Les conducteurs d’autobus scolaire CSN manifestent partout au Québec ce lundi
Journée nationale d’action pour la reconnaissance de leur métier
Voyant qu’ils demeurent toujours les parents pauvres du secteur de l’éducation, les conductrices et les conducteurs d’autobus scolaire, membres de la CSN, manifesteront aux quatre coins du Québec pour exprimer leur ras-le-bol. Des « virées jaunes » auront lieu devant plusieurs bureaux de députés demain, où les syndiqué-es iront déposer leurs revendications visant à faire reconnaître, une fois pour toutes, leur métier.
À Montréal, plus de 80 autobus scolaires circuleront autour du bureau de la présidente du Conseil du trésor et ministre des Finances, Mme Monique Jérôme-forget, au 7655, boulevard Newman, à Lasalle. Plus d’une centaine de conductrices et de conducteurs défileront, entre 9 heures et 10 h 15.
Recevant un salaire annuel moyen de moins de 17 000 dollars, les conducteurs et les conductrices d’autobus scolaire réclament une augmentation du budget consacré au transport écolier de 15 millions de dollars par année, en plus d’un ajustement basé sur l’indice des prix à la consommation et l’instauration du principe d’enveloppes budgétaires fermées, dédiées exclusivement au transport écolier. Ils revendiquent également le report des contrats de gré à gré, entre les transporteurs et les commissions scolaires, pour empêcher une diminution des conditions de travail qui peuvent résulter d’un processus d’appel d’offres public. De plus, le personnel uvrant dans le transport scolaire souhaite que Québec adopte une politique nationale de discipline et de sécurité dans leur secteur, afin de rehausser et d’uniformiser les règles d’intervention dans toutes les régions et, ainsi, améliorer la qualité de vie à bord des véhicules.
Pénurie de main-d’uvre
En conférence de presse, la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, a insisté sur l’urgence d’augmenter le budget consacré au transport des élèves, alors que plusieurs conventions collectives se renégocieront cette année. « Nos membres manifestent aujourd’hui leur exaspération devant le peu de considération dont ils font l’objet, malgré l’importance de leur travail », a-t-elle exprimé. Plus de 60 % des élèves du primaire et du secondaire montent à bord des autobus, chaque jour, enlevant un poids considérable aux parents, qui reçoivent l’assurance que leurs enfants arrivent à l’école en sécurité.
« Nous invitons les députés de l’Assemblée nationale à considérer l’importance de financer adéquatement le secteur du transport scolaire pour permettre aux quelque 8000 personnes qui uvrent dans ce secteur d’améliorer leurs chances de gagner convenablement leur vie. »
En raison d’un salaire annuel très bas et des conditions de travail déficientes, causant précarité et insécurité, les transporteurs ne savent jamais s’ils disposeront du personnel suffisant pour effectuer les circuits routiers, par exemple lors d’absence pour cause de maladie. « Le transport écolier souffre d’un problème de pénurie de personnel et la main-d’uvre ne se renouvelle pas , constate Ginette Guérin, présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN). Les jeunes ne sont pas attirés dans ce secteur lorsqu’ils voient que les conducteurs peinent à joindre les deux bouts et n’ont aucune garantie de conserver leur emploi, étant à la merci d’un système d’appel d’offres qui joue contre l’amélioration de leurs conditions de travail. »
La CSN plaide donc pour le report des ententes de gré à gré pour éviter que les conditions de travail ne se dégradent davantage. « Avec le renouvellement des contrats, les parents sont assurés de garder un personnel compétent, expérimenté qui bénéficie d’une plus grande stabilité d’emploi », de poursuivre Ginette Guérin.
Par ailleurs, la présidente de la CSN invite le gouvernement libéral à revenir à la situation qui prévalait avant 1997, alors que les budgets consacrés au transport scolaire étaient versés dans des enveloppes distinctes de celles octroyées aux commissions scolaires. « Depuis 10 ans, des commissions scolaires pigent allègrement dans les budgets qui devraient pourtant être consacrés au transport des élèves, dénonce Claudette Carbonneau. Ce faisant, elles participent à la dégradation des conditions de travail des conductrices et des conducteurs. Nous croyons que les commissions scolaires devraient pallier d’une autre façon à leur propre sous-financement. » Avec la formule d’enveloppes fermées, la CSN estime que le transport scolaire bénéficierait en totalité de toutes les sommes qui lui sont consacrées.
Aussi, les paramètres d’organisation et les règles d’intervention à bord des autobus scolaires doivent être revus dans leur ensemble. Si, dans certaines régions du Québec, des commissions scolaires ont adopté des règles adéquates pour régir la discipline et s’assurer d’une meilleure sécurité, d’autres commissions scolaires laissent aux transporteurs et aux conducteurs toute la responsabilité à cet égard. C’est pourquoi la CSN revendique la formation d’un comité de travail composé de tous les intervenants du secteur pour en discuter et élaborer une politique nationale de discipline et de sécurité dans le transport scolaire.
La CSN représente plus de la moitié des 4000 conductrices et conducteurs d’autobus scolaire syndiqués, avec ses 2000 membres partout au Québec.
Sources : CSN – 27 mai 2007
Pour renseignements : Louis-Serge Houle, Service de l’information de la CSN, 514 598-2157