Selon un nouveau sondage, 79 % des Québécois et Québécoises souhaitent que le gouvernement entretienne le dialogue plutôt que la confrontation avec les syndicats. « Ce sondage démontre que les deux lois antitravailleurs adoptées par la CAQ n’ont pas leur place et que le nouveau gouvernement doit les abroger. C’est maintenant le temps de démontrer qu’il entend collaborer avec les syndicats », affirme la présidente de la CSN, Caroline Senneville.
Le sondage a été réalisé par Léger auprès de 1 019 répondantes et répondants entre le 23 et le 26 octobre 2026 et portait sur l’attitude que devrait prendre le nouveau gouvernement face aux syndicats.
Le sondage révèle également que la population ne souhaite pas que le gouvernement en appelle de la décision rendue par le Tribunal administratif du travail le 9 octobre dernier, dans le cadre de la contestation de la loi 14 appliquée pour la première fois à la demande du CPE Le Jardin de Robi dans le conflit l’opposant à son syndicat affilié à la CSN. Le tribunal a déclaré inopérantes les nouvelles limitations du droit de grève adoptées sous la CAQ en 2025.
Rappelons que le gouvernement précédent a adopté la loi 4 qui porte atteinte au droit des travailleuses et travailleurs de s’organiser et la loi 14 qui limite le droit de grève.
« Après cette décision du Tribunal administratif du travail et ce sondage, qui exprime l’opinion de la population, le gouvernement doit maintenant retirer les deux lois antisyndicales caquistes adoptées l’an passé, et ce, le plus vite possible. Il n’a pas de raison de les maintenir en place. Ces droits syndicaux sont constitutionnellement garantis par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne et la Charte canadienne des droits et libertés », soutient la présidente de la CSN, Caroline Senneville.
Augmenter la contribution des plus riches avant de couper dans les services
La CSN a également sondé la population face aux volontés du gouvernement de couper drastiquement dans les dépenses publiques. Soixante-dix pour cent des Québécoises et Québécois souhaitent que le gouvernement trouve de nouvelles sources de revenus auprès des plus riches et de grandes compagnies avant d’envisager de nouvelles compressions.
« Lors de la dernière campagne électorale, le peu d’imagination des partis politiques dans la recherche de nouveaux revenus nous a déçus. Ils se sont plutôt empressés de plaider pour toujours plus d’austérité. Or, nous savons tous que sabrer les dépenses de l’État, c’est réduire les services à la population. Les services tiennent déjà avec de la broche, et la population n’est pas aveugle », croit Caroline Senneville.
Faits saillants du sondage Léger
- 79 % des personnes interrogées croient que le gouvernement devrait privilégier le dialogue et la collaboration plutôt que la confrontation dans ses relations avec les syndicats.
- 62 % des personnes interrogées soutiennent que le gouvernement devrait respecter les décisions prises démocratiquement par les membres des syndicats et des associations plutôt que de leur imposer un fonctionnement différent.
- 60 % des personnes interrogées considèrent que le gouvernement devrait accepter le jugement lorsqu’un tribunal spécialisé en droit du travail invalide une loi qui limite le droit de grève des syndicats.
- 70 % des personnes interrogées appuient l’idée que le gouvernement, avant d’envisager de nouvelles compressions dans les dépenses publiques, devrait examiner la possibilité de trouver de nouvelles sources de revenus auprès des plus riches et de grandes entreprises.
À propos de la CSN
Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 350 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.