Dévoilement de l’étude « Vers un projet pénitentiaire »
Amorce d’un débat sur la valorisation du rôle des agents correctionnels
La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, a procédé aujourd’hui au lancement d’une brochure de 50 pages intitulée « Vers un projet pénitentiaire ». En publiant cette étude, le syndicat représentant les agents correctionnels, UCCO-SACC-CSN (Union of Canadian Correctional Officers – Syndicat des agents correctionnels du Canada), désire amorcer un débat auprès de ces derniers et au sein du Service correctionnel canadien (SCC), portant sur la valorisation du rôle de ses membres.
Le document, qui dresse l’historique et trace « L’évolution du système carcéral canadien et la transformation du rôle des agents correctionnels (1950 – 2002) », est le résumé d’une recherche effectuée pour le Service des relations du travail de la CSN par Richard Lanthier. Lors du dévoilement de la brochure, Mme Carbonneau était accompagnée du président national de UCCO-SACC-CSN, Sylvain Martel et de l’auteur de la recherche. Il est à noter que la version intégrale et le résumé de l’étude seront disponibles vers la mi-septembre à : http://uccosacc.mgaconcept.com
La première partie de la recherche traite de l’évolution du système carcéral canadien en relation avec la transformation du rôle des agents correctionnels, tandis que la seconde partie aborde le problème de la sécurité dans les pénitenciers et plus particulièrement celui de la violence. Enfin, dans la troisième partie, l’auteur se penche sur la « détentionnalisation », soit l’intégration des détenu-es au pénitencier, et sur le rôle des agents correctionnels dans ce processus.
Détérioration générale du climat
D’entrée de jeu, Richard Lanthier note que : « L’état actuel des pénitenciers canadiens peut être décrit en quelques phrases : il se caractérise par une détérioration générale du climat : le pénitencier remplit mal sa double fonction de sécurité et de réhabilitation ; la tension interne s’est considérablement accrue au cours des dernières années sans que l’on parvienne à la gérer ; la réinsertion sociale est en grande partie un échec et le pénitencier est incapable d’intégrer les détenus ; les agents correctionnels sont profondément insatisfaits de leur statut et de leur travail, dont on ne reconnaît pas la valeur ; le pénitencier est devenu « dysfonctionnel ».
L’auteur se dit conscient que «« es sujets abordés prêtent à controverse et qu’en dernière analyse, ce qui est en jeu, c’est la nature même du travail des agents correctionnels ». En conclusion, ajoute-t-il : « Il faut que le pénitencier retrouve une plus grande autonomie par rapport à la société, une autonomie qui lui permette d’assumer son rôle institutionnel, rôle qui n’est autre que de gérer la privation de liberté dans les meilleures conditions possibles pour la protection et le mieux-être de la société, du personnel et des détenu-es. »
Tout au long de l’étude, l’auteur ne manque pas de relever les nombreuses contradictions du système carcéral canadien qui ont caractérisé une bonne partie de son histoire.
Retrouvailles et exposition d’armes artisanales
Le lancement de la brochure coïncidait avec une rencontre de solidarité à laquelle étaient attendus près de 500 agents correctionnels provenant de tous les pénitenciers du Québec et affiliés à UCCO-SACC-CSN. La journée, qui a revêtu la forme d’une fête champêtre, avait lieu au Colisée de Laval, situé dans le secteur Saint-Vincent-de-Paul.
Musique et épluchette de blé d’Inde ont agrémenté les retrouvailles des agents correctionnels, tant à l’intéreur du Colisée que sous le grand chapiteau érigé dans le stationnement de l’établissement. Des activités avaient également été prévues pour leurs enfants.
En présence du président régional de UCCO-SACC-CSN pour le Québec, Pierre Malette et des présidentes et présidents des sections locales, les agents correctionnels ont par ailleurs exposé une panoplie d’armes artisanales fabriquées par des détenus et qui ont été saisies dans les pénitenciers.
Des négociations lentes et pénibles
Rappelons que depuis avril 2002, le syndicat CSN représentant les 5700 agents correctionnels canadiens négocie le renouvellement de sa convention collective avec un employeur à deux têtes, soit le Service correctionnel du Canada (SCC) et le Conseil du trésor. Le syndicat s’est souvent heurté à un pénible exercice de pourparlers, parfois stériles, de sorte que les agents sont exaspérés par la lenteur des négociations. En fait, elles se déroulent à pas d’escargot…
Les enjeux de la négociation portent entre autres sur l’introduction du principe d’ancienneté dans la convention collective, le retrait préventif pour les agentes enceintes, l’amélioration des horaires de travail, la possibilité de partir à la retraite après 25 années de service, 50 ans d’âge et avec 70 % du salaire.
Il faut savoir que les agents correctionnels travaillent dans des conditions particulièrement pénibles et stressantes. Quotidiennement, ils doivent composer avec des gens aux prises avec les effets violents des drogues, omniprésentes dans les pénitenciers. Leur taux de stress post-traumatique est extrêmement élevé.
Source : Benoit Aubry, Information-CSN ; (514) 598-2024 ; cellulaire : (514) 971-0765 – CSN – 30-08-2003
Renseignements : Sylvain Martel, président national de UCCO-SACC-CSN ; (514) 910-6347
N.B. : Sur demande, le résumé de l’étude vous sera envoyé par courriel. Il est à noter que les présidents de UCCO-SACC-CSN de chaque région du Canada sont disponibles pour répondre aux questions des journalistes. Il s’agit de :
Région de l’Atlantique : Paul Harrigan : 506-470-9450 (cellulaire) Région de l’Ontario : Jason Godin : 613-532-1210 (cellulaire) Région des Prairies : Kevin Grabowsky : 780-964-6502 (cellulaire) Région du Pacifique : Andy Reekie : 1-800-719-9137 (télé avertisseur) Région du Québec : Pierre Malette : 418-254-4905 (cellulaire)