UCCO-SACC-CSN
Nous autres aussi on est en dedans! Notre vie derrière les barreaux – Les agents correctionnels canadiens lancent un appel public pour des conditions de travail plus sécuritaires
Confrontés à une violence croissante sur leurs lieux de travail et au refus du gouvernement fédéral de reconnaître cette situation, les agentes et agents correctionnels lancent aujourd’hui un appel sans précédent à la population canadienne.
Les hommes et les femmes qui assurent la sécurité dans les pénitenciers fédéraux espèrent l’appui et la compréhension de la population dans leur lutte pour obtenir les outils dont ils ont besoin afin de mieux protéger la population canadienne. A cet effet, le Syndicat des agents correctionnels du Canada (UCCO-SACC-CSN) lance aujourd’hui une campagne multimédia intitulée Nous autres aussi on est en dedans ! , avec la tenue de six conférences de presse à travers le pays. Par le biais d’un magazine, d’un DVD et d’un site Web ( www.endedans.ca ), les agents de première ligne décrivent leur travail, ses impacts sur leurs vies et les outils requis pour les aider à travailler en toute sécurité.
« J’aimerais que les gens reconnaissent notre travail comme une profession », déclare Linda Gallimore, agente correctionnelle à l’établissement Millhaven. « Je représente la société dans un lieu où celle-ci a choisi de priver les individus de leurs libertés. »
Pour Art Matheson, agent correctionnel à l’établissement de l’Atlantique, la dégradation des conditions de sécurité dans lesquelles il travaille est liée au fait que les détenus et les groupes criminalisées qui se retrouvent actuellement dans les prisons fédérales sont de plus en plus dangereux. « La clientèle nous expose à des dangers imprévisibles », déclare-t-il. « Les cinq ou six dernières années ont été dures. Et après avoir vu tant de sang, on devient insensible. »
En effet, les menaces et la violence ont un impact énorme sur les familles et les vies personnelles des agentes et des agents correctionnels. Marie Stubbs, de l’établissement de Bowden, a été une des premières agentes à travailler dans un établissement pour hommes lorsqu’elle a débuté à Edmonton Max, en 1986. « Les suicides, les tentatives de meurtres, l’automutilation, les menaces personnelles et celles envers notre famille, tout cela vous oblige à développer une carapace pour y faire face », constate Marie Stubbs. « Et c’est difficile de s’en défaire quand vous rentrez chez vous. »
Pierre Mallette, de l’établissement de Donnaconna, est perplexe devant le refus de son employeur de fournir aux agents les outils de travail, tels les vêtements de protection, alors que le nombre de détenus armés a atteint des niveaux jamais vus. « Nous sommes confrontés à des armes artisanales de toutes sortes, et même des seringues contaminées (VIH, Hépatite A, B et C) deviennent des armes. Je ne comprends pas pourquoi on nous refuse les équipements qu’utilisent les policiers qui patrouillent les rues canadiennes. Les rues que nous patrouillons sont beaucoup plus dangereuses. »
De par sa nature, cette profession devient, de façon progressive, de plus en plus abrutissante. C’est pourquoi, après avoir protégé la population canadienne pendant 25 années stressantes, les agents correctionnels demandent une retraite décente. « Nous sommes des êtres humains, après tout », déclare Wayne Frenette, qui travaille à l’établissement Pacifique. « Je veux prendre ma retraite physiquement et mentalement en santé. »
« Depuis plusieurs années, nos 5700 membres veulent s’adresser à la population et leur ouvrir les portes de leur univers clos », déclare Sylvain Martel, président national d’UCCO-SACC-CSN. « Voilà pourquoi nous lançons cette campagne publique. Parallèlement, nous tentons, depuis plus de 30 mois, de négocier une convention collective qui corresponde à la réalité de notre profession. Mais le gouvernement fédéral refuse carrément de rendre nos emplois plus sécuritaires. C’est pourquoi nous avons besoin maintenant de l’appui de la population », déclare Sylvain Martel.
Source : UCCO-SACC-CSN– 23-11-2004
Pour renseignements : Des agents correctionnels sont disponibles pour accorder des entrevues aux médias. Veuillez communiquer avec Lyle Stewart, conseiller au Service des communications de la CSN, au (514) 796-2066.