Tournée des assemblées sur la loi 142 et l’entente obtenue par la FP-CSN dans la santé et les services sociaux
Les professionnels de la CSN se mobilisent pour retrouver le droit de négocier
Au terme d’une tournée des assemblées générales qui vient de prendre fin, les membres de la Fédération des professionnèles (FP-CSN) du secteur de la santé et des services sociaux ont voté en faveur du plan d’action de la CSN pour retrouver le droit de négocier volé par la loi 142, adoptée sous le bâillon par le gouvernement Charest.
À l’ouverture du bureau fédéral de la FP-CSN, aujourd’hui au Holiday Inn Select à Montréal, le président Michel Tremblay a fait part aux délégué-es syndicaux de l’indignation et de la colère qu’a soulevée l’adoption du décret en décembre dernier auprès des membres rencontrés lors des assemblées générales où ont été présentées la loi spéciale et les dispositions de l’entente intervenue entre la fédération et les représentants gouvernementaux le 15 décembre 2005.
La loi spéciale impose les conditions salariales aux 500 000 travailleuses et travailleurs du secteur public québécois, dont deux années de gel, et plusieurs reculs majeurs au niveau des conditions de travail dans une convention d’une durée sans précédant, dans ce secteur, de presque sept années
« Nos membres n’acceptent pas le coup de force des libéraux, a indiqué Michel Tremblay, selon qui la loi 142 est l’une des pires pièces législatives à avoir été votée contre des travailleuses et des travailleurs. Il s’agit d’une loi odieuse qui, non seulement muselle les syndicats en raison des mesures répressives qu’elle contient, mais vise à diminuer les conditions de travail dans le secteur public. »
La semaine dernière, des déclarations solennelles de résistances ont été déposées aux directions d’établissements du réseau, complices du gouvernement Charest. En effet, au sein du comité patronal de négociation de la santé et des services sociaux, les employeurs participent à la négociation. Or, celle-ci a végété durant 26 longs mois avant qu’elle ne progresse devant la menace de l’adoption de la loi 142.
« Les employeurs devraient savoir que les conditions de travail ont un urgent besoin d’être relevées à la lumière des cas grandissants de burn-out et de l’augmentation constante des fardeaux de tâche, consécutives aux pénuries de main-d’uvre et au sous-financement des services, a poursuivi le porte-parole syndical. Leur mutisme pourrait bien aggraver le problème de rétention et d’attraction du personnel. »
L’entente de la FP-CSN dans la santé et les services sociaux
Alors que les revendications syndicales ont été déposées le 3 octobre 2003, la négociation n’a réellement commencé qu’en décembre 2005, alors que le gouvernement avait clairement annoncé son intention de frapper les syndiqués d’une loi spéciale. C’est donc le couteau sur la gorge que les représentants syndicaux ont pris part aux pourparlers avec les représentants de l’État. Le 15 décembre, la Fédération des professionnèles, comme les deux fédérations de la CSN dans le secteur de l’éducation, convenait d’une entente avec le gouvernement.
« Dans les circonstances, nos membres se sont dits satisfaits de l’entente que nous avons obtenue dans la santé, a mentionné Michel Tremblay. Nous avons sauvé les meubles en obtenant le maximum pour eux, dans des conditions particulièrement difficiles et en les soustrayant d’une partie ignoble du décret. »
Le président de la FP a expliqué que la fédération a réussi à bonifier l’offre gouvernementale sur plusieurs points, en obtenant une amélioration de la convention collective sur près d’une vingtaine de clauses. En outre, l’entente surpasse le décret sur plus de 34 points.
« Autant sur les mesures de formation, de rétention et d’attraction de la main d’uvre, que sur les moyens pour contrer les fardeaux de tâche à l’intérieur d’un comité pour discuter des problèmes liés à l’organisation du travail, la FP a obtenu des avancées intéressantes, d’expliquer Michel Tremblay. Nous avons aussi diminué les impacts des reculs sur des sujets aussi délicats que les libérations syndicales et les frais d’arbitrage en maintenant notre capacité de représentation et de défense de nos membres. »
Selon ce dernier, les membres de la FP n’acceptent pas que le gouvernement Charest ait, durant plus de deux ans, tout fait pour refuser de négocier avant de mettre fin unilatéralement au processus de négociation par l’adoption de la loi spéciale. « Nous allons participer activement au plan d’action de la CSN pour retrouver notre droit de négocier et renouer avec des hausses salariales décentes », a-t-il déclaré.
La Fédération des professionnèles de la CSN représente plus de 4 500 techniciennes, techniciens et professionnels du réseau de la santé et des services sociaux, dont des techniciennes en assistance sociale, des éducateurs, des technologistes médicales, des travailleurs sociaux, des ergothérapeutes, des psychologues, des physiothérapeutes, etc
Source : FP-CSN – 23 mars 2006
Pour renseignements : Louis-Serge Houle, secteur public de la CSN, (514) 792-0795