Sans queue ni tête : le personnel de soutien démuni devant l’incohérence du ministre Roberge

La possibilité évoquée par le gouvernement à la mi-novembre de garder les services de garde en milieu scolaire ouverts pendant le prolongement du congé des Fêtes a causé un véritable branle-bas de combat chez les syndicats du personnel de soutien. En plus de la volonté de François Legault exprimée peu de temps avant d’ajouter trois journées pédagogiques au calendrier scolaire, son intention de maintenir ouverts les services de garde scolaires pendant le prolongement des vacances a eu l’effet d’une claque au visage pour les travailleuses et les travailleurs. Si le gouvernement est revenu sur sa décision de prolonger le congé des Fêtes, le personnel de soutien et les éducatrices en service de garde ne décolèrent pas face au manque de considération du ministre de l’Éducation Jean-François Roberge.

Samuel Fortin, président du syndicat du soutien scolaire Bellimont–CSN, ne mâche pas ses mots à l’endroit du ministre. « C’est du gros n’importe quoi. C’est géré au jour le jour, sans consultation. On fait partie de la solution, mais là, on est épuisés et exaspérés par ces décisions sans queue ni tête qui nous sont imposées ». Au printemps dernier, l’ensemble du personnel des services de garde s’était démené pour la mise en place des services de garde d’urgence. « Même si on a prouvé à maintes reprises le caractère essentiel de notre travail, on se bute à un manque de reconnaissance du personnel de soutien, sans compter qu’on évite soigneusement de nous impliquer dans la prise des décisions. Cela cause énormément de frustration », ajoute M. Fortin qui, avec ses collègues, a rendu visite à deux députées de la CAQ et au conseil d’administration de son centre de services.

De son côté, le Syndicat du personnel de soutien des Hautes-Rivières–CSN a décidé de prendre les choses en main, comme l’explique celle qui en est secrétaire, Mireille Gauvin. « On fait tout ce qu’on peut pour se faire entendre, parce ce qui se passe en ce moment, ça n’a pas d’allure. » Les membres du syndicat sont d’ailleurs allés manifester spontanément devant les bureaux de circonscription du ministre Roberge. Pour Mireille Gauvin, il y a une incompréhension totale de l’ensemble du travail effectué par les éducatrices. « Organiser une journée pédagogique, ça ne se fait pas en claquant des doigts. En plus de devoir respecter les bulles-classes au sein même des groupes, on doit composer avec le manque de locaux et une pénurie de personnel. »

Départs précipités à la retraite, réorientations de carrière, congés de maladie… d’une même voix, la représentante et le représentant syndical soulignent l’hémorragie de personnel que subit actuellement le secteur. « Les gens sont déchirés. D’un côté, ils ont à cœur leur emploi et la mission éducative des enfants, et de l’autre, ils sont au bout du rouleau, parce qu’en plus de la précarité du métier, le sentiment d’injustice et de non-reconnaissance les mine au quotidien », renchérit Mirelle Gauvin.

Si les derniers mois ont démontré la capacité d’adaptation, de résilience et de mobilisation du personnel de soutien dans les écoles, le ministre Roberge aura de sérieux comptes à rendre à la sortie de la crise sanitaire.

Un retard de rémunération indécent, alors que les services publics sont à bout de souffle

Actuellement en négociation pour le renouvellement des conventions collectives de plus de 160 000 travailleuses et travailleurs du secteur public, la CSN estime que le rapport de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) démontre, encore une fois et sans ambiguïté, l’urgence de donner un sérieux coup de barre en matière de rémunération.

« Nous sommes en plein cœur de la négociation et les chiffres révélés par l’enquête annuelle de l’ISQ illustrent amplement la détérioration des conditions salariales dans le secteur public. Il est clair que ce rapport vient appuyer le bien-fondé de nos demandes et il est temps que le gouvernement entende raison et assume ses responsabilités », affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

En effet, l’enquête menée par l’ISQ souligne que la rémunération globale des employé-es de l’État (ce qui inclut le salaire, le régime de retraite et les avantages sociaux) affiche un retard alarmant de 9,2 % par rapport à l’ensemble des salarié-es québécois; un retard qui s’est amplifié, puisqu’il était de 6,2 % l’année dernière. Du point de vue strictement salarial, le retard est encore plus manifeste, alors que les employés de l’État gagnent 16,5 % de moins que les autres salariés du Québec.

« C’est tout simplement indécent. Nos services publics étaient déjà en crise avant la pandémie et ils sont actuellement portés à bout de bras par des centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs. En ce moment, l’élastique est tendu au maximum et les problèmes de surcharge de travail et de pénurie de main-d’œuvre continuent de fragiliser les services à la population, sans compter l’impact considérable pour les hommes et surtout pour les femmes qui y travaillent, puisqu’elles occupent plus de 75 % des emplois du secteur public », ajoute Caroline Senneville.

En négociation depuis plus d’un an, la CSN estime que l’heure est venue pour le gouvernement Legault de prendre acte de la situation et d’agir en conséquence. Actuellement, les augmentations salariales proposées par le gouvernement sont de 1,75 % en 2020 et en 2021 puis de 1,5 % en 2022.

« C’est une proposition tout simplement déconnectée de la réalité, car comme le démontre le rapport de l’ISQ, les salaires des syndiqué-es ne faisant pas partie du secteur public ont augmenté en moyenne de 2,6 % en 2020. L’offre sur la table ne ferait qu’accentuer l’écart entre les travailleuses et les travailleurs des services publics par rapport aux autres salariés du Québec. Le gouvernement ne peut plus ignorer ce que nous lui soulignons depuis plus d’un an, soit l’urgence d’agir et de soutenir nos services publics en donnant un sérieux coup de barre en matière de rémunération », explique la vice-présidente de la CSN.

La CSN a déposé cet automne une contre-proposition qui revendique une augmentation de 2 $ l’heure pour l’année 2020 et le plus avantageux entre 0,75 $ l’heure ou 2,2 % pour les deux années subséquentes. « Actuellement, les salaires d’un bon nombre de travailleuses et de travailleurs des services publics ne leur permettent pas de vivre décemment. Notre revendication en montants fixes vient directement répondre à cet enjeu, puisque ses impacts sont plus importants pour celles et ceux qui gagnent le moins. Notre demande répond aux besoins réels du personnel des réseaux », conclut Caroline Senneville.

Le gouvernement choisit enfin la voie de la raison

En réaction à l’annonce du gouvernement concernant le congé des fêtes pour les écoles québécoises, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) se disent soulagées et joignent leurs voix pour saluer la décision qu’elles qualifient de responsable.

