Les 253 lock-outés du Journal de Montréal se sont rassemblés ce matin devant le siège social de Quebecor, au cours de l’assemblée annuelle des actionnaires, pour leur remettre des informations sur le conflit. En lock-out depuis près de 16 mois, les vrais artisans du quotidien de la rue Frontenac veulent que les actionnaires comprennent qu’ils sont ouverts à entreprendre un sérieux processus de négociation qui mettra fin au lock-out dans les meilleurs délais. Les membres du Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal (STIJM–CSN) souhaitent le renouvellement de la convention collective qui assurera la pérennité du Journal de Montréal. « Depuis le 24 janvier 2009, nous avons fait de multiples tentatives pour ramener notre employeur à la table de négociation, a déclaré Raynald Leblanc, président du syndicat. Aujourd’hui, nous nous adressons aux actionnaires en livrant ce message d’ouverture : intervenez auprès des porte-parole pour qu’ils reviennent discuter avec nous dans un esprit pour mettre fin à cet odieux conflit qui a trop duré. » Pour le STIJM, les actionnaires ne peuvent rester indifférents devant la mauvaise image qui rejaillit sur Quebecor avec ce 14e lock-out en 15 ans et la publication du journal grâce aux carences des dispositions anti-briseurs de grève dans le Code du travail, qui ne prévoient pas le travail à distance. Dans un feuillet d’information, le syndicat écrit aux actionnaires ceci : « Dans son Rapport de gestion 2009, Quebecor avertissait ses actionnaires des effets pernicieux d’un long lock-out. « Quebecor Media ne peut prédire le dénouement de cet arrêt de travail bien qu’elle prévoie présentement qu’un long lock-out ou une grève prolongée nuirait aux activités du journal, même si elle est en mesure d’assurer sa publication pour le moment.(page 49) « Un an plus tard, qu’en est-il ? « À court terme, l’entreprise se vante d’économiser en salaires, réduisant d’autant l’impact du ralentissement économique du secteur des journaux. Mais l’entreprise ne dit mot sur l’impact négatif à moyen et long terme sur toutes ses activités du lock-out au Journal de Montréal, le plus important conflit de travail au Québec en ce moment. « Dans des conditions de marché identiques, La Presse, Radio-Canada et Transcontinental en sont tous arrivés à des ententes négociées avec leurs travailleurs syndiqués. À quand un règlement au Journal de Montréal ? »