Le Syndicat des travailleurs de Demix Béton–CSN (division Saint-Eustache) a été mis en lockout pour une durée indéterminée, à partir d’hier, par Béton Provincial. Il s’agit du deuxième lockout et du quatrième conflit de travail dans les derniers temps qu’a connus cet employeur.
« C’est brutal, comme geste. Une entente était encore possible, mais le représentant de l’employeur à la table revenait sans cesse sur ses engagements et les textes étaient incomplets, ce qui a grandement nui à la négociation », affirme le président du syndicat, Jimmy Caron, qui se dit prêt à discuter en tout temps.
Une grève de 24 h était prévue le 9 juin, justement pour ramener du sérieux à la table de négociation. Béton Provincial a été informé de cette grève, juste après un vote unanime contre ses dernières offres, tenu le 6 juin au soir. « Le lockout était visiblement prêt à être décrété, parce que tout s’est mis en place très vite », précise le président.
Reculs importants et gel de salaire
Du chemin avait été fait depuis le début de cette négociation, amorcée en mars, mais l’employeur persiste avec des demandes de reculs importants ; le syndicat trouve cela inacceptable. Il est notamment question de la perte des dîners payés et de deux années de gel salarial, soit 2026 et 2027. L’employeur insiste également pour introduire un régime de retraite avec disparité de traitement, ce qui est illégal. Par ailleurs, le salaire offert n’est toujours pas équivalent à celui d’une usine sœur du même groupe.
Le secteur du béton va pourtant bien au Québec. En moyenne, le prix du béton a augmenté de 4 % par an, de 2015 à 2024. « . Le contexte est favorable, porté par les chantiers d’infrastructures, le développement du logement et les futurs barrages d’Hydro-Québec. Les perspectives sont bonnes. Les reculs demandés par l’entreprise d’André Bélanger ne sont aucunement justifiés », affirme le président de la Fédération de l’industrie manufacturière–CSN, Kevin Gagnon.
Rappelons que Béton Provincial maintient ses usines de LaSalle et de Longueuil en lockout depuis maintenant un an et demi. « L’entreprise peut et doit éviter de multiplier les conflits de travail dans ses nombreuses usines. Béton Provincial est un joueur majeur dans le marché du béton au Québec, il doit régler en respectant tous ses employés », ajoute Kevin Gagnon.
« Nous sommes solidaires de nos membres de Béton Provincial à Saint-Eustache. Il est grand temps pour eux de conclure une entente satisfaisante au moment où le coût de la vie ne cesse d’augmenter », ajoute Chantal Maillé, présidente du Conseil central des Laurentides–CSN.
À propos
Le Syndicat des travailleurs de Demix Béton–CSN représente les 25 opérateurs de bétonnières, mécaniciens et hommes de cour à l’usine de Saint-Eustache. Il est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) et au Conseil central des Laurentides–CSN. Fondée en 1921, la CSN regroupe 350 000 travailleuses et travailleurs des secteurs publics et privés, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.