Négociations du secteur public
Le gouvernement peut et doit faire mieux que son offre actuelle
– Claudette Carbonneau, présidente de la CSN
La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, a fait le point ce matin sur les négociations du secteur public, devant les 250 délégué-es réunis en conseil confédéral à Québec. Estimant que la stratégie gouvernementale est faite de mépris, de désinformation, d’intransigeance et de négation du droit de négocier, madame Carbonneau a demandé au gouvernement de faire mieux que son offre actuelle.
« Le gouvernement semble privilégier l’affrontement à la recherche d’un règlement négocié », a indiqué la présidente de la CSN, qui constate que 27 mois après l’expiration des conventions collectives, aucune table sectorielle CSN n’a véritablement pris son envol.
Claudette Carbonneau a réitéré que le Front commun FTQ-CSN n’a qu’une seule intention : régler une convention collective satisfaisante pour les 200 000 membres qu’il représente. C’est dans ce contexte que, le 23 septembre dernier, il déposait une contre-proposition au gouvernement du Québec, diminuant de 800 millions ses demandes.
La présidente de la CSN a estimé que le gouvernement Charest charrie sur la question de l’équité salariale. « Pour lui, ça doit se réaliser à coût zéro et, en conséquence, il appartient aux hommes de payer, pas aux employeurs. Il s’agit d’un détournement délibéré de la loi sur l’équité salariale. C’est un piège pour dresser les hommes contre les femmes. »
Madame Carbonneau constate que cette négociation est marquée à l’aune du mépris. « Les travailleuses et les travailleurs du secteur public, qui gagnent en moyenne 31 000 $ par année, demanderaient la lune en revendiquant d’être protégés contre l’augmentation du coût de la vie. Et c’est à nous qu’on demande d’atterrir sur terre ! »
« Au mépris s’ajoute la désinformation quand le gouvernement prétend que la contre-proposition syndicale cache une demande d’augmentation de 26 %, soit 6,8 milliards de dollars sur 6 ans. Pour bien gonfler son ballon à l’hélium, madame Forget ajoute à la demande syndicale ses propres offres sur ce qu’elle appelle sa politique de rétention de la main-d’uvre. Pire encore, alors qu’elle tarde à compléter les travaux conjoints d’équité salariale, la présidente du Conseil du trésor s’arroge l’exclusivité de chiffrer les coûts de l’équité. Pour masquer sa mauvaise foi, elle appelle à la rescousse la valse des milliards qu’elle utilise comme épouvantail. »
« Comme si ce n’était pas assez, voilà que le gouvernement Charest a recours à la publicité payée pour amplifier un message mensonger et provocateur. La demande salariale du Front commun FTQ-CSN se chiffre à 667 millions pour la 1ère année sur un budget de 55 milliards. Prétendre qu’on exige la fermeture de 11 ministères, c’est un bijou de raisonnement tordu. L’Halloween, madame Forget, ce n’est pas pour cette semaine ! », a lancé Claudette Carbonneau.
Pour la présidente de la CSN, le gouvernement détient des marges de manoeuvre. « Forcément, à chaque renouvellement de convention collective, on joue avec des gros chiffres. Qu’il suffise simplement de rappeler que, dans les six derniers budgets, les revenus de l’État ont augmenté de 10 milliards de dollars, et cela, en dépit du fait que les gouvernements successifs aient consenti 15 milliards de dollars de baisse d’impôts. Voilà, je pense, une référence solide qui permet de mettre en perspective les trois milliards de dollars que madame Forget met sur la table pour une période qui couvre aussi six ans. Nous affirmons sans gêne et sans hésitation que le gouvernement peut et doit faire mieux que son offre actuelle. »
Le Front commun FTQ-CSN laisse, quant à lui, tout l’espace à la négociation. « Il y a devant nous six semaines pour que le gouvernement quitte son rôle de statue de sel avant que ne s’exercent des moyens de pression légaux qui, fatalement, deviendront plus corsés si le gouvernement s’entête à ne pas négocier », a conclu Claudette Carbonneau.
Source : CSN – 5 octobre 2005
Pour renseignements : Michelle Filteau, directrice du Service des communications de la CSN, (514) 598-2155.