CHSLD : le rapport de la coroner cible plusieurs recommandations proposées par la CSN

La Confédération des syndicats nationaux demande au gouvernement de donner suite à plusieurs des recommandations soumises par la coroner Géhame Kamel. Convertir les CHSLD privés, reconnaître le principe de précaution, augmenter le soutien à domicile et implanter des ratios font partie des priorités qui devraient être mises en branle rapidement pour éviter de revivre un drame comme celui de la pandémie.

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) avait d’ailleurs témoigné, durant l’enquête publique, sur certains des décès survenus dans des CHSLD durant la pandémie de COVID-19. Elle a expliqué comment la pandémie est devenue une tempête parfaite dans les résidences pour les aîné-es. La FSSS–CSN a ainsi montré à quel point le réseau était affaibli à l’arrivée de la pandémie et à quel point le refus de bien protéger le personnel ainsi que les usagères et usagers a fait mal.

« Le gouvernement doit dès maintenant aller de l’avant avec les recommandations phares de la coroner. Il doit envoyer le signal selon lequel il va mieux protéger le personnel à l’avenir en reconnaissant le principe de précaution. Faire le virage vers le soutien à domicile est aussi une solution clé pour que ça aille mieux. Pour arriver à améliorer les choses, il va aussi falloir s’attaquer d’urgence aux conditions de travail du personnel du réseau », explique le président de la FSSS–CSN, Réjean Leclerc.

Rapport accablant de la vérificatrice générale pour le CISSS de la Gaspésie

Dans son dernier rapport déposé ce matin, la Vérificatrice générale affirme que des lacunes graves ont eu lieu au niveau de la gestion administrative du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie. Dû à la gravité des faits qui y sont présentés, la FSSS–CSN réclame la tenue d’une enquête ainsi qu’une plus grande imputabilité des dirigeants.

« Déjà en 2014, alors qu’elle était PDG du CSSS Rocher Percé, Chantal Duguay avait fait les manchettes pour népotisme après que plusieurs membres de sa famille y aient été embauchés. Ensuite, avec la fusion des établissements, c’est elle qui a été nommée par le MSSS pour devenir PDG du CISSS. Le MSSS lui a même demandé de prolonger son mandat en 2021. Pour moi, il faut se poser des questions sur l’imputabilité de cette décision. Avec les allégations des dernières années, quelqu’un au MSSS devait savoir », de souligner Kent Denis, vice-président régional FSSS–CSN.

La Vérificatrice générale souligne également le mauvais climat de travail et la démobilisation du personnel du CISSS. « Après des années d’impunité des cadres, on comprend que le personnel soit démobilisé, alors si on veut continuer d’offrir des services de qualité à la population de la région, il devient plus que jamais nécessaire de redonner un climat de travail respectueux et bienveillant aux travailleuses et aux travailleurs et de s’assurer de la transparence dans l’octroi des contrats et des processus d’embauche », d’ajouter Serge St-Pierre, président du CCGIM–CSN.

Selon Réjean Leclerc, président de la FSSS–CSN : « Si les conseils d’administration étaient élus et qu’ils avaient plus de pouvoir, ils pourraient mieux jouer leur rôle de chien de garde. C’est pour cela que la FSSS–CSN réclame une décentralisation et plus de pouvoirs aux conseils d’administration locaux. Le fait de nommer des gens sur les CA, ça fait qu’ils prennent les décisions pour plaire au pouvoir qui les a mis en place au lieu de servir les besoins de la population. »

Les syndicats de la santé et des services sociaux invitent le gouvernement au dialogue pour mieux planifier la période estivale

Alors que la situation dans le réseau de la santé et des services sociaux s’annonce aussi pénible cet été que l’an dernier, les organisations syndicales unissent leurs voix pour réclamer que le gouvernement convienne avec elles d’un plan pour passer au travers de la période estivale. La fin des primes temporaires au 14 mai et les retards importants dans les paiements dus minent le moral du personnel alors que l’été approche.

Les organisations syndicales craignent le recours abusif des gestionnaires au temps supplémentaire et au temps supplémentaire obligatoire pour maintenir les services. Dans l’espoir d’éviter les bris de services, les porte-parole des organisations syndicales réunis en point de presse demandent que le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, renonce aux mesures unilatérales une bonne fois pour toutes et passe de la parole aux actes.

« On se désole que le gouvernement ne se préoccupe pas davantage de la réalité sur le terrain et de l’état d’épuisement du personnel pour maintenir les services à la population. Quel est le plan du ministre Dubé pour les prochaines semaines et les prochains mois pour combler les milliers de quarts de travail qui seront à découvert? Nous voulons travailler ensemble, car nous n’avons pas le luxe de laisser les choses aller et espérer que tout se passe bien dans le réseau cet été. Ce serait se mettre la tête dans le sable », déclarent l’APTS, la FIQ, la FP-CSN, la FSQ-CSQ, la FSSS-CSN, le SCFP, le SPGQ et le SQEES-FTQ.

Fin de l’improvisation, plus de planification
La gestion autoritaire et unilatérale pendant la pandémie a fortement ébranlé la confiance du personnel du réseau envers le gouvernement. Le cafouillage entourant les retards de paiement a aussi eu pour effet de faire monter d’un cran le mécontentement parmi les membres.

« Mettre fin aux primes temporaires et perpétuer les retards de paiement n’aident en rien alors que la pandémie perdure et que l’été est toujours difficile en raison des vacances, qui sont nécessaires par ailleurs pour que nos membres puissent reprendre des forces. Il faut des mesures structurantes pour couvrir la période estivale. Le ministre de la Santé et des Services sociaux a une bonne pente à remonter pour regagner la confiance de nos membres. La première étape serait de ne pas se défiler de ses responsabilités. Il ne peut pas abandonner à son propre sort le personnel du réseau pour une autre période estivale ni lui faire porter toute la pression du maintien des services. Il est impératif de s’asseoir dès maintenant afin de planifier ensemble les prochaines semaines et de convenir de solutions », indiquent les porte-parole syndicaux.

Entente de principe pour les paramédics

La samedi 7 mai 2022, le comité de négociation des paramédics et les représentants patronaux ont conclu une entente de principe pour renouveler les conventions collectives échues depuis le 31 mars 2020. Le 13 mai, elle sera présentée au Conseil fédéral sectoriel du secteur préhospitalier, réunissant des représentants de tous les syndicats de paramédics FSSS–CSN.

Il reviendra  au conseil de décider de la recommandation aux assemblées générales qui se tiendront par la suite.

 

La FSSS veut une mise en œuvre claire de la Politique d’hébergement et de soins et services de longue durée

En réaction à la politique d’hébergement et de soins et services de longue durée de la ministre Blais, la FSSS salue le fait qu’elle s’inscrive sous le signe du bien-être global des aînés, mais demande que les modalités de mise en œuvre soient clarifiées et rappelle que les conditions de travail des employé-es doivent suivre. Nous déplorons également le fait que les résidences privées pour aînés soient exclues de cette nouvelle politique.

« Naturellement, toute forme d’amélioration des conditions de vie des aînés est la bienvenue, mais pour y arriver on doit améliorer les conditions de travail et les salaires dans les ressources intermédiaires, pour les préposé-es aux bénéficiaires, mais aussi pour les auxiliaires de santé et services sociaux afin de soutenir les soins à domicile, qui doivent demeurer la principale priorité », d’affirmer Réjean Leclerc, président de la FSSS. De plus, afin d’assurer une réponse aux besoins spécifiques des patients, la FSSS réclame l’établissement d’un ratio usager / préposé aux bénéficiaires ou ASSS, solution absente de la politique.

