services offerts à la jeunesse. Le haut taux de roulement du personnel, la surcharge de travail, la méconnaissance des cultures et des traditions autochtones et le manque de ressources spécialisées ont été cités comme nuisant à la qualité des services. En ce sens, Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN, a fait ressortir devant la Commission que « la mise en place d’un processus de reconnaissance des compétences des personnes autochtones, l’accès à de la formation professionnelle et du soutien clinique pour ces dernières, ainsi que des activités d’échanges interculturels pour les non-autochtones nouvellement embauchés constituent des pistes de solutions intéressantes ».

Les abattoirs du Québec tiennent encore le coup

Contrairement à ce qui se passe chez nos voisins du sud où l’on craint une rupture d’approvisionnement en viande, les abattoirs du Québec continuent de tourner malgré un personnel réduit.

« La situation est stabilisée, des protections sont en place. On a empêché que la situation ne devienne comme celle des États-Unis », indique David Bergeron Cyr, président de la Fédération du commerce (FC–CSN). Celui-ci admet toutefois qu’il est primordial de demeurer vigilant, notamment quand on constate la fermeture d’un important abattoir de bœuf en Alberta qui a forcé la chaîne de restaurants McDonald à importer du bœuf pour son marché canadien. Ça ne va pas dans le sens de l’achat local souhaité…

« Il a fallu du temps pour convaincre notre employeur de mettre des mesures en place », explique Martin Maurice, président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs d’Olymel Vallée-Jonction–CSN, le plus important abattoir de porcs au Québec. Selon lui, 99 % des mesures de protection qui étaient nécessaires sont maintenant mises en place dans l’abattoir : deux agents de sécurité s’assurent du respect de la distanciation sur chaque quart de travail ; une surveillance se fait à l’entrée au travail pour savoir si les gens ont des symptômes qui s’apparentent à ceux de la COVID-19, et la prise de température se fait sur une base volontaire ; des cubicules de plexiglas ont été installés partout où c’était possible ; six roulottes ont été ajoutées pour permettre la prise de repas de façon plus distancée ; une désinfection constante est en cours ; une nouvelle procédure pour récupérer les outils désinfectés a été établie ; l’horaire est changé pour éviter que les employé-es de quarts de travail différents ne se croisent ; des visières et des lunettes ont été rendues disponibles pour tous les postes de travail qui ne peuvent pas être distancés correctement. À compter du 4 mai, tout le monde portera des masques.

Optimisme relatif malgré les cas de COVID
« Je demande quand même à l’employeur de se montrer plus sévère », affirme de son côté Sylvain Ménard, président du Syndicat des travailleurs et travailleuses d’abattoir de volaille de Saint-Jean-Baptiste–CSN. Ce dernier constate lui aussi que plusieurs mesures ont été mises en place par l’employeur, mais que certains employé-es continuent de venir travailler à quatre par voiture ou relèvent fréquemment leur visière. Le nombre de cas de COVID à l’usine de Saint-Jean-Baptiste est passé de deux à huit cette semaine. Il manque près de 40 personnes sur 400 à l’usine en raison des retraits de 48 heures, du manque de personnes pour garder les enfants et des cas de COVID comme tels. La cadence de l’usine est d’ailleurs en baisse de plus de 10 %.

Sur les 19 personnes ayant contracté la COVID à l’abattoir de Vallée-Jonction, six sont revenues guéries. Une rencontre à 9 h 30 chaque jour entre le syndicat et l’employeur permet de corriger le tir lorsque c’est nécessaire. « On sait qu’on va avoir d’autres cas, mais on veut les minimiser le plus possible », précise Martin Maurice, qui souhaiterait plus de souplesse de l’employeur, notamment en ce qui a trait à la rémunération de ceux qui doivent attendre trois jours à la maison avant d’obtenir le résultat d’un test qu’ils ont dû subir après avoir été en contact avec une personne contaminée. Les périodes d’isolement ou les craintes de certains font en sorte qu’il manque environ
140 employé-es sur les 1200 habituellement au travail.

Malgré la situation relativement sous contrôle dans plusieurs abattoirs, le rythme de travail n’est pas exactement le même qu’à l’habitude en raison des absents et de la volonté de ne pas mélanger les quarts de travail. Quelque 100 000 porcs prêts pour l’abattage sont d’ailleurs en attente au Québec. Il faut dire aussi qu’une autre usine d’Olymel a été fermée pendant plusieurs jours, car une centaine de cas de COVID-19 parmi les employé-es a été déclarée. Elle est maintenant rouverte.

 Pendant ce temps au sud de la frontière
Aux États-Unis, plusieurs importants abattoirs ont été obligés de fermer leurs portes à cause de trop nombreux cas de COVID-19. Les représentants de l’industrie ont même payé une pleine page de publicité dans les journaux américains pour faire une mise en garde claire sur la rupture possible d’approvisionnement en viande. C’est un maillon de la filière agroalimentaire qui tombe et qui menace cet approvisionnement. Le président Trump est lui-même intervenu pour tenter de maintenir les abattoirs ouverts le plus possible. Le Québec évite cette situation pour le moment.

À l’occasion du 1er mai, les dirigeants des centrales syndicales rencontrent le premier ministre

C’est dans un contexte de crise de la COVID-19 et d’appréhensions reliées au plan de déconfinement annoncé cette semaine que les dirigeants des centrales syndicales ont tenu virtuellement, aujourd’hui, leur rencontre avec le premier ministre du Québec, François Legault, et avec le ministre du Travail, Jean Boulet, à l’occasion de la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs.

