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68e congrès de la CSN

Choisir l’espoir pour bâtir nos services publics de demain

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L’état des services publics est grandement préoccupant. Dans le collimateur des gouvernements depuis des décennies, ils se dégradent au rythme des réformes centralisatrices et de l’austérité constante.

C’est à partir de ce constat que la politologue, autrice et chroniqueuse politique Josée Legault, a posé une rude question : les services publics au Québec ont-ils encore un avenir ?

Comme nous, elle répond par l’affirmative, bien qu’elle constate que des forces cherchent à les miner plus que jamais.

Avec les élections qui approchent, nous devons faire entendre nos voix pour que ces services occupent une place dans le débat collectif.

Revenir aux sources

Lors de sa conférence, Josée Legault nous a donné l’occasion de prendre du recul, pour rappeler l’objectif poursuivi par le Québec en développant les services publics.

Au sortir de la Grande Noirceur, le Québec avait accumulé un retard majeur. Le déploiement des réseaux de l’éducation et de la santé avait pour objectif de changer les choses. Au chapitre des bonnes nouvelles, nous constatons que les services publics ont permis à des milliers de Québécoises et de Québécois de profiter d’une ascension sociale qui a changé leur vie, tout en freinant le décalage que nous avions accumulé vis-à-vis du Canada anglais.

Mais dès que notre État social a porté ses fruits, les premières attaques ont surgi. Ces services publics, pourtant encore tout nouveaux et fragiles, sont alors la cible de la poursuite du déficit zéro.

Le privé voit une opportunité d’affaires

En parallèle à la dégradation des services publics, un marché privé croît progressivement.

Le Québec, qui se distinguait pour son filet social généreux misant sur l’égalité des chances, prend depuis un chemin différent. En santé et services sociaux, le privé prend de plus en plus de place et trop de citoyennes et de citoyens doivent sortir la carte de crédit pour accéder à des services au privé.

En éducation, la situation n’est pas plus rose. Nos écoles tombent en ruine et la ségrégation scolaire accentue les inégalités sociales. Longtemps fer de lance de l’égalité des chances, notre réseau de l’éducation remplit de moins en moins sa mission pendant que l’école à trois vitesses vit ses belles heures.

La polarisation ambiante se matérialise en deux camps : d’un côté, une vision décomplexée qui défend le privé face aux échecs de nos services publics. De l’autre, un projet de consolidation de notre filet social.

Renforcer les services publics pour le bien commun et l’économie québécoise

Ce n’est pas nouveau, à la CSN, nous avons choisi notre camp. Nous avons toujours été au cœur de la lutte pour bâtir un État social où les services sont octroyés sur la base des besoins et non de l’épaisseur du portefeuille.

Ce qui alimente notre espoir, c’est que nous ne sommes pas seuls. Non seulement de nombreuses organisations de la société civile se battent avec nous pour le bien commun, mais la vaste majorité de la population est d’accord avec nous. C’est ce que révèle un récent sondage Léger commandé par la CSN qui démontre que les Québécoises et les Québécois se méfient du privé à but lucratif en santé et en éducation. Plus fort encore : il révèle que trois personnes sur quatre sont en faveur d’une meilleure redistribution de la richesse afin d’améliorer nos services publics.

Le tableau est sombre. Le camp adverse a déjà gagné du terrain en profitant de la détérioration des services publics. Mais nous ne pouvons pas tomber dans le désespoir. Comme le dit madame Legault, quand on mesure l’ampleur du recul, on mesure aussi l’ampleur du terrain à reconquérir.

Le Québec doit se reconstruire et nous devons faire entendre notre voix. À celles et ceux qui voudraient nous faire taire, nous devons répondre plus fort encore que nous lutterons chaque jour pour un autre Québec. C’est pourquoi la CSN va continuer le combat pour un renforcement des services publics universels, accessibles et de qualité, sur l’ensemble du territoire québécois.

Pour plus d'information, contacter la CSN.