Prime à ses salariés : le silence du Groupe Sélection est gênant

Le Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine – CSN déplore le silence du Groupe Sélection quant à la demande de ses salariés de bonifier leur taux horaire en cette période de pandémie.

« Alors que le gouvernement du Québec a bonifié le salaire des personnes travaillant au sein des établissements publics et privés (hôpitaux, CHSLD et résidences pour personnes âgées), force est de constater que les grands joueurs de l’hébergement privé pour aînés au Québec, dont le Groupe Sélection, continuent de faire la sourde oreille aux revendications de leurs salariés. L’importance de cette forme de reconnaissance élémentaire, considérant la pandémie actuelle, semble leur échapper », soutient Serge St-Pierre, président du CCGIM CSN.

Rappelons que plusieurs propriétaires d’entreprises ont instauré une prime similaire à celle du gouvernement en plus de celle-ci. Des entreprises non assujetties aux bonifications gouvernementales ont également pris l’initiative de bonifier le travail de leurs employés en reconnaissance de leur travail au sein de celle-ci pour la durée de la pandémie. Or, le Groupe Sélection, propriétaire du Manoir St-Augustin à Gaspé, a été interpelé par le syndicat au début du mois d’avril et n’a toujours pas communiqué ses intentions. « C’est une étrange manière de procéder que d’ignorer une demande légitime de salariés qui mettent leur santé à risque pour un salaire de misère », renchérit Kent Denis, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (FSSS CSN).

Monsieur Patrick Dufresne, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Manoir StAugustin souligne que si le gouvernement du Québec a fait un bout de chemin, notamment, en ce qui concerne les préposés aux bénéficiaires (PAB), le Groupe Sélection, comme employeur, doit également reconnaître tout le travail accompli par ses salariés en cette période difficile. « Nous demandons au Groupe Sélection de bonifier le taux horaire de l’ensemble de ses employés pour la durée de la pandémie. C’est la demande transmise au début du mois d’avril et pour laquelle nous attendons toujours une réponse », conclut monsieur Dufresne.

Cri du cœur des RSG : « On ne peut pas en faire plus »

Responsable d’un service de garde (RSG) en milieu familial depuis près de 25 ans, Carole Dion est inquiète, très inquiète pour l’avenir de sa profession. La présidente du Syndicat des éducatrices et éducateurs en milieu familial de Sainte-Marie — CSN est témoin d’une montée sans précédent de l’angoisse et du stress chez les RSG.

« Juste dans notre syndicat, il y a une quinzaine de travailleuses qui n’ont pas rouvert ou qui ont carrément fermé pour toujours leur service de garde lors du déconfinement, c’est énorme », expose Carole Dion, « d’ici l’automne, ça va être l’hécatombe si on ne fait rien, le milieu va s’effondrer en raison des dépressions et des burnouts. Les filles sont tout simplement découragées. »

Un déconfinement épuisant
Les services de garde en milieu familial ont rouvert le 11 mai avec des ratios réduits à 50 %, soit de 3 à 4 enfants maximum selon la taille du service. « On a reçu un ensemble de règles sanitaires à respecter pour se protéger et protéger les enfants », explique Carole Dion, « c’est extrêmement lourd ».

Dès l’ouverture, les éducatrices doivent porter masques et gants. Lorsqu’il est impossible de garder une distance d’au moins 1 m avec un enfant, par exemple pour l’habillement, la visière est requise. Il est interdit de faire un câlin ou de serrer un enfant dans ses bras. Puisqu’il faut tout désinfecter en permanence, Carole Dion explique qu’elle a guenille, torchon et désinfectant à la main en tout temps.

« J’ai dû réaménager les locaux et vider la salle de jeu du trois quarts de son contenu –adieu peinture, pâte à modeler et casse-tête – et il y a un bac pour mettre les jouets en quarantaine dès qu’un enfant a fini de jouer avec », explique Mme Dion. Les enfants se doivent de respecter en tout temps la distance de 2 m entre eux. « La gestion de la distance ça va bien si c’est une même fratrie, mais dès qu’il y a plus d’une famille c’est l’enfer. »

Carole Dion précise que la journée de travail est loin de se terminer avec le départ des enfants. « Il faut tout, tout, tout désinfecter pour le lendemain », explique-t-elle. Un sondage auprès des membres du syndicat a révélé que les RSG mettaient en moyenne 1 h 30 à cette tâche. « Le surcroit de travail n’est bien sûr pas dédommagé, pas plus que les frais supplémentaires engagés pour acheter désinfectant et Purell », poursuit-elle.

Les RSG ne peuvent en faire plus
Pour l’heure, les ratios sont à 50 % de ce qu’ils étaient, mais le ministère a annoncé son intention de les faire passer à 75 % le 1er juin et à 100 % le 22 juin. « Les RSG sont découragées, juste l’organisation physique des milieux de garde a été un tour de force », explique Carole Dion, « mais c’est irréaliste de penser que l’on va pouvoir respecter les règles sanitaires si on augmente les ratios. » La présidente du syndicat donne en exemple les dîners. « En ce moment, je dois faire respecter les distances le midi alors il y a un siège vide entre chaque enfant, là ce sera impossible si le nombre d’enfants double ! »

Les responsables en service de garde sont stressées et angoissées par la situation. « On reçoit beaucoup d’appels de nos membres en ce moment, elles trouvent ça complètement irréaliste qu’on songe à leur en demander plus », explique Carole Dion, « je suis très inquiète pour l’avenir de la profession si on continue de presser le citron des éducatrices comme ça ». Pour la présidente du Syndicat des éducatrices et éducateurs en milieu familial de Sainte-Marie — CSN, c’est de plus en plus clair : dans l’immédiat il est impensable d’envisager des ratios plus élevés que 50 %.

« On fait le maximum pour protéger les enfants, mais c’est épuisant », conclut-elle, « on est inquiètes. Sans oublier qu’on ouvre nos maisons et on expose donc nos familles qui ont le droit, elles aussi, de se sentir en sécurité chez elles. Il y a des limites à ce qu’on nous exige. »

RSG : la réouverture qui change tout

Qu’est-ce qui a changé ? Après une semaine de réouverture des services de garde en milieu familial (à l’extérieur de la Communauté métropolitaine de Montréal), on pose la question à des responsables de service de garde (RSG) et la réponse est sans ambages : tout !

Comment s’opère la distanciation dans un milieu de vie où la proximité fait partie de l’ADN même du service de garde ? Comment exprimer de la douceur et de la chaleur envers les enfants tout en portant une visière, un masque et des gants ?

Une chose est certaine, il s’écrit, dans des milliers de milieux familiaux partout au Québec, une histoire faite de petits et de grands gestes qui n’ont qu’un seul objectif : un retour bienveillant pour les enfants.

« Une chose que j’ai vite comprise, c’est que nous devions préparer les enfants… et les parents ! », souligne d’entrée de jeu Marylin Potvin, RSG au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

« Quelques jours avant la réouverture, j’ai contacté les parents et je leur ai expliqué les changements apportés au milieu de garde ainsi que les protocoles à respecter de part et d’autre. Mais le plus important pour moi, c’était de parler aux enfants avant la rentrée. On a fait cela par appels vidéo et j’ai pu leur montrer l’équipement, la visière, les gants et les sensibiliser afin qu’ils ne soient pas trop déstabilisés le lundi matin. »

Même son de cloche pour Mélanie Dion, RSG de la même région. « Ce qui fait la beauté de nos milieux de garde, c’est justement tout l’aspect familial ! C’est un vrai défi de conserver ce caractère avec l’équipement de protection individuelle, les mesures de distanciation, les limitations multiples pour respecter les consignes. Il faut faire preuve d’imagination et je me suis assurée de préparer mon milieu afin de rendre plus fluides certaines nouvelles réalités. Il faut travailler en amont avec les parents, car c’est ensemble que nous pouvons espérer faciliter l’adaptation des enfants », ajoute-t-elle.