Pour le président de la FTQ, Daniel Boyer, la nécessaire relance économique du Québec doit plus que jamais s’appuyer sur les principes de la transition juste à l’endroit des travailleuses, des travailleurs et des communautés. Un immense effort de mobilisation est nécessaire pour redonner à l’économie du Québec l’élan dont elle est capable. Pour cela, il faut s’inspirer de l’élan de solidarité des dernières semaines. « Les politiques fiscales et budgétaires devront continuer à soutenir les ménages, les entreprises et l’économie. Clairement, l’austérité ne doit pas être au programme de cette relance. La crise que nous traversons actuellement nous offre l’occasion d’effectuer un virage à
180 degrés et d’adopter une stratégie en matière de développement économique. Cette stratégie doit être réfléchie, planifiée et mise en œuvre dès maintenant par tous les partenaires de la société québécoise et avec une réelle préoccupation pour les changements climatiques. Cette crise nous donne l’occasion de revoir nos modèles de production et de consommation pour se donner une société plus juste, plus durable, plus verte et plus autonome », déclare le président de la FTQ Daniel Boyer.

Du côté de la CSN, son président, Jacques Létourneau, a exhorté le premier ministre à tout mettre en œuvre pour assurer la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs, et ce, dans tous les milieux de travail. « Nous avons réitéré cette exigence cruciale au bon déroulement du plan de déconfinement. Alors que nous apprenions cette semaine le décès de deux travailleuses du réseau de la santé, nous réitérons qu’il est de la responsabilité du gouvernement de fournir l’équipement de protection adéquat dans tous les réseaux publics, particulièrement en santé, en éducation et dans les services de garde. Le gouvernement doit également s’assurer, par l’entremise du renforcement des actions de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST), que les mesures adéquates soient mises en place par tous les employeurs du Québec. Ceux-ci doivent à tout prix privilégier le dialogue avec les syndicats pour s’assurer de l’efficacité des mesures de protection afin de prévenir la contamination en milieu de travail », de déclarer Jacques Létourneau.

La présidente de la CSQ, Sonia Ethier, a insisté sur le caractère essentiel des services publics qui a été mis en lumière par la crise du coronavirus. Elle a lancé un vibrant plaidoyer mettant en garde le premier ministre Legault en lui enjoignant de ne pas replonger le Québec dans l’austérité. « On sait que la pandémie aura des répercussions majeures sur les finances publiques, mais on a aussi vu les ravages du sous-investissement chronique des dernières années. L’investissement dans les services publics est toujours une bonne façon de relancer l’économie. Cela permettrait de faire d’une pierre deux coups : régler des problèmes sociaux et relancer l’économie ! », a lancé la présidente. Par ailleurs, Sonia Ethier a interpellé le premier ministre sur la conciliation travail-famille-études qui prendra plus de place que jamais dans les prochains mois. « La flexibilité offerte par les employeurs à leurs employé-es sera cruciale. Le télétravail génère un lot de stress important avec les enfants à la maison. Le gouvernement devra donc s’assurer de protéger les parents et instaurer des mesures favorisant cette nécessaire conciliation famille-travail-études pour les travailleuses et les travailleurs », a exprimé la présidente de la centrale.

Pour Luc Vachon, président de la CSD, il est important de tenir un dialogue social pour revoir l’avenir du travail. « S’il y a quelque chose que la crise de la Covid-19 nous a démontré, c’est que lorsque l’on assoit tout le monde autour de la table, on trouve rapidement des solutions efficaces, explique-t-il. Après la crise, nous allons devoir continuer à parler de santé et sécurité au travail, de transformations dans l’organisation du travail et de reprise économique. En ce sens, le dépôt du projet de loi sur la réforme de la santé et sécurité au travail va devenir urgent. Il faut que l’ensemble des acteurs concernés continuent d’être présents autour de la table pour réfléchir à l’avenir du travail, et que les syndicats soient perçus et reconnus comme des partenaires faisant partie de la solution. »

Salaire minimum à 15 $ l’heure : un impératif socioéconomique essentiel

À l’occasion de la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs qui marque également, au Québec, l’entrée en vigueur du nouveau taux horaire minimum à 13,10 $, les organisations membres de la campagne 5-10-15 interpellent à nouveau le gouvernement pour lui rappeler la nécessité d’augmenter ce taux à 15 $ l’heure. Le contexte de pandémie actuel démontre plus que jamais l’importance d’une rémunération adéquate pour les bas salarié-es dont la contribution essentielle, tout particulièrement en temps de crise, a été mise en lumière.

« La pandémie a révélé à quel point les travailleuses et les travailleurs au bas de l’échelle jouent un rôle primordial dans la société. Qu’il s’agisse des employé-es dans les épiceries, du personnel d’entretien ou des préposé-es aux bénéficiaires, pour ne nommer que ceux-là, nous remarquons que bon nombre de services essentiels sont assurés par des personnes à faible revenu, affirme Virginie Larivière, co-porte-parole de la campagne 5-10-15 et porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté. Il est inacceptable que ces personnes n’arrivent pas à sortir de la pauvreté avec le salaire minimum actuel, même en travaillant à temps plein. Il est clair que ce ne sont pas des primes circonstancielles qui vont régler le problème à long terme. En ce sens, le gouvernement a le devoir impératif de corriger le tir. »

Au moment où s’amorce un débat public sur la relance économique, il faudra également tenir compte du fait qu’une hausse de la rémunération des ménages à faible revenu contribuerait activement à stimuler l’économie du Québec grâce, notamment, à un pouvoir d’achat bonifié. En 2018, une étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) a démontré qu’un salaire minimum à 15 $ l’heure aurait des retombées économiques au Québec se situant entre 2,2 et 3,4 milliards $ par année, sans compter les retombées indirectes et induites. Toujours selon cette étude, les retombées positives, expliquées par une hausse de la rémunération, seraient de neuf à onze fois plus importantes que les retombées négatives liées à d’éventuelles pertes d’emploi.

