Le gouvernement doit clarifier ses intentions en santé
À la suite de l’annonce du ministre de la Santé et des Services sociaux de privilégier les hôpitaux, la CSN presse le gouvernement de clarifier dans le discours d’ouverture de la session parlementaire ses objectifs en santé. « Si la priorité en santé du gouvernement se résume à réduire les listes d’attente et désengorger les urgences, nous allons reculer au lieu d’avancer », affirme la vice-présidente de la CSN, Denise Boucher.
Le coup de barre dans la première ligne
Depuis des années, les études les unes après les autres ont indiqué clairement qu’il faut donner un coup de barre dans la prévention et les services de première ligne, notamment dans les CLSC. Or, à ce chapitre, le gouvernement a préféré utiliser les 800 millions d’Ottawa pour éponger les coûts de système. Pourtant, lors de l’entente fédérale-provinciale, il y avait un consensus en vue d’utiliser ces sommes tout d’abord pour les services de première ligne qui sont anémiques. « L’octroi des 800 millions a sûrement rassuré les directions hospitalières, mais ça ne donne pas le coup de barre qu’on doit faire. C’est pourquoi, lors de son discours d’ouverture de la session parlementaire, le nouveau gouvernement doit indiquer ses intentions à ce sujet », précise Denise Boucher.
Ne pas reléguer les jeunes aux oubliettes
La CSN s’étonne, en outre, que le nouveau ministre ait laissé totalement dans l’ombre les jeunes alors qu’il est urgent de redresser la situation. Le gouvernement sortant prévoyait pour eux 110 millions de dollars, c’est à dire un cinquième des sommes prévues pour les services de première ligne. « Cette fois, il n’y a pas un mot et pas un sou pour les jeunes en difficulté. Ça n’a aucun sens », s’exclame-t-elle.
L’ « hospitalocentrisme », le virus du nul en santé
En outre, le nouveau ministre de la Santé ne prévoit que des grenailles pour la prévention et les soins à domicile. Quant aux clientèles vulnérables, tels que les malades chroniques et les personnes ayant des troubles mentaux, elles sont laissées sur le carreau et continueront à se retrouver aux urgences.
« Avec une vision hospitalocentriste, on va continuer à tourner en rond. Lors du discours d’ouverture de la session parlementaire, nous souhaitons qu’il donne suite au consensus en faveur de la première ligne et des CLSC », conclut Denise Boucher. Elle invite aussi le gouvernement à rendre publiques ses intentions en vue d’aller chercher davantage d’argent au gouvernement fédéral pour la santé.
Source : CSN 26-05-2003 Renseignements : Denise Boucher, vice-présidente de la CSN, tél : (514) 598-2257 ; Maroussia Kishka, Service des communications de la CSN, tél : (514) 598-2166