Texte de Claudette Carbonneau C’est avec beaucoup d’émotion que la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, a annoncé qu’elle ne sera pas candidate aux prochaines élections du comité exécutif lors du congrès de la centrale syndicale qui se tiendra en mai prochain. Après 35 ans de militantisme, dont vingt ans à la direction de la CSN et 9 comme présidente, Claudette Carbonneau a lu au conseil confédéral, vendredi après-midi, le texte que voici pour expliquer son choix de partir. >> La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, ne sollicitera pas un quatrième mandat à la tête de la Confédération des syndicats nationaux lors du congrès de l’organisation qui se déroulera du 15 au 20 mai prochain au Palais des congrès de Montréal. Elle avait été élue à la présidence en 2002, devenant ainsi la première femme à diriger la CSN.
« Renouveler un mandat, c’est assumer le rôle de chef de file pour les trois prochaines années. Cette lourde responsabilité commande un engagement indéfectible et un investissement personnel de tous les instants. C’est en ayant à l’esprit ces perspectives que j’ai mené cette réflexion en faisant le plus honnêtement possible cette évaluation dans le meilleur intérêt du mouvement », de déclarer Claudette Carbonneau.
« Soyez-en certains, ma décision n’est ni brusque ni précipitée par les événements. S’il y a distorsion dans les perceptions, cela repose davantage, je crois, sur le fait que le dénouement d’un long conflit, indéniablement marquant pour le mouvement, et les préparatifs de notre prochain congrès se sont croisés dans un même espace de temps. Croyez-moi, la décision de solliciter ou non un autre mandat ne peut pas reposer sur un seul dossier comme celui du Journal de Montréal ! », de préciser la présidente de la CSN.
Claudette Carbonneau a rappelé aux délégués du conseil confédéral que d’autres présidents de la CSN avaient d’ailleurs été à la barre de la centrale alors que de durs conflits sévissaient. Gérard Picard et Jean Marchand avec la grève de l’amiante, Marcel Pepin avec Les gars de Lapalme et Gérald Larose avec le Manoir Richelieu en sont de bons exemples. Cependant, ces dures périodes sont survenues alors qu’ils étaient plutôt à mi-mandat. Ce n’est pas son cas.
Courte biographie de Claudette Carbonneau
Avant d’occuper cette charge, Claudette Carbonneau était la première vice-présidente de la centrale depuis 1991. Militante au sein du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de l’hôpital Notre-Dame de Montréal, elle agit comme vice-présidente à la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN de 1980 à 1982. En 1985, elle devient secrétaire générale du Conseil central du Montréal métropolitain (CSN), fonction qu’elle occupera jusqu’en 1991. Depuis novembre 2006, elle est à la vice-présidence de la Confédération syndicale internationale (CSI).
Elle a traité de nombreux dossiers. Elle a notamment travaillé au règlement de l’équité salariale dans le secteur public. Elle s’est battue pour le développement des services de garde, la condition féminine et elle avait la responsabilité de la fiscalité et des finances publiques, de la lutte à la pauvreté, des caisses de retraite et de plusieurs questions relatives à l’emploi et au soutien aux secteurs industriels en difficulté.
L’avenir des autres membres du comité exécutif D’autres membres du comité exécutif ont également fait part de leurs intentions. Le 3e vice-président, Roger Valois, avait déjà annoncé, lors du conseil confédéral précédent, qu’il prenait sa retraite après 27 ans au comité exécutif de la CSN.
La secrétaire générale, Lise Poulin, a également annoncé qu’elle ne solliciterait pas un nouveau mandat. Elle avait été élue secrétaire générale en 1998.
La 2e vice-présidente, Denise Boucher, et le trésorier de la CSN, Pierre Patry, ont quant à eux annoncé leurs intentions de renouveler leur mandat.
Quant au 1er vice-président, Louis Roy, il annonce qu’il se présentera à la présidence de l’organisation.