Étienne-Alexis Boucher, député de la circonscription de Johnson, et le Syndicat des travailleuses et travailleurs Au Roi du coq rôti–CSN expriment aujourd’hui leur appui au Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal (STIJM–CSN). Le député de Johnson réitèrera son appui à la motion qui été unanimement adoptée par l’Assemblée nationale, le 24 novembre 2009. Présentée par le député de Québec solidaire, Amir Khadir et appuyée par les députés François Rebello, du Parti québecois, et Gérard Deltell, de l’Action démocratique du Québec, la motion était ainsi libellée : Que l’Assemblée nationale invite la direction du Journal de Montréal et les quelque 250 syndiqués en lock-out depuis plus de 10 mois à négocier de bonne foi afin que les droits des travailleurs soient respectés et que les familles touchées puissent retrouver leur juste revenu avant l’arrivée de Noël. Rappelons que le 24 janvier 2009, Quebecor jetait sur le trottoir les 253 employé-es de bureau et de rédaction après avoir exigé pas moins de 233 reculs à la convention collective. Son but étant de remplacer de bons emplois, majoritairement occupés par des femmes, par de la sous-traitance et de permettre à l’ensemble de ses entreprises de presse d’alimenter en contenu le Journal de Montréal, ce qui va à l’encontre des règles d’éthiques journalistiques qui assurent le droit du public à une information de qualité aux sources variées. « Cette façon d’agir est inadmissible. Il est évident que si l’esprit des dispositions anti-briseurs de grève du Code du travail était respecté, Quebecor ne pourrait faire preuve d’autant de mépris à l’endroit de ses employé-es, déclare Étienne-Alexis Boucher. La longueur de ce conflit est désolante tout autant que celui qui perdure au Roi du coq rôti. » Serge Lemay, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs Au Roi du coq rôti, s’est senti interpellé par le conflit au Journal de Montréal. « Quoique ne nous vivons pas la réalité des travailleurs de remplacement provenant des autres médias de Quebecor, il y a de grandes similarités entre notre conflit et celui au Journal de Montréal, affirme-t-il. La première étant évidemment le lock-out décrété par nos employeurs et sa longueur. Mais le constat le plus déplorable étant le fait que nous devons faire face tous deux à des héritiers irraisonnés et irraisonnables. » Au cours des prochaines semaines, les travailleuses et les travailleurs du Roi du coq rôti distribueront massivement des tracts invitant la population à ne plus lire le Journal de Montréal. « Aujourd’hui, le Syndicat des travailleuses et travailleurs Au Roi du coq rôti–CSN affilié à la Fédération du commerce (FC), démontre encore une fois la solidarité indéfectible propre à la CSN, ajoute Jean Lortie, président de la FC. Se joindront au STT Au Roi du coq rôti, les 30 000 membres regroupés au sein de 400 syndicats locaux qui composent la Fédération du commerce, puisqu’un appel leur sera aussi lancé. » « En Estrie, tous nos membres affiliés seront aussi interpelés à promouvoir cette campagne en invitant, les membres de leur famille, leurs ami-es et leurs commerçants à ne plus lire le Journal de Montréal, même s’il leur est gratuitement offert. Nous les inviterons également à annuler leur abonnement à ce quotidien », renchérit Jean Lacharité, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie. « Avec la publication quotidienne du Journal de Montréal, malgré le conflit de travail, le rapport de force est complètement déséquilibré, a poursuivi David Patry-Cloutier, membre du comité de négociation du STIJM. De plus, pour tenter d’endiguer la campagne que nous menons, Quebecor procède à un véritable dumping du journal. Il est massivement distribué gratuitement dans maints endroits de la région. Les gens ont tendance à oublier que les travailleuses et les travailleurs ont été cadenassés. » « Le conflit au Journal de Montréaln’a rien d’un conflit qui ne concerne que les parties impliquées. Les médias sont importants dans une société démocratique comme la nôtre et actuellement, Pierre Karl Péladeau utilise son journal à des fins de propagande contre les syndicats et pour faire la promotion sans aucune gêne de l’ensemble des entreprises qui lui appartient. Il faut que des voix s’élèvent pour réclamer la reprise des négociations dans un esprit qui permettra de mettre fin au conflit », déclare Roger Valois, vice-président de la CSN. Le 26 février, la CSN lançait une importante campagne d’appui aux 253 lock-outés. En plus d’intervenir auprès des élu-es de tous les paliers, la population est aussi sollicitée pour signer une pétition enjoignant le gouvernement de « mettre en branle tous les moyens dont il dispose afin de favoriser, dans les meilleurs délais, un règlement négocié satisfaisant pour les parties (nomination d’un médiateur spécial, intervention législative en vue de rééquilibrer le rapport de force, etc.) ». La pétition est disponible sur le site Web de la CSN : www.csn.qc.ca.