« Cela démontre tout l’impact qu’aurait une augmentation notable du salaire minimum sur l’économie du Québec et sur le quotidien des quelque 620 000 personnes qui travaillent sous les 15 $ l’heure, ajoute Mélanie Gauvin, co-porte-parole de la campagne 5-10-15 et coordonnatrice du Front de défense des non-syndiquéEs. De plus, si l’on souhaite favoriser et soutenir l’achat local, comme le recommande le premier ministre Legault, encore faut-il qu’il y ait suffisamment de consommateurs pouvant assurer une telle demande. En ce sens, l’augmentation du salaire minimum à 15 $ l’heure aurait pour effet d’accroître le revenu disponible des personnes à bas salaire et donc d’augmenter la consommation des biens et services auprès d’entreprises québécoises. »

« En cette période de crise exceptionnelle qui démontre plus que jamais la contribution indispensable des personnes à bas salaire, le gouvernement doit, une fois pour toutes, corriger cette situation déplorable et faire en sorte que salaire minimum ne rime plus jamais avec pauvreté », de conclure les deux porte-parole.

À propos de la campagne 5-10-15
La campagne 5-10-15 mise sur trois grandes revendications : connaître son horaire cinq jours à l’avance, avoir dix jours de congés payés en cas de maladie ou pour responsabilités familiales et un salaire minimum de 15 $ l’heure.

Les sept organisations membres de la campagne sont : le Collectif pour un Québec sans pauvreté, le Front de défense des non-syndiquéEs (FDNS), la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

http://www.cinqdixquinze.org/

Journée internationale des travailleuses et des travailleurs : solidaires plus que jamais !

À l’occasion de la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs, la Coalition du 1er mai met en lumière le travail de millions de femmes et d’hommes sous la thématique « Solidaires plus que jamais ! ».

Dans le contexte de crise du coronavirus qui a forcé l’annulation de la traditionnelle marche du 1er mai, la Coalition annonce que des activités de mobilisation se tiendront plutôt cette année par des moyens virtuels avec la tenue d’un webinaire et des actions de visibilité sur les médias sociaux.

En ce jour international des travailleuses et des travailleurs, la Coalition souhaitait reconnaître le travail exceptionnel des travailleuses et des travailleurs qui offrent des services essentiels à la population, tout en restant solidaire de celles et de ceux qui ont perdu leur emploi ou qui continuent de travailler à distance en respectant les directives de santé publique. Plus spécifiquement, la Coalition insiste sur le fait qu’il est plus que temps de faire attention à la santé physique et mentale des travailleuses et des travailleurs. La crise qui secoue le monde entier rappelle ainsi l’importance d’entretenir la solidarité et de garantir à chacune et à chacun un filet social mettant de l’avant l’humain avant le profit.

Webinaire
Dans le but d’interpeller la population quant aux enjeux touchant le monde du travail malgré le confinement, la Coalition du 1er mai annonce la tenue d’un webinaire qui abordera les stratégies de mobilisation en lien avec la santé et la sécurité du travail. Cette discussion en ligne, qui se déroulera aujourd’hui de 12 h 15 à 13 h, sera diffusée en direct sur la page Facebook du 1er mai.

Le webinaire sera animé par Chantal Ide, vice-présidente du Conseil central du Montréal métropolitain–CSN. Les personnes suivantes y prendront la parole :

  • Félix Lapan, organisateur communautaire à l’Union des travailleuses et travailleurs accidentés ou malades (UTTAM)
  • Jacques Parenteau, secrétaire général de l’Association des professeurs de Ligneryet président du comité en santé et sécurité du travail de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
  • Sophie Leclair, ancienne présidente du Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires du CHU Sainte-Justine (SPSIC–CSN), représentante de la
    catégorie 1 à la FSSS–CSN
  • Roxane Larouche, responsable des communications au Bureau québécois des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) affiliés à la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)

Présence sur les médias sociaux
Pour souligner la journée du 1er mai, la Coalition invite également les travailleuses et les travailleurs à se prendre en photo avec le visuel du 1er mai en y inscrivant le nom d’une personne ou d’un métier afin de souligner leur solidarité. Ces photos seront relayées sur la page Facebook du 1er mai.

Rappel historique
La Journée internationale des travailleuses et des travailleurs est née à la suite d’un mouvement de grève lancé à Chicago le 1er mai 1886 par 300 000 travailleurs qui voulaient obtenir la journée de travail de huit heures. Une répression policière sanglante est alors survenue : des militantes et des militants syndicaux furent arrêtés et condamnés à mort. Quatre d’entre eux ont été pendus. Six ans plus tard, ils furent innocentés.

