Le Château Mont-Sainte-Anne, propriété des hommes d’affaires Henri Roy et Charles Sirois, a mis ses 100 employés en lock-out lundi dernier. Alors que les négociations se déroulent devant un conciliateur du ministère du Travail depuis janvier, l’employeur déposait le 24 mars une offre finale pour renouveler la convention collective du Syndicat des travailleurs et travailleuses du Château Mont-Sainte-Anne (CSN), échue depuis le 31 décembre 2010.
Lors du dépôt de cette offre, la direction avait fixé un ultimatum, fixé au 6 avril, pour ratifier les termes de cette proposition patronale en assemblée générale. Alors qu’une assemblée était prévue pour le 5 avril, l’employeur a fait volte-face en déclarant le lock-out la veille, à 16 heures.
« Nous sommes consternés par ce type de comportement, déplore Alain Pépin, président du syndicat. On nous envoie sur le trottoir avant même que nos membres ne puissent étudier les dernières offres patronales. Et ceci, alors qu’aucun moyen de pression n’est venu perturber les activités de l’hôtel ».
Lors de l’assemblée d’hier, les membres ont néanmoins rejeté à 95 % la proposition patronale, et voté la grève générale illimitée à 100 %. Ces deux votes, tel que le stipule le Code du travail, ont été tenus à scrutin secret.
Le président de la Fédération du commerce (CSN), Jean Lortie, dénonce le fait que l’employeur avait mis à l’horaire de l’ensemble des employé-es une journée de formation cette semaine. « Plusieurs travailleurs et travailleuses étaient en chômage saisonnier, explique-t-il. En les inscrivant à l’horaire pour une formation fictive, la direction tente de mettre un terme à leurs prestations d’assurance-emploi. En termes de méthodes pour influer un vote, on a rarement vu pire ! »
Reculs importants
Dans ses dernières offres, la direction du Château Mont-Sainte-Anne désire faire avaliser une convention collective de plus de sept ans. Des augmentations salariales de 1 % par année sont prévues, seulement si ces sommes représentent moins que la moitié des profits engrangés par les propriétaires au cours de cette période.
L’employeur veut également couper dans les régimes de vacances, de congés fériés et de congés mobiles, ainsi que dans la rémunération des serveurs des banquets et des restaurants. De plus, la direction se réserve le droit de ne faire appel qu’à ses cadres lorsque 30 chambres et moins sont louées. « Il s’agit d’un recul de plus de 30 ans de nos conditions de travail », souligne Alain Pépin.
La Fédération du commerce compte 37 700 membres, dont plus de 7200 dans les hôtels du Québec. La CSN regroupe 300 000 syndiqué-es tant des secteurs public que privé, et ce, dans toutes les régions du Québec.