La CSN dit non à tout projet de privatisation de la Société des traversiers du Québec
La CSN et la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP) s’opposent vigoureusement à toute tentative du gouvernement de privatiser la Société des traversiers du Québec, comme le recommandait récemment le groupe de travail Boudreau sur l’examen des organismes du gouvernement. Suivant la publication de ce rapport en mai dernier, dans la foulée de la réingénierie de l’État, une rencontre est expressément demandée auprès du ministre du Transport, Michel Després, pour qu’il renonce à tout projet de privatisation des services de traversier, incluant les projets de partenariats public-privé.
Malgré l’annonce faite par la ministre Monique Jérôme-Forget, présidente du Conseil du trésor, de procéder à une analyse supplémentaire à celle livrée par le groupe de travail Boudreau quant à l’avenir de la Société des traversiers du Québec (STQ), la FEESP met en garde le gouvernement et le ministre du Transport d’aller de l’avant avec des projets de privatisation ou de PPP de cette société publique. « En raison des enjeux sociaux et des impacts que cela implique, le gouvernement doit absolument mettre fin à tout projet de privatisation des sociétés d’État et doit retirer, par conséquent, sa politique-cadre sur les partenariats public-privé » d’affirmer Ginette Guérin, présidente de la FEESP.
La FEESP entend poursuivre, au cours des prochaines semaines, sa campagne contre toute forme de privatisation amorcée à l’automne dernier, en produisant une étude sur la situation de la STQ, en réponse au rapport Boudreau. Elle questionne ainsi la méthodologie et les conclusions retenues par le groupe de travail. En effet, dans un document de 85 pages, portant sur l’analyse d’un premier groupement de 60 organismes gouvernementaux, à peine une demi page est consacrée à l’étude des éléments à l’appui des recommandations et aux conclusions sur l’avenir de la STQ.
« En moins de mots qu’il n’en faut, fait remarquer Denis Marcoux, vice-président de la FEESP, on balaie plus de 30 années de développement d’un service public qui a fait ses preuves tant au plan de la qualité, de l’efficacité et du rendement qu’à celui de la sécurité des passagers. Aucune donnée ni aucune analyse ne vient appuyer une conclusion qui met en péril un acquis social et économique important pour les régions du Québec, si ce n’est que de mentionner que trois des huit traverses maritimes relèvent du secteur privé. »
C’est d’ailleurs à partir de ce seul constat de la présence du privé dans le transport par traversier que le groupe de travail recommande de développer, en premier lieu, des partenariats public-privé, avant de conclure à l’abolition pure et simple de la Société des traversiers du Québec au terme de « cette transformation ». Pour Denis Marcoux, « le groupe de travail Boudreau a carrément bâclé son analyse faite sans aucune consultation, sans même avoir eu la décence d’en expliquer les fondements et sans tenter de mesurer les impacts engendrés par le délestage d’une mission aussi névralgique pour le développement du Québec et des régions en particulier. Québec doit réaffirmer sa volonté de maintenir le caractère public de cette société gouvernementale essentielle. »
Mentionnons que les traversiers de la Société des traversiers du Québec ont effectué l’an dernier 106 486 traversées impliquant 2 632 259 véhicules et quelque 5 249 527 passagers. La STQ employait, en 2004, 423 personnes dont 317 étaient des employé-es à temps complet. Durant la même année, ses dépenses de fonctionnement ont été de l’ordre de 54 986 752 de dollars.
Devant l’importance des enjeux que représente le transport par traversier au Québec, la CSN, la FEESP et les syndicats affiliés entendent déployer tous les moyens à leur disposition pour contrer toute tentative de privatisation et tout projet de partenariat public-privé.
La FEESP représente plus de 30 000 syndiqué-es dans les services publics au Québec. Pour sa part, la CSN a franchi le cap historique des 300 000 membres parmi ses syndicats affiliés.
Source : CSN – 9 juin 2005
Pour renseignements : Ginette Guérin, présidente de la Fédération des employés et employées des services publics (FEESP-CSN) : 514 598-2364 ; Denis Marcoux, vice-président de la Fédération des employés et employées des services publics : 514 235-5317 ; François Forget, Information CSN : 514 919-3241