À propos de la Coalition du 1er mai
Les groupes organisateurs sont, par ordre alphabétique :

  • Organisations et centrales syndicales

APTS, CSD, CSN, CSQ, FAE, FIQ, FTQ, SFPQ et SPGQ

  • Organismes communautaires

Au bas de l’échelle, Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI) et Union des travailleuses et travailleurs accidentés ou malades (UTTAM)

https://www.facebook.com/1ermai

Déconfinement des entreprises : la santé et la sécurité doivent être la priorité

Alors que le gouvernement dévoile son plan de relance graduelle des entreprises, la CSN demeure grandement préoccupée par l’accès à des mesures de protection pour les travailleuses et les travailleurs. À cet effet, la centrale syndicale demande au gouvernement d’émettre des directives très claires à l’endroit des employeurs.

« Alors qu’on parle aujourd’hui de déconfinement, on tend à oublier que plusieurs milieux de travail ont maintenu leurs activités depuis le début de la crise, affirme le président de la CSN, Jacques Létourneau. Or, il a fallu se battre à de nombreux endroits afin de s’assurer que la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs soient correctement protégées. Si le gouvernement pense que le renforcement des mesures de santé et de sécurité au travail se fera comme par magie, il se trompe totalement. Des directives très claires doivent être envoyées sans délai aux employeurs afin que les équipements de protection individuels soient accessibles pour les employé-es et que des mesures soient prises en matière de distanciation sociale. »

En cette journée de commémoration des morts et accidenté-es au travail, c’est avec consternation que les membres de la CSN ont appris ce matin le décès de Stéphanie Tessier, cette préposée aux bénéficiaires du CHSLD Lucien G. Rolland qui est décédée de la COVID-19. Cette mort tragique vient tristement rappeler la nécessité de renforcer les mesures de santé et de sécurité au travail, et ce, dans l’ensemble des milieux de travail.

La CSN souligne que, tant dans le secteur privé que dans les secteurs public et parapublic, de nombreux problèmes de santé et de sécurité au travail sont survenus en lien avec la propagation de la COVID-19. Ce fut le cas, notamment, dans certains réseaux de transport en commun, dans la chaîne agroalimentaire, dans le commerce au détail et dans certaines sociétés publiques comme la SAQ, sans parler du réseau de la santé et des services sociaux, où des centaines de travailleuses et de travailleurs ont été contaminés.

« Nous appelons les employeurs à faire preuve d’ouverture et à favoriser le dialogue avec les syndicats. De nombreux ajustements peuvent être apportés en matière d’horaires, d’organisation du travail et de mise en place de mesures qui diminuent les risques de propagation. Dans les milieux de travail où cette collaboration fut préconisée, nous avons constaté de très bons résultats », affirme le président de la CSN.

La santé-sécurité au travail doit devenir une priorité nationale : 190 décès en 2019

La CSN souligne la Journée internationale de commémoration des travailleuses et des travailleurs morts ou blessés au travail en invitant les gouvernements à faire de la santé-sécurité au travail une priorité nationale, particulièrement dans le contexte de pandémie liée à la COVID-19.

Des chiffres alarmants pour l’année 2019
La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a dévoilé les statistiques pour l’année 2019 : cette année encore, un nombre effarant de Québécoises et de Québécois ont péri au travail, soit un total de 190. De ce nombre, on compte 57 décès à la suite d’un accident et 133 à la suite d’une maladie professionnelle.

« Année après année, nous appréhendons ce triste bilan, car il illustre à quel point il y a urgence d’agir pour améliorer la protection des travailleuses et des travailleurs, quel que soit le secteur d’activités. Nous ne cesserons pas d’interpeller les gouvernements tant et aussi longtemps que les dispositions législatives et les mesures appropriées ne seront pas adoptées », affirme Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

Des réformes urgentes
La CSN milite depuis des années afin de revoir l’application de la Loi sur la santé et la sécurité du travail. Rappelons que les mécanismes de prévention prévus dans cette loi ne s’appliquent qu’à environ un cinquième des travailleuses et des travailleurs du Québec. « Les mécanismes de protection peuvent faire la différence, mais la loi actuelle n’oblige qu’à les appliquer à deux groupes prioritaires définis selon les secteurs économiques des années 70. Un non-sens pur et simple ! Nous espérons que la révision législative qui sera proposée par l’actuel gouvernement viendra corriger cet important retard, car avec chaque année qui passe, ce sont les travailleuses et les travailleurs qui en font les frais », ajoute Jean Lacharité.

Dans cet ordre d’idées, il est également essentiel de préserver les dispositions de la Loi sur les accidents de travail et les maladies professionnelles. « Il importe que cette loi demeure entière afin de permettre aux travailleuses et aux travailleurs de toucher les indemnisations auxquelles ils ont droit. Pour y arriver, il est nécessaire de déjudiciariser le système, car actuellement, une tendance lourde est en train de s’installer selon laquelle certains travaillent fort pour se dégager de leurs responsabilités en matière d’indemnisation. C’est plutôt inquiétant », souligne aussi Jean Lacharité.

Selon le vice-président de la CSN, le contexte actuel doit favoriser une prise de conscience générale quant à l’importance de la santé et de la sécurité dans les milieux de travail. « Tout ce que nous traversons collectivement en ce moment illustre la pertinence d’adopter une législation assurant des mécanismes de protection à l’ensemble des milieux de travail. Aujourd’hui plus que jamais, cela doit devenir une priorité nationale, et c’est ce message que nous souhaitons envoyer aux autorités. Nous sommes disposés à travailler de pair afin d’atteindre cet objectif, mais il revient au gouvernement de proposer une réforme à la hauteur des défis », conclut Jean Lacharité. 

