« Je me sens presque comme à la maison », exprime Unai Oñederra Egaña, responsable de la formation et de la stratégie souverainiste à la confédération syndicale du Pays basque Sud, Euskal Langileen Alkartasuna (ELA), pour décrire son expérience au 68e Congrès de la CSN.
« La CSN, comme le nôtre, est un syndicat combattif avec au centre de sa stratégie la grève et la résistance », ajoute-t-il.
Annick de Ruyver, du service international à la Confédération des syndicats chrétiens (CSC) en Belgique, note une ambiance particulière à la CSN. « Je trouve que la manière dont vous parlez de vos membres et dont vous êtes fiers de vos travailleurs, c’est vraiment particulier, décrit-elle. La façon dont vous mettez en avant leurs actions. C’est vraiment eux qu’on voit ! »
Malgré les différences structurelles entre les syndicalismes français et québécois, Maher Tekaya, secrétaire confédéral responsable du dossier Europe à la Confédération française démocratique du travail (CFDT), se reconnaît dans les valeurs de la CSN. En particulier l’importance de la démocratie et de la lutte contre les dérives affectant directement les travailleuses et les travailleurs.
Une distinction sur le concept d’autonomie syndicale a aussi été remarquée par Daniel Cornesse, secrétaire national responsable des affaires wallonnes à la CSC. « On a tendance, à la CSC, à organiser les éléments de manière homogène. Et ça se voit dans les détails. Vous avez une multitude de couleurs sur vos drapeaux. Chez nous, il y a une couleur et tout le monde l’utilise, avec le même drapeau et le même logo. Ç’a sans doute des avantages, mais on perd un peu de diversité d’actions. »
On le constate en discutant avec les invités internationaux au congrès, les enjeux décrits par la CSN sont aussi vécus par ces derniers. La mondialisation a standardisé plusieurs choses. Face à cela, Annick de Ruyver propose une meilleure collaboration intersyndicale. « Je dis souvent que chaque milieu syndiqué ayant un équivalent dans une même entreprise, ici au Québec, devrait établir des liens. Dans le contexte d’aujourd’hui, il faut trouver des moyens pour que nos délégué-es engagent des discussions, collaborent et partagent leurs réalités de travail et de vie. »
Pleins feux sur le syndicalisme américain
Les attaques contre les droits syndicaux que vit le Québec sont des scénarios bien connus pour Mark Meinster, directeur des programmes stratégiques chez United Electrical, Radio and Machine Workers of America (UE). « C’est important de se souvenir que ces attaques ont déjà eu lieu aux États-Unis », exprime-t-il. Aux États-Unis, les syndicats sont régis par des règles encadrant leurs dépenses et l’usage qu’ils en font.

Quoi faire, pour éviter que se concrétise au Québec ce qui s’est passé de l’autre côté de la frontière ? Mark Meinster y va d’un conseil : « Aux États-Unis, les syndicats n’ont pas fait un bon travail pour combattre le discours antisyndical. Il aurait fallu rendre ses enjeux plus évidents et montrer concrètement comment le fait de contrôler les finances des syndicats affecte la vie des travailleuses et travailleurs directement. Il fallait générer ces discussions dans les milieux de travail. »
L’UE est une organisation de gauche qui se distingue des autres syndicats américains. Ils ont une idéologie beaucoup plus proche de celle de la CSN. « Une de nos ressemblances est le respect de l’autonomie des différents niveaux d’organisation », précise Mark Meinster.
Comme à la CSN, ils considèrent que l’avis des membres est primordial et doit orienter l’action syndicale. « Un syndicat est plus fort lorsqu’il est guidé par ses membres », conclut le militant.