Réaction de la CSN aux résultats électoraux : L’élection du mécontentement et du désabusement
« Les électeurs viennent de mettre le gouvernement libéral sous haute surveillance après le scandale des commandites. Le message est clair : les Canadiens et les Canadiennes, les Québécois et les Québécoises veulent plus de transparence. » Réagissant aux résultats électoraux, le vice-président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Louis Roy, a indiqué que le vote fort pour le Bloc québécois au Québec montre, encore une fois, qu’aucun parti pancanadien ne réussit à porter les aspirations particulières du Québec.
Selon la CSN, cette élection a donné lieu à un vote de protestation massif comme le montre le faible taux de participation, qui pour la première fois passe sous le cap des 60 % au Québec. Le vice-président de la CSN estime que la première erreur stratégique de Paul Martin a été le choix d’une élection un 28 juin. « Le verdict est clair. Les électeurs désabusés, dont plusieurs ont refusé d’interrompre leurs vacances pour aller voter, ont décidé de bouder les libéraux. Paul Martin doit tirer les leçons qui s’imposent », de poursuivre Louis Roy.
Ce gouvernement minoritaire devrait maintenant reconnaître et corriger le déséquilibre fiscal, investir massivement en santé, arrêter de s’ingérer dans les champs de compétence des provinces et rétablir au plus tôt l’intégralité du programme d’assurance-emploi.
Rappelons que Paul Martin nie toujours l’existence du déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces. Cette iniquité fiscale permet chaque année au gouvernement fédéral d’engranger d’importants surplus budgétaires au détriment des besoins du Québec et des provinces en matière de programmes sociaux. Après avoir coupé 40 % dans les transferts de fonds pour la santé aux provinces, entre 1995 et 2003, le premier ministre Martin a annoncé en grande pompe en début de campagne électorale qu’il injectera 9 milliards de dollars additionnels dans la santé d’ici 5 ans. C’est bien peu, c’est bien tard.
Rappelons, aussi, le détournement de fonds massif, systématique, douloureux et inéquitable pour l’ensemble des travailleuses et des travailleurs canadiens, que constitue le versement dans les fonds généraux du gouvernement fédéral d’un montant de 44 milliards de dollars provenant des surplus de la caisse d’assurance-emploi ; 55 % des chômeuses et des chômeurs canadiens n’ont même plus droit à des prestations.
« Paul Martin a une sérieuse côte à remonter pour gagner la confiance des électeurs. Le premier ministre devrait profiter de l’occasion pour donner un sérieux coup de barre dans ses politiques centralisatrices et dans la façon antidémocratique de gouverner des libéraux de Jean Chrétien », constate Louis Roy.
« Quant au Parti conservateur de Stephen Harper, il n’a réussi à faire élire aucun député au Québec. Le programme rétrograde des conservateurs canadiens, qui comporte beaucoup de similitudes avec ceux de Jean Charest et de Mario Dumont, a été massivement rejeté. Les électeurs ont dit NON à la réduction du rôle de l’État fédéral, aux baisses d’impôt massives, aux augmentations importantes des dépenses militaires et à l’étranglement des autres dépenses publiques. Les positions dangereuses, passéistes et loin des valeurs québécoises sur le droit à l’avortement pour les femmes, le mariage gai et les jeunes contrevenants ont aussi été rejetées massivement », de constater le vice-président de la CSN.
« Une inconnue demeure : combien de temps Paul Martin réussira-t-il à maintenir son gouvernement minoritaire ? En ce sens, il sera intéressant de voir le rôle qu’entend jouer le Nouveau parti démocratique, un parti aux positions progressistes dans bien des cas. Quoi qu’il en soit, la CSN entend jouer un rôle actif pour défendre les travailleuses, les travailleurs, les plus démunis et les intérêts du Québec. Elle profitera de toutes les tribunes pour continuer à revendiquer une plus grande équité fiscale entre Ottawa et le Québec, plus d’argent pour la santé et l’éducation, la fin de l’ingérence d’Ottawa dans les champs de compétence du Québec, un programme d’assurance-emploi qui réponde aux besoins des travailleuses et des travailleurs et une véritable loi fédérale anti-briseurs de grève ».
La Confédération des syndicats nationaux regroupe 2800 syndicats qui représentent 280 000 uvrant dans la plupart des secteurs d’activité.
Source : CSN – 28-06-2004
Pour renseignements : Michelle Filteau, directrice du Service des communications de la CSN, tél. : (514) 598-2155