Au niveau des milieux de vie et de soin, la ministre Blais souhaite un apport plus important des ressources intermédiaires et ressources de type familial (RI-RTF) au réseau de la santé et des services sociaux. « Nous croyons que la contribution et que la collaboration des RI-RTF en lien avec les établissements du réseau sont essentiels. Cependant, pour y arriver il faudra assurément que les conditions offertes aux RI-RTF soient plus attractives, qu’on reconnaisse mieux leurs compétences et que les établissements travaillent en réel paritarisme avec celles-ci », de prévenir Lucie Longchamp, vice-présidente des secteurs privés de la FSSS.

De plus, nous nous expliquons mal que la politique soit muette au sujet des résidences pour personnes âgées, là où pourtant, on retrouve de plus en plus de personnes en perte d’autonomie nécessitant des soins. Actuellement, les exploitants en profitent pour vendre des soins à fort prix aux personnes âgées alors que ces soins devraient être gratuits, et dispensés par du personnel bien rémunéré et intégrés aux équipes publiques de soutien à domicile.

Au niveau du budget, la FSSS appuie la récente décision du gouvernement de conventionner les CHSLD non conventionnés, mais souhaite des réponses sur l’attribution des fonds qui seront alloués à ces transitions, à savoir si l’on parle des mêmes sommes que pour l’application de la politique. « Certes, un nouveau budget de 2,9 milliards de dollars a été alloué à l’application de la nouvelle politique, mais on aimerait savoir comment ces fonds seront distribués. Par exemple, dans le dernier plan santé du gouvernement, on souhaite décentraliser le réseau. Là, dans sa conférence de presse, la ministre Blais dit que ça passera par l’ajout de gestionnaires. Je veux bien, mais on doit surtout ramener les lieux de décision et les budgets dans les communautés pour vraiment répondre aux besoins des aînés », de terminer Réjean Leclerc.

À propos

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) compte plus de 120 000 membres dans les secteurs publics et privés, dont plus de 100 000 du réseau public de la santé et des services sociaux, partout au Québec, et ce, dans toutes les catégories de personnel. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS–CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

La résidence pour aînés Jardin Lebourgneuf dénoncée

Le syndicat des travailleuses et travailleurs en centre d’hébergement privé (STTCHP) affilié à la FSSSCSN tire la sonnette d’alarme quant à une situation des plus préoccupante à la résidence pour personnes âgées Jardin Lebourgneuf.  Depuis le 23 avril dernier, il y a un tel manque de personnel à la résidence que les soins que nos aîné-es reçoivent sont inadéquats et que leurs droits à recevoir des services sont bafoués.

Pour illustrer ce propos, Marlène Ross, présidente du STTCHP Québec décrit la situation : « Dans la nuit du 22 au 23 avril, il n’y avait que deux préposé-es aux bénéficiaires pour l’ensemble des 205 résident-es. D’autres jours, on a remarqué qu’il n’y avait ni PAB ni infirmière de nuit sur certains étages. Des résident-es ont même dû être transportés à l’hôpital, car ils n’avaient pas reçu leur médication de la journée. Et quand le personnel appelle sur la ligne d’urgence, ils n’ont souvent pas de réponse.  C’est complètement inacceptable! »

Travaillant dans un contexte où le seuil minimal de personnel requis n’est pas comblé, les employé-es de ce centre doivent donc effectuer leur quart de travail complètement surchargés, tentant tant bien que mal de combler les tâches du personnel manquant.

Pour Marjorie Guay, vice-présidente régionale de la FSSS, cette situation ne peut plus durer : « Il faut agir rapidement et donner des conditions décentes aux employé-es. Pour l’instant, les salaires ne sont pas au rendez-vous, ce qui fait que la pénurie de main d’œuvre et que le roulement de personnel ne va que continuer. Il est grand temps d’avoir une rémunération décente dans ce secteur pour attirer et maintenir le personnel en poste, ce qui permettrait d’assurer la sécurité des usagers. »

« Là, nos membres sont vraiment inquiètes et inquiets par rapport à la sécurité et la santé de leurs résidents et parfois même pour leur propre santé et sécurité. Il faut que le gouvernement ouvre les yeux et intervienne rapidement », de terminer Marlène Ross.

À propos

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN) compte plus de 120 000 membres dans les secteurs publics et privés, dont plus de 100 000 du réseau public de la santé et des services sociaux, partout au Québec, et ce, dans toutes les catégories de personnel. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSSCSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

Nous allons nous retrouver avec des bris de service, préviennent les paramédics

Plus d’une vingtaine de paramédics ont récemment quitté leur emploi chez Ambulances Demers ou sont en voie de le faire, dans les secteurs de Saint-Jean-sur-Richelieu, Farnham, Hemmingford et Napierville. De nombreux facteurs sont en cause, pour la plupart directement liés à la mauvaise gestion de l’entreprise.

Les paramédics tirent encore une fois la sonnette d’alarme : si rien ne change, l’entreprise Ambulances Demers ne sera bientôt plus en mesure d’assurer l’intégralité des services préhospitaliers d’urgence sur le territoire dans des délais appropriés.

« Ça fait des années qu’on tente par tous les moyens de convaincre Ambulances Demers qu’il faut assainir le climat de travail, qu’il faut mettre en place des solutions pour éviter que les paramédics quittent leur emploi, déplore le président du syndicat, Gaétan Dutil. Malheureusement, force est de constater que l’employeur ne veut pas nous entendre. En choisissant de ne rien faire pour assainir ce climat pourri dans nos milieux de travail, l’entreprise se retrouve aujourd’hui avec d’importants problèmes de main-d’œuvre et, finalement, c’est notre capacité d’assurer les services à la population qui est remise en cause. Nous pensons que toute la population doit savoir que l’élastique est présentement étiré au maximum. Nous n’avons plus aucune marge de manœuvre pour faire face aux imprévus. »

Plusieurs facteurs ont mené à la situation actuelle. D’abord, les conditions de travail difficiles, incluant des surcharges de travail, la pression psychologique ou encore des heures supplémentaires obligatoires, jouent certainement un rôle dans la décision de nombreux paramédics de quitter l’entreprise , voire le secteur préhospitalier. Ajoutons à cela les problèmes liés à la pénurie de personnel et la fatigue post-pandémie.

Certaines de ces conditions difficiles sont inhérentes à la profession. Par exemple, il est normal que les paramédics soient forcés d’effectuer des heures supplémentaires lorsqu’ils transportent un patient au moment de la fin prévue de leur quart de travail. Ce qu’ils déplorent, c’est que le recours aux heures supplémentaires est devenu systématique, une pratique de gestion.

Par ailleurs, les relations de travail sont de plus en plus difficiles et conflictuelles. Depuis longtemps, les paramédics ressentent un manque de soutien de la part de la direction et ils travaillent constamment sous la crainte de mesures disciplinaires. Le syndicat se bute au manque de volonté de l’employeur pour trouver des solutions aux problèmes de santé et de sécurité du travail ou encore pour assurer la rétention du personnel.

En plus de tout cela, s’ajoutent les négociations pour le renouvellement des conventions collectives qui traînent en longueur. Les contrats de travail sont échus depuis plus de deux ans. Rappelons que les salaires sont financés en grande partie par le gouvernement. Or, contrairement à d’autres employeurs qui font preuve d’une certaine souplesse à l’égard des moyens de pression exercés par les paramédics pour obtenir un règlement satisfaisant avec le gouvernement, l’entreprise Ambulances Demers tente de miner la solidarité et le moral des paramédics pour amoindrir les effets des moyens de pression qu’ils exercent. Les jeunes paramédics ne voient plus de raison de venir travailler pour Ambulances Demers et trop d’employé-es d’expérience désabusés sont en réflexion ou ont décidé de quitter l’entreprise.