Les trois organisations syndicales considèrent qu’une décision du gouvernement obligeant les services de garde scolaires à ouvrir leurs portes à 100 % aurait été une consécration de l’incohérence dans les mesures sanitaires. Dans le contexte où le Québec ne connaît aucun relâchement dans sa lutte contre la COVID-19 et que plusieurs régions sont encore en zone rouge, le personnel des services de garde scolaires pourra aussi, comme tout le monde, limiter son exposition aux risques de contamination à l’aube de la période des fêtes. Si le gouvernement avait fermé les écoles à moitié, le personnel des services de garde scolaires aurait été traité, une fois de plus, comme des travailleurs de seconde zone puisque les risques de contamination auraient été maximisés alors que le concept de bulle-classe et la distanciation physique sont impossibles à appliquer. Dès lors, la raison principale invoquée par le gouvernement visant à limiter la propagation du virus pour Noël apparaissait comme un faux prétexte au regard des centrales.

Étant donné que les services de garde d’urgence qui seront mis sur pied pour le congé des fêtes s’effectueront sur une base volontaire des éducateurs et éducatrices, les organisations syndicales demandent au gouvernement de garantir des incitatifs financiers pour le personnel afin d’assurer le succès de l’opération.

Un gouvernement qui fait cavalier seul dans la pandémie
Malgré cette décision en faveur du personnel des services de garde scolaires, la CSQ, la CSN et la FTQ dénoncent qu’une fois de plus, elles sont encore obligées d’éteindre la panique générée par les ballons d’essai lancés par le gouvernement depuis plusieurs jours. Elles confirment ne pas avoir été parties prenantes de la réflexion entourant la démarche, à la seule exception de rencontres tenues sur le tard, hier. Les syndicats réitèrent qu’il aurait été préférable que toutes les parties prenantes puissent être associées à la décision afin de minimiser les impacts et, surtout, de garantir le succès de l’opération, qui touche des millions de personnes. Les organisations continuent à tendre la main pour l’avenir.

Citations
« La décision du gouvernement est responsable et constitue un soulagement pour le personnel des services de garde scolaires. Pour eux, c’était loin de passer comme une lettre du père Noël à la poste. Le gouvernement a peut-être fini par entendre raison sur l’importance de la cohérence dans les mesures sanitaires, mais il faut déplorer le manque d’écoute devant le processus unilatéral qui s’est déroulé depuis quelques jours. Dans le futur, le gouvernement gagnerait à associer le plus d’organisations possible à ses réflexions pour éviter un autre psychodrame. » – Sonia Ethier, présidente de la CSQ

« Le gouvernement avait plusieurs facteurs à prendre en considération. Nous sommes satisfaits que le premier ministre ait entendu nos arguments quant à l’incohérence des scénarios jusqu’ici envisagés. On ne pouvait régler la question en renvoyant tout simplement le fardeau sur le personnel des services de garde, déjà grandement sollicité par la crise mais si peu considéré par le gouvernement. C’est une décision mitoyenne qui nous semble beaucoup plus responsable en matière de santé publique. » –Jacques Létourneau, président de la CSN 

« On comprend que le gouvernement a finalement entendu les inquiétudes que nous lui avons exprimées lors de rencontres précédentes. Si nous avions été consultés avant les ballons d’essai lancés dans les médias, on aurait pu éviter toutes les spéculations qui ont insécurisé la population et le personnel du réseau. Le gouvernement doit retenir la leçon et consulter davantage les travailleurs et travailleuses qui œuvrent auprès de la population. » – Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ

Un urgent besoin de cohérence pour les écoles et les services de garde scolaires!

En réaction au scénario hypothétique de prolongement du congé des fêtes pour les écoles québécoises, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), au terme d’une rencontre avec le cabinet du ministre de l’Éducation, ont réclamé de toute urgence de la cohérence dans le déploiement des mesures sanitaires visant à protéger la population.

Les centrales syndicales appellent le gouvernement à faire preuve de bon sens dans la mise en place des mesures sanitaires. Elles mentionnent que, si l’objectif du gouvernement est de limiter la propagation du virus avant et après Noël, fermer les écoles à moitié serait une grave erreur puisque les groupes de services de garde scolaires n’ont jamais été en mesure de respecter la distanciation physique ni le concept de bulle-classe. Dans ce contexte, où la priorité du gouvernement est de limiter la propagation du coronavirus pour la période des fêtes, les centrales jugent donc que le maintien des services de garde scolaires serait inacceptable puisqu’il viendrait directement nuire au respect du concept de bulle-classe et de la règle visant la réduction des contacts sociaux.

D’une même voix, les centrales déplorent aussi l’absence totale de sensibilité du gouvernement quant à la réalité quotidienne vécue sur le terrain par les milliers d’éducatrices et d’éducateurs en services de garde solaires. Après l’introduction de trois journées pédagogiques, qui ont mené à une augmentation directe de la charge de travail des services de garde scolaires, la CSQ, la CSN et la FTQ regrettent que ces derniers doivent continuer de se démener pour être considérés dans les processus décisionnels. Elles se désolent qu’une fois de plus, le gouvernement se soit avancé publiquement avec des ballons d’essai qui condamnent le personnel et les parents à l’incertitude, et ce, à l’aube des fêtes. Les organisations syndicales réitèrent au gouvernement l’importance de prendre le temps de faire les choses correctement. Cela aurait dû, d’abord, débuter avec une validation préalable auprès des acteurs concernés, à savoir les travailleuses et les travailleurs de l’éducation.

Citations
« Le personnel de soutien en a plus qu’assez du manque de considération de la part du ministre de l’Éducation. On invite le gouvernement à ne pas se mettre la tête dans le sable : fermer les écoles tout en maintenant ouverts les services de garde serait aussi efficace qu’un produit homéopathique. Il ne faut pas avoir fréquenté une salle de classe souvent dans sa vie pour penser que l’ouverture des services de garde ne viendrait pas compromettre les efforts de la Santé publique. » – Sonia Éthier, présidente de la CSQ

« Depuis le début de la crise, le gouvernement pense qu’on peut régler tous les problèmes en les renvoyant dans la cour des services de garde. Ça relève malheureusement de la pensée magique. Les services de garde ne sont pas des lieux de quarantaine. Les scénarios envisagés par le gouvernement n’ont rien de cohérent. » – Jacques Létourneau, président de la CSN

« Le personnel des services de garde est déjà épuisé et au bout du rouleau. Le gouvernement doit d’abord prioriser la santé, la sécurité des enfants, de leur famille et du personnel de l’éducation. La décision de prolonger le congé des fêtes tout en maintenant les services de garde serait irresponsable et incohérente. » – Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ

Réorganisation du travail à la Ville de L’Île-Perrot : un manque de respect total envers les employé-es municipaux

Sous-traitance, réorganisation surprise de postes, précipitation de la négociation, voilà ce qu’ont appris brutalement les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la Ville de L’Île-Perrot (STTVIP–CSN) lors d’une séance du comité de relation de travail jeudi dernier où l’employeur présentait ce qu’il appelle « une importante phase de modernisation de l’appareil administratif de la Ville ». Cette réorganisation majeure du travail a été faite sans que les employé-es municipaux ni leur syndicat aient été consultés, ce que ces derniers dénoncent vigoureusement.

