Le Syndicat des salarié-es d’entretien du Réseau de transport de la Capitale (CSN) se conformera à la décision du Conseil des services essentiels (CSE) et ne dressera pas de piquets de grève le lundi 8 juin. « Cependant, a déclaré le président du syndicat, André Carmichael, nous ne renonçons pas à notre droit de grève qui, selon le CSE, pourrait s’exercer dès le 15 juin. » Les représentants du syndicat ont fait connaître à leurs membres dès les premières heures de la nuit la décision du Conseil et sa volonté de s’y conformer. « Nous sommes déçus de cette décision que nous avons apprise vers 21 heures hier, a poursuivi André Carmichael. Avec nos avocats, nous profiterons des prochains jours pour analyser toutes les avenues possibles qui s’offrent à nous. » Le syndicat des employé-es d’entretien du RTC déplore l’attitude patronale depuis le début des négociations entourant les conditions de travail au futur garage situé dans le Parc industriel Armand-Viau. « La direction du RTC profite de cette occasion pour diminuer nos conditions de travail et, conséquemment, la qualité du service, d’ajouter le porte-parole syndical. Notre convention collective a été signée par les deux parties et l’employeur doit la respecter, y compris pour les postes qui seront affectés à ce garage. » Le garage, qui sera prêt prochainement, doit accueillir 44 postes, soit 24 qui seront transférés du garage de la rue des Rocailles et 20 postes nouvellement créés. Plutôt que d’offrir les postes prévus à la convention collective, la direction du RTC veut fusionner les tâches et les fonctions qui relèvent de plusieurs postes déjà existants. « Pendant 3 jours et 2 soirées, nous avons tenté de nous entendre avec la partie patronale sur la légalité de cette grève et sur les services essentiels à fournir en cas de conflit de travail. L’employeur aurait dû, à la place, utiliser les fonds publics de façon plus responsable en négociant avec nous, plutôt que de ne pas reconnaître la signature qu’il a apposée en toute connaissance de cause à la convention collective, en 2005 », a indiqué André Carmichael. Droit de grève reconnu Dans sa décision, le CSE reconnaît au syndicat le droit de recourir à la grève, conformément à la convention collective et au Code du travail. Il stipule que l’avis de négociation, établissant la date légale de la grève, est réputé avoir été envoyé lorsque l’employeur a ouvert la négociation le 17 décembre, soit six mois avant l’ouverture prévue du garage du Parc Armand-Viau, comme le stipule la convention collective. En vertu du Code du travail, le droit de grève était donc acquis 90 jours plus tard. Le syndicat ne comprend donc pas pourquoi la grève ne serait pas légale le 8 juin. Cependant, les membres du syndicat pourront dresser des piquets le 19 juin, soit sept jours juridiques francs après que le syndicat aura envoyé un avis de grève à cet effet. Cet avis ne peut être transmis avant le 9 juin, soit le lendemain du précédent avis déposé le 26 mai. D’ici à mardi, il évaluera la possibilité de le faire. Le Syndicat des salarié-es d’entretien du RTC (CSN) tient à préciser qu’il recherche toujours une entente avec la direction, dans le respect de l’application de la convention collective et des services à la population. « Plutôt que de faire des déclarations intempestives dans les médias, l’employeur devrait mettre toutes ses énergies à négocier avec nous dans un esprit d’ouverture, pour le meilleur intérêt de tous, afin de favoriser un climat de travail satisfaisant et maintenir une qualité du service à la population », de conclure André Carmichael. Le syndicat représente 294 travailleuses et travailleurs d’entretien au RTC.