L’industrie de l’aluminium au Québec
La Fédération de la métallurgie de la CSN demande à l’Alcan un traitement équitable pour Shawinigan
Comment l’usine Shawinigan sera-t-elle liée à Alcan après 2013 et 2015 ?
Le président de la Fédération de la métallurgie de la CSN (FM-CSN), Alain Lampron, demande au géant de l’aluminium Alcan d’accorder un traitement équitable à son usine d’électrolyse de Shawinigan, à l’image de ce que la compagnie vient d’annoncer au Saguenay-Lac- Saint-Jean. Il presse Alcan de s’engager fermement, envers ses travailleurs et la région, à entreprendre des démarches pour remplacer son usine d’électrolyse afin d’être prêts à y poursuivre les activités en 2015. Après cette année-là, il sera plus difficile de recourir au procédé Söderberg, actuellement utilisé, en raison des normes environnementales.
C’est l’appel qu’a lancé Alain Lampron à la compagnie Alcan, aujourd’hui, lors d’une conférence de presse, à Shawinigan. Il était accompagné du président du Conseil central du Cur du Québec (CSN), Gilles Dubuc, et de celui du Syndicat des travailleuses et travailleurs de l’aluminerie Alcan Shawinigan (CSN), Louis-Gérard Dallaire,
La coopération des travailleurs
« Certains des motifs évoqués par Alcan pour investir près de 2 milliards de dollars en 10 ans au Saguenay-Lac-Saint-Jean dans la construction d’une usine-pilote plaident aussi en faveur d’investissements pour assurer le développement de l’usine d’aluminium d’Alcan à Shawinigan, bien après 2013 et 2015 », a déclaré Alain Lampron. Parmi les faits qui militent en cette faveur, le leader syndical a cité les suivants : « Alcan, a-t-il souligné, a aussi obtenu la coopération des travailleuses et des travailleurs. En, effet, les syndiqués et l’entreprise sont engagés depuis plusieurs années dans un processus de réorganisation du travail (implantation des équipes de travail semi-autonomes) qui a permis une amélioration de la productivité et de la qualité de la production. Nous avons aussi innové dans la production », a-t-il observé. Alain Lampron a aussi donné en exemple les efforts fournis par le comité d’environnement d’Alcan de Shawinigan, auquel participe le syndicat. Ce travail a fait en sorte que l’usine a obtenu « un des meilleurs rendements au monde dans ce domaine parce que même en utilisant le procédé Söderberg, c’est là qu’on a eu le moins de rejets dans l’environnement. »
Nouvelle convention collective
La coopération des syndiqués ne s’arrête pas là. La nouvelle convention collective, signée par le syndicat l’an passé, est de longue durée (2005-2011). De plus, elle permet l’embauche de nouveaux employés par l’entremise d’une agence de placement de personnel, parce que Alcan a gelé l’embauche de personnel et ne veut plus être lié à du nouveau personnel.
Agir avant qu’il ne soit trop tard
« Shawinigan est le berceau de l’aluminium au Québec et au Canada. Sa main-d’uvre est qualifiée, spécialisée, productive. Un fonds de deux millions de dollars pour la recherche et pour le développement à Shawinigan et à Beauharnois, ça nous apparaît nettement insuffisant », de dire Alain Lampron.
Les réponses selon lesquelles Alcan se serait engagée auprès du gouvernement à ne pas fermer ses usines Söderberg de Beauharnois avant 2011 et de Shawinigan avant 2013 laissent également songeur le président de la FM-CSM. « Après 2015, c’est fini les usines Söderberg ! Il faut agir avant qu’il ne soit trop tard ! C’est une question d’avenir. Il nous faut, nous aussi, une usine pour remplacer le procédé Söderberg à Shawinigan », a insisté Alain Lampron.
Contexte électoral
Au début de la prochaine année, la FM-CSN compte réunir tous ses syndicats du secteur aluminium pour analyser plus en profondeur la situation et se mobiliser sur ce sujet important pour le développement industriel du Québec.
Le président du Conseil central du Cur du Québec (CSN), Gilles Dubuc, a précisé que dans la foulée de la campagne politique non partisane de la CSN, « Agir ensemble pour le Québec », son organisme fera du développement des alumineries dans la région un enjeu des prochaines élections. « Les candidates et les candidats des différents partis seront, sans exception, interpellés et invités à dévoiler leurs intentions pour soutenir cette industrie et ces emplois directs et indirects dans notre région », a-t-il dit.
La FM-CSN représente plus de 21 000 travailleuses et travailleurs. Le Conseil central du Cur du Québec compte 18 000 membres. La CSN regroupe plus de 300 000 syndiqué-es évoluant dans tous les secteurs d’activité.
Source : CSN – 22 décembre 2006