Holiday Inn Plaza de la Chaudière
Règlement dans le conflit de travail
C’est dans une proportion de 59 % que l’assemblée générale du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de l’hôtellerie en Outaouais (CSN) a adopté aujourd’hui, le 11 février 2004, la recommandation amendée du conciliateur-médiateur nommé par le ministre du Travail.
Ce règlement met fin à près de six mois de conflit de travail à l’hôtel Holiday Inn Plaza La Chaudière, à Gatineau. C’est la deuxième assemblée générale en quatre jours convoquée pour débattre de l’hypothèse de règlement.
Ce règlement prévoit, notamment, de régler la question de l’accréditation, la nomination d’un médiateur spécial par le ministre du Travail afin d’assainir les relations de travail à l’intérieur de l’hôtel et des augmentations salariales de l’ordre de 15,5 % pour la durée de la convention collective, qui viendra à échéance le 30 avril 2010.
En compagnie du président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais (CSN), Michel Quijada, et de la présidente du syndicat de l’établissement hôtelier, Lucille Beauregard, Jean Lortie, président de la Fédération du commerce (FC-CSN), a précisé : « pour évaluer à sa juste valeur une recommandation de règlement, il faut considérer l’ensemble des circonstances qui ont conduit à la recommandation. C’est ce que nous voulons faire aujourd’hui. »
Accréditation
Au moment du déclenchement de la grève, le 21 août dernier, le syndicat était accrédité auprès de Villascentres Management. Deux jours après le début du conflit, le propriétaire de l’hôtel a changé de gestionnaire, et ce dernier a soutenu qu’il n’avait plus d’obligations envers les syndiqué-es. Ce nouveau gestionnaire a fait appel à des nouveaux travailleurs. L’arrivée de ce nouveau gestionnaire a modifié le sens de la lutte que les employé-es avaient entrepris : désormais, ils étaient engagés dans un combat pour que le certificat d’accréditation lie à la fois le propriétaire de l’établissement et le nouveau gestionnaire.
Reconnaissance syndicale
Au terme de sa réflexion, le médiateur-conciliateur a soumis une proposition qui donne raison au syndicat : le syndicat doit être accrédité auprès du propriétaire de l’immeuble et du gestionnaire de l’hôtel.
En contrepartie, l’employeur a obtenu que les départements des banquets, des bars, de la cuisine, de la restauration, de la salle à dîner, du service aux chambres et le poste de bureau-comptabilité soient exclus de l’accréditation. En confiant les tâches de ces départements à la sous-traitance, l’employeur se départit d’environ 50 postes syndiqués sur 110. Cependant, dans l’accord mis en avant par le médiateur-conciliateur, l’employeur s’engage à offrir à 23 salarié-es la possibilité d’avoir un emploi avec le sous-traitant au taux horaire qu’ils recevaient au moment du début du conflit, ainsi que des vacances en considération de leur ancienneté. « La perte nette de 27 emplois est attristante. Mais, dans le contexte particulier de cet hôtel, il était extrêmement difficile de faire mieux. D’autant plus que les modifications apportées par le gouvernement Charest à l’article 45 du Code du travail du Québec, facilitant le recours à la sous-traitance, ne sont pas venus nous aider à consolider des emplois syndiqués. Bien au contraire ! », a confié Jean Lortie.
La CSN remet les pendules à l’heure
La CSN tient à remettre les pendules à l’heure concernant la recommandation du médiateur-conciliateur du ministère du Travail, Me Jean-Pierre Gosselin, visant à mettre fin au conflit de travail à l’hôtel Holiday Inn Plaza de la Chaudière, à Gatineau.
Depuis que la recommandation du conciliateur avait été rejetée à 34 contre 29, le dimanche 8 février, « des inexactitudes sur cette proposition ont circulé dans la région. Aussi, nous tenons aujourd’hui à donner tous les tenants et aboutissants de cette même recommandation qui, dans la conjoncture actuelle, est satisfaisante », a déclaré d’entrée de jeu le président de la Fédération du commerce de la CSN, Jean Lortie, en conférence de presse à Gatineau.
Une lutte régionale
Pour le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais (CSN), Michel Quijada, la solidarité de l’ensemble des syndicats CSN du conseil central, tant du privé que du public, l’appui de plusieurs groupes sociaux, communautaires et syndicaux, notamment l’Alliance de la fonction publique du Canada, a permis aux travailleuses et aux travailleurs de l’hôtel de tenir une minute de plus et d’obtenir enfin l’accréditation auprès du véritable employeur.
Conclusion
« Dûment accrédités auprès du propriétaire et du gestionnaire, les 70 employé-es syndiqué-es ne devraient plus revivre, dans l’avenir, un conflit de reconnaissance syndicale. Un pas important vient d’être accompli pour garder dans l’avenir un véritable droit à la syndicalisation sans avoir l’hypothèque de l’accréditation syndicale au-dessus de la tête », a affirmé le porte-parole de la Fédération du commerce.
« La proposition de règlement a été élaborée après que le médiateur-conciliateur eut constaté l’impasse en négociation. Elle constitue un terrain d’entente acceptable dans la conjoncture », a conclu Jean Lortie.
Pour le président de la fédération, Jean Lortie, la lutte menée à l’hôtel Plaza La Chaudière illustre parfaitement l’enjeu véritable de la bataille sur l’article 45 menée par le mouvement syndical cet automne contre les modifications votées en catastrophe pendant le nuit par le gouvernement Charest !
Pour sa part, le président du conseil central rappelle : « plusieurs conventions collectives de travail sont échues ou viennent à échéance au cours de l’année, notamment dans le secteur public. Il y a fort à parier que l’article 45 du Code du travail soit un enjeu de lutte pour plusieurs syndicats de la région », a conclu Michel Quijada.
Source : Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais (CSN) – 11-02-2004
Pour renseignements : Donald Brouillette, président SJHT (450) 434-4144 Roger Poudrette, conseiller syndical à la mobilisation, CCMM (514) 236-9184