Adoptées en 1977, les dispositions anti-briseurs de grève interdisent à une entreprise en grève ou en lock-out d’utiliser des briseurs de grève dans ses établissements. C’est cette notion d’établissement que nous remettons en cause, en raison des nouvelles technologies et de l’émergence du télétravail. Si le conflit au Journal de Montréalse poursuit, c’est entre autres à cause de cette situation législative. De n’importe où, des collaborateurs externes peuvent traverser virtuellement les piquets de grève et contribuer à la production de ce journal en envoyant leurs textes électroniquement. Les travailleurs pris dans ce conflit se retrouvent donc avec un rapport de force totalement déséquilibré. Le mardi 22 septembre dernier, l’Assemblée nationale adoptait à l’unanimité une motion afin que le gouvernement étudie la possibilité de modifier le Code du travail, et ce, dans le but d’empêcher des entreprises, comme Quebecor, d’engager des briseurs de grève travaillant à distance lors d’une grève ou d’un lock-out. Tant que cette loi ne sera pas améliorée, le rapport de force entre les parties demeurera à jamais disproportionné. Il est impératif d’agir afin de rétablir l’équilibre, en plus de protéger et civiliser le droit de négocier. Une pétition de 23 000 signatures a également été déposée à l’Assemblée nationale dans ce sens. Campagne de boycottage Toujours pour mettre fin à ce trop long conflit, la CSN et le CCSNO (CSN) appellent au boycottage du Journal de Montréal. Cet appel, déjà acheminé dans l’ensemble de nos 60 syndicats affiliés, va l’être également aux représentants des différents partis politiques de la région. Lors de l’assemblée générale spéciale hier soir, les délégués ont été clairs. Il faut que ce journal ne soit plus acheté et lu dans notre région ! C’est le message qui sera transmis aux 10 000 membres CSN de la région de l’Outaouais. Une manifestation le 4 décembre Déjà plusieurs organisations de la région appuient cette campagne de boycottage. De plus, la CSN organise une grande manifestation le 4 décembre prochain au parc La Fontaine (à l’angle des rues Cherrier et du Parc La Fontaine) à Montréal pour appuyer les 253 lock-outés du Journal de Montréal. Le rassemblement est à 12 h et le départ est à 13 h pour converger vers les locaux du Journal de Montréal. Après plus de 22 mois de lock-out décrété par Quebecor, ces 253 membres du Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal (STIJM–CSN) réclament plus que jamais une véritable reprise des négociations pour conclure une convention collective ! Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais est totalement derrière eux dans ce conflit qui a trop duré !