« Comme tous les paramédics nous dénonçons le manque de reconnaissance du gouvernement à notre égard. Ses représentants font la preuve chaque jour qu’ils ne connaissent pas notre travail, notre réalité, poursuit Gatéan Dutil. Mais c’est encore bien plus choquant de voir que notre propre employeur prend fait et cause pour le gouvernement dans ce conflit alors qu’on se bat pour avoir de meilleures conditions de travail, mais aussi de meilleurs outils pour servir la population. Dans ces circonstances, nos membres, les jeunes comme les plus anciens, sont de plus en plus nombreux à envisager un changement de carrière. Qui les blâmera, alors qu’ils auront de bien meilleurs salaires et de meilleures conditions dans d’autres emplois de l’urgence qu’ils côtoient au quotidien ? Ambulances Demers doit vraiment se poser de sérieuses questions sur les agissements de ses gestionnaires. »

Les paramédics de Charlevoix exigent des horaires à l’heure maintenant

Pour le Syndicat des paramédics de Charlevoix, il y a urgence d’agir pour mettre en place des horaires de travail à l’heure pour tous les paramédics de la région et en particulier pour le secteur de Baie-Saint-Paul, sous forte pression. Des paramédics de la région ont tenus une conférence de presse ce matin pour lancer un ultimatum afin qu’une date soit enfin confirmée pour l’abolition des horaires de faction des paramédics.

Rappelons que lorsqu’ils travaillent sur un horaire de faction, les paramédics sont sur appel 24 h sur 24 durant sept jours consécutifs, ce qui entraîne des délais supplémentaires aux interventions. Deux ambulances sur trois fonctionnent sur des horaires de faction dans le secteur de Baie-Saint-Paul et une sur quatre à La Malbaie. Les soirs, il n’y a qu’une seule équipe de paramédics sur un horaire à l’heure dans tout Charlevoix, plus précisément dans le secteur de La Malbaie.

« Par notre intervention, ce qu’on veut c’est protéger quelqu’un quelque part dans notre région qui vivra une situation critique et dangereuse et qui le paiera de se vie si aucune transformation d’horaires n’a lieu, explique le président du syndicat René Lavoie. Cette personne dont on ne pourra sauver la vie, elle est aussi la prunelle des yeux d’autres personnes. C’est l’essence même de notre profession de sauver des vies. C’est vraiment décourageant de constater que les personnes en autorité ne font pas ce qui doit être fait en ce domaine ».

En l’absence de changement, il y aura davantage de bris de service et encore plus de retards pour répondre aux appels moins prioritaires.

« Nous ne voulons plus entendre de la part d’Émilie Foster que le gouvernement y travaille, qu’elle fait des rapports, qu’elle veut que ça change, enchaîne la présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN), Barbara Poirier. Ça fait trois ans que ça dure… Nous considérons que ce dossier a été travaillé de façon exemplaire en concertation avec tous les intervenants, notamment les syndicats, les patrons, le CIUSSS et les municipalités… Les besoins sont réels et bien documentés. S’il manque quelque chose pour faire, enfin, débloquer ce dossier, Émilie Foster doit nous le dire sans tarder pour que nous puissions agir avant qu’il ne soit trop tard. Disons que ça lui ferait un bel héritage à léguer aux citoyennes et citoyens de la région ».

Charlevoix a changé

Au cours des 20 dernières années, la région de Charlevoix a radicalement changé, ce qui fait que les horaires de faction des paramédics ne sont clairement plus adaptés. Notons l’ouverture récente du Club Med, l’arrivée du Festif et du Rodéo de Charlevoix, l’ouverture des centres de ski et l’explosion des activités de plein air dans la région, ce qui amène beaucoup plus de personnes dans la région qu’il y a 20 ans. Le volume d’appels a augmenté de 30 % de 2017 à aujourd’hui. En outre, la réorganisation des services au sein du CIUSSS et des deux hôpitaux de la région a eu pour effet d’ajouter de la pression sur les paramédics qui doivent, par exemple, faire plus de transport vers la ville de Québec.

Toute cette pression supplémentaire qui s’ajoute sur le système, fini sur les épaules des paramédics eux-mêmes. Celles et ceux qui travaillent sur des horaires à l’heure et qui choisissent de rester dans la profession doivent effectuer de plus en plus d’heures supplémentaires, un phénomène nouveau pour la région.

« Ce n’est pas un caprice de réclamer la conversion de tous les horaires de faction en horaires à l’heure. C’est une nécessité pour toute la région de Charlevoix. Les Charlevoisiens et Charlevoisiennes ne sont pas des citoyens de seconde zone. De Petite-Rivière-Saint-François, à Baie-Sainte-Catherine, en passant par l’arrière-pays ou L’Île-aux-Coudres, nous sommes tous en droit d’attendre le même niveau de services et de la même qualité que ceux offerts dans les grands centres urbains. Nous appelons à la solidarité de toute la population de Charlevoix pour faire entendre nos voix auprès d’Émilie Foster : la conversion des horaires, c’est maintenant, pas dans trois ans », conclut René Lavoie.

Les répondantes et répondants médicaux d’urgence (RMU) en moyens de pression

Sans convention collective depuis le 31 mars 2020, les répondantes et répondants médicaux d’urgence (RMU) et employé-es de bureau des régions de Montréal–Laval, de la Capitale nationale et de l’Estrie, membres de la CSN, entameront des moyens de pression tels que décidés lors d’assemblées générales tenues lundi.

Les RMU jouent un rôle névralgique au sein des services préhospitaliers d’urgence bien qu’ils œuvrent constamment dans l’ombre. Ce sont ces personnes qui répondent aux appels d’urgence médicale. Elles répondent avec diligence aux appels, font preuve d’empathie et de réconfort. Ce sont elles qui initient les premiers secours dans des moments cruciaux, par exemple en donnant les instructions pour amorcer des manœuvres de réanimation en attendant l’arrivée de l’ambulance ou des premiers répondants, ce que l’on appelle les soins immédiats téléphoniques. Ce sont aussi les RMU qui dirigent les appels vers les équipes de paramédics sur le terrain, qui leur attribuent le bon niveau de priorité et assurent le suivi des appels jusqu’à ce que leur intervention soit complétée.

Les employé-es de bureaux assurent pour leur part tout le soutien administratif et sont également dans l’ombre. Ils voient, entre autres, au comblement des effectifs des paramédics, employés de soutien et RMU, ils œuvrent à l’informatique, à l’entretien général, aux comptes-clients et à la facturation,  ils s’occupent de la paie et des ressources humaines. Sans eux, la roue ne tourne pas.

Plusieurs rencontres de négociation ont eu lieu chez Urgences-santé de Montréal et de Laval, mais les offres patronales font l’impasse sur les enjeux que souhaitent aborder les RMU et les employé-es de bureau, notamment en ce qui a trait aux questions à incidence financière. Dans la Capitale nationale et en Estrie, où les services sont assurés par le secteur privé et financés par l’État, les négociateurs syndicaux ont procédé à une sixième relance la semaine dernière auprès de la Corporation des services ambulanciers du Québec (CSAQ) afin de commencer la négociation, mais rien ne bouge.

