Avec une cohérence cynique, le gouvernement fédéral de Stephen Harper, depuis qu’il détient la majorité à la Chambre des communes, dirige des attaques ciblées contre le Québec et le modèle québécois. Dernier assaut en date, le budget qu’il a présenté jeudi. Avec cet exercice, les conservateurs s’en prennent délibérément à des outils de développement économique québécois, ils s’immiscent dans un champ de compétence strictement réservé au Québec et veulent y imposer leurs méthodes.
Par une autre manœuvre récente, ce gouvernement centralisateur, qui ne dit pas son nom, a réduit la capacité financière du Québec et affaiblit son aptitude à exercer ses choix. En réformant l’assurance-emploi de telle sorte que des milliers de travailleuses et de travailleurs précaires n’y seront plus admissibles, il a ainsi transféré le poids financier de leur soutien à l’aide sociale. Du même coup, il met en péril la survie de plusieurs secteurs économiques dans nombre de régions du Québec et favorise la migration des travailleurs vers les grands centres au détriment des régions.
Le budget constitue la dernière provocation du gouvernement Harper à l’égard du Québec. Car, si nous ne sommes pas les seuls touchés par les mesures d’austérité qu’il comporte, nous sommes de loin les plus ciblés. Le soutien adéquat qu’Ottawa refuse à l’industrie forestière québécoise et qu’il accorde allègrement à l’industrie manufacturière ontarienne en est une démonstration. L’acharnement qu’il met à vouloir créer un cadre fédéral unique des valeurs mobilières et ainsi à empiéter encore dans les champs de compétence du Québec en est une autre.
Clairement, le gouvernement Harper qui a pris la décision de rapetisser l’État fédéral est déterminé à entraîner de force les provinces et particulièrement le Québec dans cette voie. Et c’est tambour battant que les décisions contenues dans le budget veulent nous y amener. C’est à la capacité du Québec de faire ses choix, à son autonomie à l’intérieur même du cadre fédéral qu’il s’attaque. L’affaire devrait inquiéter et mobiliser, au-delà de la classe politique, l’ensemble des Québécois.