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Des intervenantes et intervenants forcés de travailler à la DPJ de Québec!

  • 12 Mar 2021

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  • « Le manque de personnel à la DPJ et au Centre jeunesse de Québec est un problème récurrent qui s’explique par les mauvaises conditions de travail. Cela a causé le départ d’au moins 100 travailleuses et travailleurs du Centre jeunesse de Québec dans la dernière année. C’est une véritable passoire », déplore Ian Boily.
La FP–CSN et le SPTSSS Capitale-Nationale dénoncent le travail forcé à la DPJ de Québec alors que d’anciens employé-es maintenant ailleurs dans le CIUSSS de la Capitale-Nationale sont forcés de revenir tandis que d’autres ne peuvent pas partir vers le poste qu’ils et elles ont obtenu. C’est près d’une cinquantaine de personnes qui sont dans cette situation qui nuit grandement au recrutement en créant une peur d’être prisonnier de son poste.

Le Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux Capitale-Nationale–CSN (SPTSSS–CSN) estime que le CIUSSS de la Capitale-Nationale abuse des travailleuses et travailleurs ayant obtenu des postes à l’extérieur de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) en les forçant à y demeurer ou à revenir y travailler.

« On avait déjà les heures supplémentaires obligatoires qui empêchaient de terminer une journée de travail selon l’horaire prévu. Maintenant, il y a une interdiction de changer de poste qui s’applique à certains membres du personnel de la DPJ. Cette situation, dont la durée est incertaine, crée une grande détresse psychologique pour la quarantaine de personnes concernées », lance Nicole Cliche, présidente du SPTSSS–CSN.

La présidente ajoute que le CIUSSS de la Capitale-Nationale n’a pas de bonnes raisons de s’appuyer sur l’arrêté ministériel lié à la pandémie pour aller de l’avant avec cette détention de personnel et ces déplacements forcés provenant des autres directions. En effet, il n’y a pas eu d’éclosions de coronavirus au Centre jeunesse de Québec. « Le manque de personnel à la DPJ et au Centre jeunesse de Québec est un problème récurrent qui s’explique par les mauvaises conditions de travail. Cela a causé le départ d’au moins 100 travailleuses et travailleurs du Centre jeunesse de Québec dans la dernière année. C’est une véritable passoire », déplore Ian Boily, représentant du Centre jeunesse de Québec au SPTSSS–CSN. « Il ne suffit pas d’embaucher, il faut garder le personnel en premier. »

Les listes d’attente
Le syndicat a été informé que c’est une directive verbale du ministre Lionel Carmant d’éliminer complètement la liste d’attente du Centre jeunesse de Québec qui a amené l’employeur à contourner la convention collective et à étirer la portée d’un arrêté ministériel lié à la COVID-19. La liste d’attente était pourtant passée de 300 cas avant la pandémie, à 90 cas en ce moment, après être descendue sous la barre des 60. Le SPTSSS–CSN estime qu’un objectif d’éliminer complètement la liste d’attente n’est pas réaliste pour l’ensemble du territoire du CIUSSS de la Capitale-Nationale. Celui-ci s’étend de Portneuf à Charlevoix. Les fluctuations constantes de signalements de cas risqueraient de forcer à tout moment le rappel de personnel pour de courtes périodes dès que la liste dépasserait quelques cas. L’état actuel de la liste d’attente à la DPJ de Québec n’est d’ailleurs pas plus mauvais que d’autres établissements au Québec. De son côté, le CIUSSS de la Capitale-Nationale n’a assurément pas pris la meilleure décision pour améliorer la situation.

Pour maintenir cette liste d’attente au plus bas niveau possible, le syndicat souhaite depuis deux ans s’asseoir avec l’employeur afin de trouver des solutions pour mettre fin à cette hémorragie de personnel qui est la véritable cause du problème. La mise en place d’un mentorat constant, par exemple, rassurerait les nouvelles recrues qui en sont bien souvent à leur première expérience de travail dans le réseau de la santé et des services sociaux.

Le rapatriement forcé ou le maintien forcé à la DPJ inquiète par ailleurs grandement les personnes qui autrement aurait pu être intéressées de tenter l’expérience du Centre jeunesse de Québec. Le syndicat a même entendu des stagiaires qui s’interrogeaient sur la contrainte future pouvant être associée à une première expérience au Centre jeunesse de Québec! Colmater une brèche à court terme par la contrainte risque fortement d’engendrer une difficulté à long terme pour le recrutement.

« L’employeur a refusé de nous entendre depuis le début et il entrouvre la porte seulement depuis qu’il risque de se retrouver en arbitrage sur cette question. Nous n’acceptons plus cette approche coercitive qui ne règle aucunement le problème de fond de la rétention du personnel », insiste Nicole Cliche, qui demande de mettre fin immédiatement à cette pratique qui brime la liberté de ses membres.

Les solutions durables et responsables passent par la négociation.
« Les solutions mises de l’avant actuellement frisent l’irresponsabilité et mettent en péril les services de protection de la jeunesse. Le ministère de la Santé et des Services sociaux et le CIUSSS de la Capitale-Nationale doivent mettre en place des solutions durables et responsables. La CSN et la Fédération des professionnèles ont d’ailleurs proposé des solutions à long terme devant la Commission Laurent. Il faut notamment diminuer la charge de travail, soutenir les intervenantes et intervenants dans leurs prises de décisions et améliorer leurs conditions de travail. Si le ministre Lionel Carmant a véritablement l’intention de trouver des solutions permanentes aux difficultés d’attraction et de rétention des centres jeunesse, il doit rapidement donner des mandats à son comité patronal de négociation et au Secrétariat du Conseil du trésor. Qu’attend-il pour le faire ? », soutient Danny Roy, vice-président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

  • Négociation, Santé et services sociaux, Secteur public, Travail et emploi
  • Centre jeunesse, Conditions de travail, Convention collective, Coronavirus, Droits des travailleurs, Emploi, Pénurie et rareté de main-d'oeuvre, Réseau de la santé et des services sociaux
  • Fédération des professionnèles (FP–CSN)

Pour information : Thierry Larivière, 514 966-4380

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