Pour le représentant du secteur préhospitalier à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Jean Gagnon, les RMU et les employé-es de bureau ont fait preuve de beaucoup de patience jusqu’à maintenant. « Le gouvernement ne prend pas les travailleuses et les travailleurs au sérieux. Eux aussi ont été fortement sollicités par la crise. Ils sont à bout de souffle. Il y a des problèmes de recrutement et de rétention de la main-d’œuvre importants chez les RMU et le personnel de bureau. Le gouvernement joue avec le feu en laissant traîner ces négociations en longueur ».

Moyens de pression
Au cours des prochaines semaines, les trois syndicats exerceront des moyens de pression. De nouvelles assemblées générales seront convoquées dans quelques semaines pour voter la grève, si nécessaire.

Toujours pas d’entente dans sept CPE de l’Estrie

La négociation concernant le renouvellement des conventions collectives des travailleuses et des travailleurs des CPE affiliés à la CSN en Estrie est loin d’être terminée, alors que sept établissements n’ont toujours pas d’entente. Des enjeux au niveau local, tels les ratios de vacances, demeurent au cœur du litige. Dans la plupart dans cas, ce sont les employeurs qui sont en demande afin de limiter la prise de vacances.

Pourtant, lors d’une assemblée générale du Syndicat des travailleuses et des travailleurs des CPE de l’Estrie – CSN (STTCPEE–CSN) qui a eu lieu ce samedi , les salarié·es de 28 CPE ont adopté à l’unanimité une entente de principe intervenue entre les représentantes et représentants du syndicat et ces employeurs au cours de la dernière semaine. Cette entente concerne des sujets qui n’étaient pas abordés lors de la négociation au niveau national. On se rappelle qu’une entente de principe touchant les enjeux salariaux avait été adoptée à 98 % avant la période des fêtes.

Le STTCPEE–CSN se désole de l’entêtement de certains employeurs à ne pas vouloir conclure la convention collective. « Nous sommes à la fois heureux pour celles et ceux qui ont pu se prononcer sur une entente de principe globale, fermant ainsi un long chapitre de la présente négociation, mais extrêmement déçus de l’attitude de certaines directions qui semblent vouloir profiter de l’épuisement des travailleuses et des travailleurs afin d’imposer leur volonté, se désole Mme Lise Deschênes, présidente du STTCPEE–CSN. Nous espérons pouvoir conclure rapidement ces conventions collectives, car il reste peu de sujets sur la table », conclut-elle.

Pour le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE–CSN), il est hors de question de laisser tomber. « Nous sommes extrêmement fâchés, martèle Denis Beaudin, président du CCSNE–CSN. Nous allons appuyer les travailleuses et les travailleurs jusqu’à ce que la dernière entente soit votée. Des moyens d’action sont d’ailleurs à prévoir au cours des prochains jours afin de faire avancer ces négociations et nous espérons également que les parents feront entendent raison à ces gestionnaires récalcitrants. »

Les établissements où la négociation n’est pas encore terminée sont les suivants :

  • CPE L’Enfantillage (Coaticook)
  • CPE Entre amis (Coaticook)
  • CPE Imagémo (Sherbrooke)
  • CPE Jeunestrie (Sherbrooke)
  • CPE Les amis du globe (Sherbrooke)
  • CPE La Pleine Lune (Magog et Eastman)
  • CPE Les Stroumps (Sherbrooke)

Des jours cruciaux de négociation pour les paramédics

Le 20 avril les représentants des paramédics rencontrent de nouveau les négociateurs du gouvernement pour trouver une entente afin de renouveler les conventions collectives échues depuis plus de deux ans. Il est prévu que les enjeux majeurs des négociations seront abordés. Les paramédics espèrent, qu’enfin, les représentants patronaux auront les mandats.

Pour rappeler que leurs revendications visent directement la pérennité et l’amélioration des services à la population, les paramédics de la Montérégie appuyés de leur collègues d’Urgence Santé ont tenu une activité de visibilité aujourd’hui aux abords du pont et sur le pont Champlain à Brossard

Rappelons que les paramédics réclament un rattrapage immédiat pour amener les salaires à un niveau équitable par rapport à ceux offerts dans les autres emplois des services d’urgence et les hôpitaux. Ils veulent des moyens pour assurer aux paramédics qu’ils pourront généralement terminer leur quart de travail à l’heure prévue ainsi que prendre leur pause-repas. Parmi leurs autres revendications, notons l’élimination des horaires dits de faction, des horaires de travail désuets en vertu desquels les paramédics sont sur appel 24 h sur 24 durant sept jours consécutifs, ce qui entraîne des délais supplémentaires aux intervention ainsi qu’une attention aux enjeux de santé psychologique.

À cause des mauvaises conditions de travail, de nombreux paramédics quittent la profession ou songent à le faire alors que trop peu de jeunes choisissent de joindre le secteur préhospitalier. Résultat : il manque de main-d’œuvre partout, les délais d’intervention explosent et on observe de plus en plus d’épisodes de découverture ambulancière.

« Nous sommes choqués par le manque de respect du gouvernement à notre égard, dénonce le président du syndicat représentant les paramédics de la région, Gaétan Dutil. Nous pensons que ça doit préoccuper l’ensemble de la population parce que l’inaction du gouvernement actuellement remet en cause l’intégrité des services que nous offrons à la population. Bref, ce n’est pas qu’une question d’argent, c’est aussi une question d’arriver à temps pour sauver une vie ou limiter des complications pouvant diminuer considérablement la qualité de vie ».

Première convention collective pour les membres du STT du Manoir St-Augustin–CSN

À la suite de l’entente de principe entérinée en mars dernier, le Syndicat des travailleuses et travailleurs du Manoir St-Augustin–CSN annonce la signature de sa première convention collective.

Parmi les principaux éléments de cette première convention collective d’une durée de trois ans, on note :

  • La mise à niveau des taux et échelles salariales ;
  • La majoration des primes de soir et de nuit ;
  • L’introduction de nouvelles primes de fin de semaine et de responsabilité ;
  • L’ajout d’un congé férié supplémentaire ;
  • La création d’un comité de relations de travail habilité à discuter, prévenir et régler tout problème ;
  • La mise en place d’une banque d’heures de libérations syndicales payées par l’employeur ;
  • La mise à la disposition d’un local pour le syndicat.

« Nous avions comme principaux objectifs la majoration des taux horaires, la création de postes et la stabilisation des horaires de travail. Nous considérons avoir fait des progrès significatifs sur chacun de ces éléments. Avec ce contrat de travail, nous venons d’écrire une page d’histoire importante au Manoir St-Augustin », affirme Patrick Dufresne, président du STT Manoir St-Augustin–CSN.

« La situation pandémique a apporté son lot de défis à cette négociation, mais le comité de négociation a travaillé d’arrache-pied pour arriver à ce résultat. C’est donc avec beaucoup de fierté que nous signons aujourd’hui notre première convention collective », ajoute Patrick Dufresne. Le président souhaite également remercier l’ensemble des membres, notamment les membres du comité de négociation pour leur solidarité et leur engagement.

De son côté, Kent Denis, vice-président régional de la FSSS–CSN, souligne l’importance de cette première convention. « Il s’agit d’une première pour un centre d’hébergement privé dans notre région. Nous souhaitons que cela puisse donner des idées à d’autres qui souhaitent améliorer leurs conditions de travail. »

« Le Conseil central Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine souligne la signature de cette première entente de travail pour le Syndicat des travailleuses et travailleurs du Manoir St-Augustin–CSN. En 2019, la majorité des travailleuses et travailleurs du Manoir St-Augustin ont pris la courageuse décision de s’unir pour améliorer collectivement leurs conditions de travail. Ils ont fait confiance à la CSN. Avec cette convention, ils peuvent dire : Mission accomplie ! », conclut Serge St-Pierre, président du CCGIM–CSN.