Les deux RSG font état d’une sensibilité accrue par rapport aux besoins des enfants, dans un contexte où les milieux et les règles qu’ils connaissent sont passablement chamboulés. « Dès la première journée, j’ai fait un atelier avec les enfants afin de leur apprendre à décoder les émotions de quelqu’un qui porte un masque. J’ai enfilé le mien et nous avons joué à deviner si j’exprimais de la joie, de la tristesse, un questionnement et tout plein d’autres expressions faciales qui nous permettent de communiquer ensemble au quotidien. En apparence banal, cet exercice leur permet de participer et d’intégrer la nouvelle réalité », mentionne Marylin Potvin.

« Il faut tout adapter, même notre posture physique, s’exclame Mélanie Dion. Je m’assois moins par terre pour éviter que les enfants se rapprochent trop, je privilégie les chaises, par exemple. Ça change une dynamique, mais c’est une raison de plus pour développer d’autres trucs afin de montrer aux enfants que nous sommes tout autant
là. »

Les deux femmes sont unanimes : les enfants sont très résilients. En écoutant ces RSG nous confier leurs observations, nous aurions aussi le goût d’ajouter qu’il s’agit d’une résilience nourrie par leur propre bienveillance à l’égard des tout-petits.

La Coopérative des techniciens ambulanciers du Québec fait bande à part

Alors qu’un arrêté ministériel prévoit que les travailleuses et les travailleurs reçoivent leur rémunération normale lors d’un arrêt de travail en lien avec la COVID, que ce soit pour un test de dépistage ou pour un retrait préventif dû à une condition médicale (ex. : personnes immunosupprimées), la Coopérative des techniciens ambulanciers du Québec (CTAQ) a choisi de faire bande à part. La coopérative est en effet la seule compagnie ambulancière de la province à ne pas payer les paramédics qui doivent passer des tests COVID ou rester à la maison pour se protéger dans le cadre d’un retrait préventif, ce que déplore le syndicat.

« Actuellement, les paramédics de la CTAQ doivent prendre congé pour passer un test COVID, souligne Frédéric Maheux, président de l’Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH–CSN). Ça met tous les travailleurs en danger : au début de la pandémie, les paramédics ne prenaient pas de chance et appelaient la ligne COVID pour demander un test de dépistage dès qu’ils avaient le moindre symptôme, mais là, s’ils doivent piger dans leur banque de congés, ils vont attendre d’avoir des signes et des symptômes évidents. C’est clair que plusieurs paramédics vont être positifs avec peu de symptômes et vont contaminer les autres travailleurs de la compagnie, on joue avec le feu ».

Frédéric Maheux comprend mal le fait que la CTAQ soit la seule compagnie ambulancière dans la province à ne pas rémunérer ses paramédics lors d’un arrêt de travail lié à la COVID. Les autres compagnies se basent sur l’arrêté ministériel d’avril dernier, qui demande de payer les travailleurs à 100 % dans ces cas, pour demander des indemnités et assumer les frais en attendant de les recevoir. « Récemment, la CTAQ expliquait dans une vidéo qu’il est préférable de garder la compagnie en bonne santé financière plutôt que de payer les paramédics et espérer se faire rembourser plus tard », explique le président du syndicat. « Comment une coopérative ayant pour but d’améliorer les conditions de travail de ses travailleurs peut-elle décider de prioriser des ristournes alors que nous sommes dans une situation exceptionnelle, ça me dépasse. Toutes les autres compagnies ambulancières, qu’elles soient privées ou étatisées, payent leurs travailleurs lorsqu’ils sont en arrêt de travail à cause de la COVID, même si ça veut dire faire moins d’argent à la fin de l’année. »

Selon le syndicat, la politique de la compagnie est irresponsable. « Nous savons que l’automne sera extrêmement chargé : influenza, gastro, augmentation des problèmes respiratoires pour les personnes âgées, COVID, etc., explique Frédéric Maheux. Les paramédics auront besoin, à ce moment-là, de leurs congés personnels parce que nous sommes encore plus à risque durant cette période. Si un paramédic n’a plus aucun congé et qu’il attrape la gastro par exemple, il fait quoi ? Il vient travailler pareil et la donne à tout le monde ? »

« On voit ce qui se passe avec les CHSLD et le manque de personnel, poursuit Frédéric Maheux. Les soins aux personnes âgées sont déficients et le personnel est au bout du rouleau. Imaginez une compagnie d’ambulance qui commence à manquer de personnel à la suite d’arrêts pour maladie, dépression, etc. ? » Le président craint le retour des grands délais sur les interventions à cause du manque d’ambulance sur la route. « La compagnie devra trouver une solution temporaire avec des travailleurs qui ne sont pas prêts à travailler ou même qui sont très peu formés, craint-il. Les paramédics sur le terrain, en plus d’avoir un stress plus élevé à cause du COVID et des mesures de protection additionnelle, devront surveiller leurs collègues et les aider dans leurs tâches au lieu de travailler en équipe. C’est un stress immense qui va s’ajouter au stress déjà extrêmement élevé de devoir travailler lors d’une pandémie. »

L’Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH–CSN) demande que les paramédics de la CTAQ reçoivent leur rémunération normale lors d’un arrêt de travail en lien avec la COVID, que ce soit pour un test de dépistage ou pour un retrait préventif dû à une condition médicale (ex. : personnes immunosupprimées), comme tous les autres paramédics du Québec. « Avec la CSN, nous travaillons en prévention en santé et sécurité au travail. Toutes les recherches et les études démontrent clairement que de travailler en prévention plutôt qu’en réaction coûte beaucoup moins cher. Il y a un travail qui a été très mal fait à la CTAQ, il faut corriger le tir », conclut Frédéric Maheux.

Déconfinement à vitesse grand V pour les familles d’accueil d’enfants de la DPJ

Caroline Paquin est vice-présidente au litige pour le Syndicat des familles d’accueil et des ressources intermédiaires destinées aux enfants de Lanaudière—CSN. En plus de ses trois enfants biologiques, elle a également la charge de trois enfants en situation de handicap qui lui ont été confiés par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Quand on lui demande comment se vit la pandémie de la COVID-19 sur le terrain pour elle et les autres ressources de type familial de la région, elle fait état d’une crise qui s’est déroulée en deux temps.