« Ce réaménagement majeur de l’organisation du travail a été préparé, réfléchi et conçu sans même que les principaux concernés, à savoir les employé-es de la Ville, ne soient mis au courant ou n’aient pu participer à l’élaboration de cette importante réforme. C’est inacceptable ! Cela témoigne d’un manque de respect flagrant de la part de l’administration de la Ville de L’Île-Perrot à l’égard de ses propres employé-es. Pour une administration qui réitérait, en mars dernier, vouloir opérer « main dans la main » un virage au niveau de la culture organisationnelle de la municipalité, disons que c’est mal parti », a affirmé Marie-France Groulx, présidente du STTVIP–CSN.

Une réorganisation qui fait mal

Parmi les impacts de cette réorganisation, on recense l’abolition de quatre postes à la conciergerie dont les tâches liées à l’entretien ménager des édifices municipaux seront comblées par un contrat à l’externe, et ce, sans évaluer la qualité des services offerts. « Quand on entend l’administration de la Ville se vanter de faire des économies de l’ordre de 200 000 $ annuellement, alors que l’on sait qu’une partie de ces économies est réalisée sur le dos des employé-es de la Ville, notamment en ayant recours à de la sous-traitance, c’est assez insultant ! », a renchéri André Lajoie, secrétaire général de la Fédération des employées et employés des services publics (FEESP).

Autre impact non négligeable de cette réorganisation : l’incertitude pour les salarié-es temporaires ainsi que pour les employé-es permanents dont les fonctions ont été redéfinies de manière arbitraire par l’employeur. « Du jour au lendemain, on vient dire aux travailleuses et travailleurs de la Ville que leurs tâches ne seront plus les mêmes et qu’ils devront même, dans certains cas, postuler sur de nouveaux postes, sans qu’on leur fournisse davantage de détails quant aux conséquences concrètes de ces réaménagements sur leur charge de travail, leurs fonctions, leur salaire, etc. Ce n’est pas une manière de faire pour une administration qui dit vouloir « valoriser les emplois au sein de l’organisation ». Les membres du STTVIP–CSN pourront compter sur l’appui inconditionnel du Conseil central de la Montérégie dans leur lutte pour se faire respecter », a ajouté Annette Herbeuval, présidente du Conseil central de la Montérégie (CCM–CSN).

Une négociation dans un climat tendu

La Ville annonce cette réorganisation à quelques semaines de la période des Fêtes, dans un contexte de pandémie, en ajoutant un ultimatum de négociation pour un règlement sur cette restructuration d’ici le 1er mars 2020. Alors que depuis plusieurs mois, les relations de travail sont plutôt difficiles avec, notamment, des départs à la retraite, des fins de contrat inexpliquées et des travailleurs à bout de souffle qui finissent par démissionner, la négociation à venir s’annonce corsée. À l’aube de celle-ci, la présidente du STTVIP–CSN souhaite envoyer un message au maire de la municipalité, M. Pierre Séguin. « M. Séguin, plusieurs des personnes qui sont affectées par cette réorganisation sont vos propres concitoyennes et concitoyens. Plutôt que de continuer à exercer de la pression sur vos employé-es et de précipiter les choses, nous vous demandons de faire preuve de flexibilité et d’ouverture pour que l’on puisse trouver des solutions qui conviennent à tous et surtout, qui respectent celles et ceux qui se dévouent quotidiennement pour le rayonnement de la Ville de L’Île-Perrot », a conclu Mme Groulx.

Rappelons que les changements annoncés dans cette réorganisation du travail s’appliqueront dès avril 2021 jusqu’en 2022. La convention collective arrive à échéance le 31 décembre 2021.

La CSN lance une grande campagne de sensibilisation à la violence et au harcèlement au travail

Toujours préoccupée par les phénomènes de violence et de harcèlement au travail ainsi que par leurs conséquences sur la santé et le climat de travail, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) est fière de lancer sa toute nouvelle campagne nationale de sensibilisation intitulée « Agis pour que ça cesse. »

« La responsabilité de créer un milieu de travail sain et sécuritaire incombe aux employeurs et la CSN veille à ce que ceux-ci respectent leur obligation à cet égard, rappelle Jean Lacharité, vice-président de la CSN et responsable de la santé et la sécurité du travail. Par contre, nous considérons aussi que prévenir et contrer la violence et le harcèlement au travail est une responsabilité collective et le devoir de toutes et tous. »

Partant du principe que nous pouvons toutes et tous contribuer à mettre fin à la violence et au harcèlement au travail, cette nouvelle campagne a pour objectif de sensibiliser et d’éduquer le public afin d’inciter les témoins, les complices, les victimes, et même les agresseurs à agir pour que ça cesse.

« Tout le monde doit comprendre que ne rien faire devant des situations de harcèlement ou de violence contribue à faire en sorte qu’elles perdurent, explique Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN et responsable de la condition féminine. Il est donc important pour nous d’outiller nos syndicats et leurs membres afin qu’ils puissent reconnaître les différentes formes de violence et de harcèlement et qu’ils sachent comment intervenir. »

Afin d’atteindre ces objectifs, une grande variété d’outils ont été conçus et sont accessibles dès maintenant au agispourquecacesse.com, notamment, une brochure explicative et des vidéos traitant du harcèlement psychologique et du harcèlement sexuel au travail. Plusieurs autres outils seront également ajoutés dans les prochaines semaines.

Le ministre Roberge ajoute l’insulte à l’injure

Après l’annonce du gouvernement concernant la possibilité d’un prolongement du congé des Fêtes, les syndicats du soutien scolaire affiliés à la CSN dénoncent l’incohérence du gouvernement Legault qui s’obstine à continuer de surcharger l’ensemble du personnel de soutien, déjà épuisé et fragilisé, en plus de vouloir garder ouverts les services de garde pendant le prolongement du congé des Fêtes.

Pour les travailleuses et les travailleurs, l’intention du premier ministre de maintenir ouverts les services de garde scolaires pendant le prolongement des vacances a eu l’effet d’une claque au visage : « Après les trois journées pédagogiques supplémentaires annoncées sans aucune considération pour le personnel et la surcharge de travail qui lui sera occasionnée, le gouvernement en rajoute une couche avec le prolongement du congé scolaire. Le personnel de soutien est épuisé, quand est-ce qu’il va enfin nous écouter ? », s’est exclamé Annie Charland, présidente du secteur scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN). « Si la volonté réelle du gouvernement est de réduire les risques de contamination, il n’y a aucune logique d’ouvrir les services de garde », d’ajouter Mme Charland.

