La sous-traitance dans les municipalités : la plus mauvaise option, avertit la FEESP-CSN
Le gouvernement libéral, qui dit vouloir baisser taxes et impôts, ferait bien d’y regarder à deux fois avant d’ouvrir le champ des possibilités de sous-traitance pour les municipalités, selon Maurice Richard, président du secteur municipal de la Fédération des employées et employés de services publics (CSN). « Le travail effectué par nos membres est moins coûteux pour les contribuables que lorsque les mêmes travaux sont exécutés par un sous-traitant. Nos syndicats sont maintenant en mesure d’en faire la démonstration grâce à un outil informatique qui permet d’introduire tous les paramètres et de faire les comparaisons », indique Maurice Richard.
Après la cueillette des ordures ménagères, ce sont maintenant les secteurs de l’horticulture (l’entretien et l’agrandissement des parcs), de l’entretien des patinoires extérieures et des travaux de réfection des trottoirs que les municipalités semblent vouloir confier à la sous-traitance. « Les administrations municipales ont développé, au cours des dernières années, un certain dogmatisme qui les pousse à opter aveuglément pour la sous-traitance. Plutôt que d’engager le dialogue avec les syndicats en vue de reconfigurer l’organisation du travail, lorsque cela est nécessaire, elles favorisent, autant qu’elles le peuvent, la privatisation des services. Nous savons qu’à terme, elles ne feront aucune économie. Par contre, cela constitue une perte de l’expertise détenue par les employé-es municipaux qui induira elle-même à une augmentation des coûts », fait valoir Ginette Guérin, présidente de la FEESP-CSN.
Le ministre doit y regarder à deux fois
Le ministre Jean Marc Fournier faisait connaître, il y a moins d’un mois, son intention d’« assouplir » les règles qui permettent aux villes d’attribuer des contrats à des firmes privées pour exécuter des travaux dans les municipalités. Selon la présidente de la FEESP, le ministre ne devrait pas succomber à ce miroir aux alouettes. « S’il affaiblissait l’article 45 du Code du travail, le ministre irait tout à fait dans le sens contraire des intérêts des contribuables. Le travail des employés municipaux est essentiel à la qualité de vie des citoyens. Ces travailleuses et travailleurs s’identifient aux services qu’ils rendent à leur communauté ce qui ne peut pas être le cas d’employés dont les entreprises ne sont assurées d’aucune pérennité étant donné que le lien avec la Ville n’est que temporaire », de conclure Ginette Guérin.
Source : La Fédération des employées et employés de services publics (CSN) – 04-06-2003
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