Respect des directives de la Santé publique
Enfin, la crise actuelle exige que tous les milieux de travail respectent les directives de la Santé publique et appliquent les mesures de prévention visant à protéger les travailleuses et les travailleurs.

Réouverture des écoles : La CSN réclame des règles de protection claires

À la suite de l’annonce du gouvernement quant à la réouverture graduelle des écoles, la CSN invite celui-ci à mettre en place des mesures claires pour l’ensemble des travailleuses et des travailleurs du milieu scolaire, tant sur le plan du transport des élèves que sur celui du soutien scolaire.

« Le gouvernement doit s’assurer que les travailleurs et les travailleuses qui seront au front de la réouverture des écoles soient protégés. Il est impératif qu’il mette en place des procédures claires pour assurer leur santé et leur sécurité et qu’il rende disponible tout le matériel de protection nécessaire », affirme Jacques Létourneau, président de la CSN.

La CSN réclame une procédure de dépistage claire tant pour les enfants que pour les travailleuses et les travailleurs. Elle demande également des mesures supplémentaires pour protéger les plus vulnérables, notamment le personnel à risque en raison de l’âge ou de conditions préexistantes. La CSN souhaite notamment éviter que la proportion importante de conductrices et de conducteurs de véhicules scolaires de 60 ans et plus ne soit exposée au coronavirus, tout en évitant des mises à pied. « Nous sommes soulagés d’entendre que des barrières physiques seront installées dans les véhicules scolaires, mais il faudra s’assurer que tous les moyens possibles seront pris pour protéger la santé et la sécurité des membres », a ajouté Nathalie Arguin, présidente de la FEESP–CSN.

Face à l’impossibilité, dans la pratique, de respecter une distance de deux mètres, le personnel de soutien scolaire émet également ses inquiétudes sur le fonctionnement à l’intérieur des écoles, notamment en ce qui concerne les déplacements entre les classes et les services de garde, les accès aux espaces communs et la désinfection des locaux.

« Le nombre maximum de 15 élèves par classe a été annoncé par le gouvernement, mais il demeure qu’une panoplie d’éléments ayant un impact direct sur le personnel de soutien scolaire devront être évalués », souligne aussi Nathalie Arguin. « La reprise ne doit pas se faire au prix de la santé du personnel. Les éventuelles recommandations de l’Institut national de la santé publique du Québec devront être respectées par les employeurs », a-t-elle conclu.

Journée internationale des travailleuses et des travailleurs : Solidaires plus que jamais !

Cette année, pour souligner la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs, la Coalition du 1er mai vous propose de participer à une campagne participative d’affichage sur les réseaux sociaux qui aura pour thème Solidaires plus que jamais !

Pour participer à la campagne, il suffit d’écrire un message personnalisé sur le visuel du 1er mai et publier une photo de vous et de votre affiche sur la page Facebook de la Coalition du 1er mai.

Matériel visuel

Si vous avez une imprimante
Inscrivez le nom d’une personne, d’un groupe de travailleuses et de travailleurs ou d’un métier sur le visuel du 1er mai dans l’espace prévu à cette fin et publiez une photo de vous et de votre affiche sur la page Facebook du 1er mai et sur votre page personnelle !

Si vous n’avez pas d’imprimante
Inscrivez le nom d’une personne, d’un groupe de travailleuses et de travailleurs ou d’un métier sur le visuel du 1er mai. Ensuite, il faut convertir votre fichier PDF en format JPEG pour pouvoir partager en image votre affiche sur la page Facebook de la Coalition du 1er mai et sur votre page personnelle.

  • Si vous avez Adobe Acrobat, vous pouvez sauvegarder votre fichier PDF directement en format JPEG en choisissant « JPEG » après avoir cliqué sur « Enregistrer sous ».
  • Si vous n’avez pas Adobe Acrobat, vous pouvez convertir votre fichier PDF en JPEG via ce site Web : https://pdf2jpg.net/

Filtre (décor) de photo de profil Facebook disponible le 1er mai
En plus de cette campagne, un filtre (décor) de photo de profil Facebook aux couleurs du visuel du 1er mai sera également disponible ce vendredi, 1er mai. Nous vous encourageons à l’adopter massivement pour souligner cette journée et afficher votre solidarité envers les travailleuses et travailleurs du Québec.

Webinaire vendredi 1er mai – 12h à 13h15
En plus de la campagne participative, un webinaire qui abordera les stratégies de mobilisation en lien avec la santé et la sécurité du travail aura lieu vendredi le 1er mai de 12h à 13h15. Cette discussion en ligne sera diffusée en direct sur la page Facebook du 1er mai. Pour tous les détails concernant le webinaire : https://www.facebook.com/events/540939989907620/

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Les responsables de service de garde en milieu familial (CSN) demandent la suspension des négociations

Les responsables de service de garde en milieu familial (RSG) affiliées à la CSN ont officiellement déposé, mercredi, une demande de suspension de la négociation auprès du ministère de la Famille. La conjoncture et les préoccupations en matière de sécurité, couplées au manque significatif d’avancement depuis les treize mois que dure la négociation, ont incité les RSG à déposer cette requête.

