Coalition pour la préservation du territoire agricole : Non au développement sournois sur les terres agricoles!
Pour la première fois dans l’histoire du Québec, un mouvement de fond se met en place pour défendre l’intégrité du territoire agricole. C’est ainsi que la Coalition pour la préservation du territoire agricole voit le jour aujourd’hui. Créée sur l’initiative de M. Laurent Pellerin, président général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), elle regroupe d’importants intervenants de la société québécoise qui partagent la même inquiétude vis-à-vis le développement incohérent qui s’exerce en zone agricole.
Les principaux porte-parole de la Coalition se sont réunis aujourd’hui en conférence de presse pour démontrer au gouvernement l’importance et l’urgence d’agir dans ce dossier. Étaient présents M. Henri Massé, président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Mme Claudette Carbonneau, présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), M. Ghislain Cloutier, premier vice-président de la Coopérative fédérée du Québec, Mme Joanne Lalumière, présidente du comité exécutif de la Fondation québécoise en environnement, ainsi que M. Normand Gagnon, président de la Fédération de l’UPA de Saint Jean-Valleyfield (région qui abrite le tronçon problématique du projet de parachèvement de l’autoroute 30).
Pour le président de l’UPA, il devenait urgent d’agir et d’envoyer un signal clair aux décideurs afin qu’ils mettent un frein au développement incohérent en zone agricole. « Les terres cultivables représentent moins de 2 % du territoire québécois. Elles sont fragiles et non renouvelables, précise-t-il. Ainsi, chaque parcelle qu’on cède à la construction d’une autoroute, d’un terrain de golf, d’un projet domiciliaire ou industriel, ou encore d’une exploitation minière, ne sera plus jamais cultivée. Nous ne souhaitons pas laisser que du béton et de l’asphalte en héritage aux générations futures », de déclarer M. Pellerin.
La situation est alarmante. Les constats inquiétants se multiplient et justifient aujourd’hui la création de cette coalition.
D’abord, on remarque depuis quelques mois une intensification marquée de la pression sur la zone agricole, particulièrement en milieu périurbain où se concentre plus de 70 % de la valeur totale de la production agricole. Or, c’est justement les zones périurbaines qui subissent la plus forte pression et font l’objet d’une grande convoitise de la part des promoteurs, notamment dans la Communauté métropolitaine de Montréal qui arrive en première ligne avec une recrudescence de 31 % des demandes d’exclusion en 2003 par rapport à 2002.
Le cas le plus éloquent à ce chapitre demeure néanmoins celui de l’autoroute 30 alors que le gouvernement a fait part de son intention de sacrifier 514 hectares de sols qui comptent parmi les meilleurs au Québec pour y faire passer un tronçon d’autoroute, contre toute logique et à l’encontre des avis répétés de la Commission pour la protection du territoire agricole du Québec.
De plus, les récentes déclarations de la ministre québécoise de l’Agriculture quant à une éventuelle révision de la Loi sur la protection du territoire agricole n’ont rien de rassurant. Quand on connaît la fragilité de la situation, le moindre assouplissement à la Loi constitue une véritable menace à l’intégrité de la zone agricole.
Finalement, le mouvement de décentralisation du gouvernement québécois pourrait avoir un effet dévastateur sur la pérennité des terres agricoles en laissant libre cours aux projets de développement non agricoles en terres zonées « vertes ». Cette réallocation des pouvoirs risque de déboucher inévitablement sur un rétrécissement de la zone agricole.
Les membres de la Coalition sont unanimes. « Le message que nous livrons est clair : il est essentiel de protéger notre patrimoine agricole ». Ils pressent le gouvernement d’agir de façon responsable et de prendre les mesures nécessaires pour assurer la préservation d’une base territoriale pour pratiquer l’agriculture.
Pour les membres de la Coalition, « l’agriculture joue un rôle essentiel dans la vie des communautés périurbaines et rurales. Au-delà de la production des aliments, elle participe au dynamisme économique et social des régions, tant sur le plan de l’emploi que sur le maintien des services à la communauté, la préservation de la culture et des traditions en plus de l’entretien des paysages. En protégeant l’agriculture, c’est la vitalité de tout le Québec qu’on défend », de conclure les porte-parole.
Les personnes désireuses de se joindre à la Coalition pour la préservation du territoire agricole peuvent leur faire par l’entremise du site Internet de l’UPA : www.upa.qc.ca/fra/coalition/index.asp
Source : CSN – 02-04-2004
Pour renseignements : Éliane Hamel, Téléphone (450) 679-0540, poste 8591