La CSN insiste aujourd’hui pour que les différents partis politiques du Québec s’engagent à endiguer l’hémorragie dans l’industrie forestière et à mettre sur pied un plan d’ensemble pour une transition de l’industrie forestière, lequel serait déployé rapidement et de façon concertée avec l’ensemble du milieu concerné. Ottawa doit aussi faire sa part puisque la crise est pancanadienne.
Une vision syndicale dans le secteur de la forêt a d’ailleurs été adoptée unanimement aujourd’hui par les délégué-es de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) réunis en instance à Sherbrooke.
Plus de 50 fermetures au Québec
Au Québec seulement, entre 2017 et 2025, un total de 30 usines ont fermé définitivement – affectant ainsi 1838 emplois directs – et 22 autres usines ont subi une fermeture temporaire. Encore récemment, on apprenait que la survie de la scierie de Saint-Michel-des-Saints ne tient qu’à un fil et qu’une partie des installations est déjà fermée.
« Ça fait beaucoup trop d’années que nous sonnons l’alarme et que nous demandons des mesures vigoureuses et un plan d’ensemble pour la transition de l’industrie. Il est grand temps de nous écouter et d’agir si on veut empêcher l’industrie forestière d’être folklorisée. Nous demandons aux partis politiques du Québec de prendre des engagements clairs et chiffrés sur cet enjeu », lance la présidente de la CSN, Caroline Senneville.
Le récent rapport de Groupe de travail canadien sur la transformation du secteur forestier propose plusieurs mesures et demande 10 G$ d’investissement fédéral. Cela s’ajoute à plusieurs autres analyses au fil des années, dont celle du Sommet sur la forêt de 2025, qui recommandent plusieurs changements et une vision d’ensemble. Une transformation est nécessaire, de même qu’un accompagnement suffisant des travailleuses et des travailleurs qui subissent les contrecoups de la guerre tarifaire.
« Dès que possible, nous demandons une rencontre avec la nouvelle ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Kateri Champagne Jourdain, afin de voir ce qui peut être fait dans les prochains mois, avant les élections », affirme le président de la FIM–CSN, Kevin Gagnon.
La vision syndicale adoptée aujourd’hui
Voici les principaux éléments de la stratégie mise de l’avant par la FIM–CSN :
- La nécessité d’un chantier national de la sylviculture considérant la baisse d’approvisionnement provoquée notamment par la hausse des feux de forêt. Il faut aussi assurer des conditions de travail qui favorisent l’attraction et la rétention des jardiniers de la forêt, notamment par le changement du mode de rémunération.
- Une réforme du régime forestier qui doit prévoir une gestion régionale de l’aménagement forestier.
- Une nouvelle politique industrielle forestière qui mise sur une plus grande valeur ajoutée pour le bois.
- Une meilleure promotion des métiers du bois
- De la formation continue en amont des fermetures;
- Un régime d’assurance-emploi adapté à la réalité des régions;
- Une stratégie de repreneuriat;
- La mise en place de comités de reclassement proactifs, une priorité d’emploi et une voie de passage vers une retraite digne pour celles et ceux qui perdront leur gagne-pain.
Tout ceci demande la concertation des deux paliers de gouvernement et de tous les acteurs du milieu, dont les Premières Nations.
À propos
La FIM–CSN regroupe plus de 320 syndicats représentant environ 25 000 membres qui œuvrent dans les secteurs industriels québécois, dont celui de la forêt.
Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) rassemble plus de 1600 syndicats et quelque 350 000 travailleuses et travailleurs, lesquels sont réunis dans 8 fédérations et 13 conseils centraux régionaux.