« Nous traversons une crise sans précédent et nos énergies doivent converger vers une reprise des activités qui respectent la santé et la sécurité de nos RSG. C’est actuellement notre priorité et nous invitons le gouvernement à en faire la sienne. Nos services de garde seront en première ligne pour permettre à des dizaines de milliers de parents de retourner au travail, alors nous proposons aux autorités de nous concentrer mutuellement là-dessus en instaurant des mesures de protection adéquates. Nous adoptons cette position pour rassurer tous les parents qui nous confient leurs enfants et pour assurer la sécurité de nos milieux pour les RSG. C’est une question de responsabilité et de cohérence », explique Karine Morisseau, porte-parole et représentante des RSG–CSN.

Des offres d’appauvrissement
Outre l’imminente question de santé et de sécurité, les RSG de la CSN déplorent le maintien d’offres salariales qui n’aideront en rien l’avenir et la santé du réseau de services de garde en milieu familial. Rappelons qu’avec ce réseau, près de 100 000 enfants sont accueillis dans des milieux familiaux régis et subventionnés qui les font grandir et qui permettent aux parents de concilier le travail et la famille.

« La nature de notre profession fait en sorte que nous travaillons toutes plus de 55 heures par semaine. Lorsqu’on tient compte de l’ensemble des dépenses nécessaires pour assurer le service de qualité que nous offrons, nous obtenons une rémunération sous le salaire minimum. Il n’est donc pas étonnant que, depuis le début de l’année, près de 600 milieux familiaux aient fermé. Avec ses offres, le gouvernement, notamment durant la pandémie, ne fera qu’accentuer la pénurie de places. On ne demande pas un privilège, on demande une pleine reconnaissance de notre travail. On ne pourra pas éternellement exiger de ces femmes qu’elles s’appauvrissent pour garder le réseau en place », commente Karine Morisseau.

Une suspension de la négociation bien encadrée
Les RSG–CSN proposent ainsi de suspendre les négociations pour une période maximale de 18 mois afin de permettre une reprise des activités progressive et d’assurer que cela se fasse en tout respect de la sécurité des enfants, des familles et des RSG.

« Nous proposons cette suspension, car nous estimons qu’il y a un effort collectif à faire. L’heure n’est pas à la négociation ni à la mobilisation, mais à la solidarité, et ce, afin de permettre un retour aux activités courantes dans les meilleures conditions pour tous. Les RSG devront composer avec une réalité très complexe et nous en appelons à la bienveillance du gouvernement pour qu’il accepte notre proposition. Cela permettrait à toutes nos RSG d’entamer cette nouvelle phase dans de meilleures dispositions, elles qui ont déjà beaucoup à faire pour préparer la suite des choses », ajoute Lucie Longchamps, vice-présidente responsable du secteur privé de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSS–CSN).

Les RSG–CSN sont donc prêtes à soumettre à leurs membres l’offre du ministère de la Famille, soit une augmentation de 1,5 % rétroactive au mois d’avril 2019. « La conjoncture bouscule énormément de choses et invite à la prudence. Nous avions entamé cette ronde de négociations en faisant valoir que notre travail était sous-rémunéré ; la fermeture des milieux familiaux le démontre assez bien et nous estimons que nos demandes légitimes méritent d’être entendues par notre gouvernement dans un contexte plus favorable. Pour l’instant, occupons-nous de nos enfants et assurons un service sécuritaire à nos familles », conclut Karine Morisseau.

Les RSG de la CSN ont également déposé une demande de prime applicable dès la réouverture progressive des services de garde et la relance de l’économie québécoise, et ce, afin de couvrir la surcharge de travail et de dépenses qui sera occasionnée par la fin du confinement.

Les services de garde d’urgence toujours en attente d’une reconnaissance du gouvernement

Plus d’un mois après le début de la crise du coronavirus au Québec, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) interpellent le gouvernement du Québec pour une meilleure reconnaissance du personnel de soutien scolaire et en petite enfance qui assure le maintien des services de garde d’urgence.

Alors que le gouvernement a instauré plusieurs primes pour le personnel déployé contre le virus, force est de constater qu’une part importante de personnes mobilisées au maintien des services essentiels ont été oubliées. Les centrales syndicales dénoncent que les services de garde d’urgence, qui réunissent des milliers de travailleuses et de travailleurs œuvrant dans les établissements scolaires, en CPE ou en milieu familial, ne fassent encore l’objet d’aucune forme de compensation financière pour l’exercice de leurs fonctions d’urgence. En effet, ces milliers de personnes sont, sur ordre du gouvernement, obligées d’être au poste et ne font actuellement l’objet d’aucune compensation financière supplémentaire. Chaque jour, ces personnes assument les responsabilités de leur emploi dans l’inquiétude et l’angoisse de contracter le dangereux virus et de contaminer par le fait même leurs proches ou leur famille. On rapporte également plusieurs cas confirmés de COVID-19 dans les services de garde d’urgence.

Depuis le début de cette crise sans précédent, le gouvernement Legault souligne à grands traits l’importance d’une mobilisation constante de celles et ceux qui assurent le maintien des services essentiels. Plusieurs compagnies privées (notamment des épiceries) ont d’ailleurs mis en place, dès les premiers instants de la crise, des primes salariales pour reconnaître l’implication de leur personnel. Les centrales syndicales croient également qu’il est impératif d’envoyer un message positif de reconnaissance à l’endroit de milliers de personnes qui mettent à risque leur santé pour notre bien à toutes et à tous. La FTQ, la CSN et la CSQ interpellent donc aujourd’hui le gouvernement du Québec afin de corriger ces injustices et ainsi reconnaître l’engagement du personnel au travers de cette crise. Aux yeux des représentants des centrales syndicales, il apparaît plus qu’essentiel que le gouvernement Legault envoie un message positif en accordant à ces milliers de travailleuses et de travailleurs une prime qui leur revient de plein droit pour l’exercice de leurs fonctions en situation d’urgence.