« Pour la majorité de la crise, on était complètement confinés. Personne ne sortait — même pour aller faire l’épicerie — et les visites et les contacts physiques avec les parents étaient suspendus, explique-t-elle. Pour nous, ça s’est relativement bien passé. Certains enfants qui ont des enjeux affectifs aiment qu’on soit tout le temps ensemble. »

Puis, le 5 mai dernier, dans la foulée de la politique du déconfinement qui est maintenant en vigueur au Québec à l’extérieur de la région métropolitaine, un arrêté ministériel adopté par la ministre de la Santé et des Services sociaux a décrété que la DPJ est tenue « d’aménager, d’une façon qui permet de protéger la santé de la population, l’exercice d’un contact en présence physique d’un enfant avec ses parents. »

« Un jour, personne ne peut sortir parce que ce serait trop dangereux pour les usagers, puis le lendemain, la DPJ nous dit qu’on est obligés de laisser nos enfants aller en visite chez leurs parents, sinon on risque de se faire poursuivre, s’étonne Mme Paquin. En même temps, les familles d’accueil qui ont des usagers adultes avec une déficience psychologique, elles, n’ont toujours pas le droit de sortir. On est à la limite de la région du Grand Montréal. Je suis toute seule pour m’occuper de six enfants. Qui va venir m’aider si j’attrape la COVID et je tombe malade ? »

Bien que l’arrêté ministériel énumère certaines conditions qui devraient être réunies pour que les contacts physiques avec les parents soient acceptés, Mme Paquin précise que ces directives se concrétisent d’une façon bien différente sur le terrain.

« Les parents des enfants qu’on nous confie ont souvent eux-mêmes des troubles du comportement ou des déficiences intellectuelles. La DPJ ne fait aucun discernement pour évaluer si les parents sont responsables et prennent les précautions nécessaires. On a un enfant qui fait une pneumonie, mais la DPJ a exigé qu’on le laisse aller en visite quand même. Il me semble que la prudence et la santé des enfants devraient avoir priorité », conclut-elle.

Répondants médicaux d’urgence : une minute qui change la donne

« Une chance qu’on a une diminution des appels. » C’est le son de cloche des répartiteurs et des répartitrices ainsi que des répondantes et des répondants médicaux d’urgence (RMU). Avec les nouveaux protocoles mis en place pour la COVID-19, la durée des appels s’est accrue d’une minute, passant d’environ trois minutes et demie à quatre minutes et demie. Étant des intervenants de première ligne, avant même l’intervention des paramédics, les RMU doivent s’assurer de bien cerner la situation afin d’éviter de mettre les personnes en danger et, dans la situation présente, de les exposer à des cas suspectés de COVID-19.

« Une minute, pour nous, c’est très long », souligne Marjorie Guay, RMU à Québec. « Ce qui nous a aidés, c’est la diminution des appels à l’échelle du Québec. Les gens ne sortaient plus, on recevait moins d’appels pour des chutes, des accidents, des pertes de connaissance. Avec le déconfinement, ça remonte en flèche. »

Comme pour plusieurs corps d’emplois en santé et services sociaux, les RMU souffraient d’une pénurie de personnel depuis un bon moment.  À Québec, pour s’assurer de pouvoir combler les besoins, on a décidé de suspendre les libérations syndicales. Heureusement, plusieurs embauches ont eu lieu dans les dernières semaines.

Ce qui inquiète cependant Marjorie Guay, c’est le déconfinement. « Quand les gens recommenceront à sortir, dans le contexte de notre protocole de pandémie, ça risque de créer une réelle surcharge. On a demandé qu’un protocole Oméga soit mis en place afin de nous permettre de faire un centre de triage secondaire et de réorienter les appels ne nécessitant pas une ambulance vers le 811, et de répondre en priorité aux appels qui requièrent des paramédics. »

Des personnes en renfort qui seront mieux payées que le personnel en place

En raison d’une pénurie de personnel, des renforts dans les CPE seront nécessaires dans plusieurs établissements, mais il faut éviter de créer une injustice entre ces personnes et les travailleuses qui ont maintenu les services de garde d’urgence depuis le début de la crise. Dans certains cas, des étudiantes gagneront plus que du personnel déjà en place.

« Nous réclamons une prime en lien avec la crise actuelle depuis la fin mars. Non seulement nous n’avons encore aucune nouvelle, mais les nouvelles directives vont créer une injustice envers celles qui prennent soin des enfants des anges gardiens depuis le début de la pandémie. Le ministre Lacombe a affirmé à plus d’une reprise combien il a à cœur son réseau. Il doit intervenir avec plus de fougue et de détermination auprès du Conseil du trésor pour qu’enfin, cette demande aboutisse dans les poches des travailleuses. Rendre les emplois en CPE plus attractifs était et demeure une nécessité, mais ça ne doit pas se faire au prix d’injustices », soutient Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN, qui représente plus de 10 000 travailleuses en CPE partout au Québec. « Pour attirer plus de candidates, on bonifie le salaire des étudiantes, mais on ne fait rien pour aider à retenir celles qui sont déjà dans le réseau », ajoute Lucie Longchamps.

L’arrêté ministériel du 9 mai ouvre la porte à de nouvelles travailleuses qui seront considérées comme qualifiées même si elles n’ont pas terminé leurs études dans un secteur lié à l’éducation. Par cette mesure exceptionnelle, elles gagneront cependant plus qu’une partie du personnel non diplômé en place depuis longtemps, ou autant que des éducatrices qui ont terminé leur formation collégiale. L’échelle salariale des éducatrices qui ne sont pas diplômées commence en effet à 16,75 $ l’heure.

Par ailleurs, le ratio d’éducatrices qualifiées passe de deux sur trois à un sur trois, de façon temporaire. La porte est donc ouverte pour engager plus d’éducatrices non qualifiées. Avec l’arrêté, celles-ci pourront désormais provenir des camps de jour.

Précédent dangereux
« Il est très important qu’on ne perde pas de vue le rôle éducatif du réseau des CPE, qui est une fierté pour le Québec. La baisse du ratio d’éducatrices formées et la baisse des exigences de formation doivent absolument être temporaires et ne pas se prolonger lorsque l’urgence sanitaire sera terminée », insiste Louise Labrie, représentante des CPE à la FSSS–CSN. Cette dernière déplore par ailleurs que bon nombre d’éducatrices d’expérience qui ne peuvent prendre le risque de travailler en ce moment en raison d’une santé vulnérable soient dirigées par les employeurs et le ministère de la Famille vers la Prestation canadienne d’urgence (PCU), qui pourrait être un cul-de-sac pour plusieurs d’entre elles.

Les ressources de type familial laissées à elles-mêmes

Le confinement et les mesures de protection imposées par la Santé publique durant la pandémie de COVID-19 représentent leur lot de défis pour n’importe quelle famille. Alors songez un peu à ce que cela peut impliquer pour les familles qui accueillent chez elles des personnes présentant un handicap physique ou intellectuel.

« Imaginez un petit comportement agaçant de votre conjoint. Imaginez maintenant 100 fois pire, 24 heures sur 24, multiplié par 6 », illustre Valérie Charest. Elle et son conjoint, Frédéric, partagent leur résidence du Bas-Saint-Laurent avec leurs trois enfants et six pensionnaires qui sont aux prises avec des déficiences intellectuelles sévères, des troubles du spectre de l’autisme, des troubles obsessifs compulsifs ou d’autres troubles du comportement.

« Depuis la mi-mars, il n’y a que mon conjoint qui sort. Avant, certains usagers allaient voir leur famille toutes les deux semaines, d’autres allaient à l’école aux adultes ou au centre d’activités de jour. C’est sûr que leurs activités leur manquent. Mes enfants ne retourneront pas à l’école ce printemps pour ne pas risquer de contaminer tout le monde. Maintenant, tout le monde est ici tout le temps. »

Même si elle se considère comme chanceuse et avoue que posséder une grande maison et une grande cour aide à alléger le confinement, Valérie admet que le défi reste imposant.

