Le gouvernement doit sauver 400 emplois du secteur forestier

La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) déplore le manque de rigueur du gouvernement du Québec, qui a autorisé des coupes dans une érablière en territoire Atikamekw.

Cette bourde de Québec n’est pas sans conséquences, des Atikamekw ayant décidé de bloquer le chemin qui permet à la scierie de Saint-Michel-des-Saints de s’approvisionner en bois. « Environ 400 emplois de la région sont à risque d’ici juillet si on ne récupère pas ce bois et si on ne trouve pas un terrain d’entente avec les Atikamekw », insiste Louis Bégin, président de la FIM–CSN.

« Les membres du syndicat sont très inquiets. On ne comprend pas que le gouvernement n’intervienne pas déjà pour réparer son erreur », indique Marcel Hogue, président du Syndicat des employé-es de la Scierie de Saint-Michel-des-Saints–CSN. Ce dernier craint même que des heures de travail soient retranchées dès le mois de juin si rien ne bouge.

 « Ce genre de faux pas peut nous faire reculer de plusieurs années dans nos relations avec les Atikamekw. Il faut trouver le moyen de se réconcilier avant qu’il ne soit trop tard », ajoute Patricia Rivest, présidente du Conseil central de Lanaudière.

Problème forestier au Québec

Sur le fond de cette affaire, qui risque de se reproduire ailleurs au Québec, la FIM–CSN a mis sur pied une alliance avec Nature Québec pour que la gestion de la forêt soit revue de fond en comble dans le respect de l’environnement, des Premières Nations et de la possibilité forestière du Québec. « Les travailleuses et les travailleurs veulent pouvoir conserver leur emploi à long terme et cesser de s’inquiéter constamment en raison d’un régime forestier mal conçu et mal surveillé », ajoute Louis Bégin.

La FIM–CSN estime que le ministère des Forêts ne respecte pas sa mission première, qui est d’assurer la conservation et la mise en valeur des forêts dans une perspective de gestion durable. « Que fait le ministre Pierre Dufour ? Il est temps de cesser de gérer la forêt à la petite semaine et d’accumuler les mauvaises nouvelles », s’insurge le président de la FIM–CSN.

La dernière offre globale de l’employeur rejetée massivement

Réunis en assemblée générale le 11 mai 2022, les travailleuses et les travailleurs de Rolls Royce Canada ont rejeté la dernière offre globale de l’employeur dans une proportion de 94 %.

Les 530 salarié-es spécialisés dans l’entretien des moteurs d’avions n’acceptent pas de mettre fin au régime de retraite à prestations déterminées comme le demande l’entreprise. Rolls Royce maintient également sa demande d’un gel des salaires d’une durée de deux ans. Ils sont en lock-out depuis le 15 mars.

« Quand nous reprendrons le travail ce sera avec une bonne convention collective qui sera satisfaisante pour tous nos membres, réitère le président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Rolls-Royce Canada (CSN), Frédéric Labelle. Pas question de baisser les bras ! Nous sommes déterminés à contrer les reculs que Rolls Royce veut nous imposer. »

Sans convention collective depuis mars 2020, les travailleuses et les travailleurs de Rolls-Royce Canada, spécialistes de l’entretien des moteurs d’avion, demandent un contrat de travail de cinq ans. Ils veulent notamment éliminer les clauses « orphelin » du régime de retraite et de l’assurance collective, améliorer les salaires et les horaires de travail ainsi que bonifier les congés.

Entente au Syndicat des travailleurs de Papiers C.C.T.

La CSN est fière d’annoncer que les salarié-es du Syndicat des travailleurs de Papiers C.C.T. (CSN) après 8 rencontres de négociations viennent de ratifier dans une proportion de 82 %, une entente permettant de renouveler leur convention collective. La précédente convention étant arrivée à échéance le 1er mai 2022.

Le nouveau contrat du travail d’une durée de cinq ans, se terminera le 30 avril 2027. Par cette entente, les travailleuses et travailleurs ont fait plusieurs gains majeurs. Les salaires seront majorés selon les titres d’emplois, de 25,5 à 27 % d’ici l’expiration de la convention. Les primes de soir et de nuit ont également été bonifiées de façon substantielle, la prime de nuit étant multipliée par 3. Les travailleuses et travailleurs bénéficieront par ailleurs d’une journée de maladie supplémentaire ainsi que du doublement des montants alloués pour l’acquisition de vêtements de travail. Enfin, les salarié-es profiteront d’un bonus de signature à l’entrée en vigueur du nouveau contrat du travail.

La CSN salue la solidarité des travailleurs du syndicat de Papiers C.C.T. dans leur détermination à consolider leurs acquis ainsi qu’à maintenir leur pouvoir d’achat en ces temps de forte inflation.

Rolls-Royce Canada doit redevenir un employeur de choix

Au moment où tous les employeurs du Québec jouent du coude pour attirer et retenir la main-d’œuvre dans un contexte de pénurie particulièrement sévère dans l’industrie aérospatiale, Rolls-Royce Canada prend un chemin complètement inverse. En décrétant le lock-out pour les 530 employé-es de ses installations sur Chemin de la Côte-de-Liesse, le 15 mars dernier, l’entreprise se montre complètement déconnectée de la réalité du marché du travail actuel. C’est ce que les travailleuses et les travailleurs de Rolls-Royce souhaitaient mettre en lumière en se présentant en grand nombre au Grand événement de l’emploi et de la formation en aérospatiale qui commençait ce matin, au Centre des sciences.

En déclenchant ce conflit de travail, Rolls-Royce Canada avait pour but de forcer les salarié-es à accepter la fin du régime de retraite à prestations déterminées et un gel des salaires pour les années 2020 et 2021. Plusieurs séances de négociation ont été tenues depuis le lock-out, mais l’entreprise maintient ses principales demandes visant à charcuter les droits des salarié-es.

