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COVID-19

Quand ni le coronavirus ni les employé-es ne prennent congé

  • 17 Déc 2020

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Le Point syndical (hiver 2026)

Le Point syndical

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  • Les secteurs publics de la santé et de l’éducation n’ont pas à se battre pour des congés COVID payés.

« Le problème, c’est que l’employeur nous envoie chez nous sans nous payer », explique d’entrée de jeu Steve Houle, président du Syndicat des employé-es du groupe Olymel–CSN, en parlant de l’isolement requis pour minimiser la propagation de la COVID-19.

« Plusieurs travailleurs ont dit qu’ils rentreraient travailler même avec des symptômes légers. Ils ont besoin de leur paye », explique encore le président en évoquant la peur ressentie au sein des équipes de travail lorsqu’un des membres tousse ou se mouche. L’usine a connu 107 cas de COVID, dont deux hospitalisations. Lorsque les premiers cas sont apparus, l’employeur n’a pas voulu fermer boutique, pas même quelques jours. Les travailleurs et les travailleuses sont retournés sur le plancher avant d’avoir reçu le résultat de leurs tests. Plusieurs cas sont survenus par la suite.

CPE

Même son de cloche chez une majorité de directions de CPE qui refusent de payer pour l’isolement préventif des employé-es. Les membres du personnel doivent alors piger dans leur banque de congés de maladie ou dans leurs vacances. Le congé sans solde a également été utilisé.

« On dépose des griefs systématiquement dans ces cas-là », explique Nathalie Duperré, présidente du syndicat au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Dans cette région, 14 des 29 CPE ont été touchés par des éclosions de COVID. Le Saguenay–Lac-Saint-Jean est d’ailleurs la région qui compte, toute proportion gardée, le plus de cas au sein de la population.

« Plusieurs CPE ont pris une décision économique », affirme Nathalie Duperré en ajoutant que cette situation crée un stress supplémentaire pour les éducatrices qui craignaient déjà de ramener le virus à la maison. La présidente estime que des employeurs se cachent derrière la Santé publique ; lorsque cette dernière estime que l’employé-e n’a pas contracté la COVID au travail, le CPE n’est pas obligé de payer. Elle juge bien souvent que l’équipement de protection est un rempart impénétrable contre la COVID. « Il faudrait que la Santé publique accorde une banque de congés pour que les gens demeurent à la maison et évitent de contaminer leurs collègues. De cette façon, ils n’auraient pas à cacher leurs symptômes », estime Nathalie Duperré.

Une injustice parmi les paramédics

« Les paramédics de Montréal sont payés pour l’isolement préventif puisqu’ils travaillent pour Urgence santé et que cette organisation fait partie du décret gouvernemental pour couvrir le secteur public », explique Jean-Daniel Tremblay, le président au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Les secteurs publics de la santé et de l’éducation n’ont d’ailleurs pas à se battre pour des congés COVID payés.

Le représentant syndical trouve tout à fait incongru que des travailleuses et des travailleurs qui font exactement le même métier et qui transportent des patients atteints de la COVID ne soient pas traités de la même façon s’ils doivent s’absenter du travail pour le bien commun. Il ajoute que le programme offert par le gouvernement fédéral ne fait pas l’affaire, puisqu’il couvre 55 % du salaire pendant 10 jours maximum et que certaines conditions en compliquent l’admissibilité. Quelques paramédics qui ont des symptômes légers décident donc de rentrer au travail pour éviter l’insécurité financière.

Jean-Daniel Tremblay rapporte enfin qu’une trentaine de ses membres ont été atteints par la COVID sur un total de 170. « On sent que si rien ne change, il va y avoir une hausse du nombre de cas. La surcharge de travail fait en sorte qu’il y a un peu moins de désinfection », souligne le président. Ce dernier rappelle que le métier de paramédic est l’un des plus risqués en raison des visites quotidiennes dans les urgences, dans les CHSLD, dans les résidences privées pour aîné-es, etc. Il estime que la transmission peut aussi se faire entre collègues qui passent beaucoup plus de 15 minutes ensemble à moins de deux mètres l’un de l’autre dans les ambulances. « On est très régulièrement en contact avec la COVID au travail », résume le président en déplorant que, malgré cette situation, la Santé publique ne reconnaisse pas toujours le travail comme source probable d’une contamination à la COVID d’un ou d’une paramédic.

 

  • Santé et sécurité au travail
  • Coronavirus, Santé et sécurité au travail (SST)
  • Confédération des syndicats nationaux (CSN), Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Fédération du commerce (FC–CSN)

Pour information :Thierry Larivière

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