« Partout au Québec, le son de cloche que nous avons, c’est le ras-le-bol collectif. On ne compte plus le nombre de travailleuses et de travailleurs qui nous appellent, au bout du rouleau, avec l’envie de quitter le réseau », renchérit Nathalie Arguin, présidente de la FEESP–CSN. « Les gens sont en colère. Tant que le gouvernement fera la sourde oreille, on va se faire entendre, coûte que coûte ! », conclut-elle.

PEV : un plan qui manque de cibles, de contraintes et d’ambition

« C’est un plan que nous aurions bien reçu… il y a 20 ans. » C’est ainsi que le président de la CSN, Jacques Létourneau, réagissait au Plan pour une économie verte présenté par le ministre Benoit Charette aujourd’hui.

Pour la CSN, le plan présenté ne reflète pas les consultations menées par le gouvernement auprès des groupes de travail justement formés en vue de son développement. L’urgence climatique impose au Québec un plan complet et intégré qui inclut des mécanismes de suivi et de reddition de comptes pour chacun des investissements. Ces mécanismes manquent au projet du ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

« Il est bien d’avoir des mesures incitatives. Mais l’absence de contraintes et de cibles concrètes pour plusieurs secteurs fragilise grandement notre capacité à respecter les recommandations du GIEC et les nombreux engagements du Québec à cet égard », de déplorer le président de la CSN. « L’urgence climatique commande beaucoup plus que le saupoudrage de quelques incitatifs, sans contraintes réelles pour forcer le changement. Malgré les affirmations du premier ministre aujourd’hui, nous considérons que la stratégie du gouvernement ne répond pas aux demandes des jeunes qui l’implorent de les écouter et de gouverner pour les générations futures. »

La CSN partage par ailleurs certains des objectifs en matière d’électrification des transports. Il était plus qu’urgent de forcer la conversion du parc automobile aux véhicules électriques et hybrides rechargeables. Pourtant, les moyens proposés ne permettront pas de révolutionner notre façon de nous déplacer ni de réduire notre dépendance à la voiture, et ce, en dépit de certains investissements à venir — et annoncés à de multiples reprises — en matière de transport collectif. « À ce sujet, la disproportion entre les sommes prévues au PQI pour les infrastructures routières et les investissements prévus par le gouvernement pour l’électrification des transports parle d’elle-même », de souligner Jacques Létourneau.

C’est toutefois sur le plan de la décarbonisation des entreprises que se situe la plus grande déception, estime la centrale syndicale.

« Le parc industriel est à lui seul responsable du tiers des émissions de GES du Québec, rappelle M. Létourneau. Pourtant, aucune cible n’est déterminée par le gouvernement pour ce secteur. Celui-ci ne propose que des sommes incitatives offertes aux entreprises — et on ne parle ici que de 168 M$ par année. »

Enfin, la CSN est d’avis que les organisations syndicales doivent être parties prenantes de ce changement. Ces transformations doivent être menées dans une perspective de transition énergétique juste, seule avenue permettant de trouver des solutions lorsque les transformations liées à la transition ont des impacts sur les travailleuses et les travailleurs dont les emplois dépendent d’industries à haute émission de GES.

Manifestations en appui aux travailleuses et aux travailleurs des services publics

Partout à travers le Québec, des milliers de personnes participent aujourd’hui à des manifestations organisées par la CSN en appui au personnel du réseau de la santé et des services sociaux, de celui de l’éducation ainsi que des organismes gouvernementaux présentement en négociation pour le renouvellement de leurs conventions collectives. Les travailleuses et les travailleurs du secteur public, qui assurent les services à la population dans des conditions devenues extrêmement difficiles, réclament du gouvernement qu’il reconnaisse enfin l’ampleur de la crise qui sévit et qu’il donne un réel coup de barre en investissant significativement dans les réseaux publics.

À Montréal, plusieurs centaines de personnes ont marché dans les rues du centre-ville en scandant des messages à l’attention du premier ministre et de la présidente du Conseil du trésor : « Legault, LeBel, n’attendez pas la prochaine crise », « Urgence d’agir, services publics à rebâtir », « Des services plus humains, pour le Québec de demain ».

Pour Jacques Létourneau, président de la CSN, l’appui de la population aux revendications du personnel des réseaux témoigne de la nécessité pour le gouvernement actuel de faire les choix qui s’imposent et de mettre les ressources nécessaires pour répondre aux besoins des travailleuses et des travailleurs sur le terrain. « Nos services publics s’écroulent depuis trop longtemps. Aujourd’hui, on voit l’étendue des dégâts et c’est toute la population qui en souffre ».

Létourneau souligne que la raison principale invoquée par le gouvernement pour justifier les mesures de confinement actuelles, c’est justement la capacité affaiblie de réponse du système de santé, grandement hypothéqué par les compressions et les mesures d’austérité des dernières décennies. « M. Legault l’a dit à maintes reprises : nous sommes arrivés dans cette crise avec des réseaux fragilisés et c’est pourquoi il a dû, au cours des derniers mois, prendre des décisions qui, à leur tour, ébranlent l’ensemble du Québec. Pensons aux bris de service en santé et services sociaux qui se multiplient, avec des interventions chirurgicales annulées et des suivis qui tardent. Pensons au réseau de l’éducation, dont les ressources humaines et financières sont étirées au maximum depuis des mois, et qui montre des signes de plus en plus inquiétants d’épuisement généralisé. Pensons aussi à toutes les activités commerciales mises en suspens et les impacts que cela entraîne sur notre économie. »

La CSN, qui représente plus de 150 000 travailleuses et travailleurs dans les services publics, réitère qu’elle propose depuis fort longtemps de nombreuses solutions et que celles-ci ont été déposées aux diverses tables de négociation depuis plus d’un an. « Pour que la situation s’améliore, il faut impérativement régler une fois pour toutes les problèmes de pénuries de main-d’œuvre. Et pour y arriver, ça prendra plus que des mercis en conférence de presse. Il faut améliorer les conditions de travail et de pratique en s’attaquant sérieusement à la surcharge de travail qui est devenue insoutenable. Et ça prend aussi de meilleurs salaires, des augmentations significatives, particulièrement pour celles et ceux qui gagnent le moins », ajoute Jacques Létourneau.

« Au cours des prochaines semaines, les travailleuses et les travailleurs des services publics, mobilisé-es et solidaires, entendent utiliser tous les moyens à leur disposition pour faire comprendre au gouvernement qu’il y a urgence d’agir. Le personnel des réseaux et l’ensemble de la population du Québec méritent mieux. M. Legault doit faire mieux », conclut le président de la CSN.

Mise à jour économique : la CSN profondément déçue

En maintenant ses versements au Fonds des générations à hauteur de 2,7 milliards cette année et en conservant un horizon de cinq ans pour le retour à l’équilibre budgétaire, le gouvernement du Québec pave la voie à des mesures d’austérité budgétaire, s’inquiète la CSN. Pour la centrale syndicale, le ministre des Finances prive le Québec des moyens et des ressources qui s’imposent pour relancer son économie.