Une offre globale et finale
Rolls Royce a d’ailleurs présenté une offre dite globale et finale le 3 mai. Les membres se prononceront sur celle-ci mercredi prochain. Le comité de négociation et le comité exécutif en recommanderont le rejet puisque Rolls Royce maintient ses demandes de reculs aux conditions de travail. Avec l’appui de toute la CSN, le syndicat entend bien amener Rolls-Royce Canada à changer son fusil d’épaule.

Pour couronner le tout, l’entreprise a recours à des briseurs de grève. Le syndicat a porté plainte et sera bientôt entendu par les tribunaux pour faire respecter les dispositions légales anti-briseurs de grève.

« La force, la réputation de grande qualité de Rolls-Royce Canada, ça vient d’abord et avant tout de notre travail à nous, les salarié-es, qui donnons le meilleur de nous-mêmes, chaque jour, pour que cette compagnie brille, rappelle le président du syndicat, Frédéric Labelle. Nous avons abordé cette négociation avec beaucoup d’ouverture. Nous sommes vraiment déçus de voir Rolls-Royce choisir la voie de l’affrontement. »

La présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN), Dominique Daigneault, souligne que la lutte des lock-outés de Rolls-Royce interpelle toutes les travailleuses et tous les travailleurs. « Toute la CSN se tient aux côtés des travailleuses et des travailleurs de Rolls-Royce. L’entreprise pense peut-être qu’elle pourra isoler ses salarié-es pour leur faire avaler n’importe quoi. Elle fait erreur. Nous mettrons tout en œuvre pour soutenir ces travailleuses et ces travailleurs jusqu’à ce qu’ils obtiennent le respect qu’on leur doit et une bonne convention collective. »

Sans convention collective depuis mars 2020, les travailleuses et les travailleurs de Rolls-Royce Canada, spécialistes de l’entretien des moteurs d’avion, demandent un contrat de travail de cinq ans. Ils veulent notamment éliminer les clauses « orphelin » du régime de retraite et de l’assurance collective, améliorer les salaires et les horaires de travail ainsi que bonifier les congés.

Les travailleurs de la Mine Noranda entérinent leur nouveau contrat de travail

Réunis en assemblée générale hier, le 5 mai, les membres du Syndicat des travailleurs de la Mine Noranda (STMNCSN) se sont prononcés à 83 % en faveur des termes de leur nouveau contrat de travail. 

Les salariés syndiqués, affiliés à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIMCSN), ont pris connaissance de l’entente de principe intervenue à la table de négociation lors de leur instance. D’une durée de trois ans, la nouvelle convention collective prévoit une hausse du salaire moyen de 8.84 % ce qui représente 3,35 $ l’heure pour la durée du contrat. On note également d’autres gains financiers, dont une augmentation de la prime de nuit et du bon de lunch. Certaines couvertures de l’assurance collective se verront aussi améliorées, entre autres, l’assurance invalidité court terme, les lunettes et autres services professionnels. Une bonification du régime de retraite est également prévue dans l’entente. 

Les salariés enregistrent également des gains importants relativement au volet normatif de la convention collective. Ceux-ci concernent notamment un meilleur accès à la formation et des délais de transfert plus courts lors de l’obtention d’un poste. Une amélioration à la procédure de grief et d’arbitrage de même qu’un meilleur encadrement du temps supplémentaire sont au nombre des gains. Certains droits syndicaux se trouvent également bonifiés par ce nouveau contrat de travail, de même que l’accès aux congés sociaux. 

Pour le président du syndicat, Stéphane Larente : « Nous sommes satisfaits des gains obtenus dans cette négociation, plus particulièrement sur la question des délais de transfert et de la formation. C’était pour nos membres des enjeux très importants. Nous tenons aussi à souligner la grande solidarité de ces derniers qui ne s’est jamais démentie jusqu’à la fin de cet important exercice qu’est la négociation pour le renouvellement de notre convention collective. Nous avons pu le constater par leur grande participation aux assemblées générales, de même que par les débats constructifs que nous y avons tenus. » 

Après une première rencontre tenue le 15 décembre 2021 où les parties ont pu échanger sur leurs grandes priorités, la négociation proprement dite a débuté le 11 janvier 2022. 

C’est le 20 avril dernier que les parties en sont arrivées à une entente de principe à la table, après plus de 20 jours de négociation. 

« Nous croyons que le résultat du vote exprimé par nos membres démontre leur appréciation de ce nouveau contrat de travail. Sur l’ensemble de notre cahier de revendications, nous estimons avoir progressé à différents niveaux, ce que nous considérons fort positif », conclut Stéphane Larente. 

Pour Louis Bégin, président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIMCSN), « Tout le monde sait que le respect, ça commence par de bonnes conditions de travail. La fédération est heureuse que les travailleuses et travailleurs de la Fonderie Horne aient pu bonifier leurs conditions de travail tant normatives que financières. Ils vont continuer de bien gagner leur vie dans cette belle région, d’autant plus que c’est un secteur d’activité essentiel pour l’économie du Québec. » 

Pour sa part, Félix-Antoine Lafleur, président du conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec (CCATNQCSN), « Nous accueillons positivement le dénouement de cette négociation où les parties en sont arrivées à une entente négociée qui comporte de belles avancées pour les membres. Le secteur industriel en est un fort important dans la région et il ne serait certes pas le même sans l’apport considérable de ces travailleuses et travailleurs. » 

La CSN trace la voie dans le secteur de l’acier

Syndicat et patronat se sont entendus chez Canam Ponts pour se donner les moyens d’affronter la pénurie de main d’œuvre et livrer les projets majeurs inscrits au carnet de commande de l’usine de Québec. « Avec la nouvelle convention collective qui vient d’être négociée, on construit le pont comme leader dans le secteur de l’acier dans la région de Québec, » estime Steve Giroux, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs Canam Ponts Québec (CSN).

