La CSN accueille très favorablement le projet de loi privé modifiant les dispositions anti-briseurs de grève déposé ce matin à l’Assemblée nationale, par le député péquiste de Beauharnois et critique en matière de travail, Guy Leclair. La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, salue le courage du député. « Son projet de loi se veut une réelle modernisation des dispositions anti-briseurs de grève et met à niveau des dispositions devenues désuètes. Il répond aux nouvelles réalités du marché du travail », a commenté la dirigeante syndicale. Avec les nouveaux médias, les modes d’organisation des entreprises ont bien changé. Traverser virtuellement les piquets de grève devient un jeu d’enfant. Le projet de loi modernise la notion d’établissement : les personnes travaillant à l’extérieur de l’établissement et qui font le travail des salarié-es en grève ou en lock-out ne pourront plus le faire. Il en va de même pour les soi-disant bénévoles. La CSN souhaite que ce projet de loi soit adopté avant la fin de la présente session et demande la collaboration de tous les députés de l’Assemblée nationale. « Les 253 employés en lock-out du Journal de Montréal attendent depuis déjà trop longtemps une intervention législative. Ce conflit de plus de 22 mois – le plus long dans l’histoire de la presse écrite – a assez duré », a estimé Claudette Carbonneau. La présidente de la CSN demande au premier ministre et au Parti libéral de poser un geste concret en appuyant le projet de loi du député de Beauharnois. « À défaut de quoi son gouvernement sera jugé pour son inertie, son laisser-faire et son parti pris pour l’entreprise », a-t-elle ajouté. Le samedi 4 décembre, la CSN, appuyée par plusieurs organisations, tiendra une manifestation dans les rues de Montréal en appui aux lock-outés du Journal de Montréal pour notamment réclamer la modernisation de la loi anti-briseurs de grève. Pour la CSN et les organisations qui l’appuient, le rapport de force ne pourra être rétabli entre les parties sans cette actualisation de la loi afin qu’elle respecte l’esprit avec lequel elle a été adoptée en 1977.