Les paramédics en ont marre d’être stationnés à l’urgence

La semaine dernière fut éprouvante pour les paramédics de Québec qui ont encore fait les frais à plusieurs reprises des délais de prise en charge dans les hôpitaux. Frédéric Maheux, président de l’Association des travailleurs du préhospitalier (CSN), dénonce la situation : « les paramédics en ont marre d’être stationnés à l’urgence. Pendant que l’on poireaute en attendant la prise en charge des patients, c’est la population qui écope et qui est privée d’un service auquel elle a droit. »

Le président du syndicat explique que la mauvaise gestion du réseau de la santé fait en sorte que les paramédics sont pris en otages dans les hôpitaux, car ils et elles sont obligés d’effectuer le travail des infirmières, préposé-es aux bénéficiaires et brancardiers. « Les paramédics sont forcés d’attendre et de surveiller les patients sur leur civière, ou même assis sur une chaise, tant que ceux-ci ne sont pas pris en charge par les hôpitaux », explique-t-il, « c’est très frustrant, nos membres doivent souvent attendre pendant que les travailleurs des hôpitaux prennent leurs pauses ou leurs repas. »

« Les paramédics sont vus par les hôpitaux comme des béquilles alors qu’ils nous délèguent de plus en plus de tâches qui n’appartiennent pas à notre profession », dit Frédéric Maheux, « pour eux, tant qu’ils nous retiennent à l’hôpital, on ne reviendra pas avec un autre patient donc c’est une pierre deux coups. » Le président déplore que ceux qui en font les frais soient les paramédics et la population de la région.

Selon le paramédic, cette pratique des hôpitaux de retarder la prise en charge des patients a de graves répercussions sur la couverture ambulancière et les équipes sur la route. « La semaine dernière, des équipes ont attendu près de 4 h pour être libérées et ainsi pouvoir retourner sur la route », révèle Frédéric Maheux. Selon lui, les paramédics ne peuvent donner le service auquel la population a droit, ce qui fait en sorte d’augmenter le risque de morbidité des patients. « Par exemple, il n’y avait aucune ambulance disponible à Québec mercredi soir dernier quand un appel pour un arrêt cardiorespiratoire est entré au 911 à 21 h 17 », explique-t-il, « malgré l’urgence, le répartiteur du 911 a dû attendre neuf minutes avant de pouvoir envoyer des paramédics à l’adresse du patient ». Pour Frédéric Maheux, c’est un délai inacceptable. « Quand ça arrive, c’est la population qui paye le gros prix, » dit-il.

De plus, selon le président de l’ATPH, cette attente prolonge énormément les quarts de travail des paramédics qui sont sur la route ainsi que leurs pauses-repas. « La semaine dernière on a une équipe qui a passé 12 h sans pause-repas et qui a terminé son quart de travail 1 h plus tard parce que l’hôpital tardait à prendre en charge un patient et libérer la civière », dénonce-t-il, « c’est 13 h de travail sans manger et sans être sur la route pour secourir des patients. »

Cela fait plus de 10 ans que l’ATPH-CSN décrie le problème, mais elle constate très peu de changements dans le réseau de la santé. « Ce qui se passe maintenant c’est que des paramédics surchargés et épuisés quittent la profession », conclut Frédéric Maheux, « pendant que l’on voit le préhospitalier sombrer, on nous demande de faire du babysitting dans les centres hospitaliers au lieu de répondre aux urgences partout au Québec. C’est déprimant, il faut que ça change. »

Adoption du projet de loi 1 : une occasion manquée de faire mieux pour les familles

Bien qu’elle salue l’effort mis pour améliorer la situation, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN) accueille avec déception l’adoption telle quelle du projet de loi 1. Dans un contexte de manque criant de places subventionnées et de travailleuses, la FSSSCSN pense que le ministre de la Famille aurait dû profiter du changement de loi pour doter le Québec d’un véritable réseau complet de services de garde éducatifs à contribution réduite.

Pour Lucie Longchamps, vice-présidente des secteurs privés à la FSSSCSN : « La conversion des garderies privées vers le réseau des CPE et des milieux familiaux régis n’est pas assez substantielle. On va rester avec un réseau à deux vitesses encore trop longtemps pour trop de parents et d’enfants. Pourquoi ne pas faire immédiatement ce qui devrait être fait pour un réseau de garde uniforme ? »

Pour la FSSSCSN, la question des personnes non reconnues en service de garde reste également un enjeu. Pour Chantal Racicot, représentante du secteur des Responsables des Services de garde en milieu familial de la FSSSCSN « Des changements législatifs et des projets de loi ça ne se change pas si souvent, ça aurait été le moment d’en faire plus pour le réseau des services de garde. Ce changement de loi était une occasion en or d’inclure plus rapidement au réseau et surtout de subventionner les responsables de services de garde non reconnues, quatre ans ce sera beaucoup trop long pour des milliers de parents et surtout d’enfants qui sont dans ces services sans réelle surveillance. »

Rappelons également que la notion du ratio-bâtisse dans les CPE n’a pas été retirée de ce projet de loi. C’est un grand enjeu pour la FSSSCSN à cause de la surréservation qu’elle engendre. Pour Stéphanie Vachon, représentante des CPE, la position du ministre sur la question du ratio-bâtisse est décourageante. « Le ministre vise la flexibilité, mais au quotidien dans les CPE, les éducatrices vivent avec de l’overbooking. Le ratio enfant-éducatrice déborde presque toute la journée, tous les jours! On ne peut pas continuer comme ça! »

« Le manque criant de places en service de garde, surtout dans les services de qualité à contribution réduite comme les CPE ou en milieu familial subventionné, enferme des milliers de femmes devant le non-choix de devoir rester à la maison. Nous nous attendons encore à ce que le ministre en fasse davantage! », de conclure Lucie Longchamps.

 

Le gouvernement veut continuer de décréter les conditions de travail

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) était entendue aujourd’hui en commission parlementaire sur le projet de loi 28. Si ce projet de loi a pour objectif affiché de mettre fin à l’état d’urgence, dans les faits, le gouvernement entend continuer d’imposer les conditions de travail des salarié-es du réseau de la santé et des services sociaux, sans aucune négociation avec leurs représentants syndicaux. La CSN réclame que les syndicats soient partie prenante dans l’élaboration du processus transitoire.

La présidente de la CSN, Caroline Senneville était accompagnée du président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Réjean Leclerc, ainsi que du président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Danny Roy, représentant plus de 120 000 travailleuses et travailleurs du réseau de toutes les catégories de personnel.

« Ce n’est pas vrai que le gouvernement a besoin de tels pouvoirs exceptionnels pour agir contre les manques de personnel, rappelle Caroline Senneville. C’est bien plus en écoutant les travailleuses et les travailleurs qu’on va corriger les problèmes. Parce que dans les milieux de travail, les membres ont plein de solutions à proposer. Il faut mettre un terme à cette approche autoritaire. ! »

« Il faut mettre fin dès maintenant à la gestion du personnel par arrêtés ministériels. Des lieux d’échanges sont déjà en place et nous ne sommes pas obligés d’attendre la prochaine négociation pour les utiliser. Avec l’état actuel du réseau, il y a urgence de le faire ! », renchérit-elle.

