Casino de Montréal
La sécurité de la clientèle est en jeu
En raison du lock-out des agentes et agents de sécurité au Casino de Montréal, les joueurs compulsifs et d’autres personnes à qui l’ont interdit l’accès sont capables d’entrer sans difficulté dans l’établissement laissé sans protection professionnelle. C’est le constat fait aujourd’hui, en conférence de presse, par le syndicat représentant les 193 agents de sécurité mis en lock-out par Loto-Québec le 27 août.
« Loto-Québec risque non seulement la sécurité de ses clients au Casino de Montréal, mais il joue cavalièrement avec l’argent des contribuables, a observé Rick Scopelletti, président du Syndicat des employées et des employées de la Société des casinos du Québec (CSN). Depuis le 27 août, nous savons que les joueurs compulsifs inscrits sur la liste d’auto-exclusion et d’autres personnes bannies du casino y entrent facilement. Dans les stationnements extérieurs, on voit régulièrement les voitures de gens exclus. »
Cette semaine, au Palais de justice de Québec, a commencé l’audience du recours collectif de près de 1 milliard de dollars intenté contre Loto-Québec par des joueurs ayant développé une dépendance au jeu sur les appareils vidéo. La poursuite réclame 4800 $ pour chacun des quelque 119 000 joueurs pathologiques. La cause est devant les tribunaux depuis sept ans.
« Le seul programme d’auto-exclusion qui fonctionne réellement dans les différents casinos de Loto-Québec est celui du Casino de Montréal. Or, non seulement Loto-Québec ne remplit pas ses devoirs sociaux au Casino de Montréal devant le fléau du jeu pathologique, il parie avec notre argent ! » a scandé M. Scopelletti.
Effectivement, la semaine dernière, un joueur banni du casino après y avoir battu un autre client, en 2007, a réussi à y entrer et même à empocher 1,175 million de dollars. Dans une tentative de camoufler ce scandale, Loto-Québec a décidé, sur-le-champ, de lever son interdiction. Par contre, la société d’État n’a pas publicisé ce gros lot dans ses publicités et ses publications, comme c’est son habitude.
Le syndicat a écrit à la ministre des Finances du Québec, madame Monique Jérôme-Forget, cette semaine, afin de la prévenir des risques que courent Loto-Québec en employant des cadres comme force de sécurité.
« Si ces cadres ne sont pas en mesure d’identifier les visiteurs indésirables ou ayant accepté l’auto-exclusion, quelle serait leur compétence si un événement majeur survenait ? a demandé M. Scopelletti. Imaginez les conséquences d’un incendie sans le personnel compétent pour évacuer en ordre la foule qui se précipite vers les sorties. »
Alain Desrivières, un spécialiste des listes d’exclusion, a expliqué que près de 10 000 repérages de gens exclus sont effectués chaque année. « On les connaît. C’est toujours les mêmes personnes. Pourtant, un cadre qui n’est pas formé ni expérimenté ne connaît pas toutes les stratégies d’un joueur compulsif pour déjouer la sécurité du casino, » a tranché M. Desriviéres.
Gaétan Châteauneuf, le président du Conseil central du Montréal métropolitain de la CSN, s’est questionné sur les motifs de Loto-Québec concernant le lock-out des agents de sécurité. « Le désaccord entre ces deux parties concerne des changements à l’horaire de travail de ses employés ; il n’y a aucune incidence pécuniaire, a noté M. Châteauneuf. Le syndicat n’était même pas en demande sur ce sujet. Et c’est pour une raison aussi mince que Loto-Québec juge nécessaire de mettre la sécurité du public en jeu ? »
La convention collective des agents de sécurité est expirée depuis 18 mois. La question du régime général d’horaire de travail est le seul motif du rejet d’une entente de principe conclue le 1er août pour leur unité de négociation.
Le Syndicat des employés de la Société des casinos du Québec est affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN).
Source : CSN – 19 septembre 2008 Photos : Michel Giroux
Pour renseignements : Lyle Stewart, conseiller aux communications CSN tél. : 514 774-0775