Plus de 150 Madelinots et Madeliniennes, accompagnés de la présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Caroline Senneville, ainsi que du président du Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, Pierre‑Luc Boulay, se sont réunis aujourd’hui devant le IGA Coop l’Unité, afin de dénoncer l’inaction du conseil d’administration de la coopérative et réclamer qu’il entende enfin la voix de ses membres.
Réunis dans le cadre d’un grand rassemblement citoyen, les participantes et participants ont répondu à l’appel des salarié-es en grève depuis le 25 juillet dernier. Leur message est clair : il est temps de mettre fin à un conflit qui s’éternise et de rouvrir la Coop.
Au cours des dernières semaines, des membres de la coopérative ont entrepris des démarches en vue d’obtenir la tenue d’une assemblée générale spéciale. Pour les personnes présentes au rassemblement, le conseil d’administration doit répondre à cet appel et permettre aux membres de se prononcer sur la gestion du conflit.
« Nous sommes membres de cette coopérative et nous croyons qu’il est normal d’être entendus lorsqu’une situation aussi importante met en péril les services de notre Coop et son avenir. Ce sont 265 membres qui ont exprimé leur volonté de voir une assemblée se tenir rapidement. Le conseil d’administration doit les écouter et leur donner la parole », Robert Mercier, l’un des initiateurs de la démarche citoyenne.
Un règlement à portée de main
Alors que la négociation se poursuit en conciliation, les parties ont réglé l’ensemble des enjeux à l’exception de la question salariale. Les travailleuses et les travailleurs demandent des augmentations leur permettant de mieux faire face au coût de la vie particulièrement élevé aux Îles-de-la-Madeleine.
« Depuis presque trois mois, nos membres démontrent une détermination remarquable. Nous voulons revenir au travail et servir la population. La solution est pourtant à portée de main. Ce conflit doit prendre fin et le conseil d’administration doit faire ce qu’il faut pour conclure une entente juste qui permettra la réouverture de notre Coop », souligne la présidente du Syndicat des employé-es du IGA Coop l’Unité, Patricia Prince.
Pour la présidente de la CSN, le rassemblement citoyen témoigne de l’appui exceptionnel dont bénéficient les salarié-es depuis le début du conflit. « La mobilisation d’aujourd’hui envoie un message puissant. Les travailleuses et les travailleurs ne sont pas seuls. Les membres de la coopérative, les Madelinots et les Madeliniennes demandent au conseil d’administration de faire preuve d’écoute et de leadership. Une coopérative appartient à ses membres. Quand ceux-ci demandent à être entendus, le conseil d’administration a la responsabilité de leur ouvrir la porte », affirme Caroline Senneville.
De son côté, le président de la Fédération du commerce, Serge Monette, estime qu’il est temps de mesurer l’impact du conflit sur l’avenir de l’entreprise. « Une grève qui s’étire pendant des mois entraîne des pertes importantes pour une compagnie, mais aussi des répercussions sur son image, sa clientèle et sa capacité à retenir sa main-d’œuvre. Dans ce dossier, parvenir à un règlement n’est pas seulement une question de relations de travail, c’est aussi une décision de gestion responsable pour assurer l’avenir de la Coop. »
« Le conflit dure depuis trop longtemps et ses conséquences se font sentir dans toute la communauté. Aujourd’hui, plus de 150 personnes se sont déplacées pour demander une chose toute simple : que les membres puissent exercer leur droit démocratique et que tout soit mis en œuvre pour parvenir à un règlement. Le conseil d’administration doit entendre ce message et agir rapidement », ajoute quant à lui Pierre‑Luc Boulay, président du Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.
Les organisateurs du rassemblement rappellent que la Coop occupe une place importante dans la communauté madelinienne et qu’il est dans l’intérêt de la population qu’une solution soit trouvée rapidement.
À propos
Le syndicat de l’IGA Coop l’Unité négocie aux côtés d’une vingtaine d’autres syndicats d’épiceries partout au Québec, notamment au Saguenay–Lac-Saint-Jean et au Centre-du-Québec. En coordonnant leurs négociations, les syndicats des travailleuses et travailleurs d’épiceries affiliés à la CSN ont pour objectif d’améliorer leur rapport de force avec leurs employeurs.
Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) regroupe 350 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.