Équité salariale dans les CPE
Le gouvernement a fait une offre truquée
Le gouvernement a déposé à la table de l’équité salariale, vendredi, une offre chiffrée inférieure à l’offre officielle qu’il avait faite le 1er juin dernier. En plus de réduire les ajustements salariaux pour les travailleuses des CPE, le ministère a décidé de retarder en 2007 la date à laquelle entrera en vigueur l’équité salariale pour le personnel des centres de la petite enfance.
La présidente de la CSN tire ses conclusions sur les récents événements : « Le gouvernement renie toutes les avancées qui ont donné lieu à des rapprochements à la fin juin 2005. Il soumet la démarche d’équité à sa seule volonté d’imposer un cadre financier. Il prétend agir correctement en privant ces travailleuses de six ans d’application de l’équité sous prétexte que la loi le lui permet. En soumettant une offre aussi odieuse et méprisante, il vient de choisir que ce serait un tiers qui déciderait de la valeur réelle du travail de ces femmes. Il opte pour la voie de judiciarisation. Nous allons appuyer les travailleuses avec tous nos moyens et elles obtiendront justice », affirme Claudette Carbonneau. Au cours des prochaines semaines, la CSN s’adressera aux tribunaux pour contester les dispositions de la loi qui imposent aux femmes qui uvrent dans des milieux où n’existent pas de comparateurs masculins un sort différent de celui de toutes les autres femmes. Or, une documentation imposante démontre que la discrimination est davantage présente dans les milieux largement féminins.
Les discussions concernant l’équité salariale sont maintenant rompues. « La proposition que le gouvernement nous a présentée vendredi est tordue, elle déforme la réalité en introduisant des biais discriminatoires dans les facteurs d’évaluation des emplois féminins dans les CPE. Aucune volonté d’atteindre l’équité n’est à la base de ce que nous offre le gouvernement. Les représentants du ministère nous ont indiqué à trois occasions, vendredi dernier, qu’ils devaient tenir compte du cadre financier du gouvernement. Un seul objectif peut avoir guider cette proposition et c’est celui de faire entrer les coûts à l’intérieur d’un cadre financier prédéterminé. C’est le contraire d’une véritable démarche d’équité », affirme Jeff Begley, vice-président de la FSSS-CSN, responsable du secteur des CPE.
La volonté des travailleuses d’obtenir l’équité salariale n’en reste pas moins entière. « Notre bataille pour l’équité prendra maintenant le chemin des démarches juridiques. Nous avons la conviction que ce gouvernement n’a pas la bonne foi qu’il faut pour espérer quelque progrès que ce soit sur l’équité salariale. Le comportement du gouvernement dans ce dossier est l’illustration d’un mépris profond pour les femmes, pour leurs droits. L’avenir ne pourra pas lui donner raison. Nous mettons fin à la grève à ce moment-ci, mais nous ne désarmerons pas en vue de notre objectif qui n’est autre que le droit à notre juste part dans le monde du travail », soutient Ginette Lavoie, représentante du secteur des CPE.
Par ailleurs, l’AQCPE et la CSN ont convenu d’un protocole de retour au travail qui, pour être valable dans chacun des établissements, doit être approuvé par la direction du CPE concerné. Enfin, des ententes qui auront pour effet de protéger le niveau actuel des avantages sociaux et qui ferment les conventions collectives ont aussi reçu l’aval des parties.
Source : CSN – 27 mars 2006
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