Dans la foulée de la signature de la nouvelle convention collective chez Canam, à Québec, un autre groupe de de travailleuses et de travailleurs de la même entreprise a décidé de se joindre à la CSN. En effet, la soixantaine de salarié-es de TecFab International, une division du groupe Canam à Shawinigan qui fabrique des charpentes d’acier pour la construction de ponts, ont décidé de se joindre à la CSN qui représentera désormais trois groupes de salarié-es chez Canam.

Fait rare, c’est l’employeur qui a demandé d’ouvrir les négociations plus de 18 mois avant que la convention collective n’arrive à échéance. Pour attirer et retenir une main d’œuvre qualifiée, la nouvelle convention collective prévoit des augmentations de salaire totalisant 19 % d’ici au 1er janvier 2027. En moyenne, les travailleuses et les travailleurs ont obtenus une augmentation de 7 % à la signature.

Le syndicat annonce également la création d’un nouveau titre d’emploi. « L’introduction d’une nouvelle classe de soudeur-assembleur nous permet maintenant d’atteindre 32 $ l’heure à l’échelon maximum, explique Steve Giroux. Quelqu’un qui choisit d’opter pour le nouveau titre va chercher une moyenne de 11 % dès la signature, la majorité de nos membres ont utilisé cette possibilité. »

Le président du syndicat poursuit, « on a fait des gains majeurs au niveau du salaire et des primes. Les travailleuses et les travailleurs de soir gagneront une prime de 2,50 $ et ceux de nuit de 3,70 $, on pense qu’avec ces nouvelles conditions nous devenons les leaders dans la région. »

De plus, l’employeur va aussi verser une prime d’ancienneté aux employé-es qui ont plus de 10 ans d’ancienneté. Les parties ont amélioré les clauses concernant les heures supplémentaires, les vacances et l’ajout d’un congé personnel pour ceux et celles qui ont plus de sept ans d’ancienneté. Finalement, des gains ont été réalisés au chapitre du régime de retraite où chaque partie peut mettre jusqu’à 5 % pour un total de 10 %.

Pour Louis Bégin, président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) qui représente la majorité des travailleuses et des travailleurs de la division Canam Pont avec ses syndicats de Québec, Laval et maintenant Shawinigan, le résultat de cette négociation est la preuve qu’il est possible de s’outiller pour affronter la conjoncture. « Quand les syndiqué-es appuient leur comité de négociation, c’est possible d’affronter la pénurie de main d’œuvre en faisant des gains majeurs, c’est comme ça que l’on travaille à la CSN pour faire avancer les conditions de travail de nos membres, » explique-t-il.

« Alors que certains employeurs tentent de régler la pénurie de main d’œuvre sur le dos des travailleuses et des travailleurs, on a un bel exemple ici que c’est possible de se mobiliser et de trouver des solutions respectueuses de toutes les parties, » ajoute Barbara Poirier, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN). Selon la syndicaliste, la meilleure défense contre la pénurie de main d’œuvre qui frappe très durement la région est encore d’offrir de bonnes conditions de travail et de meilleurs salaires que la moyenne. « C’est ce que l’on prône à la CSN : respectez les travailleuses et les travailleurs, traitez-les bien, payez-les mieux, et ils n’iront pas voir ailleurs, » conclut-elle.

Alliance historique entre la CSN et Nature Québec pour protéger les forêts

Nature Québec et la Confédération des syndicats nationaux lancent aujourd’hui une alliance pour revendiquer des améliorations à la gestion des forêts québécoises. L’organisation environnementale et la fédération syndicale collaboreront pour proposer des solutions au gouvernement Legault afin de protéger les forêts et les communautés qui dépendent des écosystèmes forestiers en santé.

La Fédération de l’industrie manufacturière de la CSN (FIM–CSN), qui rassemble plus de 25 000 travailleuses et travailleurs réunis au sein de 320 syndicats partout au Québec, s’inquiète pour l’avenir des emplois du secteur forestier. « Les décisions du gouvernement appauvrissent les forêts, ce qui risque d’avoir des impacts sur les volumes récoltés, la qualité de la fibre et sur les emplois qui y sont rattachés. Le manque de vision globale du ministère des Forêts pourrait même nous faire perdre nos certifications qui, au bout du compte, nuiraient à la réputation du régime forestier sur le marché international. Nous sommes inquiets pour les travailleurs, les travailleuses et les communautés qui dépendent d’une forêt en bonne santé. L’alliance entre la CSN et Nature Québec sera l’occasion d’offrir des solutions qui permettront de maintenir les emplois tout en protégeant les écosystèmes forestiers », explique Louis Bégin, président de la FIM–CSN.

Nature Québec, qui a participé activement à la Commission Coulombe sur la gestion de la forêt publique québécoise et à la dernière modernisation du régime forestier, considère que le Québec est prêt pour un changement de paradigme en matière d’exploitation forestière. « La vision des enjeux forestiers du ministère des Forêts est simpliste et dépassée. Le gouvernement doit voir la gestion des forêts d’une manière globale et intégrée, en s’assurant que l’aménagement forestier est réalisé en harmonie avec la protection des espèces menacées comme le caribou, la création d’aires protégées, le récréotourisme, les droits des peuples autochtones, le maintien d’emplois de qualité et les retombées pour les communautés locales. Pendant que le gouvernement Legault s’entête à voir les forêts uniquement comme le bois qui peut y être coupé, c’est tout le monde qui perd au change », affirme Alice-Anne Simard, directrice générale de Nature Québec.