« Un consensus commence à se dégager au Québec : le gouvernement doit revoir sa stratégie budgétaire, souligne le président de la CSN, Jacques Létourneau. Le ministre des Finances aurait pu envoyer un message clair en indiquant d’emblée que le retour à l’équilibre budgétaire en 2025 ne figure pas dans les plans du gouvernement. Il avait l’occasion de suspendre les versements au Fonds des générations pour consacrer ces sommes aux besoins immédiats de la population du Québec et assurer une reprise économique vigoureuse. Malheureusement, c’est une occasion ratée. »

« C’est à des années d’austérité que le gouvernement de la CAQ nous prépare », prévient le président de la CSN. Malgré les sommes prévues pour la formation et la requalification de la main-d’œuvre, la centrale syndicale demeure déçue de la timidité des mesures de relance annoncées aujourd’hui.

Les objectifs fixés il y a 25 ans en matière de gestion du poids de la dette avaient été atteints avant la pandémie, rappelle Jacques Létourneau. « Si le Québec a été en mesure d’abaisser le ratio dette/PIB sous la barre du 45 %, c’est beaucoup plus en raison de sa croissance économique que des versements au Fonds des générations. Or, en maintenant intégralement ces versements, le Québec se prive des ressources financières permettant de renforcer la relance économique. Il se prive aussi des ressources permettant d’améliorer les conditions de travail du secteur public et d’embaucher le personnel nécessaire. C’est un non-sens absolu. »

La CSN rassure toutefois le gouvernement de son appui quant à la nécessité de rehausser les transferts fédéraux en santé dont le niveau actuel prive le Québec d’importantes ressources.

Des travailleuses et des travailleurs des services publics, membres de la CSN, occupent les bureaux du Conseil du trésor

Des employé-es du réseau de la santé et des services sociaux, de celui de l’éducation et des organismes gouvernementaux occupent ce matin les bureaux montréalais du Conseil du trésor. Alors que le gouvernement a convié les différents secteurs des fédérations du secteur public de la CSN à un blitz de négociation ce week-end, force est de constater que les vis-à-vis patronaux n’ont toujours pas en main les marges financières pour mettre en place les solutions nécessaires. « Nous sommes ici aujourd’hui pour dire à la présidente du Conseil du trésor que, pour rebâtir les services publics qui vivent une crise sans précédent, les ressources doivent être au rendez-vous. La volonté de négocier que vous avez exprimée au cours des derniers jours ne doit pas être une simple façade; elle doit se traduire par des investissements importants », affirme Jacques Létourneau, président de la CSN.

Les militantes et les militants qui déploient cette action depuis 9 h 45 ce matin, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des bureaux du Conseil du trésor, se font aujourd’hui les porte-parole de toutes celles et de tous ceux qui soutiennent la population au cœur de cette crise; une crise qui, par ailleurs, existait déjà dans les réseaux publics bien avant la pandémie. « Pour qu’il n’y ait plus de pénurie de personnel dans nos réseaux, il faudra plus que des mercis en point de presse. Il doit y avoir de meilleures conditions de travail et de pratique et, pour y arriver, il faut s’attaquer sérieusement à la surcharge de travail qui est devenue insoutenable. Et ça prend aussi de meilleurs salaires, des augmentations significatives, particulièrement pour celles et ceux qui gagnent le moins », ajoute Jacques Létourneau.

Pour le président de la CSN, il est impératif que le gouvernement actuel fasse les choix qui s’imposent et donne un réel coup de barre pour relever les réseaux. « Nos services publics s’écroulent depuis trop longtemps. Aujourd’hui, on voit l’étendue des dégâts et c’est toute la population qui en souffre ». Il souligne que la raison principale invoquée par le gouvernement pour justifier les mesures de confinement actuelles, c’est justement la capacité affaiblie de réponse du système de santé, grandement hypothéqué par les compressions et les mesures d’austérité des dernières décennies. « M. Legault l’a dit à maintes reprises : nous sommes arrivés dans cette crise avec des réseaux fragilisés et c’est pourquoi il a dû, au cours des derniers mois, prendre des décisions qui, à leur tour, ébranlent l’ensemble du Québec. Je pense notamment aux bris de service en santé et services sociaux qui se multiplient, avec des interventions chirurgicales annulées ainsi que des suivis qui tardent. Je pense au réseau de l’éducation, dont les ressources humaines et financières sont étirées au maximum depuis des mois et qui montre des signes de plus en plus inquiétants d’épuisement généralisé. Je pense aussi à toutes les activités commerciales mises en suspens et les impacts que cela entraîne sur notre économie. »

Il est maintenant on ne peut plus clair pour la CSN que la situation du Québec serait tout autre avec des services publics solides, soutenus adéquatement par l’État. « Personne ne veut repasser à travers ce qu’on vit aujourd’hui. Le gouvernement doit agir dans le meilleur intérêt de la population en répondant aux besoins des travailleuses et des travailleurs des réseaux afin qu’elles et ils puissent soigner, instruire et accompagner décemment les Québécoises et les Québécois au quotidien », conclut Jacques Létourneau.

Quatre éducatrices sur dix constatent régulièrement des dépassements au ratio prévu

À la suite d’un sondage mené auprès de 2 707 travailleuses des services de garde en milieu scolaire, le secteur scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) présente aujourd’hui les résultats de cette enquête.

Si la présente crise sanitaire a montré la nécessité des services de garde pour la majorité des élèves du Québec, elle a également mis en lumière des problèmes préexistants dans le réseau scolaire. Parmi ceux-ci, une importante pénurie de travailleuses formées pour voir à la sécurité et au développement des enfants. C’est d’ailleurs avec stupéfaction que nous avons appris lors du dévoilement de la campagne « Je réponds présent » que le ministre ne prévoyait aucune formation particulière outre les cours de premiers soins pour les nouvelles venues. « Au lieu de voir les services de garde comme une salle d’attente pour les enfants qui y passent plusieurs heures, il est plus que temps que le gouvernement les perçoive comme un maillon incontournable dans le développement des enfants » déplore Gabrielle Messier, vice-présidente au secteur scolaire FEESP–CSN.

Le sondage nous apprend également que quatre éducatrices sur dix constatent régulièrement des dépassements au ratio prévu, qui est d’une éducatrice pour 20 élèves. Cette situation serait due, entre autres, à un manque d’attrait pour cette profession qui offre majoritairement des postes entre 15 h et 26 h réparties sur cinq jours et en heures brisées (le matin, le midi et après les classes). « Pour assurer un service de qualité et sécuritaire, particulièrement en temps de pandémie, le ministère ne peut passer outre une diminution réelle du nombre d’élèves par groupe » de rajouter Annie Charland, présidente du secteur scolaire FEESP–CSN.