« C’est toute la gestion du quotidien qui est compliquée, explique-t-elle. C’est vraiment difficile de mettre en place des mesures d’hygiène et de distanciation. J’ai des usagers qui ont des troubles sensoriels et qui ne veulent pas mettre les mains sous l’eau ; d’autres qui ont des troubles de comportement et qui n’écoutent pas les directives dès que j’ai le dos tourné. »

Étant donné ces circonstances difficiles, on pourrait s’attendre à ce que Valérie accueille le déconfinement entamé dans la plupart des régions du Québec avec un certain soulagement. Malheureusement, le manque de clarté des communications gouvernementales semble plutôt engendrer de la confusion et du scepticisme.

« Au début de la crise, le gouvernement nous a dit que si on avait un cas de COVID, il faudrait que les usagers restent dans leur chambre pendant 14 jours. Je ne suis même pas capable de les faire rester dans leur chambre pendant 24 heures quand ils ont la gastro ! s’exclame-t-elle. Depuis que le déconfinement a été annoncé, on n’a jamais eu de nouvelles du gouvernement à savoir si on avait le droit d’envoyer les enfants à l’école ou non. On n’a pas eu de signal pour nous dire qu’on pouvait sortir, donc le déconfinement, ça ne change rien dans ma vie en ce moment. »

Nombre indéterminé de cas de COVID-19 chez Héma-Québec

Héma-Québec a transmis une note à ses employé-es, mercredi dernier, dans laquelle elle affirme qu’il y a certains cas de COVID-19 au sein de l’organisation, mais sans préciser le nombre exact ni l’endroit où les personnes affectées travaillent.

« Nous trouvons inadmissible qu’Héma-Québec ne précise pas dans quelle ville et quel service se trouvent les cas de COVID-19, dont on ne connaît pas non plus le nombre, affirme Lucie Longchamps, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). Les cinq syndicats CSN d’Héma-Québec ont cherché à obtenir plus d’information, à plusieurs reprises, mais sans succès depuis mercredi en fin de journée. Il n’est pas question de savoir le nom des personnes, mais les équipes qui sont concernées. »

« On trouve aussi très dommage qu’Héma-Québec ait mis une fin définitive aux rencontres hebdomadaires avec certains syndicats pour traiter de la COVID, et ce, juste avant l’annonce de certains cas », ajoute Lucie Longchamps.

Les syndicats CSN d’Héma-Québec rappellent par ailleurs que leurs membres sont toujours exclus de l’octroi des primes de 4 % et de 8 % destinées aux travailleuses et aux travailleurs du secteur de la santé qui sont au front dans la crise actuelle. L’éclosion de cas de COVID-19 au sein des employé-es montre aujourd’hui clairement que le risque est bien réel. Le gouvernement affirme depuis des semaines être en réflexion à ce sujet.

Rareté de main-d’œuvre en santé et services sociaux : un problème structurel qu’il faut régler

Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN), l’annonce d’une prime temporaire à une partie du personnel du réseau révèle à quel point le sous-financement des services a mis à mal notre système public de la santé et des services sociaux. La FSSSCSN invite le gouvernement à concentrer les énergies à la recherche de solutions durables et permanentes.

« Cela fait des années que nous nous battons pour améliorer les salaires ainsi que les conditions de travail et de pratique dans le réseau, explique le président de la FSSS–CSN, Jeff Begley. C’est clair qu’avec des salaires beaucoup trop bas, les établissements ont de la misère à attirer et à retenir du personnel. Si l’actuelle pandémie révèle ces difficultés au grand jour, ce serait une grave erreur de penser qu’elles disparaîtront avec le coronavirus ; c’était le cas bien avant l’état d’urgence. Par ailleurs, il faudra aussi s’attaquer aux conditions de travail, tant en termes de charge de travail que de prévention en santé et sécurité du travail. Or, nous sommes aux tables de négociation actuellement. C’est le temps de trouver des solutions durables, mais on nous offre actuellement des miettes pour les salaires et très peu de perspectives quant à l’amélioration des conditions de travail de l’ensemble du personnel. »

Une prime imprécise
Ne disposant que des informations données par le premier ministre François Legault en point de presse aujourd’hui, la FSSS–CSN n’est pas en mesure à ce moment-ci d’analyser adéquatement toutes les implications de cette annonce. Il semble qu’elle ne visera qu’une partie des travailleuses et travailleurs à risque de contracter la COVID-19 dans le réseau public. De plus, une partie de la prime ne s’appliquera que pour la région métropolitaine.

En ce qui concerne les centres d’hébergement privés et les ressources intermédiaires et de type familial (RI-RTF), la FSSS–CSN fera les suivis avec les employeurs pour s’assurer que le personnel ait accès à cette prime. La FSSS–CSN déplore de plus que la prime laisse plusieurs secteurs dans l’oubli : le secteur préhospitalier, les services de garde éducatifs, les institutions religieuses et les organismes communautaires.

Personnel à temps plein
La FSSS–CSN travaille depuis longtemps à la recherche de solutions pour favoriser l’occupation de poste à temps plein dans le réseau public. Cependant, une partie de la solution se trouve dans les établissements qui refusent souvent de créer des postes intéressants à temps plein. Si elle partage l’objectif du gouvernement, la FSSS–CSN prévient qu’on risque ainsi de déplacer le problème vers d’autres services qui connaissent aussi des difficultés de main-d’œuvre où le personnel n’est pas visé par la prime.

Rehausser les mesures de protection
Pour parvenir à attirer et retenir le personnel durant la pandémie, il faut certainement des solutions du côté salarial, mais il faut aussi s’intéresser aux équipements de protection individuelle. Depuis des semaines, la FSSS–CSN demande au gouvernement de rehausser les mesures de protection dans les CHSLD, les soins à domicile et les résidences privées pour aîné-es.

« À voir la quantité de travailleuses et travailleurs infectés, c’est certain que les mesures de protection sont insuffisantes. Bien des gens viendraient donner un coup de main, mais veulent être protégés pour le faire. Non seulement l’accès aux équipements est à géométrie variable, mais le gouvernement refuse toujours de rehausser les mesures de protection. Il faut agir rapidement là-dessus ! », poursuitJeff Begley.

Pour des solutions durables
« Nous attendons depuis une dizaine de jours la réponse du gouvernement à une réponse fort simple : quelle est son évaluation actuelle de la valeur de l’emploi d’une préposée aux bénéficiaires ou d’une auxiliaire aux services de santé et sociaux, poursuit Jeff Begley. Nous avons joué cartes sur table : nous considérons que ces travailleuses devraient recevoir un salaire de 25,27 $ au sommet de leur échelle salariale. Qu’en pense le gouvernement ? Ces dossiers d’équité salariale traînent depuis 2010 et 2015. Si les gouvernements n’avaient pas balayé ce dossier sous le tapis ; s’ils avaient accepté de négocier des augmentations de salaire réalistes dans le passé plutôt que nous imposer des mesures d’austérité, on peut penser que nous serions en bien meilleure posture aujourd’hui pour faire face à la pandémie ».

Une prime qui confirme que les salaires sont insuffisants

« Bien entendu, cette nouvelle prime est bienvenue, mais cette augmentation temporaire de salaire sous forme de prime vient encore une fois confirmer que les travailleuses et les travailleurs des services publics sont sous-payés. »

La CSN réagissait ainsi à l’annonce faite aujourd’hui par le premier ministre d’une nouvelle prime pour le personnel soignant travaillant à temps plein dans les CHSLD ou les zones chaudes des hôpitaux. L’organisation syndicale, qui représente plus de 150 000 personnes dans les services publics, réclame depuis le tout début de la crise une prime de 3 $ l’heure pour tout le personnel au front contre la COVID-19 et de 4 $ l’heure pour ceux et celles qui offrent plus de disponibilité.

