La Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) suit avec attention la décision de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) de confier à la Société de transport de Montréal (STM) l’administration du transport adapté à l’échelle du Grand Montréal. Si nous constatons que, pour le moment, les activités d’administration demeureront entre les mains d’un organisme public (la STM), nous demeurons préoccupés par les conséquences que cette réorganisation pourrait avoir sur les travailleuses et travailleurs des autres sociétés de transport ainsi que sur la qualité des services offerts à une population particulièrement vulnérable. Selon les informations disponibles, des pertes d’emplois auraient déjà été annoncées à la Société de transport de Laval et les impacts dans les autres organisations concernées demeurent inconnus.
Pour la FEESP–CSN, cette annonce s’inscrit dans un contexte plus large de choix irréfléchis de transformations du transport adapté qui découlent directement du sous-financement chronique du transport collectif. Par ailleurs, nous avons de nombreuses fois décrié, dans les dernières années, la mise en place d’orientations, tant au gouvernement que dans les sociétés de transport, qui ont favorisé une place grandissante du secteur privé dans la prestation de certains services comme le transport adapté.
« Bien que la situation soit différente de celles qui ont mené au transfert d’une partie du transport adapté vers le secteur privé puisque les emplois touchant nos membres syndiqués resteraient dans le public, nous surveillons cette réorganisation de près puisqu’elle semble se traduire par des pertes d’emplois et par de nouvelles incertitudes quant à l’organisation des services », affirme le président du Secteur transport de la FEESP–CSN, Kevin McLean.
La fédération rappelle que, déjà en 2025, nous dénoncions la perte graduelle d’une grande expertise liée aux changements apportés au transport adapté et que, dès le début septembre de cette année, nous avions sonné l’alarme concernant les conséquences du sous-financement de ce service dans l’ensemble de la région métropolitaine. L’annonce de l’ARTM aujourd’hui n’est qu’une nouvelle couche qui s’ajoute à ces préoccupations qui demeurent toujours d’actualité.
« Depuis plusieurs années, on nous présente diverses réorganisations comme des solutions aux problèmes du transport adapté. Ou encore, on nous vante les mérites de la privatisation. Pourtant, le véritable enjeu demeure le même : l’insuffisance du financement accordé au transport collectif. Les travailleuses, les travailleurs et le public ne doivent pas devenir les victimes collatérales de décisions qui visent essentiellement à composer avec un manque de ressources financières », explique la vice-présidente de la FEESP–CSN, Stéphanie Gratton,
La fédération portera une attention particulière aux conséquences de cette décision pour les membres du Syndicat des employés d’entretien de la Société de transport de Laval (CSN), pour ceux du Syndicat des travailleuses et des travailleurs d’EXO – Transport adapté–CSN ainsi qu’aux effets qu’elle pourrait avoir sur l’accessibilité et la qualité du transport adapté pour les usagères et les usagers.
« À la fin de la journée, c’est simple : les personnes qui utilisent le transport adapté ont besoin d’un service fiable, accessible et adapté à leur réalité. Les travailleuses et les travailleurs qui contribuent à ce service ont quant à eux droit à de la transparence et à des garanties quant à leur avenir », conclut Kevin McLean.