Usine Alstom de Sorel
L’avenir de la production semble compromis
Le Syndicat des travailleurs d’Alstom appréhende avec inquiétude la cessation des opérations de production de l’usine de Sorel.
» Tout concorde en ce sens, note le président du syndicat, Mario Cournoyer. La mise à pied de plus de 70 employés qui a pris effet le 26 juillet dernier, et qui devait prendre fin en avril 2003, se prolongera jusqu’à l’automne 2004; la sous-traitance de travaux auparavant effectués à l’usine s’amplifie et aucun effort n’est fait pour donner du travail au personnel de l’usine; des équipements ont été prêtés ou vendus à d’autres usines. Tout cela fait qu’il ne reste plus qu’une centaine d’employés au travail et que la déprime s’est installée chez nous. »
Voilà ce qui motive le Syndicat des travailleurs d’Alstom, affilié à la CSN,à réclamer une rencontre avec le comité de direction de la compagnie. Une lettre en ce sens a d’ailleurs été adressée à la direction de l’usine qui, dans une réponse laconique, ne donne aucune garantie à cet effet.
De plus, la convention collective, échue depuis le 30 avril dernier, n’a toujours pas été renouvelée. Or, les demandes formulées par les travailleurs ne totalisent que 7,6 pour cent pour un contrat de quatre années, ce qui se situe nettement plus bas que la moyenne des avantages consentis dans ce secteur industriel lors des récents règlements intervenus.
En outre, l’usine dispose du programme gouvernemental québécois » Aménagement de la réduction du temps de travail (ARTT) » qui pourrait permettre de donner du travail à 12 jeunes. Ces fonds gouvernementaux demeurent inutilisés, alors qu’un programme de départ assisté à la retraite a été élaboré.
» La compagnie Alstom doit donner l’heure juste à la population sorelloise et à ses employés, commente Mario Cournoyer. On constate qu’aucune mise à pied n’est survenue dans l’effectif des quelque 300 personnes affectées à l’administration et à l’ingénierie, alors que la production, elle, semble vouloir être abandonnée. L’incertitude ainsi engendrée est malsaine pour l’économie régionale et devient difficilement tolérable pour les travailleurs. »
Rappelons que les mises à pied survenues découlent du naufrage pour cause de fraudes généralisées du courtier en énergie Enron qui a entraîné des pertes de contrats avec la compagnie Westinghouse, importante cliente D’Alstom
Source : CSN – 05-09-2002 – Renseignements : Mario Cournoyer, président du syndicat, ou Fernand Lacoursière, conseiller syndical, 450-743-5502.