Iniquités et discrimination
La gestion des relations de travail par décrets à laquelle le gouvernement a eu recours tout au long de la crise sanitaire a laissé des stigmates importants. Plusieurs travailleuses et travailleurs ont été exclus de différentes mesures, par ailleurs souvent mal adaptées aux réalités vécues sur le terrain. Elles ont été source d’injustices et de discrimination.

« Ça n’a aucun bon sens que ce décret d’urgence ait déjà été reconduit plus de 100 fois sans même passer entre les mains de l’Assemblée nationale, poursuit Caroline Senneville. Rien ne justifie que le gouvernement contourne ainsi son obligation, comme employeur, de négocier les conditions de travail avec les syndicats et il n’y a aucune raison de persister dans cette voie jusqu’en décembre 2022. »

Rappelons que les conventions collectives prévoient déjà des mesures de force majeure qui, justement, visent à assurer un équilibre entre la nécessité de répondre aux situations d’urgence et le respect des droits des salarié-es.

Le conflit dans les CPE ? À Montréal et Laval, une association patronale refuse de régler !

Alors que toutes et tous pensaient le conflit des Centres de la petite enfance (CPE) bel et bien terminé depuis décembre 2021, un regroupement patronal de 115 CPE au Québec, qui compte 83 installations à Montréal et Laval, reste imperturbable et refuse la proposition de règlement du syndicat qui est plus que raisonnable. En effet, l’Association patronale nationale des CPE (APNCPE) exige du syndicat des reculs importants concernant la définition même de l’équipe de travail et du rôle de celle-ci et de la semaine normale de travail. Ces reculs touchent aussi les horaires de travail, les choix de groupe et les pauses ainsi que l’abolition des comités de sélection et de permanence. L’APNCPE rejette aussi une partie de l’accord national et ses lettres d’entente qui concernent les enfants à besoins particuliers, la charge de travail et l’évaluation des tâches des responsables en alimentation. Malgré la volonté du syndicat d’avoir une paix industrielle, de nouvelles perturbations sont à prévoir.

Le syndicat avait fait une offre difficile à refuser
Le 17 mars dernier, le STCPEML déposait pourtant à l’association patronale une proposition généreuse, finale et globale, pour faire entériner l’entente : laisser tomber toutes ses demandes touchant les clauses régionales, si elle acceptait les termes de l’entente nationale déjà conclue en décembre 2021.

Selon Anne-Joelle Galipeau, présidente par intérim du syndicat : « On préfèrerait reporter le règlement de ces clauses à une prochaine négociation justement pour prévenir une nouvelle vague de moyens de pression. Nous sommes la seule région au Québec où une association patronale nous demande de faire des reculs majeurs afin d’obtenir l’entente nationale résultant d’une lutte à l’automne dernier. Mais plutôt qu’accepter de maintenir les CPE dans des conditions statu quo qui sont acceptables pour une majorité d’employeurs, les CPE membres de l’APNCPE provoquent et choisissent le conflit. »

L’histoire se fait attendre
Rien n’est simple dans les CPE. Certaines directions de CPE font appel à des associations patronales pour gérer certains aspects de la convention collective. L’APNCPE avait refusé de s’asseoir à la table de négociation nationale à l’automne dernier. Elle répétait ce qu’elle avait aussi fait en 2017 alors qu’elle quittait la table nationale. « Les clauses salariales sont habituellement toutes déjà réglées au niveau national. La ministre Lebel avait qualifié l’entente nationale d’historique en décembre 2021. Il ne reste que certaines clauses régionales. L’APNCPE se montre capricieuse. Il semble bien que l’histoire se fasse attendre à Montréal et Laval » affirme Anne-Joelle Galipeau.

Nouveaux moyens de pression
La conciliation avec l’association patronale était commencée depuis septembre dernier et elle a été suspendue le 25 février. Les parties se rencontraient de nouveau le 17 mars. Le syndicat restait dans l’attente jusqu’à hier, de la réponse à sa proposition. Le syndicat se tourne maintenant vers ses membres. De nouveaux moyens de pression sont à prévoir.

Consultez la carte des CPE touchés à l’adresse suivante https://bit.ly/35tZzK2

Les installations impactées par le refus de l’APNCPE sont :