Dans la présente étude, le manque criant de locaux a aussi été démontré alors que près du quart des répondantes ont dit devoir utiliser les corridors d’école comme lieu de garde. « Comment, en plein hiver, les éducatrices pourront-elles assurer la salubrité des lieux lorsqu’on leur demande d’utiliser les halls d’entrée ou les corridors? Il est urgent que le ministère actualise la réglementation sur les services de garde en milieu scolaire afin d’assurer autant la sécurité des enfants et du personnel que des activités développementales de qualité ! » de rajouter Stéphanie Gratton, vice-présidente de la FEESP–CSN.

Pour nous, il est plus que temps que le gouvernement ouvre un dialogue avec les acteurs du milieu des services de garde scolaire pour garantir des environnements au service du développement et de la sécurité des élèves. «  Concevoir le rôle de l’école en oubliant l’offre des services de garde c’est rater l’occasion de donner un véritable continuum de services aux élèves. Le personnel des services de garde scolaire fait maintenant partie intégrante de la vie de milliers d’élèves du Québec » de conclure Stéphanie Gratton.

Ce sont les travailleuses et les travailleurs des services publics qui nous sortiront de la crise; le gouvernement doit les écouter

Après 40 séances de négociation à la table centrale ainsi qu’un nombre important de rencontres aux tables de négociation sectorielles et alors qu’une crise sans précédent affecte les services publics, la CSN dénonce l’immobilisme du Conseil du trésor et interpelle aujourd’hui le chef du gouvernement. « M. Legault, qu’attendez-vous pour aller écouter celles et ceux qui affrontent cette tempête? Allons-y ensemble, dès maintenant. » C’est le message que lance ce matin Jacques Létourneau, président de la CSN, au premier ministre du Québec. Il ajoute que les travailleuses et les travailleurs des réseaux sont les mieux placés pour évaluer les changements nécessaires qui doivent être apportés pour améliorer les services à la population, puisqu’ils vivent les problèmes au quotidien dans leur travail, et ce, depuis bien avant la pandémie.

M. Létourneau lance cet appel alors que, depuis plusieurs semaines, les personnels des établissements de santé et de services sociaux, des établissements scolaires, des collèges et des organismes gouvernementaux tentent de se faire entendre en multipliant les interventions publiques dans différentes régions du Québec. Ce matin, une action était d’ailleurs menée en plein cœur du centre-ville de Trois-Rivières. « Les travailleuses et les travailleurs ne veulent plus de ces pansements qui ne sont là que pour stopper l’hémorragie. Ils veulent des mesures durables qui permettent d’améliorer réellement leurs conditions de travail et, par conséquent, les services à la population. Pouvoir faire leur travail plus humainement, c’est ce qu’ils demandent. »

La CSN, qui revendique un réel coup de barre dans les services publics, tant sur le plan des conditions de travail et de pratique que sur celui du salaire, constate qu’à toutes les tables de négociation, c’est la même rengaine : les porte-parole du gouvernement n’ont pas de mandat, donc, aucune solution concrète n’est proposée pour régler les graves problèmes de pénurie de main-d’œuvre qui sévissent actuellement dans l’ensemble des réseaux publics.

Malgré les rencontres du premier ministre avec les PDG des CISSS et des CIUSSS et les discussions entre la présidente du Conseil du trésor et les comités patronaux de négociation en éducation et en santé et services sociaux, la situation s’aggrave et les bris de services se multiplient. « Les gestionnaires parlent de réorganisations temporaires… Mais dans les faits, quand on est forcé de fermer l’urgence de Gatineau, quand on ferme un service d’obstétrique pendant 10 jours à Ville-Marie ou quand on entend parler d’une direction d’école qui aurait pris en charge un groupe dans un service de garde scolaire, il s’agit de ruptures de services. Et il y en avait déjà avant l’arrivée de la COVID-19 », ajoute M. Létourneau.

Pour la CSN, il est impératif que le gouvernement donne des mandats aux personnes qui le représentent pour que la négociation progresse et que de vraies solutions puissent être mises en place dès maintenant. « Est-ce que M. Legault comprend vraiment ce qui se passe sur le terrain? Quand on entend certaines de ses déclarations en conférence de presse, qui ne reflètent pas du tout la réalité, on se pose la question. Avec la négociation, le gouvernement a l’occasion d’agir immédiatement pour que les Québécoises et les Québécois aient accès aux services auxquels ils ont droit. Il doit le faire », conclut Jacques Létourneau.

Soutenir les salarié-es touché-es et promouvoir les services de la Grande Bibliothèque

En cette journée d’Halloween, le Syndicat des travailleuses et travailleurs uni-es de BAnQ–CSN (STTUBAnQ–CSN) a tenu une manifestation devant la Grande Bibliothèque afin de dénoncer les coupes d’heures qui touchent plus d’une vingtaine de salarié-es surnuméraires et occasionnels.

« Nous nous sentons complètement abandonnés par la direction de BAnQ, par le secrétariat du Conseil du trésor et par le gouvernement de François Legault et celui de Justin Trudeau. Des dizaines d’employé-es à temps partiel vont perdre jusqu’à 49 % de leurs revenus, soit jusqu’à 900 $ par mois de leur modeste salaire, ce qui les empêchent d’avoir accès à la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE) ou à l’assurance-emploi. En tout, ce sont plus de 300 heures qui ont été coupées à partir du 1er octobre et, depuis ce temps, les retards s’accumulent dans les mises de côté des documents pour les usagères et usagers. Sans aucun filet social, nous en sommes à organiser des levées de fonds afin de les soutenir, de dénoncer Jean-François Mauger, président du STTUBAnQ–CSN. À la fin de cette semaine, la direction de BAnQ va leur redistribuer à peine 140 heures, mais il s’agit d’une mesure temporaire et nous ignorons toujours combien de temps va durer la pandémie ».

« Nous comprenons totalement la détresse vécue par ces travailleuses et ces travailleurs déjà précaires à un moment où nous devrions tout mettre en œuvre pour nous soutenir collectivement. Nous interpellons donc le secrétariat du Conseil du trésor, le ministère de la Culture et la direction de BAnQ afin de tout mettre en œuvre pour les soutenir. À cet égard, alors que le service de « prêt à emporter » demeure ouvert au public et que la pandémie de COVID-19 restreint drastiquement les activités de la population, la direction de la Grande Bibliothèque pourrait tout simplement en faire la promotion. L’employeur nous semble passif et trop peu créatif envers ses salarié-es au point où le syndicat a dû produire lui-même une publicité pour faire la promotion de ce service », de souligner Nathalie Arguin, présidente de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN.

« Nous sommes solidaires avec les travailleuses et les travailleurs qui font face à cette situation. Actuellement, les organismes gouvernementaux ont la fâcheuse tendance à profiter de la crise pour faire des économies sur le dos de leurs salarié-es. Toutefois, d’autres bibliothèques, dont la bibliothèque Gabrielle-Roy à Québec, poursuivent leurs activités en maintenant tout leur personnel à l’emploi. Je suis convaincue que si la direction de BAnQ démontrait autant de créativité que ses salarié-es et qu’elle leur accordait le soutien qu’ils méritent, nous serions toutes et tous gagnants, au final », de conclure Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN).