Citations
« Le gouvernement doit reconnaître l’apport du personnel des services de garde d’urgence à la lutte contre la COVID-19. Il est donc important d’agir sans tarder, elles et ils prennent soin des enfants des travailleuses et travailleurs qui sont sur la ligne de front. Leur travail est essentiel et contribue à faire en sorte que des femmes et des hommes puissent être au travail en sachant que leurs enfants sont entre bonnes mains. » – Daniel Boyer, président de la FTQ

« Que ce soit dans les écoles, dans les CPE ou en milieu familial, des milliers de femmes, en grande majorité, sont au front contre la COVID-19 en permettant au personnel du réseau de la santé et des services sociaux de remplir leur rôle essentiel. La moindre des reconnaissances de la part du gouvernement serait de leur accorder la même compensation financière pour l’ensemble des risques qu’elles prennent au quotidien en se rendant au travail » – Jacques Létourneau, président de la CSN

« Le gouvernement a justifié l’octroi de ces compensations financières par les risques inhérents aux fonctions du personnel de la santé, particulièrement pour celles et ceux en contact direct avec les patients infectés. Doit-on rappeler qu’on rapporte déjà plusieurs cas de COVID-19 dans les services de garde d’urgence? Plus que de la reconnaissance, c’est une question d’équité et de dignité. » – Sonia Ethier, présidente de la CSQ

Télétravail : gare au téléphone cellulaire

Bien des gens n’ont plus de ligne téléphonique fixe à la maison. Pour mener leur réunion en contexte de télétravail, plusieurs personnes utilisent donc fréquemment leur cellulaire. Et quand il faut communiquer rapidement avec ses collègues, le texto est si pratique… Mais attention : le téléphone mobile ne respecte aucun principe ergonomique. Des précautions s’imposent.

L’utilisation du cellulaire pour communiquer est conviviale, rapide et accessible. Toutefois, texter entraîne inévitablement une flexion prononcée du cou pouvant rapidement causer des douleurs. De plus, une contraction des muscles pectoraux est nécessaire pour maintenir le cellulaire devant soi ; cette contraction peut provoquer des douleurs aux membres supérieurs et à la région pectorale. Le lettrage étant plus petit, il y a également un effort plus soutenu des muscles oculaires pour la lecture, favorisant des symptômes de fatigue visuelle précoces.

« Il faut restreindre la durée de ses échanges écrits au cellulaire afin de réduire la fatigue visuelle et les douleurs musculosquelettiques, souligne l’ergonome de la CSN, Patricia Richard. L’idéal est de privilégier les courriels à l’ordinateur, et de le faire à un poste qui sera ajusté pour respecter les critères d’ergonomie, contrairement aux textos. »

Communiquer par téléphone peut s’avérer moins contraignant… si on ne le coince pas entre son oreille et son épaule pendant qu’on travaille à l’ordinateur ! Utiliser des écouteurs ou le mode sans fil lorsque la conversation est plus longue ou lorsqu’on doit consulter son ordinateur au cours de la conversation s’avère une autre façon d’éviter le torticolis. 

Le cellulaire est un outil de travail pour des interventions de courte durée. Ne l’oubliez pas !

Ménagez vos yeux !
Plusieurs moyens existent pour diminuer la fatigue visuelle en période de télétravail, en voici quelques-uns.

      • Placez votre ordinateur de façon à réduire les éblouissements provenant des fenêtres ou des éclairages artificiels.
      • Ajustez la luminosité et les contrastes de vos écrans selon l’éclairage ambiant. Lorsque le portable est alimenté par sa pile, la luminosité de l’écran est plus faible, ce qui peut être plus exigeant pour le travail visuel.
      • Grossissez les caractères au besoin pour un meilleur confort visuel.
      • Prenez des pauses visuelles régulièrement en regardant au loin afin d’éviter les symptômes de fatigues : yeux qui piquent, sécheresse oculaire, douleur autour des yeux, maux de tête, etc.

Report du 66e Congrès de la CSN

Bonjour,

Comme vous le savez, la pandémie de COVID-19 amène son lot d’interdictions qui tiendront jusqu’à nouvel ordre.

Par conséquent, la session du 66e Congrès de la CSN, qui devait avoir lieu du 25 au 29 mai 2020, est annulée et reportée dans la semaine du 18 janvier 2021. Certes, ce n’est pas le dénouement que nous avions souhaité pour ce grand moment de notre vie démocratique à la veille du centenaire de la CSN. Toutefois, devant l’évolution de la situation et de l’ensemble de ses impacts, la décision s’impose d’elle-même.

Nous savons que la situation évolue et que les règles risquent de changer d’ici là. Tout en sachant très bien que nous ne sommes pas à l’abri d’une deuxième vague de contamination, nous vous aviserons le plus rapidement possible de tout changement éventuel.

Et n’oubliez pas que nous sommes là pour traverser cette crise avec vous.

