« Agir à la pièce, comme le fait présentement le gouvernement avec des projets de loi éparpillés, ne garantit en rien la satisfaction des besoins des personnes vulnérables. Si le gouvernement désire réellement créer un climat sécuritaire pour elles, il devrait d’abord intervenir en amont en assurant, entre autres, le financement du soutien à domicile », a soutenu la vice-présidente de la CSN, Denise Boucher, qui présentait le mémoirede la centrale syndicale, devant la Commission de la santé et des services sociaux sur le projet de loi no 56 concernant la certification des résidences pour personnes âgées et autres ressources pour personnes vulnérables. Si l’objectif poursuivi par ce projet de loi est d’améliorer la sécurité au plan de l’hébergement de nos aîné-es ainsi que d’autres clientèles vulnérables est louable, il n’en demeure pas moins que le gouvernement propose peu pour répondre à la satisfaction des besoins. En effet, les clientèles fragiles éprouvent des difficultés complexes qui nécessitent un plus grand soutien des responsables gouvernementaux. Les personnes atteintes de problèmes de santé mentale, de déficience physique ou de toxicomanie sont souvent en situation financière précaire ou carrément en situation de pauvreté. Aussi, plusieurs connaissent des problèmes de violence familiale, d’itinérance ou autres. Bon nombre des ressources qui les hébergent se retrouvent dans le réseau communautaire qui peine bien souvent à répondre aux besoins faute d’un financement suffisant dans un contexte où l’État désinstitutionnalise et décentralise et où les services sociaux deviennent encore plus le parent pauvre du système au profit des services médicaux. « Bien que nous soyons en accord avec un processus de certification pour toutes ressources ou résidences offrant de l’hébergement à des personnes vulnérables, nous croyons que cette mesure ne doit pas servir au gouvernement à se décharger de ses responsabilités de soutien. Ces personnes ont besoin de réponses beaucoup plus structurelles facilitant l’amélioration réelle de l’ensemble de leur situation », a estimé Denise Boucher. La CSN a profité de cette consultation pour rappeler la situation des personnes âgées. En 2004-2005, le Québec était considéré comme la province canadienne qui investissait le moins dans les services à domicile avec 94 $ par personne, par année, alors que la moyenne canadienne était de 145 $. Des données récentes publiées par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) attestent qu’au Québec, une personne sur cinq âgée de 75 ans et plus vit dans une résidence pour aîné-es, comparativement à une personne sur 20 dans les autres provinces canadiennes. Ces données révèlent que les personnes âgées au Québec sont contraintes d’aller vivre en résidence privée. Pour la CSN, le gouvernement doit réellement faire la démonstration de sa volonté de favoriser le maintien à domicile par un rehaussement du financement des services. Il doit également revoir sa décision de geler l’offre publique d’hébergement. Loin de sécuriser les aîné-es, la privatisation de l’hébergement et des services qui y sont associés a des incidences négatives. Elle accentue le manque de places en CHSLD. Le gouvernement prétend vouloir un environnement sécuritaire pour les aîné-es, mais, paradoxalement, il les confie à des ressources qui sont peu adaptées au lieu de garantir un nombre suffisant de lits publics, lesquels sont mieux adaptés pour répondre aux besoins évolutifs de cette clientèle. Denise Boucher a rappellé que le tiers des résidences privées du Québec, soit plus de 700, n’ont toujours pas été certifiées. « La garantie d’un environnement sain et sécuritaire pour les personnes vulnérables passe également par l’amélioration des conditions de travail de la main-d’œuvre, tant dans le privé que dans le secteur communautaire. Ce qui sous-entend, pour nous, la formation continue des travailleuses et des travailleurs, la valorisation de leurs tâches et de leur rôle, de meilleurs salaires et aussi l’ajout d’avantages sociaux. Il est essentiel que le gouvernement investisse dans la formation du personnel déjà en place », de poursuivre la vice-présidente de la CSN. La CSN prône une vision globale de soutien aux personnes vulnérables, dont les personnes âgées en perte d’autonomie. C’est ainsi que la centrale syndicale reprend l’ensemble des propositions de sa plate-formesur l’amélioration des services publics aux personnes âgées dans le cadre de cette consultation. La Confédération des syndicats nationaux est composée de plus de 2100 syndicats qui regroupent près de 300 000 membres.