La CSN et Nature Québec invitent les organisations environnementales, les groupes citoyens, les communautés autochtones, les syndicats, les scientifiques, les élu-es, les citoyennes et les citoyens à se joindre à cette initiative. « Dans les prochains mois, nous serons très actifs pour proposer des changements concrets à la gestion des forêts qui seront bénéfiques pour l’environnement et les emplois. Nous invitons donc toutes les personnes intéressées par l’avenir des forêts québécoises à se joindre à notre alliance pour que le milieu se fasse enfin entendre », explique Caroline Senneville, présidente de la CSN.

« Le ministère des Forêts ne respecte pas sa mission première, qui est d’assurer la conservation et la mise en valeur des forêts dans une perspective de gestion durable. Ce ministère a failli à sa tâche, ce qui nous oblige à intervenir pour sauver les forêts et toutes les espèces qui y sont liées, incluant les humains », conclut Mme Simard.

Nouvelle convention collective pour les salarié-es de Albi le Géant Hyundai de Mascouche

Le 11 avril dernier, l’assemblée générale du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Albi le géant Hyundai de Mascouche–CSN a adopté à 88 % l’entente de principe intervenue le 7 avril 2022.

Seulement cinq rencontres de négociation auront été nécessaires pour en venir à une entente afin de renouveler la convention collective échue le 21 février 2022.

Au chapitre des gains, la cinquième semaine de vacances passe de 20 à 18 ans d’ancienneté. Les syndiqué-es obtiennent également un congé de maladie payé supplémentaire.

Les salaires quant à eux sont majorés rétroactivement à la signature de 7 % pour les mécaniciens et de 5 % pour les conseillers techniques rétroactivement à l’échéance de la convention collective.

La nouvelle convention collective d’une durée de trois ans prévoit pour les années subséquentes des augmentations générales annuelles des salaires de 2.5 % et 3 %. Au total, les syndiqué-es obtiennent des augmentations de 12.5 % pour la durée totale du nouveau contrat de travail.

« Nous sommes extrêmement fiers du résultat de notre négociation. Nous avons rencontré la totalité de nos objectifs et surtout, nous avons majoré significativement nos salaires en cette période de forte inflation où la rétention de la main-d’oeuvre est également un enjeu important. Avec cette entente, tout le monde y gagne », souligne Martin Hachey, président du syndicat.

Des briseurs de grève chez Rolls-Royce Canada

Le 6 avril, devant le Tribunal administratif du travail (TAT), Rolls-Royce Canada a admis avoir eu recours à deux personnes pour effectuer le travail des travailleuses et travailleurs qu’elle a mis en lock-out le 15 mars. Rolls-Royce Canada s’est engagée à ne plus avoir recours à ces deux individus.

Depuis le début du conflit, le syndicat CSN constate chaque jour que Rolls-Royce Canada fait appel à des briseurs de grève. Le 10 mai prochain, les parties seront de retour devant le TAT afin de débattre du recours par l’employeur à quatre autres personnes. Par ailleurs, un enquêteur doit prochainement rendre son rapport sur d’autres utilisations potentielles de briseurs de grève.

Pour le Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Rolls-Royce Canada (CSN), l’entreprise doit se concentrer sur la seule issue raisonnable à ce conflit : une entente négociée.

« Rolls-Royce Canada n’est rien sans nous, les travailleuses et les travailleurs, rappelle le président du syndicat, Frédéric Labelle. Notre travail est reconnu comme d’une qualité exceptionnelle dans toute l’industrie. On exige le respect de notre employeur. Rolls-Royce Canada a le devoir de négocier avec nous, pour vrai, une entente qui sera satisfaisante pour tous nos membres. Aucun coup de force ne viendra à bout de notre détermination. C’est même le contraire qui se produit : chaque jour qui passe, nous sommes plus forts, plus unis. »

Les négociations sont ardues, notamment parce que Rolls-Royce Canada veut mettre fin au régime de retraite à prestations déterminées et propose un gel des salaires pour les années 2020 et 2021.

Sans convention collective depuis mars 2020, ces 530 travailleuses et travailleurs spécialisés dans l’entretien de moteurs d’avion demandent un contrat de travail de cinq ans. Ils veulent notamment éliminer les clauses « orphelin » du régime de retraite et de l’assurance collective, améliorer les salaires et les horaires de travail ainsi que bonifier les congés.

Tuer le Publisac aura des impacts majeurs : la CSN demande l’intervention du gouvernement

La ville de Montréal a pris une décision unilatérale en annonçant la mise en place d’un système qui fera en sorte qu’une majorité de la population ne recevra plus le Publisac, ce qui rendra sa distribution non viable et aura des impacts dévastateurs, tant sur l’emploi que sur l’information locale. Certes, réduire le volume de recyclage est important, mais ce n’est pas le seul enjeu à considérer.

Un enjeu de transition juste
« La CSN estime que ce genre de décision doit être prise en concertation. Il faut faire des choix qui règlent véritablement les problèmes et évitent d’en créer de nouveaux. Nous demandons donc l’intervention du gouvernement du Québec, tant à Montréal que pour l’ensemble du territoire », ajoute Yvan Duceppe, porte-parole de la CSN dans les dossiers environnementaux. Ce dernier estime qu’une transition juste doit se faire en associant les personnes concernées.

Aucun arbre n’est coupé pour imprimer les circulaires
D’un point de vue environnemental, il est important de prendre conscience qu’aucun arbre n’est coupé pour faire le papier des circulaires ou des journaux locaux. En effet, ce papier est fabriqué avec les copeaux issus du sciage du bois d’œuvre. Sans cette économie circulaire établie de longue date, les copeaux risquent de devenir un simple déchet et le nombre d’arbres coupés sera le même qu’avant. La CSN craint par ailleurs que cette décision unilatérale de Montréal se répercute dans d’autres régions du Québec. « Nous devons travailler en amont pour trouver un nouveau débouché pour les copeaux et pour les usines de papiers dans nos régions », affirme Louis Bégin, président de la Fédération de l’industrie manufacturière de la CSN (FIM–CSN), qui rappelle que le papier des circulaires doit normalement être recyclé, ce qui redonne une 2e vie aux copeaux du sciage.