« Le fait que cette nouvelle prime soit en montant fixe plutôt qu’en pourcentage répond à nos demandes exprimées et répétées depuis le 23 mars, soit que la reconnaissance du risque ait la même valeur pour toutes et tous. Toutefois, nous déplorons que cette prime ne s’applique toujours pas à toutes les travailleuses et tous les travailleurs au front, notamment à l’ensemble du personnel en santé et services sociaux et au personnel des services de garde d’urgence qui est aussi sur la première ligne depuis le début », affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

« Il ne faut pas perdre de vue que la seule solution à long terme pour contrer la rareté de main-d’œuvre qui sévissait déjà avant la pandémie dans le secteur public, c’est de reconnaitre pleinement la valeur du travail de tout le personnel. Si on veut agir pour retenir les travailleuses et les travailleurs des réseaux, c’est ce qu’il faut faire ». La CSN convie le gouvernement à convenir dès maintenant de telles solutions adaptées et durables.

« Au cœur de cette crise, on le constate plus que jamais, les services publics sont les piliers de notre société. Ces piliers sont fragiles, la population le comprend aujourd’hui. Il faut s’assurer de les renforcer en améliorant significativement et de façon permanente les conditions de travail et de pratique ainsi que les salaires de celles et ceux qui sont là pour nous, pour nos grands-parents, pour nos enfants, pour nos amis », conclut Caroline Senneville.

Surcharge et manque de concertation

Dans son mémoire présenté hier devant la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, la CSN estime qu’il est urgent pour le gouvernement d’investir temps, énergie et argent afin de redresser la situation des services sociaux. Résultant d’une consultation des membres ayant une expérience significative auprès d’enfants et de familles en contexte de vulnérabilité, le mémoire donne la parole aux intervenantes sur le terrain.

Organisation et financement
La majorité des intervenantes interrogées ont indiqué ne pas avoir l’impression d’offrir des services de qualité et selon l’intensité requise : la rupture dans le continuum des services, le manque de personnel et la surcharge de travail font en sorte qu’elles doivent trop souvent s’improviser « pompières » et éteindre des feux de cas plus critiques. Pendant ce temps, d’autres cas doivent patienter plus longtemps. Une organisation offrant davantage de souplesse, dans un plus grand respect de l’autonomie professionnelle et du jugement clinique, permettrait d’offrir des services selon la qualité et l’intensité requises. Quant au financement, le constat est clair : les investissements sont insuffisants en raison du sous-financement chronique. De plus, les sommes investies sont mal réparties, engendrant ainsi un accès difficile aux soins et aux services. Devant la représentante de la Commission, Jean Lacharité, vice-président de la CSN, a souligné « l’urgente nécessité de réinvestir de façon majeure dans les CLSC de manière à pouvoir travailler en amont sur le plan de la prévention de la maltraitance envers les jeunes ».

Pour assurer l’accès et la continuité des services à la jeunesse, le financement adéquat et stable des missions sociales du réseau de la santé et des services sociaux ainsi que des partenaires du réseau, comme les organismes communautaires, est essentiel.

Conditions de pratique
Plus de la moitié des intervenantes relatent avoir une trop grande charge de travail et ne pas arriver à suffire à la tâche pendant les heures normales de travail. En plus d’être trop grande, cette charge est complexe et émotionnellement difficile. Dans une très forte majorité, les intervenantes ont pointé manque de personnel comme étant le facteur principal de la surcharge. Les problèmes d’attraction et de rétention de personnel ainsi que les conditions d’exercice ne favorisant pas la conciliation famille-travail-études n’aident certainement pas à régler la situation. « La protocolisation des soins et le peu de consultations de la part des gestionnaires ou supérieurs immédiatsur les pratiques cliniques contribuent assurément à la démotivation de ces professionnelles », a rapporté devant la Commission Jessica Goldshleger, responsable du secteur santé et services sociaux de la Fédération des professionnèles–CSN. Pour la CSN, l’organisation du travail doit être revue afin de favoriser un réel travail interdisciplinaire et un véritable respect du jugement clinique des intervenantes.

Finalement, les personnes sondées ont constaté une complexification des cas et une augmentation des comorbidités chez les jeunes. S’ajoute à cela une augmentation importante des problèmes de santé mentale, tant chez les parents que chez les enfants. Pour la CSN, cela démontre l’importance de la prévention qui doit être faite auprès des parents.

Concertation des réseaux
Une meilleure collaboration entre les réseaux s’est aussi avérée un enjeu non négligeable. La CSN précise que selon ses membres, il est nécessaire d’instaurer de nouveaux mécanismes de concertation entre les réseaux. Or, les principaux obstacles à la concertation des réseaux sont le manque de communication, de collaboration et de coordination ainsi que la méconnaissance du rôle de chacun. La mise sur pied d’une coordination, de lieux d’échange et de discussions pourrait à cet égard s’avérer utile.

Les réalités spécifiques aux communautés autochtones
La CSN compte parmi ses membres des intervenantes et des intervenants qui travaillent auprès des jeunes et des familles au Nunavik, dans le Nord-du-Québec et sur les Terres-Cries-de-la-Baie-James. L’enquête menée par la CSN a permis de mettre en lumière des éléments qui nuisent à l’accès et à la qualité des services offerts à la jeunesse. Le haut taux de roulement du personnel, la surcharge de travail, la méconnaissance des cultures et des traditions autochtones et le manque de ressources spécialisées ont été cités comme nuisant à la qualité des services. En ce sens, Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN, a fait ressortir devant la Commission que « la mise en place d’un processus de reconnaissance des compétences des personnes autochtones, l’accès à de la formation professionnelle et du soutien clinique pour ces dernières, ainsi que des activités d’échanges interculturels pour les non-autochtones nouvellement embauchés constituent des pistes de solutions intéressantes ».

Services de garde en milieu familial : une réouverture dès le 11 mai serait irresponsable

Les responsables de service de garde (RSG) en milieu familial de la CSN demandent au ministère de la Famille de reporter l’ouverture de tous les milieux familiaux au 19 mai afin de s’assurer que tout l’équipement de protection soit livré à temps et qu’il puisse apporter des réponses aux nombreuses inquiétudes exprimées par le réseau.

La santé et sécurité d’abord

Les RSG–CSN estiment que les conditions ne sont pas réunies pour assurer une réouverture sécuritaire des milieux familiaux. Au premier rang des préoccupations, la disponibilité du matériel de protection. « En tant que responsables de service de garde, nous avons la responsabilité d’assurer la sécurité de nos milieux, pour nous-mêmes, nos propres familles et aussi pour les familles qui nous confient leurs enfants. Les parents doivent pouvoir être rassurés sur cet aspect-là, mais à l’heure actuelle, c’est plutôt difficile, car il y a trop d’incertitudes et de questions sans réponse. On va être au front, les parents vont être au front, mais pour cela, nous aurons besoin que certaines conditions soient réunies. C’est pourquoi nous demandons de prolonger les services de garde d’urgence et de procéder à la réouverture de tous les milieux le 19 mai. Nous devons être certaines que le matériel de protection sera disponible partout au Québec et que les RSG auront eu des réponses à leurs questions », estime Karine Morisseau, porte-parole des RSG affiliées à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

Insécurité financière

Ce délai supplémentaire permettrait aussi au ministère de préciser un bon nombre de questions qui plongent l’ensemble du réseau dans la confusion. Par exemple, alors que les RSG devront respecter un ratio maximal de 50 % de fréquentation de leur service, leur rémunération sera-t-elle amputée en conséquence ? Si une RSG contracte la COVID-19 dans l’exercice de ses fonctions, sa subvention sera-t-elle maintenue ? Dans un milieu qui connaît un exode et des fermetures massives, l’insécurité financière vient de s’accroître avec ces questions qui demeurent sans réponses de la part du ministère de la Famille.

