Une première au Québec : des ambulanciers reçoivent leur diplôme en soins d’urgence avancés
Dix-huit techniciennes et techniciens ambulanciers viennent de recevoir leur diplôme en soins préhospitaliers avancés, ce qui constitue une première dans le domaine des soins d’urgence au Québec. Organisée par le Rassemblement des employé-es-techniciens ambulanciers du Québec (RETAQ), affilié à la CSN, en collaboration avec l’Association des professionnels paramédics du Québec, la remise de ces diplômes marque la fin des premières démarches de formation spécialisée enclenchées en septembre 2001, suite à la publication du rapport Dicaire sur la réforme des soins préhospitaliers d’urgence.
Le Québec est le seul territoire de toute l’Amérique du Nord à ne pas offrir de services en soins préhospitaliers avancés, aux dires du vice-président aux relations de travail, développement professionnel et porte-parole du RETAQ-CSN, Stephan Scalabrini. Dans les provinces canadiennes de même qu’aux États-Unis, les ambulanciers peuvent exercer des actes médicaux avancés qui, ici, sont exclusivement réservés aux médecins d’urgence.
Toujours selon M. Scalabrini, le ministère de la Santé et des Services sociaux refuse pour l’instant de reconnaître cette formation spécialisée pour des raisons strictement pécuniaires, alors que de son côté, le Collège des médecins a déjà donné son aval. Pourtant, la reconnaissance de ces techniciens ambulanciers de soins avancés pourrait avoir des effets très bénéfiques et immédiats, en permettant d’améliorer les soins avant que la situation médicale d’un patient ne se dégrade davantage. De plus, soutient M. Scalabrini, les services de soins avancés auraient l’avantage de réduire le taux de morbidité au Québec.
Mentionnons que les techniciens ambulanciers sont jusqu’à maintenant limités à dispenser des soins dits de stabilisation, avant la prise en charge par les urgentologues. Ces soins incluent, entre autres, la ventilation avec un ballon-masque, la défibrillation semi-automatique, l’installation d’un tube pour sécuriser les voies respiratoires et l’administration de certains médicaments. Les techniciens ambulanciers de soins avancés pourraient être appelés à prodiguer davantage de soins spécialisés telles la pose d’un tube endotrachéal, l’installation d’accès intraveineux, l’administration de médicaments intraveineux de même qu’un éventail plus élargi de médicaments, l’installation et la collecte d’électrocardiogrammes, la décompression de pneumothorax à l’aiguille. Selon M. Scalabrini, ces soins avancés pourraient parfois faire la différence entre la vie et la mort ou encore, entre le rétablissement rapide et une longue hospitalisation et ce, dans un contexte de rareté de la main-d’uvre qualifiée, particulièrement dans le réseau de la santé et des services sociaux.
La reconnaissance de la formation en soins avancés, selon le porte-parole du RETAQ-CSN, répond en tout point à l’une des principales recommandations contenues dans le rapport Dicaire. Rendu public en décembre 2000 par la ministre de la Santé d’alors, Pauline Marois, le rapport recommandait d’assurer au personnel ambulancier une plus grande « professionnalisation », par l’instauration d’une formation conduisant à l’obtention d’un diplôme d’études collégiales (DEC).
Par ailleurs, le RETAQ-CSN souhaite que Québec puisse reconnaître rapidement la nécessité de procéder à la création d’un ordre professionnel des praticiens paramédics, voué à la défense des intérêts de la population en matière de soins d’urgence. Enfin, l’organisme estime que le ministre devrait donner son aval à la mise en place de projets pilotes, comme le recommandait le rapport Dicaire.
Le RETAQ est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN). La FSSS regroupe 113 000 membres provenant de plus de 550 syndicats. Pour sa part, la Confédération des syndicats nationaux regroupe 280 000 membres répartis dans 2800 syndicats oeuvrant dans la plupart des secteurs d’activité.
Source : CSN – 9 novembre 2004
Pour renseignements : Information CSN : 514 598-2155