  1. ARCHE DE NOÉ, 330, rue Jacques, Laval, QC H7P 5Y8
  2. BÉCASSEAUX, 7665, rue Claire-Fauteux, Montréal, QC H1K 5B6
  3. BÉCASSINE, 201, avenue Mercier, Montréal, QC H1L 5G5
  4. BILLE DE VERRE, 7470, rue Jarry Est, Anjou, QC H1J 1H3
  5. BOBINO-BOBINETTE, 12505, 28e Avenue, Montréal, QC H1E 3V3
  6. BOTTINE FILANTE 1 ET 2, 6970, avenue Christophe-Colomb, Montréal, QC H2S 2H5
  7. BOTTINE FILANTE 3, 6241, rue Louis-Hémon, Montréal, QC H2G 2K8
  8. BOUTON ÉCLAIR, 7000, rue Jarry Est, Montréal, QC H1J 0B1
  9. CÂLINS, 6115, boulevard Lévesque Est, Laval, QC H7C 1N9
  10. CARTIERVILLE, 11760, avenue Robert-Giffard, Montréal, QC H4J 2C6
  11. CHÂTEAU DES NEIGES 1, 4565, chemin Queen-Mary, Montréal, QC H3W 1W5
  12. CHÂTEAU DES NEIGES 2, 5514, chemin Queen-Mary, Montréal, QC H3X 3V3
  13. CHATOUILLE, 2335, avenue Laurier Est, Montréal, QC H2J 1C5
  14. CHEZ-NOUS CHEZ-VOUS 1, 8605, rue Berri, Montréal, QC H2P 2G5
  15. CHEZ-NOUS CHEZ-VOUS 2, 185, rue de Castelnau Est, Montréal, QC H2R 1P3
  16. COPAINS D’ABORD DE MTL, 5355, avenue West Hill, Montréal, QC H4V 2W8
  17. DE LA CÔTE, 6700, chemin de la Côte-des-Neiges, Montréal, QC H3S 2A8
  18. DOLMEN 1, 585, rue de Saint-Just, Montréal, QC H1L 6B1
  19. DOLMEN 2, 600, rue Georges-Bizet, Montréal, QC H1L 5S9
  20. DOLMEN 3, 610, rue Georges-Bizet, Montréal, QC H1L 5S9
  21. DOMAINE ST-SULPICE, 1300, rue Antoine-Déat, Montréal, QC H2M 2R1
  22. DULUTH, 3820, rue Saint-Dominique, Montréal, QC H2W 2A3
  23. ENFANTS DE TOUS PAYS, 11905, rue Grenet, Montréal, QC H4J 2J2
  24. ÉTOILES DU FAUBOURG 1 ET 2, 5115, rue de Contrecœur, Montréal, QC H1K 0L2
  25. ÉVANGÉLINE, 3650, avenue Calixa-Lavallée, Montréal, QC H2L 1M3
  26. FUNVILLE, 7000, boulevard Champlain, Verdun, QC H4H 1A8
  27. GALOP 1, 4120, 43e Rue, Montréal, QC H1Z 1R2
  28. GALOP 2, 4300, rue Jean-Rivard, Montréal, QC H1Z 2A8
  29. GARDELUNES, 6789 rue Saint-André, Montréal, QC H2S 2L1
  30. GARDIENS DES RÊVES, 3757, avenue Van Horne, Montréal, QC H3S 1R9
  31. GÉNIES EN HERBES, 1, Place Laval, Bureau 156, Laval, QC H7N 1A1
  32. GRAFFITI 1, 1150, rue Everett, Montréal, QC H2R 1N4
  33. GRAFFITI 2, 300, rue de Castelnau Est, Montréal, QC H2R 1P7
  34. IDÉE FIXE, 1825, rue de Champlain, Montréal, QC H2L 2S9
  35. ÎLE DES SŒURS 1, 532, rue de Gaspé, Verdun, QC H3E 1E7
  36. ÎLE DES SŒURS 2, 550, chemin du Golf, Verdun, QC H3E 1A8
  37. JARDIN CHARMANT, 2545, avenue Bennett, Montréal, QC H1V 3N3
  38. JARDINS DE FRUITS, 5075, rue Jean-Talon Ouest, Montréal, QC H4P 1W7
  39. JARDINS DE FRUITS (BC), 5101, rue Buchan, bureau 240, Montréal, QC H4P 1S4
  40. JARDIN DE LA RELÈVE, 1611, boulevard Crémazie Est, Montréal, QC H2M 2R9
  41. JOYEUX CARROUSEL, 6715, rue Beaulieu, Montréal, QC H4E 3G2
  42. PARMINOU, 25, rue Troy, Verdun, QC H4G 3C6
  43. LIEU DES PETITS 1, 9081, boulevard Saint-Michel, Montréal, QC H1Z 3G6
  44. LIEU DES PETITS 2, 5851, chemin Upper Lachine, Montréal, QC H4A 2B7
  45. LUMINOU, 16115, boulevard Gouin Ouest, Sainte-Geneviève, QC H9H 1C7
  46. MADEMOISELLE PLUCHE, 15140, rue Sherbrooke Est, Montréal, QC H1A 3X1
  47. MARIE-AUXILIATRICE 1, 8550, avenue Joliot Curie, Montréal, QC H1E 4C3
  48. MARIE-AUXILIATRICE 2, 8906, boulevard Maurice-Duplessis, Montréal, QC H1E 6X5
  49. MARMAILLE 1, 4125, boulevard de la Concorde Est, Laval, QC H7E 5A5
  50. MARMAILLE 2, 4121, boulevard de la Concorde Est, Laval, QC H7E 5A5
  51. MARMAILLE 3, 1455, rue du Plateau-Ouimet, Laval, QC H7L 2X4
  52. MARMAILLE 4, 3900, boulevard de la Concorde Est, Laval, QC H7E 2E3
  53. MARMOUSETS 1, 85, rue Sauvé Ouest, Montréal, QC H3L 1Y2
  54. MARMOUSETS 2, 9904, boulevard Saint-Laurent, Montréal, QC H3L 2N7
  55. MINI-FÉE, 359, rue Monty, bureau 12, Laval, QC H7A 2B9
  56. P’TITES FRIMOUSSES DE LA MERCI, 575, boulevard Gouin Ouest, Montréal, QC H3L 1K6
  57. PETIT CHEVAL, 8000, 8e Avenue, Montréal, QC H1Z 2V9
  58. PETIT MONDE DU COLLÈGE AHUNTSIC, 8945, rue Saint-Hubert, Montréal, QC H2M 1Y7
  59. PETIT RÉSEAU, 50, rue Sainte-Catherine Ouest, Montréal, QC H2X 3V4
  60. PETIT SENTIER, 10775 Grande-Allée, Montréal, QC H3L 2M8
  61. PETIT TALON 1, 7120, rue de Lanaudière, Montréal, QC H2E 1X9
  62. PETIT TALON 2, 1300, rue Jean-Talon Est, Montréal, QC H2E 1S1
  63. PETIT TALON 3, 7809, rue Boyer, Montréal, QC H2R 2S3
  64. PETITE STATION, 25, rue Legendre Est, Montréal, QC H2M 1E8
  65. PETITS CARILLONS, 6565, rue Marquette, Montréal, QC H2G 2Y6
  66. PETITS PIERROTS, 33, avenue du Moulin, Lachine, QC H8R 1N6
  67. PICOTINE 1, 722, rue de l’Église, Verdun, QC H4G 2M8
  68. PICOTINE 2, 720, rue de l’Église, Verdun, QC H4G 2M8
  69. PISSENLIT, 554, rue Sauriol Est, Montréal, QC H3L 2C9
  70. POINTE SAINT-CHARLES 1, 255, avenue Ash, Montréal, QC H3K 2R1
  71. POINTE SAINT-CHARLES 2, 237, avenue Ash, Montréal, QC H3K 2R1
  72. ROSERAIES, 6500, boulevard des Galeries d’Anjou, Anjou, QC H1M 1W2
  73. SAINT-ÉDOUARD 1, 6844, rue Drolet, Montréal, QC H2S 2T2
  74. SAINT-ÉDOUARD 2, 237, avenue Ash, Montréal, QC H3K 2R1
  75. SAINTE-ROSE, 2230, rue Gilford, Montréal, QC H2H 1H6
  76. SAINT-LOUIS, 2230, rue Gilford, Montréal, QC H2H 1H6
  77. SAINT-MARC, 7395, rue Garnier, Montréal, QC H2E 2A1
  78. SOLEIL DU QUARTIER, 1130, boulevard Saint-Joseph Est, Montréal, QC H2J 1L4
  79. TECHNOFLOS, 531, rue Jean d’Estrées, Montréal, QC H3C 6T7
  80. TRAIN DE BOURGOGNE, 2515, rue Delisle, 2e étage, Montréal, QC H3J 1K8
  81. TRÉSORS DE DÉMOSTHÈNE 1, 1565, boulevard Saint-Martin Ouest, Laval, QC H7S 1N1
  82. TRÉSORS DE DÉMOSTHÈNES 2, 627, rue Principale, Laval, QC H7X 1C7
  83. VERMOUILLEUSE, 2611, avenue Valois, Montréal, QC H1W 3M7

Retard de paiement sur le maintien de l’équité salariale : qu’est-ce que le gouvernement attend?

Le gouvernement cumule des retards de paiement inexcusables liés à des ententes de maintien de l’équité salariale touchant des milliers de travailleuses et travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux. Pour la FSSS–CSN, le SQEES-FTQ, le SCFP, l’APTS et la FP–CSN, le ministre Dubé doit mettre fin à l’attente en annonçant la date des paiements. Le gouvernement doit faire le nécessaire pour que ces versements soient faits le plus rapidement possible.

Des milliers de femmes sont toujours en attente du paiement du maintien de l’équité salariale. Elles ont travaillé depuis 2010 ou 2016 à des salaires en deçà de ce qu’elles auraient dû gagner. Ce sont plusieurs milliers de dollars que chacune de ces travailleuses attend. Une poignée d’établissements annoncent des dates. Mais nous attendons toujours que le gouvernement annonce la date officielle de versement, alors que ces sommes sont dues depuis longtemps et que le gouvernement peine à retenir le personnel dans le réseau. Ces retards n’aident en rien.

« En pleine sixième vague de COVID-19, la patience des travailleuses et des travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux a atteint ses limites. On leur demande encore de fournir des efforts dans le cadre de la pandémie, mais on n’est pas en mesure de leur verser leur dû. C’est bien beau vouloir refonder le réseau de la santé et des services sociaux, mais le gouvernement doit d’abord respecter ses engagements. Il en va de la confiance du personnel, qui est l’épine dorsale de tout changement dans le réseau. Est-il nécessaire de rappeler que le personnel constitue l’un des quatre piliers du projet de refondation du ministre? Le négliger envoie un très mauvais signal », concluent les porte-paroles syndicaux de la FSSS–CSN, du SQEES-FTQ, du SCFP, de l’APTS et de la FP–CSN.