Nouveaux déserts d’information
Le Publisac est le moyen de distribution privilégié d’une majorité d’hebdos locaux, dont ceux de Métro Média. La Fédération nationale des communications et de la culture de la CSN (FNCC–CSN) a évalué que la fin du Publisac engendrerait des coûts de distribution de 20 M$, une hausse impossible à soutenir pour les éditeurs. « Seulement chez Métro, on estime que 40 journalistes perdront leur emploi étant donné que le modèle d’affaires ne sera plus viable », affirme Annick Charette, présidente de la FNCC–CSN. La fédération craint donc que des déserts d’information se multiplient parce que l’information locale fiable ne sera plus disponible nulle part.

Il faut trouver des solutions
« Nous demandons à la ville de Montréal et à Valérie Plante de retarder leur décision pour prendre le temps de trouver des solutions aux pertes d’emplois et aux problèmes de diffusion de l’information locale dans tous ses quartiers. Le problème du recyclage et des matières résiduelles demeure entier à Montréal, il faut s’y attaquer maintenant et il faut le faire dans une perspective de dialogue social et de transition juste », insiste Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN).

Nouvelle convention collective pour les salarié-es de Béton Généreux

Le 7 avril dernier, l’assemblée générale du Syndicat des travailleuses et travailleur de Béton Lanaudière–CSN, division Béton Généreux à Joliette, a adopté à 85 % l’entente de principe intervenue le 30 mars 2022.

Seulement trois rencontres de négociation auront été nécessaires pour en venir à une entente afin de renouveler la convention collective échue le 31 décembre 2021.

Au chapitre des gains, les syndiqué-es obtiennent la majoration de 58 % des indemnités de repas, le passage de la rémunération à temps et demi au temps double le samedi, la 5e semaine de vacances qui passent à 18 ans d’ancienneté et l’obtention d’une 6e semaine après 25 ans de service. De plus, le nouveau contrat de travail prévoit l’ajout d’une journée payée pour maladie ou pour raison familiale.

Les salaires quant à eux sont majorés à la signature de 3,62 $ l’heure rétroactivement à l’échéance de la convention collective, soit une augmentation de 16 %. Le salaire de l’opérateur de chargeuse quant à lui passe à 4,70 $ l’heure, soit 26 % d’augmentation. Au chapitre de la retraite, l’employeur augmente de façon significative sa contribution.

La nouvelle convention collective d’une durée de cinq ans prévoit des augmentations générales annuelles des salaires de 2,5 %, incluant une protection assurant un enrichissement supplémentaire si l’indice des prix à la consommation dépasse 2,5 % chaque année. Finalement, les syndiqué-es sont assurés d’une augmentation de 28 % d’ici l’échéance de la convention collective le 31 décembre 2026.

« Nous sommes extrêmement fiers du résultat de notre négociation. L’employeur était disposé à négocier rapidement et nous étions prêts également. Nous avons rencontré la presque totalité de nos objectifs et surtout nous avons majoré significativement nos salaires. Nos emplois sont encore plus attrayants et ce résultat apportera une plus grande stabilité de nos emplois. Tout le monde y gagne », souligne Patrick Dugas, président du syndicat.

Les salarié-es de TecFab International ont quitté le syndicat Unifor pour se rallier à la CSN

C’est ce que confirme le Conseil central du Cœur du Québec–CSN. Selon le président Paul Lavergne, « Unifor manquait de rigueur à faire respecter l’application de la convention collective ». De plus, les syndiqué-es voulaient aussi avoir une plus grande autonomie dans leur prochaine négociation pour obtenir de meilleures conditions de travail. Après plus de 15 années avec le même syndicat, les employé-es ont fait le choix de quitter leur affiliation avec Unifor avec une très forte majorité.

Les salarié-es de TecFab International, une entreprise de Shawinigan qui fabrique des charpentes d’acier, une division du groupe Canam en Mauricie, ont préféré faire partie d’un syndicat CSN qui sera affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN). Cette fédération comprend maintenant trois groupes de salarié-es chez Canam. Elle aura le mandat de négocier les prochaines conditions de travail.

De renommée internationale, TecFab est spécialisée dans la fabrication de structures d’acier de haute qualité pour la construction de ponts.

Chantier Davie : une entente historique

Réunis en assemblée générale à la tête des ponts, les membres du Syndicat des travailleurs du chantier naval de Lauzon (CSN) ont adopté à 86 % l’entente de principe qui leur était soumise pour renouveler leur convention collective. Selon la CSN, il s’agit d’une entente historique qui permet, enfin, aux artisans du chantier Davie d’envisager l’avenir avec optimisme.

« La mobilisation impeccable des membres et leur soutien indéfectible nous ont permis d’atteindre nos objectifs et d’obtenir un rattrapage salarial majeur », explique Jean Blanchette, le président du syndicat. La nouvelle convention collective prévoit des augmentations de salaire pouvant aller jusqu’à 30,5 % pour les deux premières années et d’augmentations annuelles de 2,5 % par année ou l’IPC + 0,5 % selon le meilleur des deux. « De plus, nous avons été en mesure d’éliminer des irritants qui perduraient depuis des décennies », ajoute le syndicaliste. Par exemple, le calcul du service continu se fera désormais à partir de la date d’embauche plutôt qu’au nombre d’heures travaillées pour l’accumulation des vacances. De plus, le temps double est réintroduit et la fermeture du temps des fêtes sera rémunérée en entier.