« Le réseau est déjà marqué par une pénurie de places et l’incertitude qui plane ne fait rien pour freiner cette tendance. À l’heure actuelle, on demande à une responsable de service de garde d’ouvrir sa maison, d’exposer sa famille, de se mettre à risque, et cela sans avoir la certitude qu’elle aura du matériel de protection à temps et sans savoir si son revenu sera maintenu. Nous sommes d’accord avec le gouvernement lorsqu’il affirme qu’il n’existe pas de guide de réouverture en temps de pandémie, et c’est précisément pour ça qu’on l’invite à revoir ses échéanciers. On doit faire les choses correctement et faire preuve de cohésion avec tous les partenaires, ce qui n’est pas le cas sur le terrain actuellement », ajoute Lucie Longchamps, vice-présidente responsable du secteur privé de la FSSS–CSN.

Une prime Covid-19

« La réouverture en temps de Covid-19 va avoir des impacts énormes sur les exigences en matière d’aménagement, d’organisation des lieux, de désinfection, bref, cela va ajouter une surcharge de travail considérable. Sachant cela, nous avons déposé une demande de prime Covid-19 pour laquelle nous attendons toujours une réponse. Il faut que le ministère de la Famille démontre qu’il soutient les RSG et qu’il comprend l’ampleur de ce qui leur est demandé », conclut Karine Morisseau.

Le syndicat de Bridgestone–CSN verse un don de 23 000 $ à l’hôpital de joliette

Les 1200 travailleuses et travailleurs syndiqués de l’usine Bridgestone de Joliette s’impliquent dans la communauté lanaudoise. En début d’année, le comité exécutif syndical, à la suite d’un mandat unanime de son assemblée générale du 20 août 2019, a fait un don de 23 000 $ au centre hospitalier de Joliette (pris à même la caisse syndicale) pour améliorer le confort et l’environnement des patients admis aux soins palliatifs et de leurs proches. Ce don a notamment permis l’acquisition de fauteuils ergonomiques dernier cri directement importés d’Europe qui permettent l’adoption de 27 positions différentes. Chacune des neuf chambres du service sera maintenant équipée de ces fauteuils. Le don du syndicat a également permis de renouveler l’ameublement et l’aménagement de la salle familiale du service. On y trouve maintenant des meubles neufs et modernes ainsi qu’un coin aménagé spécialement pour les enfants.

« Chez nous, c’est dans la culture syndicale de donner chaque année à plusieurs organismes caritatifs. L’an dernier, nous avons pris la décision de consolider la multitude de petits et de moyens dons en des dons moins nombreux, mais beaucoup plus importants. Notre désir est d’avoir un impact réel, direct et immédiat sur la communauté. Ce premier don d’envergure à l’hôpital de Joliette nous rend extrêmement fiers. Nous étions consternés devant l’état des lieux lors de notre visite initiale l’automne dernier. La désuétude de l’ameublement et de l’espace familial nécessitait un investissement important. Les moments de fin de vie d’un être cher méritent d’être partagés avec les proches de celui-ci dans un environnement agréable. L’être cher, quant à lui, mérite des équipements adéquats. Les témoignages reçus jusqu’à maintenant confirment que nous avons atteint notre objectif », souligne Nicolas Duval, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Bridgestone–CSN.

Un syndicat actif dans sa communauté
Le syndicat de Bridgestone, fondé en 1976, souhaite continuer à agir comme un acteur important de changement dans la communauté. « Au-delà de notre mission première de défendre les intérêts de nos membres, nous nous estimons extrêmement privilégiés que ceux-ci choisissent de s’impliquer financièrement dans la communauté et qu’ils permettent ainsi de défendre, d’une certaine façon, les intérêts de nos concitoyens », ajoute monsieur Duval.

Au cours des 10 dernières années, les syndiqué-es ont versé une somme cumulative de 93 300 $ en don au Camp Vol d’été de Leucan–CSN. Cette année, le syndicat s’était engagé à verser un don de 12 500 $. « Nous avons pris la décision de verser annuellement un montant équivalent à 10 $ par membre au Camp Vol d’été de Leucan–CSN. Nous souhaitons que notre implication incite d’autres syndicats à faire de même. Des démarches sont en cours pour que nous devenions un partenaire syndical officiel du Camp Vol d’été de Leucan–CSN. Malheureusement, la pandémie a entraîné l’annulation du camp cette année, mais nous comptons toujours être au rendez-vous l’an prochain. Cette cause auprès des enfants nous tient extrêmement à cœur », souligne Martin Forest, trésorier du syndicat.

À Noël passé, le syndicat a également donné temps et argent pour acheter et emballer des cadeaux destinés à une quinzaine d’enfants de la DPJ à Joliette. De récents dons du syndicat ont également permis de soutenir la réparation des équipements du club de Kin-Ball Lanaudière et de soutenir financièrement les organismes Prévention Suicide Lanaudière, La Soupière et La Maison d’accueil La Traverse.

Pandémie et mises à pied
Les conséquences économiques de la pandémie n’épargnent personne. « Un arrêt de production complet de l’usine est une première pour nous. Les choses se sont déroulées tellement rapidement. On ne l’a pas vu venir celle-là ! », indique Monsieur Duval. Du jour au lendemain, les 1200 employé-es syndiqués d’un des plus gros employeurs du secteur privé de la région se sont retrouvés momentanément sans emploi. « Nous avons réagi rapidement et nos démarches ont permis à nos membres de bénéficier du programme de prestations supplémentaires de l’assurance-emploi », précise Monsieur Duval. Pour l’instant, la reprise des opérations n’est pas prévue avant le 18 mai. Le syndicat et l’entreprise sont actuellement à pied d’œuvre afin de mettre en place toutes les mesures sanitaires appropriées pour assurer la santé et la sécurité des travailleuses et travailleurs lors de la reprise.

Le personnel des institutions religieuses doit être reconnu

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), qui représente des centaines de travailleuses et travailleurs qui donnent des services aux communautés religieuses, demande que leurs efforts soient reconnus.

Les oubliées de la COVID-19
Ces travailleuses qui donnent des soins et services dans les institutions religieuses se sont vu refuser l’accès aux primes accordées par le gouvernement pour la période de la pandémie. Elles offrent pourtant des services essentiels à des religieuses dont la plupart sont très âgées et donc très à risque face au coronavirus. Ce secteur, comme l’ensemble des établissements de santé, était frappé par la pénurie de personnel bien avant le début de la pandémie. 

« Comme on les a oubliés et qu’elles n’ont pas accès à aucune prime du gouvernement, on remarque encore plus de problèmes de manque de personnel dans certaines institutions religieuses. Il faut tout faire pour éviter des éclosions dans ces milieux », explique Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN.

Une prime pour les travailleuses et travailleurs des institutions religieuses
Les travailleuses et travailleurs des institutions religieuses sont au front depuis le début de la crise. Il y a des éclosions à certains endroits et des efforts supplémentaires doivent être faits pour freiner la pandémie. La FSSSCSN demande au gouvernement d’accorder une prime à ce personnel, tout en s’assurant qu’elles et ils aient accès aux équipements de protection individuelle en nombre suffisant. 