Solidairement,

Le comité exécutif de la CSN

SQDC : La santé du public et du personnel à risque

Les deux syndicats représentant les employé-es des succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC), le SCFP–5454 et le SEE-SQDC–CSN, dénoncent le refus de la SQDC de maintenir le salaire des syndiqué-es qui présentent des symptômes de la COVID-19 ou qui doivent se mettre en isolement. Ils reprochent ainsi à la direction de la SQDC de ne pas se conformer à l’ensemble des directives du Conseil du trésor en lien avec la crise sanitaire. En tant que société d’État qui a comme mission la protection de la santé publique, la SQDC devrait être un employeur exemplaire, estiment-ils.

À moins de recevoir un diagnostic positif à la COVID-19, les employé-es se voient donc contraints d’épuiser leur banque de journées de maladie de l’année en cours et de l’année à venir, ce qui va à l’encontre de la convention collective. La directive crée beaucoup d’inquiétude chez les employé-es; elle est aussi clairement injuste, soulignent les deux syndicats, car elle n’est pas en vigueur dans d’autres sociétés d’État.

« Ces salarié-es travaillent au service du public dans des circonstances exceptionnelles. On interpelle directement le premier ministre, François Legault, pour que les directives gouvernementales soient respectées et que la situation se règle rapidement », explique David Clément, président du SCFP–5454.

« On ne veut pas que les employé-es se sentent forcés de se présenter au travail par peur d’amputer leurs congés de maladie de l’année prochaine ! » s’exclame la présidente du SEE-SQDC–CSN, Stéphanie Martel Gill. « En ne renvoyant pas automatiquement les gens à la maison, notre employeur se déleste de ses responsabilités. Ce traitement est injuste par rapport aux mesures prises par d’autres sociétés d’État, notamment par la SAQ, et frustre les travailleuses et les travailleurs dans les succursales.

Les deux organisations syndicales croient fermement que la prévention de la propagation du virus doit primer en ce moment, notamment dans les milieux où la distanciation physique entre salarié-es est difficile, voire impossible.

« Avec l’achalandage et la proximité des salarié-es en succursale, il m’apparaît irresponsable de voir l’employeur refuser de maintenir le salaire des personnes qui se croient atteintes de la COVID-19, durant l’attente de leurs résultats. De plus, le refus de l’employeur de maintenir le salaire normal des personnes qui ne sont pas malades, mais qui doivent s’isoler pendant 14 jours, est tout simplement contraire aux directives gouvernementales », ont rappelé les deux présidents syndicaux.

Tant le SEE-SQDC–CSN que le SCFP–5454 espèrent faire entendre raison à la SQDC afin de permettre aux employé-es qui présentent des symptômes, qui sont malades ou qui doivent s’isoler en vertu des directives de la Santé publique, de rester à la maison avec rémunération.

Protocole d’urgence dans les abattoirs : la Fédération du commerce-CSN demande davantage de protection pour les employé-es

À la suite de la publication par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) de recommandations intérimaires concernant l’industrie des abattoirs, le président de la Fédération du commerce (FC–CSN), David Bergeron-Cyr,  a fait parvenir une lettre au premier ministre du Québec François Legault pour lui faire part des inquiétudes de la FC en ce qui a trait à la sécurité des travailleuses et travailleurs de l’industrie de la transformation de la viande.

Dans sa lettre, M. Bergeron-Cyr affirme être tout à fait conscient « des enjeux importants qu’occasionnent les ralentissements de l’abattage et de la transformation des viandes pour l’avenir de l’industrie. Toutefois, nous pensons qu’en maintenant les opérations à un niveau normal, cela facilitera la mise en place de meilleures mesures de sécurité et permettra d’éviter la propagation du virus et l’éventuelle fermeture complète d’autres établissements. »

La FC–CSN, qui représente plus de 4 000 salarié-es dans le secteur de la transformation de la viande, déplore entre autres que le protocole demande aux employeurs de faire respecter une distance de deux mètres entre les personnes uniquement « dans la mesure du possible », ce qui leur donne trop de marge de manœuvre, selon M. Bergeron-Cyr.

« Il faut comprendre que souvent, pour que cette mesure puisse s’appliquer, l’entreprise doit diminuer la vitesse de la chaîne de production. Plusieurs employeurs seront donc tentés d’utiliser d’autres moyens de protection, moins efficace que la distanciation sociale, afin de ne pas ralentir leurs opérations », est-il expliqué dans le texte.

La lettre précise également que la fédération est « irritée au plus haut point » par le fait que, contrairement à OIymel – l’un des principaux employeurs de l’industrie – les organisations représentant les travailleuses et les travailleurs de la transformation de la viande n’ont pas été impliquées dans l’élaboration du protocole.

Dans le même ordre d’idées, le signataire dénonce également l’absence des organisations syndicales aux rencontres de la filière porcine organisées par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) et auxquelles sont invités à participer tous les autres intervenants de l’industrie.

Les travailleuses et les travailleurs de l’industrie de la transformation de la viande « sont fiers de jouer un rôle essentiel afin de permettre au peuple québécois de se nourrir et de passer à travers cette crise, mais il ne faut pas que cela se fasse au détriment de leur propre santé et celle de leurs proches », conclut la lettre.

La Fédération du commerce (FC–CSN) compte quelque 28 000 membres regroupés dans plus de 330 syndicats présents dans les secteurs du commerce de détail, de gros et de services divers, de l’agroalimentaire, des finances et du tourisme.