« Après des années d’incertitude et de vaches maigres, les conditions de travail au chantier Davie s’étaient dégradées et n’étaient tout simplement plus compétitives », ajoute Louis Bégin, président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), « cette entente, l’une des meilleures de la province, permettra au chantier Davie de reprendre sa place comme employeur de choix, ce qui est une condition essentielle à la croissance dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. »

« La conjoncture actuelle de pénurie de main-d’œuvre rend ce genre d’entente possible avec les patrons qui acceptent de s’assoir et de négocier de bonne foi », explique la présidente de la CSN, Caroline Senneville, « ça permet de faire des gains substantiels pour les syndiqué-es, ce qui est toujours une bonne nouvelle. » De son côté, en plus de se rendre plus attractif, le chantier Davie obtient une convention collective de longue durée (8 ans) ce qui lui garantit la paix industrielle. « Ça va permettre aux parties de se mettre au travail et de construire l’avenir du chantier ensemble », poursuit la présidente de la CSN.

« C’est une étape importante qui est franchie aujourd’hui, il s’agit d’une entente historique qui permettra aux artisans de la Davie d’envisager l’avenir avec optimisme », poursuit Barbara Poirier, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN), « mais il ne faut pas perdre de vue l’objectif ultime : intégrer la Davie comme troisième chantier dans la Stratégie nationale en matière de construction navale. » Selon la présidente du conseil central, « seule la confirmation de la Davie comme troisième chantier permettra de maintenir et de créer des emplois de qualité pour les décennies à venir et d’enfin utiliser les installations du chantier naval de Lévis à leur plein potentiel. » « Le conseil central croit à la Davie depuis le début, on ne lâchera pas le morceau tant que le dossier ne sera pas définitivement réglé », conclut-elle.

Le STT des Industries Mailhot–CSN bonifie les salaires de 24 %

Le 2 avril dernier, l’assemblée générale du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Industries Mailhot–CSN à Saint-Jacques a adopté à 95 % l’entente de principe intervenue quelques jours auparavant. Depuis le début de la ronde de négociation initiée au printemps 2021, près d’une trentaine de séances de négociation avaient eu lieu sans que les parties aient pu en arriver à une entente pour le renouvellement de leur convention collective venant à échéance le 31 décembre de la même année. Devant la lenteur des négociations et les maigres offres de l’employeur, les salarié-es ont pris la décision le 8 mars 2022 de déclencher une grève générale illimitée.

Au terme de leur dernière séance de négociation le 24 mars 2022, les parties étaient encore bien loin d’une entente. C’est la raison pour laquelle le service de conciliation du ministère du Travail avait suspendu momentanément les séances de négociation sans prévoir de nouvelles dates de rencontre. Ce n’est que le 31 mars que les parties ont repris les pourparlers à l’initiative du service de conciliation du ministère du Travail. C’est à cette occasion qu’est intervenue une entente entre les parties.

Rappelons que l’enjeu fondamental de cette négociation concernait la structure salariale des employé-es syndiqués de l’usine. Les salaires accusaient un retard significatif en comparaison des emplois similaires de la région. Les syndiqué-es demandaient un rattrapage salarial et un enrichissement dès la première année de la convention collective. Ce qu’ils ont obtenu.

Ainsi, au chapitre des gains, les syndiqué-es obtiennent des dispositions limitant la sous-traitance et le travail des cadres, et des augmentations générales de 12 % la première année, rétroactivement au 31 décembre 2021, ainsi que 3 % les années subséquentes pour un total de 24 % sur cinq ans.
« Malgré toutes les tentatives de l’employeur de miner la solidarité de nos membres, ceux-ci sont demeurés solides jusqu’à la fin. Je suis tellement fier d’eux. Depuis que nous avons joint la CSN, c’est notre deuxième ronde de négociation et chaque fois nos conditions de travail se sont améliorées significativement. L’enjeu des salaires était fondamental pour nous. Il était hors de question de demeurer encore une fois à la remorque des autres syndiqué-es de la région. Nos emplois seront maintenant attractifs et les employé-es auront le goût de rester. Maintenant pour l’avenir, notre intention est de reprendre le travail et favoriser des relations de travail constructives pour la pérennité de l’entreprise dans le meilleur intérêt de nos membres », souligne Alain Martel, président du syndicat.

Au total, les syndiqués auront exercé la grève un mois jour pour jour. Elle prendra fin le 5 avril 2022 au moment du retour au travail.
« Il s’agit d’une victoire syndicale sans précédent. Les travailleuses et travailleurs syndiqués de chez Industries Mailhot ont mené une lutte exemplaire. Un modèle de détermination pour tous les syndicats de la région, mais aussi pour la classe ouvrière lanaudoise. Avec l’aide de la CSN, ces femmes et ces hommes ont obtenu des améliorations significatives de leurs conditions de travail, mais surtout, ils ont obtenu ce qu’aucune convention collective ne peut prévoir ; le respect de leur employeur », conclue Patricia Rivest, présidente du Conseil central de Lanaudière–CSN.

STT de Mitchel-Lincoln Cavendish–CSN, section Emballages Mitchel-Lincoln ltée – division Cavendish

À la suite du dépôt de la requête en accréditation, le 20 octobre 2021, le Syndicat des travailleuses et travailleurs de Mitchel-Lincoln Cavendish–CSN a été accrédité pour représenter :

« Tous les employé-es, salariés au sens du Code du travail à l’exception des employé-es de bureau, des vendeuses et vendeurs, des étudiantes et étudiants, des employé-es travaillant aux présentoirs et aux magasins. »

Les travailleuses et travailleurs de Mitchel-Lincoln de Cavendish ont décidé de quitter le Syndicat International des Travailleurs et Travailleuses de la Boulangerie, Confiserie, Tabac et Meunerie Local 55 et de se joindre à la CSN pour plusieurs raisons. D’abord pour obtenir une représentation syndicale de qualité certes, mais également pour bénéficier de l’expertise de la CSN et des nombreux services qu’elle offre à ses syndicats affiliés. Depuis plus de quinze mois, ces travailleuses et travailleurs s’impliquent dans le projet de changement syndical, et bien qu’ils aient dû attendre le délai prescrit par le Code du travail, ils ne se sont pas laissé décourager et ont travaillé avec une rigueur exemplaire pour quitter le BCTM et fonder leur syndicat CSN bien à eux.