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs uni-es de BAnQ–CSN rassemble 450 salarié-es affiliés à la Fédération des employées et employés de services publics. Fondée en 1947, la FEESP–CSN compte plus de 425 syndicats affiliés représentant environ 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics.

Le Conseil central du Montréal métropolitain–CSN regroupe près de 100 000 membres issus de tous les secteurs d’activité, répartis au sein de quelque 400 syndicats à Montréal, à Laval et dans le Grand Nord du Québec.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 1600 syndicats et regroupe quelque 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

PL65 : la CSN suggère des mesures pour améliorer la consigne et la collecte sélective

Pour que l’élargissement de la consigne permette de réelles améliorations en matière de récupération de matériaux et de collecte sélective, des renforcements doivent être apportés au projet de loi 65, préconise la CSN dans le cadre des travaux portant sur la Loi modifiant principalement la Loi sur la qualité de l’environnement en matière de consigne et de collecte sélective.

La CSN salue la volonté du gouvernement de moderniser la consigne et de l’élargir aux bouteilles de vin et de spiritueux. Afin de réduire les déplacements de la clientèle, la centrale demande à ce que la gestion des contenants consignés soit prise en charge, autant que possible, dans les succursales de la SAQ.

Alors que le projet de loi intègre le concept de la responsabilité des entreprises productrices, celle-ci doit viser à réduire à la source les matières produites, et ce, dès leur conception. En plus de s’assurer que les coûts supplémentaires ne seront pas refilés aux consommateurs, le gouvernement doit veiller à instaurer des mécanismes fiables et reconnus pour le recyclage des contenants, des emballages et des imprimés.

Consciente que bon nombre de modalités seront intégrées aux règlements qui permettront la mise en œuvre du projet de loi à l’étude, la CSN demeure malgré tout préoccupée par la croissance des contenants à remplissage unique au détriment des contenants à remplissage multiple comme la bouteille brune utilisée par les brasseurs de bière. Afin de promouvoir cette option plus écologique, la CSN propose de rehausser le montant de la consigne des contenants à usage unique.

L’organisation syndicale s’inquiète par ailleurs de constater que le gouvernement a permis l’arrêt d’une entente datant de 1984 et limitant le nombre de contenants à remplissage unique dans la commercialisation de la bière. Ce seuil maximal, fixé à 37,5 % du volume des ventes de chaque adhérent, permettait justement de favoriser le remplissage multiple.

Enfin, bien que le projet de loi 65 n’aborde aucunement la question cruciale des conditions de travail des gens qui œuvrent dans les centres de tri, notamment en matière de santé et de sécurité au travail, la CSN demande au gouvernement de s’attaquer rapidement aux problèmes fréquents qui y sont rencontrés.

Les services de garde en colère

Les syndicats des services de garde affiliés à la CSN dénoncent vivement la décision d’imposer trois journées pédagogiques supplémentaires sans aucune consultation des travailleuses et des travailleurs des services de garde. « Depuis le début de la crise, les services de garde répondent présents, et ce, malgré le manque flagrant de considération du gouvernement. Cette annonce, c’est la goutte de trop. », s’est exclamée Annie Charland, présidente du secteur scolaire FEESP–CSN.

Les travailleuses et travailleurs des services de garde en milieu scolaire déplorent l’attitude méprisante du gouvernement et le manque de reconnaissance face à leurs responsabilités au sein de nos écoles. « Une école, c’est une équipe, c’est insensé de vouloir donner du répit à une partie de celle-ci en surchargeant l’autre. » de rajouter Nathalie Arguin, présidente de la FEESP–CSN. « Le son de cloche partout dans la province, c’est le ras-le-bol collectif. Le personnel de soutien est épuisé. »

La tenue de ces journées sera également d’une complexité importante, compte tenu du manque de personnel, de locaux et de la présence d’un nombre élevé d’enfants pendant celles-ci. « Le ministère doit entendre ce cri du cœur de la part du personnel des services de garde et organiser une réelle consultation avant de prendre ces décisions. Tout le monde y gagnerait » de conclure Jacques Létourneau, président de la CSN.

La CSN salue les nouvelles primes de 2000 $ dans le transport scolaire

Le gouvernement du Québec a finalement fait un pas dans la bonne direction en annonçant des primes de rétention pouvant aller jusqu’à 2000 $ par an pour les conductrices et les conducteurs d’autobus et de berlines scolaires.

La prime qui vient d’être annoncée par le ministère de l’Éducation fait suite aux travaux du comité de réflexion sur la pénurie de main-d’œuvre dans le transport scolaire auquel la FEESP–CSN a participé. « Le comité a été mis en œuvre au printemps 2019 à la suite de nos revendications auprès du gouvernement, car on subissait déjà à ce moment les effets de la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur. Souhaitons maintenant que cette prime arrive rapidement », déclare Stephen Gauley, président du secteur du transport scolaire à la FEESP–CSN.

« Il faudra tout de même surveiller de près les modalités qui y donneront accès et l’impact de la prime sur la rétention des conductrices et conducteurs d’autobus et de berlines scolaires », soutient Jean-Pierre Bourgault, vice-président de la FEESP–CSN.

Une rencontre avec le ministère de l’Éducation est prévue le 2 octobre pour présenter les détails de la mise en œuvre de cette mesure.

Pas d’engagement à long terme : un manque de respect pour le personnel des services publics

– La CSN a finalement reçu la confirmation du Conseil du trésor que les primes d’attraction et de rétention ne seront pas coupées le 30 septembre 2020 (primes et montants versés aux psychologues, aux ouvriers spécialisés, aux salarié-es œuvrant auprès de personnes présentant des troubles graves de comportement ou aux salarié-es travaillant dans un CHSLD ou dans un établissement du Grand Nord). Ces primes, qui étaient intégrées aux conventions collectives, prenaient fin initialement le 30 mars dernier, mais, à la suite de représentations faites par la CSN auprès du Conseil du trésor au mois de mars, le gouvernement avait accepté de les prolonger jusqu’au 30 septembre. Il en va autrement des budgets d’encadrement et de développement de la pratique professionnelle qui n’ont pas été renouvelés au 1er avril 2020.