La CSQ, la CSN et la FTQ annoncent la formation d’un front commun

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) annoncent la constitution du Front commun en vue des négociations pour le renouvellement des conventions collectives des travailleuses et des travailleurs du secteur public. Les trois centrales soulignent également que cette annonce coïncide avec le 50e anniversaire de la formation du premier front commun de 1972.

« Il y a de quoi être fiers aujourd’hui! Unir nos voix et joindre nos forces en formant un front commun, une demande qui vient des membres. C’est ce qui est notamment ressorti des consultations menées : les membres ont exprimé leur volonté que l’on travaille en alliance pour envoyer un message clair au gouvernement devant l’ampleur de la tâche à venir », de déclarer Éric Gingras, président de la CSQ, François Enault, premier vice-président de la CSN et responsable de la négociation du secteur public et parapublic, et Daniel Boyer, président de la FTQ.

« Nous avons à peine terminé une négociation hier que déjà, demain, nous en entamerons une autre, mais le contexte est bien différent, cette fois!, poursuivent les leaders syndicaux. Pour nous, il est clair que les résultats de la dernière négociation, menée dans un contexte extraordinairement difficile, ne sont qu’un tremplin pour celle qui vient. Cette fois, il faut s’attaquer aux problèmes de fond, nos membres ont été très clairs là-dessus. On en parle beaucoup, et depuis longtemps; c’est le temps d’agir concrètement, et des solutions, nous en avons. Et à ce chapitre, nous rappelons au gouvernement que ça passe nécessairement par les négociations! »

Au nombre des différents défis à relever, notons l’amélioration des conditions de travail et de pratique, l’attraction et la rétention du personnel et l’amélioration des conditions salariales – pour tenir compte notamment de l’inflation qui frappe durement les travailleuses et les travailleurs –, qui feront évidemment partie des éléments soulevés par le Front commun. De façon plus précise, les revendications syndicales du Front commun seront constituées à partir des consultations menées auprès des membres, un processus qui s’enclenchera au cours des prochains mois.

Ces problèmes, déjà présents avant la pandémie, se sont exacerbés au cours des deux dernières années, tout particulièrement dans le contexte de la crise sanitaire qui a secoué davantage les réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux, de l’enseignement supérieur et des organismes gouvernementaux. Sans compter les enjeux liés à la pénurie de main-d’œuvre qui frappe de plein fouet les réseaux publics, notamment en raison des conditions de travail non concurrentielles et difficiles.

« C’est un message de solidarité et d’unité qui émane de ce front commun. Au cours des derniers mois, nos trois organisations ont parlé à plusieurs reprises de l’importance du dialogue social afin de trouver, ensemble, des solutions qui amélioreront les conditions de travail et d’exercice d’emplois de celles et de ceux qui œuvrent au quotidien dans les réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux et de l’enseignement supérieur. Nous sommes les porte-parole de celles et ceux qui offrent les services et les soins à la population et nous allons nous assurer qu’on les écoute et qu’on prend en considération leurs besoins. Bref, ces solutions sont urgentes pour donner de l’air à notre monde, qui en a besoin, et pour pérenniser nos réseaux à long terme. On a largement dépassé l’étape des mesures temporaires », lancent les chefs syndicaux, en conclusion.

Après avoir mené des consultations auprès des membres, le Front commun déposera ses demandes au Conseil du trésor à l’automne prochain. Rappelons également que les conventions collectives viendront déjà à échéance dans un an, soit le 31 mars 2023.

Profil du Front commun
Ensemble, la CSQ, la CSN et la FTQ représentent plus de 355 000 travailleuses et travailleurs de l’État québécois dans les secteurs publics, en éducation, en santé et dans les services sociaux ainsi qu’en enseignement supérieur.

Plan santé : pas de refondation sans concertation

C’est avec un sentiment partagé d’appréhension et d’urgence d’agir que les syndicats du réseau de la santé et des services sociaux (RSSS) ont pris connaissance du Plan pour mettre en œuvre les changements nécessaires en santé, dévoilé aujourd’hui par le ministre Christian Dubé. Malgré les objectifs louables et l’ouverture démontrée par ce dernier, l’APTS, la FIQ et la FIQP, la FP–CSN, la FSQ-CSQ, la FSSS–CSN, le SCFP, le SPGQ et le SQEES-FTQ craignent que ce plan santé, et services sociaux rappelons-le, ne soit qu’un vaste exercice de relations publiques en vue des prochaines élections.

Pour les organisations syndicales, le plan présenté est très ambitieux, elles comprennent que l’ensemble des mesures soumises ne pourront pas toutes être réalisées à court terme. Plusieurs d’entre elles ont d’ailleurs déjà été l’objet d’annonce ou d’engagement de la part du gouvernement. Les organisations demandent donc au ministre Dubé de prioriser les mesures visant une meilleure organisation du travail afin d’offrir de meilleures conditions d’exercice.

Pour ce faire, les organisations syndicales invitent le ministre à poser d’ores et déjà un premier geste concret en mettant en place dès maintenant une série de solutions pour attirer et retenir le personnel. Il ne doit pas attendre cinq ans pour agir! Elles souhaitent également des échanges dès maintenant afin de convenir de solutions à mettre en place car il y a urgence d’agir.

Ainsi, selon elles, le ministre Dubé devra obligatoirement leur faire une place importante dans l’élaboration ainsi que la mise en œuvre des mesures retenues. Les solutions apportées par les travailleuses et travailleurs du RSSS doivent y être réellement prises en compte s’il veut vraiment rebâtir le réseau public et que la population en soit fière. Il en va de même s’il veut atteindre son objectif de faire du RSSS un employeur de choix et favoriser l’attraction et la rétention des salarié-es dans le réseau public.

D’ailleurs la place accordée au secteur privé inquiète particulièrement les syndicats, qui craignent un effet de vases communicants en défaveur du secteur public. On manque déjà de personnel dans le secteur public, ce sera pire si le privé embauche davantage. Cela aura pour effet d’accentuer la création d’un système à deux vitesses où l’accessibilité à des soins et des services partout sur le territoire est déjà remise en question. Les organisations syndicales réclament un moratoire sur tout nouveau projet de privatisation et invitent plutôt le gouvernement à une discussion en profondeur avec l’ensemble des partenaires du RSSS pour entamer une véritable refonte du réseau.

« Depuis le début de la pandémie, le gouvernement Legault a soufflé le chaud et le froid lorsqu’il s’agissait d’impliquer les syndicats dans la prise de décisions et la mise en place de mesures pour assurer la prestation des soins et des services, favorisant les arrêtés ministériels plutôt qu’une véritable concertation. Les déclarations du premier ministre Legault sur sa page Facebook semblent encore aller en ce sens. On ne peut pas rebâtir le RSSS à coups de décrets, mais plutôt en établissant une relation de confiance et d’écoute. Cela passe nécessairement par la mise en commun des forces de toutes les actrices et tous les acteurs. Si le ministre Dubé s’engage véritablement dans cette voie, il pourra compter sur notre participation », ont déclaré les représentantes et représentants de l’APTS, la FIQ et la FIQP, la FP–CSN, la FSQ-CSQ, la FSSS–CSN, du SCFP, du SPGQ et du SQEES-FTQ.