L’étape de l’accréditation syndicale étant traversée avec succès, ils sont déjà prêts à travailler sur le renouvellement de leur convention collective aux couleur CSN. C’est donc avec plaisir que nous les accueillons parmi nous.

Ce nouveau syndicat sera affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière, au Conseil central du Montréal métropolitain et, bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux.

Le dernier blitz de négociation a échoué : le lock-out se poursuit

Depuis que les salarié-es de Rolls-Royce Canada ont été mis en lock-out le 15 mars dernier, le Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Rolls-Royce Canada (CSN) tente de trouver une issue satisfaisante au conflit. Plusieurs heures de négociation ont eu lieu entre les parties syndicale et patronale au cours des derniers jours. Mercredi, Rolls-Royce Canada a cependant choisi de mettre fin à ces discussions. Jeudi et vendredi, le syndicat et l’employeur se sont retrouvés en présence du conciliateur pendant qu’à l’extérieur de l’usine, les travailleuses et les travailleurs poursuivaient l’installation de leur « quartier général » de grève. Le syndicat n’entend pas baisser les bras et il entend bien forcer un changement de cap de la part de la direction de Rolls-Royce Canada.

Rolls-Royce Canada veut notamment mettre fin au régime de retraite à prestations déterminées et propose un gel des salaires pour les années 2020 et 2021.

Personne ne veut vivre un conflit de travail. Personne ne devrait avoir à vivre ça un lock-out, déplore le président du syndicat, Frédéric Labelle. Mais nous sommes animés par notre conviction que nous méritons plus de respect. Ce que nous vivons, c’est l’aboutissement d’une détérioration continue des relations de travail chez Rolls-Royce Canada. Ils ne nous auront pas à l’usure. Nos membres sont déterminés. Ils se sont prononcés à 94 % en faveur de la grève. Nous rentrerons au travail la tête haute avec le contrat de travail que nous méritons.

Notre travail est reconnu à travers toute l’industrie comme étant d’une qualité exceptionnelle, poursuit-il. Tout ce que nous réclamons c’est la reconnaissance, l’équité et la justice. Nous voulons notre juste part et nous entendons bien l’obtenir.

Sans convention collective depuis mars 2020, ces 530 travailleuses et travailleurs spécialisés dans l’entretien de moteurs d’avion demandent un contrat de travail de cinq ans. Ils veulent notamment éliminer les clauses « orphelines » des régimes de retraite et d’assurances collectives, améliorer les salaires et les horaires de travail ainsi que bonifier les congés.

STT des industries manufacturières–CSN, section OPSIS Gestion d’infrastructures

À la suite du dépôt de la requête en accréditation, le 27 janvier 2022, le Syndicat des travailleuses et travailleurs des industries manufacturières – CSN/section OPSIS Gestion d’Infrastructures inc. a été accrédité pour représenter :

« Tous les mécaniciens de machinerie fixe, ouvriers architecturaux et hommes à tout faire à l’exception des électriciens, des superviseurs et de ceux de rang supérieur. »

Les travailleurs d’OPSIS Gestion d’Infrastructures inc. du Centre météorologique canadien ont décidé de changer de centrale en quittant les Métallos locale 1976 pour joindre les rangs de la CSN. Depuis l’échéance de leur convention collective en novembre 2020, ils ont été laissés pratiquement sans nouvelles, les Métallos ne les informant jamais des négociations qui étaient en cours pour le renouvellement de leur convention collective.

Ce nouveau groupe joint ainsi le Syndicat des travailleuses et travailleurs des industries manufacturières – CSN, affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière, au Conseil central du Montréal métropolitain et, bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux. C’est donc avec plaisir que nous les accueillons parmi nous.

La solidarité : un remède aux conflits de longue durée

Les représentants de quatre syndicats étant en grève générale illimitée sont venus livrer de vibrants témoignages au Palais des congrès lors du dernier conseil confédéral qui a eu lieu le 16 et le 17 mars. Ils ont véritablement fait lever la foule qui s’est faite chaleureuse avec ses encouragements. Les porte-paroles ont témoigné de la solidarité animant leurs troupes, des difficultés encourues dans ce qui est devenu une opposition grugeant, encore et encore, le lien de confiance avec l’employeur.

Au Hilton de Québec
On sait que les employé-es du Hilton sont en grève depuis plus de six mois.

Louise Jobin, la présidente du syndicat, nous a raconté comment le conflit du Hilton est devenu la longue histoire qu’on connaît de la détérioration des rapports avec l’employeur. On pense d’abord à la rénovation de l’hôtel qui a pris des allures de « rénoviction ». L’entreprise a mis beaucoup de temps à rappeler certains travailleurs et travailleuses, préférant faire porter un blâme facile sur la COVID. Elle a ensuite fait construire une enceinte clôturée en béton pour tenir à l’écart de l’hôtel les employé-es en grève qui ont baptisé la chose « le mur de la honte ». L’utilisation illégale de briseurs de grève est aussi venue ternir encore davantage le rapport de confiance. Mais le moral reste solide chez celles et ceux qui, comme Lahsen Belrhali, se tiennent debout. « La solidarité des membres, on la voit en temps de grève. Faire du piquetage, ça crée des liens » dit Lahsen, qui a 42 ans d’ancienneté et qui a largement contribué à la fondation du syndicat.