La CSN déplore que le Conseil du trésor refuse toujours de s’engager formellement à reconduire et à améliorer les primes dans les prochaines conventions collectives et dénonce que le prolongement temporaire du versement de ces primes se fasse, une fois de plus, comme au printemps, à la dernière minute. « Nous ne comprenons pas l’attitude du gouvernement. C’est aberrant que nous ayons eu à le convaincre de ne pas couper ces primes. Au cours des dernières semaines, nous lui avons répété à maintes reprises que, s’il décidait de réduire substantiellement la rémunération de dizaines de milliers de travailleuses et de travailleurs du secteur public, ce serait un profond manque de respect envers le personnel qui travaille sans relâche pour assurer les services à la population, particulièrement en cette période de pandémie », affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

Depuis plusieurs semaines, les travailleuses et les travailleurs de l’État membres de la CSN mènent des actions dans diverses régions du Québec pour souligner la nécessité de ne pas appauvrir le personnel alors que les pénuries de main-d’œuvre touchent maintenant l’ensemble du secteur public. La CSN demande aujourd’hui au Conseil du trésor de retirer une fois pour toutes cette épée de Damoclès qui leur pend au-dessus de la tête en s’engageant à reconduire les primes ainsi qu’à renouveler les budgets d’encadrement et de développement de la pratique professionnelle dans les prochaines conventions collectives. La CSN veut aussi que l’application de la prime aux ouvriers spécialisés soit améliorée et que cette prime soit élargie à d’autres titres d’emploi.

« Cela dit, ça ne peut pas s’arrêter là; les besoins sont immenses et urgents, tout le Québec en est témoin. Il est plus que temps que le gouvernement travaille avec nous à améliorer significativement les conditions de travail et les salaires de celles et ceux qui prennent soin de nous, que ce soit dans le réseau de la santé et des services sociaux ou dans celui de l’éducation, ainsi que dans les organismes gouvernementaux », conclut Caroline Senneville.

La FEESP–CSN salue l’annonce du gouvernement concernant les sociétés de transport et municipalités

La Fédération des employées et employés des services publics (FEESP–CSN), qui représente plusieurs syndicats de sociétés de transport et 6500 travailleuses et travailleurs municipaux, accueille positivement les investissements annoncés par le gouvernement cet après-midi. « Les sociétés de transport ont été mises à mal le printemps dernier. Nous souhaitons à tout prix que les effets négatifs des pertes de revenus n’aient aucun impact sur les employé-es qui ont maintenu ces services essentiels au pire de la crise », de souligner Nathalie Arguin, présidente de la FEESP–CSN.

« Cette aide était très attendue et nous nous réjouissons que les gouvernements provincial et fédéral se soient entendus sur la nécessité de réserver ces montants aux municipalités pour permettre aux travailleuses et travailleurs de maintenir des services de qualité à la population », a ajouté André Lajoie, secrétaire général de la FEESP–CSN.

Demande de médiation : les négociations doivent avancer pour le bien des services publics et de la population du Québec

Près d’un an après le début du processus de négociation et alors que les conventions collectives du secteur public sont échues depuis le 31 mars 2020, l’ensemble des fédérations du secteur public de la CSN demande au ministre du Travail, Jean Boulet, de nommer des médiateurs aux tables de négociation sectorielle de la FEESPCSN, de la FPCSN et de la FSSSCSN, la FNEEQCSN ayant pour sa part fait sa demande en juillet dernier. Avec l’amorce d’une deuxième vague de la COVID-19, la CSN estime qu’il est plus que temps de mettre en place des solutions pérennes pour rebâtir les services publics.

« Les pénuries de main-d’œuvre se multiplient. Il manque de monde pour assurer les services à la population. Si on veut régler ce problème une fois pour toutes, il faut améliorer les conditions de travail du personnel des réseaux publics. Le statu quo des conventions collectives n’est pas une option », lance Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

Dans le secteur de la santé et des services sociaux, la situation est critique. Le gouvernement Legault répète sans cesse depuis quelques mois que le réseau était déjà mal en point bien avant la pandémie. Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), il est impératif de mettre en place des solutions qui répondent aux besoins réels du personnel sur le terrain et aux problèmes majeurs de recrutement de main-d’œuvre qui touchent toutes les catégories de personnel. « Nous avons mis sur la table un grand nombre de propositions concrètes pour améliorer le quotidien dans nos établissements, mais nos vis-à-vis patronaux n’ont toujours pas de mandat pour discuter de sujets importants pour nous, comme la santé et la sécurité au travail, et agir concrètement dès maintenant. C’est inconcevable, considérant que nous atteignons des taux inégalés d’absences, car le personnel est constamment en surcharge, épuisé et au bout du rouleau », souligne Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS–CSN.

La Fédération des professionnèles (FPCSN) signale que les paroles lancées cette semaine par le ministre Dubé, selon lesquelles tout le réseau de la santé et des services sociaux se trouve actuellement dans un état de fragilité extrême, doivent s’accompagner de gestes concrets pour remédier à la situation. « Bien que nous dressions des constats communs sur certaines problématiques, nous avons de la difficulté à nous entendre avec la partie patronale sur les moyens qui pourraient remédier notamment à la surcharge de travail, aux heures supplémentaires ainsi qu’à la conciliation travail et vie personnelle, affirme le vice-président de la FPCSN, Danny Roy. Nous devons innover pour répondre à la hauteur de la crise que nous traversons. Les ressources proposées actuellement à la table de négociation sont toujours insuffisantes. »

Dans les réseaux de l’éducation et de l’enseignement supérieur aussi, la pandémie est venue révéler des failles qui doivent être colmatées pour que la population étudiante du Québec ait accès à des services de qualité. Pour la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQCSN), il est grand temps que le gouvernement Legault envoie un signal clair et sans ambiguïté quant au réseau collégial. « Nous sommes des milliers de professeur-es à avoir tout mis en œuvre de manière à contribuer à une rentrée de qualité pour les étudiantes et les étudiants, et ce, malgré le contexte difficile et la surcharge de travail incroyable que celui-ci génère. La négociation en cours doit donc paver la voie à un réinvestissement significatif dans notre réseau et s’attaquer, entre autres choses, aux enjeux de précarité vécus par plusieurs d’entre nous. Je pense notamment à celles et ceux qui donnent des cours à la formation continue. Les cégeps ont besoin de soutien et nous sommes là pour proposer des solutions », ajoute Yves de Repentigny, vice-président de la FNEEQCSN.

Même son de cloche quant aux problèmes de précarité pour le personnel de soutien scolaire et dans les cégeps de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESPCSN).

« Détenir un poste de moins de 20 heures par semaine, devoir cumuler deux emplois, ne pas être remplacé en cas d’absence et être surchargé à son retour, c’est le lot du personnel de soutien en éducation depuis trop longtemps. L’élastique est tendu au maximum et il n’y a plus de marge de manœuvre pour réagir à des imprévus, encore moins à une crise de l’ampleur d’une pandémie. Des solutions doivent être rapidement mises en place et cela passe par la négociation », renchérit Nathalie Arguin, présidente de la FEESPCSN. Du côté du personnel de l’aide juridique, des traversiers et du Parc Olympique, la négociation avance à pas de tortue. « Le gouvernement doit donner un message clair à ces organismes gouvernementaux concernant le rythme des négociations et la hauteur des demandes patronales. »