Fermeture de l’usine Aleris de Trois-Rivières
La CSN met les pendules à l’heure
La CSN souhaite toujours une reprise des pourparlers avec la direction de l’usine de transformation d’aluminium Aleris à Trois-Rivières. Les représentants de la CSN sont également outrés de constater que la direction de la multinationale tente aujourd’hui de faire porter l’odieux de cette fermeture éminente sur le dos des travailleurs et de la CSN.
Depuis le début du conflit, le syndicat a toujours négocié de bonne foi et tenté de trouver un terrain d’entente satisfaisant pour les deux parties. « À deux reprises, la CSN a demandé l’intervention d’un conciliateur pour faire avancer le dossier. Chaque fois, l’employeur a refusé d’écouter les propositions syndicales et s’est borné à répéter ses offres sous des menaces de fermeture. Malgré toutes les concessions que le syndicat était prêt à faire pour sauver l’usine, jamais nous n’avons senti une volonté réelle de la part de l’entreprise de maintenir ses activités au Québec. Aujourd’hui, ce sont des centaines d’employé-es et toute une région qui écope », a souligné Pierre Patry, trésorier et membre de l’exécutif de la CSN, lors d’un point de presse à Trois-Rivières. M. Patry a rencontré les syndiqué-es de l’usine plus tôt dans la journée.
« Malgré tout, nous demeurons toujours disponibles à poursuivre les discussions dans le but de sauvegarder les emplois dans la région de la Mauricie. Nous lançons un appel public à l’entreprise de s’inscrire dans une démarche de médiation spéciale », a assuré le président du syndicat, Daniel Goyette.
Le président de la Fédération de la métallurgie de la CSN, Alain Lampron, estime également que ses membres ont toujours été prêts à faire des compromis. « Nous avons fait d’importantes concessions au niveau de nos conditions de travail. Nous n’étions pas si loin du but. Nous sommes prêts à aller le plus loin possible et à reprendre les pourparlers, à la seule condition que l’entreprise offre de réelles garanties quant au maintien de l’emploi et aux investissements nécessaires à la survie de l’usine. Malheureusement, ces garanties ne sont jamais venues. » Cela expliquerait pourquoi jeudi, les travailleuses et les travailleurs de l’usine ont rejeté, dans une proportion de 80 %, les dernières offres patronales.
Les avis de fermeture, qui doivent être transmis au ministère du Travail, n’ont toujours pas été acheminés, ce qui laisse tout de même entrevoir une lueur d’espoir. « On ne se contera pas d’histoires, estime Claudette Carbonneau, présidente de la CSN. Si la compagnie veut fermer, elle le fera. Mais si elle souhaite poursuivre ses activités à Trois-Rivières, la CSN est tout à fait disposée à analyser une offre qui comporte une once de bonne volonté. Mais pour l’instant, il semble que la compagnie cherche plutôt des prétextes pour fermer son usine, comme elle l’a fait précédemment à Toronto. Nous avons tout fait pour que l’usine demeure ouverte et nous continuerons à nous battre tant que la fermeture ne sera pas officielle. » La balle est donc dans le camp d’Aleris.
Source : CSN – 15 juillet 2008
Pour renseignements : Pierre-Luc Bilodeau, Service des communications de la CSN, Tél. : 514-774-0775