Coop de Lanaudière
Chez les travailleuses et travailleurs de la coopérative de Lanaudière, on entend le même vieux refrain : En grève depuis six mois, lock-out, briseurs de grève, gardes de sécurité en grand nombre. Le mépris de l’employeur envers le syndicat s’est traduit par plusieurs mesures disgracieuses : réductions de salaire punitives arbitraires et annulations unilatérales de périodes de vacances. Lors de son témoignage émouvant, Nicole Lambert a raconté comment les dirigeants ont fermé la quincaillerie de Joliette tout en gardant ouverts d’autres établissements voisins desservant de plus petites communautés.

Fait remarquable, on a pu, le 17 février, écrire une page d’histoire lorsque les grévistes du Hilton sont venus prêter main-forte à leurs camarades de Joliette.

Industries Mailhot
Aux Industries Mailhot, la situation n’est pas entièrement comparable : l’entreprise est en plein virage technologique, a reçu d’importantes subventions gouvernementales pour son automatisation et possède une installation au Mexique qui produit le même type de pièces. Les personnes salariées, avec raison, sont inquiètes. Au lendemain de l’assemblée, elles ont même reçu, à leur domicile, la lettre d’un huissier, a raconté Daniel Ducharme, le responsable de la mobilisation. L’employeur tentait de les diviser.

Rolls-Royce
Rolls-Royce Canada, de son côté, a choisi, le mardi 15 mars, de mettre ses salarié-es en lock-out de façon sauvage, au moment même où ils s’étaient réunis en assemblée générale pour faire le point sur les négociations. L’annonce a été faite au micro par quelqu’un qui venait de recevoir la nouvelle sur son téléphone. Face à la situation, le syndicat a décidé de déclencher la grève. Le conflit est encore jeune, mais on retrouve une constante. Comme l’explique Frédéric Labelle, président du syndicat, « les réponses de l’employeur nous déçoivent. Plus il fait preuve de mépris à notre égard, plus notre sentiment d’appartenance envers cette entreprise s’effrite. »

Une question de confiance
Une convention collective établit une confiance construite selon des structures sociales et des institutions. Chez les dirigeants d’entreprises, on pense souvent que c’est en incitant les salarié-es à s’engager dans des projets motivants en lien avec les objectifs commerciaux de l’entreprise que cette confiance s’installe. Toutefois, pour ces derniers, cette relation ne peut que s’établir par le respect du personnel et du cadre collectif de travail.

Ces directions d’entreprises ne reconnaissent guère la présence syndicale et son rôle. Leurs propres objectifs commerciaux tiennent rarement compte des valeurs et intérêts propres aux travailleuses et travailleurs.

Les conflits de longue durée détruisent les liens de confiance entre employé-es et employeurs. Ces liens complexes, indispensables au bon fonctionnement d’une entreprise, prennent souvent des années à se reformer.

Parlez-en à Johnny Lagacé qui, à 41 ans d’ancienneté au Hilton de Québec, a connu la grève de neuf mois en 1992. « L’employeur avait été obligé de demander l’aide de compagnies spécialisées pour reconstruire la confiance. Ils avaient commencé à donner des cours de français, d’anglais et à organiser toutes sortes d’activités. C’est revenu, mais très tranquillement. Ça a pris deux, trois ans pour oublier », dit-il.

Les Industries Mailhot et Rolls-Royce Canada devraient peut-être y penser par deux fois avant de s’engager dans un long conflit. Car la raison fondamentale, pour une entreprise, de faire perdurer un conflit, est la suivante : briser les liens syndicaux.

À cela, le remède est connu : la solidarité ! Nous vous invitons par ailleurs à soutenir les syndicats en conflits depuis plus de trois mois en contribuant à notre campagne de financement.

Une entente de cinq ans à l’usine de La Pocatière

Le Syndicat des employés de Bombardier à La Pocatière (CSN) vient d’adopter un nouveau contrat de travail de cinq ans qui assure de meilleures conditions de travail et pave la voie à l’obtention de nouveaux contrats. Les deux tiers des membres ont accepté la dernière offre patronale, qui prévoit des augmentations moyennes cumulatives de 13,95 % en cours de convention collective. Dans le cas précis des soudeurs, la hausse salariale totalise 23,56 %.

Selon le conseiller syndical au dossier, Christian Beaulieu, l’employeur cotisera davantage au régime de retraite et l’assurance collective continuera à être payée à 100 % par la compagnie. Autrefois propriété de la division ferroviaire de Bombardier, l’usine de la multinationale d’origine française Alstom emploie actuellement environ 150 des 300 employé-es qu’elle comptait durant ses belles années. « En l’absence de contrats d’importance, l’usine vivote depuis quelques années, admet le conseiller syndical. Mais avec de nouveaux contrats, le bon temps va revenir. »

« Le niveau d’emploi est à son plus bas et, chaque fois qu’il y a des mises à pied, il y a aussi des travailleurs qui partent et qui se replacent ailleurs », reconnaît aussi Louis Bégin, président de la Fédération de l’industrie manufacturière de la CSN.

En route pour le TGF
Mais l’optimisme reste de rigueur. « Toutes les planètes sont maintenant bien alignées, ajoute le président de la FIM. Toutes les bonnes cases sont cochées pour permettre à la compagnie de décrocher le contrat de fabrication du train à grande fréquence (TGF). » Il y a quelques semaines, Ottawa a lancé un appel de propositions pour le matériel roulant de ce lien ferroviaire projeté entre le Québec et l’Ontario. « La conclusion d’une nouvelle convention collective démontre la qualité des relations de travail chez Alstom. Elle est désormais bien positionnée pour obtenir cet important contrat fédéral. »