« Ce sont tous les anges gardiens qui doivent être reconnus ! Les travailleuses et travailleurs des institutions religieuses font tout ce qu’elles peuvent dans cette période difficile. Elles ont besoin d’une prime et que les moyens soient pris pour assurer leur protection », de conclure Lucie Longchamps.

Des actions requises pour soutenir celles qui seront au front de l’immunisation collective

Les travailleuses en CPE et les responsables en service de garde (RSG) en milieu familial régi et subventionné comprennent qu’il est nécessaire que le Québec soit déconfiné graduellement, mais elles ont besoin d’un appui clair et net du gouvernement pour que cette stratégie collective soit un succès.

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) demande donc un plan de déconfinement incluant une série de mesures pour s’assurer d’un bon déroulement de la période de réouverture graduelle des CPE et des RSG. Il faut notamment penser à une procédure claire pour assurer un dépistage autant des travailleuses et travailleurs que des enfants, afin d’exclure ceux qui ont des symptômes qu’on peut attribuer à la COVID-19.

« Les travailleuses et travailleurs doivent se sentir soutenus et ne pas devoir jouer à la police », insiste Louise Labrie, représentante des CPE à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

« La proximité nécessaire au travail avec de jeunes enfants met très à risque les RSG et leur famille. Ces travailleuses sont des adultes de tous âges, avec des situations personnelles et familiales très variées ainsi que des conditions médicales tout aussi variées. Le gouvernement doit être prudent et clair dans ses recommandations. Nous souhaitons des réponses à nos questions avant la réouverture », affirme Karine Morisseau, représentante des RSG à la FSSS-CSN.

Des règles claires
Il faudra aussi des règles claires pour protéger les travailleuses et travailleurs vulnérables du point de vue de la santé et s’assurer qu’ils et elles sont indemnisés lorsque c’est nécessaire. Le maintien de petits ratios éducatrice/enfants dans les CPE et une augmentation très graduelle est nécessaire car la pénurie de personnel qui prévalait avant la crise est toujours présente, sinon pire. Le remplacement du personnel malade deviendra un très grand enjeu pour continuer à assurer les services. Les CPE devront trouver du personnel pour faire la désinfection car les éducatrices ne pourront pas s’occuper des enfants à temps plein et avoir en plus la responsabilité de désinfecter les locaux et les jouets. Elles peuvent le faire actuellement parce qu’il y a peu d’enfants. Les situations où le port de masque et de gants est requis devront être définies et le matériel devra être disponible et fourni par les employeurs. La COVID-19 devrait également devenir une maladie à déclaration obligatoire afin de mieux protéger les personnes à risque.

Dans les services de garde en milieu familial, il faut des mesures d’ajustement pour assurer le succès du déconfinement graduel dans une résidence privée où les activités de garde sont intimement liées à la vie familiale de la RSG.

Avec une stratégie d’immunisation collective qui s’amorce, il y aura inévitablement des cas de COVID-19 parmi le personnel des CPE et les RSG. C’est le prix à payer afin de permettre aux autres travailleuses et travailleurs de reprendre progressivement leurs occupations. « Nous devons assouplir les règles pour ces travailleuses et ne pas exiger de preuve que la COVID-19 a été contractée au travail avant d’obtenir l’indemnisation de la CNESST », affirme Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS-CSN. Cette dernière précise que les travailleuses en attente du résultat d’un test devraient également pouvoir se retirer des CPE sans conséquences financières. « La grande majorité d’entre nous veut bien prendre un risque pour le bien collectif, mais avec l’appui du gouvernement », résume Lucie Longchamps.

Les responsables de service de garde en milieu familial (CSN) demandent la suspension des négociations

Les responsables de service de garde en milieu familial (RSG) affiliées à la CSN ont officiellement déposé, mercredi, une demande de suspension de la négociation auprès du ministère de la Famille. La conjoncture et les préoccupations en matière de sécurité, couplées au manque significatif d’avancement depuis les treize mois que dure la négociation, ont incité les RSG à déposer cette requête.

« Nous traversons une crise sans précédent et nos énergies doivent converger vers une reprise des activités qui respectent la santé et la sécurité de nos RSG. C’est actuellement notre priorité et nous invitons le gouvernement à en faire la sienne. Nos services de garde seront en première ligne pour permettre à des dizaines de milliers de parents de retourner au travail, alors nous proposons aux autorités de nous concentrer mutuellement là-dessus en instaurant des mesures de protection adéquates. Nous adoptons cette position pour rassurer tous les parents qui nous confient leurs enfants et pour assurer la sécurité de nos milieux pour les RSG. C’est une question de responsabilité et de cohérence », explique Karine Morisseau, porte-parole et représentante des RSG–CSN.

Des offres d’appauvrissement
Outre l’imminente question de santé et de sécurité, les RSG de la CSN déplorent le maintien d’offres salariales qui n’aideront en rien l’avenir et la santé du réseau de services de garde en milieu familial. Rappelons qu’avec ce réseau, près de 100 000 enfants sont accueillis dans des milieux familiaux régis et subventionnés qui les font grandir et qui permettent aux parents de concilier le travail et la famille.

« La nature de notre profession fait en sorte que nous travaillons toutes plus de 55 heures par semaine. Lorsqu’on tient compte de l’ensemble des dépenses nécessaires pour assurer le service de qualité que nous offrons, nous obtenons une rémunération sous le salaire minimum. Il n’est donc pas étonnant que, depuis le début de l’année, près de 600 milieux familiaux aient fermé. Avec ses offres, le gouvernement, notamment durant la pandémie, ne fera qu’accentuer la pénurie de places. On ne demande pas un privilège, on demande une pleine reconnaissance de notre travail. On ne pourra pas éternellement exiger de ces femmes qu’elles s’appauvrissent pour garder le réseau en place », commente Karine Morisseau.

Une suspension de la négociation bien encadrée
Les RSG–CSN proposent ainsi de suspendre les négociations pour une période maximale de 18 mois afin de permettre une reprise des activités progressive et d’assurer que cela se fasse en tout respect de la sécurité des enfants, des familles et des RSG.

« Nous proposons cette suspension, car nous estimons qu’il y a un effort collectif à faire. L’heure n’est pas à la négociation ni à la mobilisation, mais à la solidarité, et ce, afin de permettre un retour aux activités courantes dans les meilleures conditions pour tous. Les RSG devront composer avec une réalité très complexe et nous en appelons à la bienveillance du gouvernement pour qu’il accepte notre proposition. Cela permettrait à toutes nos RSG d’entamer cette nouvelle phase dans de meilleures dispositions, elles qui ont déjà beaucoup à faire pour préparer la suite des choses », ajoute Lucie Longchamps, vice-présidente responsable du secteur privé de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSS–CSN).

Les RSG–CSN sont donc prêtes à soumettre à leurs membres l’offre du ministère de la Famille, soit une augmentation de 1,5 % rétroactive au mois d’avril 2019. « La conjoncture bouscule énormément de choses et invite à la prudence. Nous avions entamé cette ronde de négociations en faisant valoir que notre travail était sous-rémunéré ; la fermeture des milieux familiaux le démontre assez bien et nous estimons que nos demandes légitimes méritent d’être entendues par notre gouvernement dans un contexte plus favorable. Pour l’instant, occupons-nous de nos enfants et assurons un service sécuritaire à nos familles », conclut Karine Morisseau.

