Position de la CSN sur le prix du pétrole : un virage s’impose
Devant la flambée des prix de l’essence, le conseil confédéral de la CSN a adopté, ce matin, plusieurs propositions pour tenter de mettre un frein à la spéculation effrénée à laquelle se livrent les grandes pétrolières. Ces revendications visent un meilleur contrôle des prix, un soutien envers les personnes les plus vulnérables et un véritable engagement des gouvernements en faveur du transport en commun, des économies d’énergie et des sources d’énergie alternatives.
« Pendant que les pétrolières nous volent, le gouvernement annonce une série de mesures au coût de 1,3 milliards de dollars, mesures qui seront financées par les contribuables. Autrement dit, on va payer pour se faire voler. C’est complètement inacceptable », a déclaré Roger Valois, vice-président de la CSN. Ce sont les pétrolières qui nous volent. Ce sont elles qui devraient payer ! »
Roger Valois a tenu à rappeler qu’au prix le plus élevé à 1,47 $ le litre, le coût du pétrole brut a augmenté de plus de 20 % à 0,52 $ alors que la marge du raffineur était presque multipliée par 5 à 0,43 $ le litre !
Augmenter l’impôt sur le profit des pétrolières
C’est ainsi que la CSN demande que le gouvernement du Canada augmente le niveau de taxation des profits de l’industrie pétrolière de façon, entre autres, à financer les mesures destinées à faire face aux conséquences économiques des niveaux actuels du prix de l’essence et d’autres sources d’énergie.
Le contrôle des prix
« Ottawa nous annonce la mise en place d’une Agence d’information qui n’aura aucun pouvoir d’action, de l’aveu même du ministre des Ressources naturelles, John McCullum. On nous demande de payer pour une agence qui ne sert à rien ! C’est vraiment le comble de l’inaction », a commenté le vice-président Roger Valois.
À l’instar de plusieurs groupes, la CSN demande au gouvernement fédéral de mettre sur pied une véritable agence de contrôle des prix du pétrole chargée de fixer les marges des différents intermédiaires tenant compte à la fois des prix internationaux et des mécanismes de transmission des hausses ou baisses du prix du baril au prix à la pompe.
Soutenir les personnes les plus affectées par la hausse des prix de l’énergie
Constatant l’insuffisance des mesures d’aide aux personnes les plus vulnérables, Roger Valois a souligné qu’à cet égard, la CSN privilégie la mise en place de crédits d’impôt remboursables pour tous les ménages à faible revenu. La CSN demande également au gouvernement du Québec de mettre en place un mécanisme d’ajustement périodique des tarifs pour les taxis, en plus d’examiner des mesures de compensation pour des catégories de travailleuses et de travailleurs particulièrement affectées par la hausse des prix du pétrole.
Investir dans le transport en commun, les économies d’énergie et les sources d’énergie alternatives
Plus fondamentalement, la CSN demande un virage majeur dans les politiques de transport en commun et la mise en place de programmes plus agressifs pour encourager l’économie d’énergie et l’efficacité énergétique. La CSN demande finalement au gouvernement du Québec de prendre le virage vers les énergies alternatives renouvelables, en particulier l’éolien et l’hydrogène.
Source : CSN – 7 octobre 2005
Pour renseignements : Michelle Filteau : directrice du Service des communications de la CSN, tél : (514) 598-2155