Réunis en assemblée générale mercredi matin, le 4 novembre 2026, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Keurig, section laboratoire, ont voté à l’unanimité en faveur d’un mandat de grève générale illimitée en vigueur dès son adoption. Les 16 salarié-es, qui travaillent en assurance et en contrôle de la qualité à l’usine de café du quartier Saint-Michel, à Montréal, réclament des augmentations salariales équivalentes à celles obtenues par leurs collègues de la production.
Cette usine transforme plus de 60 millions de livres de café par an, dont la moitié sert à la production de 1,5 milliard de dosettes pour les différentes machines à café de marque Keurig.
Le salaire demeure le principal point de blocage à la table de négociation. Les quelque 400 salarié-es de la production ont obtenu des augmentations de 21 % sur quatre ans dans leur convention collective signée en 2025. L’offre de l’employeur au personnel du laboratoire prévoit des hausses de 11 % sur quatre ans.
« Nous demandons le même traitement que nos collègues de la production. Notre travail est essentiel à la qualité des produits qui sortent de cette usine. Pourquoi devrions-nous accepter des augmentations nettement inférieures ? Avec ce mandat, nos membres envoient un message clair : nous voulons une entente équitable et nous sommes prêts à nous mobiliser pour l’obtenir », affirme le président du syndicat, Abdeslam Ait Brahim.
Le syndicat rappelle que l’employeur a supprimé environ la moitié des postes de l’unité en 2024. Le groupe, qui comptait auparavant plus de 30 personnes, n’en compte aujourd’hui que 16. Les salarié-es ont depuis hérité de tâches supplémentaires, sans augmentation salariale en contrepartie.
Keurig Dr Pepper a publié hier ses résultats du troisième trimestre de 2026. L’entreprise y annonce un bénéfice net de 810 millions de dollars américains, en hausse de 22,4 % sur un an.
« Keurig Dr Pepper annonce des ventes et des profits en hausse à ses investisseurs, mais réserve des augmentations au rabais au personnel du laboratoire. Pour les actionnaires, on fait valoir les résultats ; pour les salarié-es, on serre les cordons de la bourse. Ces travailleuses et travailleurs n’en sont pas de seconde zone. L’équité ne devrait pas s’arrêter à la porte du laboratoire », soutient le président de la Fédération du commerce, Serge Monette.
La convention collective est échue depuis le 31 mars 2025. Après environ six mois de négociation, les parties demeurent très éloignées sur la question salariale. Une première rencontre de conciliation n’a pas permis de dénouer l’impasse.
« Si Keurig pense que 16 salarié-es, c’est un petit groupe qu’on peut écraser sans faire de vagues, l’entreprise se trompe lourdement. Derrière ces membres, il y a un mouvement syndical qui ne laissera pas l’employeur les isoler. La taille de leur unité ne détermine ni leur dignité ni leur droit à un traitement équitable. Keurig veut leur faire accepter moins ? Elle nous trouvera sur son chemin », déclare le président du Conseil central du Montréal métropolitain, Bertrand Guibord.
À propos
La Fédération du commerce (FC–CSN) regroupe près de 350 syndicats et près de 27 000 membres œuvrant dans les secteurs du commerce de gros et de détail, de l’agroalimentaire, de la finance et du tourisme.
Le Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN) regroupe plus de 350 syndicats représentant, sur une base régionale, quelque 110 000 membres dans tous les secteurs d’activité à Montréal, à Laval et dans le Grand Nord québécois.
Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) regroupe 350 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.