Les RSG de la CSN ont également déposé une demande de prime applicable dès la réouverture progressive des services de garde et la relance de l’économie québécoise, et ce, afin de couvrir la surcharge de travail et de dépenses qui sera occasionnée par la fin du confinement.

Les anges gardiens oubliés d’Héma-Québec

Alors que des primes de 8 % ou de 4 % ont été accordées par le gouvernement à certains employé-es essentiels du secteur de la santé, plusieurs autres groupes ont été oubliés, dont le personnel d’Héma-Québec.

« Les travailleuses et les travailleurs d’Héma-Québec n’ont ménagé aucun effort pour répondre à l’appel du premier ministre Legault alors que les réserves de sang étaient très basses en début de crise. L’appel a été entendu. Les points de presse quotidiens du premier ministre continuent de faire appel aux dons de sang par un message au bas de l’écran. Il est temps de reconnaître que nous jouons un rôle essentiel et que la COVID-19 a forcé une réorganisation importante du travail tout en augmentant les risques pour le personnel », affirme Lucie Longchamps, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

Pour le moment, il n’y a pas eu de refus du gouvernement concernant la prime pour les travailleuses et les travailleurs d’Héma-Québec et celui-ci est toujours en réflexion à ce sujet. « Malgré nos demandes, la question est toujours en suspens. Nous réclamons donc au ministère de la Santé et des Services sociaux ainsi qu’au Conseil du trésor l’octroi d’un mandat clair afin que cesse cette injustice », demande Lucie Longchamps en constatant qu’aucune négociation n’a été possible sur les primes jusqu’à maintenant, alors que les médecins ont obtenu des forfaits négociés.

Réglons la discrimination salariale envers les préposé-es aux bénéficiaires

Lettre ouverte de Jacques Létourneau, président de la CSN

Les responsabilités qui incombent au titulaire du poste de premier ministre du Québec sont lourdes. Néanmoins, personne au Québec ne tient François Legault personnellement responsable de notre désengagement collectif des trente dernières années envers nos aîné-es.

Il est certes louable de sa part de vouloir assumer une partie du blâme au regard de la crise qui sévit actuellement dans les CHSLD. Mais lorsque cet acte de contrition ne sert de prétexte qu’à mieux renvoyer la balle aux organisations syndicales, on me permettra de réagir.

Ainsi, selon le premier ministre, la responsabilité des problèmes de recrutement des préposé-es aux bénéficiaires incomberait aux syndicats en raison de leurs refus de consentir à des augmentations salariales particulières pour ce titre d’emploi. Quand vous voulez tuer votre chien, vous dites qu’il a la rage.

J’aimerais rappeler au premier ministre que nous avons demandé, dès 2009, des mesures spécifiques pour répondre aux besoins de main-d’œuvre dans les CHSLD, et ce, même si les problèmes d’attraction et de rétention touchaient déjà l’ensemble de nos services publics. Une enveloppe budgétaire a finalement été consentie par le gouvernement lors des négociations de 2015 : une « prime CHSLD » d’environ 450 $ par année par employé-e. Une somme nettement insuffisante, j’en conviens avec M. Legault.

C’est aussi en 2015, lors de l’exercice obligatoire du maintien de l’équité salariale, que nous avons déposé une plainte, comme prévu à la Loi sur l’équité salariale, visant à corriger la discrimination salariale envers les préposé-es aux bénéficiaires. Cette plainte était similaire à celle qui avait été déposée en 2010 à l’endroit des auxiliaires de santé et de services sociaux, responsables des soins à domicile pour les aîné-es. Environ 80 % de ces salarié-es sont des femmes. L’évaluation des tâches et des fonctions de ces titres d’emploi ne correspond plus à la réalité. Ceux-ci doivent être repositionnés dans la structure salariale du secteur public et se voir attribuer les corrections salariales adéquates.

La question peut paraître complexe pour le commun des mortels, mais il s’agit pour nous de la façon appropriée pour rehausser spécifiquement le salaire des préposé-es aux bénéficiaires.

Or, depuis cinq ans, le gouvernement n’a rien fait pour donner suite à cette demande. Un gouvernement dirigé par M. Legault depuis bientôt deux ans.

Le premier ministre clame haut et fort que depuis son accession au pouvoir, il s’acharne à vouloir octroyer des augmentations particulières aux préposé-es. C’est ainsi que son gouvernement a proposé, au cours de l’actuelle négociation du secteur public, de créer un « forum de discussion » pour aborder la question. Loin de refuser l’objectif recherché, les organisations syndicales lui ont simplement répondu qu’on avait assez jasé de la question ; le moment était venu de trouver les solutions appropriées à l’endroit tout désigné : celui de la table de négociation.

M. Legault répète que les organisations syndicales sont allergiques aux augmentations différenciées. J’aimerais lui rappeler que nous avons convenu, lors de la dernière négociation, de revoir l’ensemble de la structure salariale du secteur public et d’ainsi remanier plus de 135 échelles salariales. Les augmentations différenciées entraînées par ces travaux de relativité salariale se comptent par centaines.

Nous avons également démontré, au cours des dernières années, notre préoccupation à l’endroit des problèmes d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre pour certains titres d’emploi. Nous avons ainsi négocié, à notre demande, des primes particulières pour les ouvriers spécialisés, pour le personnel intervenant auprès d’usagers qui présentent des troubles graves de comportement, pour les psychologues du réseau de la santé et des services sociaux, et bien d’autres. Les équipes de négociation du Conseil du trésor pourront le confirmer au premier ministre.

Depuis plus de dix ans, nous réclamons des mesures particulières pour augmenter le salaire des préposé-es aux bénéficiaires. Aucun gouvernement, y compris celui de M. Legault, n’a voulu répondre à nos demandes de façon adéquate.

Enfin, le premier ministre déclarait vendredi dernier que, si c’était à refaire, il imposerait des augmentations particulières pour les préposé-es aux bénéficiaires sans l’accord des organisations syndicales. Or, rien ne l’a empêché, par la voie d’un arrêté ministériel, de décréter des « primes COVID-19 » de 8 % à certains, de 4 % à d’autres et de 0 % à plusieurs. Il a fallu se battre pour que les paramédics obtiennent pareil traitement. Pourquoi le premier ministre n’en a-t-il pas profité pour augmenter plus significativement le salaire des préposé-es ? Pourquoi n’a-t-il pas donné le mandat à ses équipes de négociation de régler nos plaintes pour discrimination salariale à leur endroit ? Lui seul le sait.

Mais s’il y a une chose sur laquelle je suis entièrement d’accord avec le premier ministre, c’est la nécessité de revoir l’ensemble des conditions d’hébergement de nos aîné-es. Une fois la crise derrière nous, une commission publique, similaire à la commission portant sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, sera plus que nécessaire. M. Legault pourra compter sur notre pleine collaboration en ce sens.

Syndicat des paramédics et du préhospitalier de la Montérégie (FSSS–CSN)

Le Syndicat des paramédics et du préhospitalier de la Montérégie – CSN a été accrédité, le 2 avril 2020, pour représenter :

« Tous les techniciens ambulanciers et toutes les techniciennes ambulancières, salarié (ées) au sens du Code du travail. »

Ces salarié-es, ont majoritairement choisi de joindre les rangs de la CSN pour les services et pour la force du syndicat régional.

Le Syndicat des paramédics et du préhospitalier de la Montérégie – CSN est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux, au Conseil central de la Montérégie et bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux.