Une annonce historique pour les travailleuses et les travailleurs

Après des mois de tergiversations, le gouvernement fédéral vient d’annoncer par voie de communiqué qu’un seul chantier s’est préqualifié pour intégrer la Stratégie nationale en matière de construction navale, il s’agit du Chantier Davie. « Il s’agit d’une annonce historique pour les travailleuses et les travailleurs, l’injustice de 2011 est enfin réparée », se réjouit Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN).

« C’est une grande victoire qui est le fruit du travail acharné des syndicats du chantier, du conseil central et de toute la CSN », souligne Ann Gingras. Pour la présidente du conseil central, la nouvelle ne pouvait pas mieux tomber, à la veille de Noël. « Après des années d’incertitudes, les travailleuses et les travailleurs vont enfin pouvoir se projeter dans l’avenir et cesser de s’inquiéter pour la pérennité de leur gagne-pain », rappelle Ann Gingras pour qui l’inclusion dans la Stratégie nationale de construction navale vient assurer du travail à la Davie pour au moins deux générations.

Rappelons que la Stratégie nationale en matière de construction navale est un projet à long terme qui vise à renouveler la flotte fédérale de navires. Il s’agit d’un partenariat forgé avec les chantiers maritimes afin de construire au pays les navires de la Marine royale canadienne et ceux de la garde côtière. On parle de contrats de plusieurs dizaines de milliards de dollars échelonnés sur plusieurs décennies. Lors de son lancement, en 2011, le Chantier Davie avait été écarté de la stratégie au profit de deux autres chantiers canadiens de moins grande envergure. Il est évident depuis des années, que les deux chantiers retenus à l’époque ne suffisent pas à la tâche et sont incapables de livrer la marchandise tandis que la Davie est sous-utilisée et vivote faute de contrats de construction navale.

« C’est réellement une injustice qui a été faite à la Davie et au Québec lors du lancement de la Stratégie nationale en matière de construction navale en 2011, il fallait absolument la réparer et c’est pour ça que nous nous sommes tant mobilisés sur ce dossier, aujourd’hui on peut crier victoire et se dire que grâce à la mobilisation de tous les acteurs concernés la justice a prévalue », dit Ann Gingras qui rappelle toutefois que l’annonce d’aujourd’hui ne garantit toujours pas de travail à court terme. « Pour boucler la boucle, il ne manque plus que l’annonce de contrats de construction pour Chantier Davie, que ce soit la construction du Diefenbaker, un brise-glace dont le contrat a été retiré à un chantier de la côte ouest récemment, ou un deuxième navire ravitailleur, l’Obélix, » conclut Ann Gingras.

Le CCQCA appuie la coopérative du Soleil

Le Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN) répond à l’appel des travailleuses et des travailleurs du Groupe Capitales Médias et donne son appui à la coopérative du Soleil. Le comité exécutif de l’organisation syndicale vient de signer une lettre d’engagement de 10 000 $ pour le projet de coopérative.

« Soyons clairs, la disparition du Soleil serait une catastrophe pour la région », a déclaré la présidente du conseil central, Ann Gingras. Mais pour la syndicaliste, la crise que traverse le Groupe Capitales Médias peut se transformer en opportunité historique : celle de redonner Le Soleil à ses artisans et à sa communauté. « Le projet d’une coopérative de solidarité nous semble le bon véhicule pour permettre la mobilisation de toute la communauté », explique celle qui siège au comité de coordination de la campagne de contribution volontaire pour le démarrage de la coopérative du Soleil.

Le conseil central lance à son tour un appel à toutes les forces vives de la région, aux syndicats, aux organisations sociales et à la population pour soutenir le quotidien plus que centenaire. « Ensemble, on peut sauver Le Soleil et la diversité de l’information », s’enthousiasme Ann Gingras. « Imaginez une presse réellement indépendante, entièrement consacrée à son rôle d’information, imaginez une presse ne devant rendre de comptes qu’à la communauté qui la supporte ! Il me semble que c’est une aventure emballante qui mérite tout notre appui. »

Le temps presse

Rappelons que le Groupe Capitales Médias s’est placé, cet été, sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité et que les offres de reprises doivent être déposées auprès du syndic le 25 octobre prochain. Les promoteurs espèrent récolter plus de 500 000 $ d’ici là pour financer la coopérative du Soleil. Les personnes et les organisations désirant en savoir plus et contribuer au projet peuvent visiter le site coopmonjournal.com. Si jamais le syndic ne retenait pas le projet de coopérative, toutes les sommes recueillies seraient retournées aux contributeurs.

Outils Garant : Entente de principe adoptée à 86%

Les membres du Syndicat des travailleuses et des travailleurs des Outils Garant (CSN) ont adopté à 86 % l’entente de principe ratifiant la convention collective qui leur était présentée ce matin en assemblée générale. La nouvelle convention collective, d’une durée de 5 ans, arrivera à échéance le 12 octobre 2023.

Rappelons que le 26 février dernier, les membres du syndicat avaient rejeté à 87 % une première entente de principe jugée insuffisante et adopté à l’unanimité un mandat de moyens de pression excluant la grève.

« Nous sommes contents après six mois de négociation d’avoir franchi cette étape, a déclaré Maxime Jobin, président du syndicat. C’est une bonne entente qui comporte des améliorations pour nos membres et permet de rattraper certains retards. Maintenant, le syndicat s’engage dans la négociation d’une première convention CSN pour les membres de notre nouvelle section à Woodstock, au Nouveau-Brunswick. »

Faits saillants
La nouvelle convention collective comporte quelques gains intéressants dont une quatrième semaine de vacances après 10 ans de service au lieu de 15, une augmentation de 16 % de la part de l’employeur pour l’assurance collective, une amélioration de la prime pour certificat en électricité, une nouvelle prime pour la formation, une nouvelle prime de surveillance, une nouvelle prime d’affûteur et une nouvelle clause sur les « tempêtes hivernales ».

La convention collective prévoit des augmentations de salaire de 11,5 % sur cinq ans. Les augmentations sont rétroactives au 12 octobre 2018 et seront payables dans les 30 jours.

Vote de moyens de pression

Les membres du Syndicat des travailleuses et des travailleurs des Outils Garant – CSN ont rejeté à 87 % l’entente de principe qui leur était présentée cet après-midi en assemblée générale. Un vote de moyens de pression, qui a récolté 100 % d’appui, a été réalisé dans la foulée.

« Le message des membres est clair : dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, la compagnie devra faire plus pour demeurer attractive », a déclaré Maxime Jobin, président du syndicat. « Nous retournons à la table de négociation avec un mandat très fort de nos membres ; les gens sont en colère et se disent qu’en tant que salariés d’une entreprise centenaire, ils méritent plus de respect », explique-t-il.

« Les travailleuses et les travailleurs des Outils Garant peuvent compter sur l’appui indéfectible du conseil central pour obtenir une convention collective qui correspond davantage à leurs aspirations », a assuré Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CSN).

Une hypothèse de règlement adoptée à 71 % par les membres

Les travailleuses et les travailleurs auront bientôt une première convention collective à la Coopérative funéraire des Deux Rives. Une hypothèse de règlement, soumise par la médiatrice-conciliatrice du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Françoise Chevarie, a en effet été adoptée à 71 % hier soir, lors d’une assemblée générale tenue au Club social Victoria, à Québec.

« Le chemin a été long et tortueux, mais nous y sommes arrivés grâce à la motivation et à la détermination des membres! », s’est exclamée Catherine Caron, présidente et membre du comité de négociation du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la Coopérative funéraire des Deux Rives (CSN), « nous sommes très contents du résultat et des gains que nous avons fait considérant qu’il s’agit d’une première convention collective. L’histoire ne se termine pas ce soir, elle commence. Nous avons maintenant une bonne base à partir de laquelle nous allons pouvoir faire des progrès dans les années à venir ».

Des gains conséquents

Entre autres gains qui seront inscrits dans cette première convention collective, soulignons notamment la reconnaissance de l’ancienneté, la protection contre le travail des cadres, la mise en place de règles applicables à toutes et à tous pour les horaires de travail, un comité conjoint sur l’équité salariale, l’ajout d’un plancher d’emplois et la création de plusieurs postes.

Au plan monétaire, les augmentations salariales sont de 3,5 % les deux premières années et de 2,5 % la troisième. Une rétroactivité salariale est prévue au 1er janvier 2018 et la progression dans les échelons sera plus rapide. Pour ce qui a trait aux RÉER, le groupe passe à Fondaction et l’employeur augmente sa contribution à 3,4 %. La convention collective arrivera à échéance le 30 juin 2020.

Mobilisation pour appuyer la création d’un tribunal spécialisé en matière d’agression sexuelle

Une cinquantaine de membres du comité des femmes du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CSN) vont se mobiliser en début d’après-midi aujourd’hui pour appuyer la création d’un tribunal spécialisé en matière d’agression sexuelle. Les syndicalistes et leurs alliées se rendront devant le palais de justice de Québec vers 13 h 30.

« Selon les données de 2014 de Statistique Canada, seulement 5 % des agressions sexuelles au Canada font l’objet d’un signalement et seulement 3 sur 1000 se soldent par une condamnation, rappelle Barbara Poirier, vice-présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CSN). Le déni de justice pour les survivantes, encore récemment illustré dans quelques cas très médiatisés, est inacceptable. Comme société, nous pouvons et nous devons faire mieux. »

Le comité des femmes du conseil central a décidé de se mettre en action en marge d’une journée thématique en condition féminine. Les militantes se rendront collectivement au palais de justice afin d’appuyer la création d’un tribunal spécialisé en matière d’agression sexuelle. « Nous voulons saluer l’initiative en ce sens des différents partis représentés à l’Assemblée nationale et réaffirmer que nous demeurerons vigilantes sur la question de la violence faite aux femmes », explique Barbara Poirier.

Pénurie de médecins en réadaptation

Le Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale (SPTSSS–CSN) s’inquiète de la pénurie de médecins à l’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ). Depuis le 20 janvier, faute de médecins pour faire les admissions, les services de réadaptation des personnes ayant subi notamment un AVC, un traumatisme crânio-cérébral ou une blessure à la moelle épinière ont été transférés à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus. « Nous interpellons ce matin la ministre de la santé et des services sociaux, Danielle McCann, afin de trouver rapidement une solution » a déclaré le président du syndicat, François Proulx-Duperré.

Une situation préoccupante

À la suite de plusieurs départs à la retraite et à la réforme Barrette (loi 20), le nombre de médecins généralistes à l’IRDPQ est passé de douze, en 2015, à deux, aujourd’hui. Le manque de couverture médicale a progressivement empêché de faire les admissions des patientes et patients en provenance de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus. Une des solutions temporaires développées par la direction du CIUSSS de la Capitale-Nationale est de commencer la réadaptation à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus.

« C’est une situation extrêmement préoccupante parce que c’est pendant les trois premiers mois que le processus de récupération est optimal », explique Véronique Thibeault, représentante du secteur de l’IRDPQ au SPTSSS–CSN. « La réadaptation à l’hôpital ne peut être équivalente si les gens ne bénéficient pas de la même intensité de traitement et si les plateaux de traitements ne sont pas adaptés ». L’accès aux services de réadaptation est essentiel pour permettre aux personnes de retrouver une participation sociale et une qualité de vie. L’IRDPQ est un centre spécialisé reconnu mondialement grâce à ses plateaux techniques et ses équipes spécialisées. « À l’IRDPQ, on a des équipes multidisciplinaires et les soins sont centrés sur la personne », souligne la représentante syndicale, « c’est très différent d’une culture hospitalière ».

Genèse d’une pénurie

Actuellement, l’IRDPQ a les autorisations et les crédits nécessaires pour accueillir cinq médecins généralistes. « Le problème, c’est qu’avec la loi 20, pour les médecins, ce n’est plus intéressant de venir à l’IRDPQ », explique Sébastien Collard, secrétaire général du SPTSSS–CSN et lui-même neuropsychologue à l’IRDPQ. Rappelons que la réforme Barrette impose aux médecins généralistes des quotas de patientes et patients et une présence en cabinet privé. « Les règles ministérielles, que d’aucuns qualifieraient de rigides, empêchent d’intégrer plus rapidement des médecins qui seraient intéressés mais qui n’ont pas encore atteint leurs quotas sur papier », indique Sébastien Collard, « ça pénalise en quelque sorte une institution comme l’IRDPQ ».

La ministre McCann doit intervenir

La ministre Danielle McCann, qui a répété plusieurs fois depuis sa nomination qu’elle aurait plus de flexibilité que son prédécesseur, peut intervenir, selon le syndicat. « Nous demandons à la ministre d’autoriser les dérogations nécessaires pour permettre de rétablir rapidement la situation », explique le président du syndicat, François Proulx-Duperré, « c’est important d’agir rapidement parce que sinon on risque d’échapper des gens et ça aurait des conséquences dramatiques ».

« Plus globalement, il y a lieu de revisiter l’ensemble de l’œuvre du docteur Barrette », croit Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN). « La ministre Danielle McCann a l’occasion de réparer les pots cassés par son prédécesseur. Nous avions averti que les réformes mises en œuvre depuis 2015 auraient des effets pervers, on est en plein dedans. Dans le cas qui nous occupe, il y a des règles à assouplir pour éviter que la même situation se reproduise ailleurs ». Pour la présidente du conseil central, il est plus que temps de redonner un peu de flexibilité au système de santé et de services sociaux et de recommencer à en écouter les différents acteurs qui assurent les services et soins au quotidien.

Entente de principe à la Station Mont-Sainte-Anne

Une entente de principe est intervenue cet après-midi dans le dossier de la Station Mont-Sainte-Anne après une séance de conciliation.

Les membres du Syndicat des employé-es de la Station Mont-Sainte-Anne- CSN prendront connaissance du contenu de l’entente de principe et seront appelés à se prononcer lors d’une assemblée générale qui aura lieu le samedi 22 décembre. Le syndicat ne fera pas d’autres commentaires d’ici là.

 À propos du syndicat

Le Syndicat des employé-es de la Station Mont-Sainte-Anne – CSN compte entre 350 et 400 membres en haute saison. Il est affilié au Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN), à la Fédération du commerce (CSN) ainsi, bien entendu, qu’à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Vote de grève à la Station Mont Sainte-Anne

Réunis hier soir en assemblée générale, les membres du Syndicat des employé-es de la Station Mont Sainte-Anne (CSN) se sont donné à 77 % un mandat pour une banque de sept jours de grève à utiliser au moment jugé opportun.

Il y a déjà eu une quinzaine de séances de négociation dans ce dossier, négociations qui se poursuivent toujours. Le litige porte actuellement sur la date de fin de la prochaine convention collective et sur les salaires. Les dernières offres patronales ont été rejetées à 63 %.

Grève générale illimitée à la carrière Calco de Saint-Marc-des-Carrières

Les quarante salariés de production, membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des industries manufacturières (STTIM–CSN), section Graymont Portneuf, sont en grève générale illimitée à compter de 7 h, le 30 juillet 2018 pour dénoncer l’impasse dans la négociation qui achoppe principalement sur les clauses salariales.

Fort d’un mandat de grève voté à l’unanimité par les membres, lors de l’assemblée générale tenue le 21 juin 2018 et après des séances de conciliation infructueuses, le syndicat entend régler une grande iniquité dans le traitement salarial qu’offre l’entreprise Graymont (Portneuf) inc. Division Carrière Calco avec celui offert à ses deux autres divisions québécoises pouvant atteindre une différence allant jusqu’à 8 $ de l’heure pour la même fonction.

Par cette grève, le syndicat entend faire valoir le sérieux de ses demandes qui visent un rattrapage pour diminuer les écarts avec les autres salariés de Graymont et de la compétition. C’est une question de justice et de respect.

La CSN demande au gouvernement d’en faire plus

L’acquisition par le gouvernement fédéral de trois brise-glace qui seront convertis par le chantier naval Davie représente un début, mais n’est pas à la hauteur des attentes de la CSN et de ses organisations affiliées.

« Cette annonce n’est pas nouvelle; le gouvernement avait déjà publicisé il y a quelques mois l’acquisition des trois brise-glace. Aujourd’hui, il est venu détailler les retombées qui en découleront : les créations d’emplois seront moins élevées que prévu et s’établiront à environ 200 emplois, ce qui est décevant; il faudra faire bien plus pour assurer la survie du chantier à long terme et éviter les impacts négatifs sur la région », a souligné d’entrée de jeu le président de la Fédération de l’industrie manufacturière, Louis Bégin.

Rappelons que la Davie avait proposé il y a deux ans au gouvernement fédéral un projet de conversion de quatre brise-glace; d’ailleurs, le premier ministre Trudeau lors de son passage à Québec avait annoncé en grande pompe le début de la négociation entre la Garde côtière et le chantier naval pour leur acquisition. « C’est 800 emplois qui auraient été générés alors qu’on nous en annonce aujourd’hui 200 sur deux ans. Pourquoi le chantier, qui continue à détenir 50 % de la capacité de production du pays, n’obtient-il que 1 % des contrats fédéraux à ce jour? La donne doit changer en prévision des appels d’offres du fédéral pour le renouvellement de sa flotte de brise-glace », a souligné aussi Louis Bégin.

Retenir la main-d’œuvre
Pour la présidente du conseil central de Québec Chaudière-Appalaches, la situation continue à être inquiétante à la fois pour les travailleurs du chantier que pour les emplois créés indirectement. « Environ 250 travailleurs syndiqués s’y activent actuellement afin d’achever le dernier traversier commandé par la Société des traversiers du Québec, alors qu’ils étaient 1 000 à l’arrivée au pouvoir du gouvernement Trudeau, souligne-t-elle. Quand celui-ci sera livré, il ne restera que les contrats pour les trois brise-glace dont il est question aujourd’hui, somme toute assez modestes, car le carnet de commandes est vide. Que seront devenus les travailleuses et travailleurs qui ne se seront pas retrouvé un emploi à la Davie? Déjà, plus de 300 syndiqué-es ont remis leur démission. Aurons-nous la main-d’œuvre experte nécessaire pour que le chantier puisse se qualifier dans le cadre des appels d’offres à venir? »

La Davie dans la Stratégie nationale
« Seaspan sur la Côte Ouest et Irving dans les maritimes ne respectent pas les échéanciers et les coûts explosent, a finalement affirmé le secrétaire de la CSN, Jean Lortie. Le Diefenbaker, appelé à remplacer le quatrième navire qui n’a pas été retenu par le gouvernement, devait être livré par Seaspan en 2017 au coût de 750 millions. Il sera retardé vers 2025 et le coût à ce jour s’élève à

1,3 milliards, qui viennent de la poche des contribuables. Les travailleuses et travailleurs de la Davie ont prouvé avec le navire Asterix leur grande expertise et leur capacité à livrer à temps. Nous attendons du gouvernement qu’il en tienne compte à l’automne afin de corriger la Stratégie nationale de construction navale en y intégrant la Davie. Il n’y a aucune raison pour que ce chantier performant et qui a fait ses preuves en soit exclu », a-t-il finalement conclu.

Une annonce qui manque de vision à long terme

La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), le Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN) et la Confédération des syndicats nationaux (CSN) prennent acte de l’octroi du contrat d’acquisition et de conversion de trois brise-glaces commerciaux de taille moyenne au chantier Davie de Lévis. Les trois organisations rappellent cependant au gouvernement qu’il s’agit d’une solution à court terme à un problème récurrent qui pourrait être réglé en partie en reconnaissant le chantier Davie dans la Stratégie nationale de construction navale.

« C’est évident, c’est une nouvelle que nous attendions avec impatience, annonce Louis Bégin, président de la FIM–CSN. À court terme, ça va rassurer les travailleuses et les travailleurs de la Davie, leur donner une certaine sécurité d’emploi. Ça va probablement permettre aussi de rappeler des employé-es au travail. On déplore par contre le fait que le gouvernement donne 15 jours aux autres fournisseurs pour signaler leur intérêt pour ce projet. On octroie le contrat à la Davie ou on ne l’octroie pas. Le gouvernement doit arrêter ce manège. Surtout que ce n’est pas une solution qui assure la pérennité des emplois à long terme sur le chantier. Pour ça, il faudrait que le gouvernement fédéral fasse le pas de plus et reconnaisse une fois pour toutes le chantier Davie de Lévis dans la Stratégie nationale de construction navale. Cette reconnaissance permettrait enfin à la Davie d’obtenir des contrats pour des navires de grande taille, ce que le chantier est déjà capable de faire à l’heure actuelle. Ces contrats sécuriseraient beaucoup plus d’emplois sur une plus longue période. »

« La Davie a la main-d’œuvre nécessaire pour faire beaucoup plus que la conversion de navires de taille moyenne, poursuit Jacques Létourneau, président de la CSN. Le personnel détient l’expertise requise et le chantier n’a pas besoin de modifications majeures pour pouvoir travailler sur des navires de grande taille. En allant du côté de Seaspan sur la côte ouest et d’Irving dans les maritimes, le gouvernement fédéral est passé à côté d’une belle occasion de sauver des millions de dollars. Dans la réalité, les chantiers choisis dans le cadre de la Stratégie nationale de construction navale ne sont pas en mesure de livrer la marchandise et doivent moderniser et agrandir leurs installations à coup de millions de dollars pour y arriver. Plusieurs années plus tard, aucun navire n’a été livré par ces deux chantiers. Le chantier de la Davie est prêt, les travailleuses et les travailleurs sont prêts, il ne manque que les navires. L’annonce d’aujourd’hui va aider dans l’immédiat, mais le gouvernement doit en faire plus. »

« Plus de cinq mois après la déclaration du premier ministre, nous sommes grandement déçu de voir que l’on passe de quatre à trois brise-glaces, il manque le plus grand navire alors que celui sensé le remplacer, le Diefenbaker qui devait être livré en 2017 ne le sera pas avant 2025 au plus tôt. Il faut être conscient que c’est le minimum pour les travailleuses et les travailleurs du chantier. La Davie a 50% de la capacité de production du pays mais n’a reçu que 1% des contrats fédéraux à date. Donc aujourd’hui, nous prenons acte de cette annonce partielle qui était attendue depuis longtemps. Mais si on veut assurer une stabilité au chantier et, du même coup, des retombées économiques importantes pour la région, le gouvernement doit cesser de tourner autour du pot et lancer dès maintenant des projets de plus grande envergure avec la Davie » conclut Ann Gingras, présidente du CCQCA-CSN.

Chantier Davie est prêt

Les 300 délégué-es de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), réunis en congrès cette semaine à Lévis, se sont rendus en fin d’après-midi au chantier maritime de la Davie pour souligner l’engagement de la CSN et de Chantier Davie Canada à tout mettre en œuvre afin d’assurer la pérennité du plus important chantier naval au Canada. Le rassemblement réunissait les salarié-es du chantier, leurs syndicats, les cadres, le personnel de direction ainsi que des membres de la communauté.

« Grâce à notre mobilisation, tant sur le plan local, régional que national, avec l’appui de la CSN, nous avons obtenu quelques engagements qui nous ont permis d’éviter une fermeture complète du chantier. On a encore beaucoup de pain sur la planche pour s’assurer d’une véritable pérennité du chantier. Au nom des syndicats CSN du chantier et de tous les travailleurs, je tiens à remercier toute la communauté pour son appui extraordinaire », se réjouit le président du Syndicat des travailleurs du chantier naval de Lauzon (CSN), Régent Guay.

« Le Canada a besoin plus que jamais de son plus grand chantier naval, Chantier Davie. Le gouvernement le reconnaît dans ses propres rapports de manière catégorique : la flotte fédérale rouille plus vite qu’elle ne peut être remplacée. Où les autres ont échoué, Davie a prouvé sa capacité à réaliser les programmes dans les délais fixés et selon le budget prévu », poursuit le président et chef de la finance de Davie, James Davies.

« On attend davantage du gouvernement Trudeau, enchaîne le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau. Le gouvernement a la responsabilité d’assurer un partage équitable des retombées économiques des contrats qu’il octroie lui-même. En excluant le plus gros chantier maritime du Canada de sa stratégie maritime, le gouvernement nuit énormément au développement économique de toute la région. Un changement de cap s’impose. »

Pour Louis Bégin, président de la FIM–CSN, à laquelle sont affiliés les trois syndicats du chantier naval, la mobilisation de tous les acteurs doit se poursuivre jusqu’à ce qu’on obtienne des annonces véritablement structurantes assurant l’avenir de la Davie. « Le Canada doit soutenir ses industries de pointe et la première façon de le faire est de s’assurer que les contrats qu’il octroie lui-même aient des retombées positives pour toute la population. Si ce chantier ferme par manque de travail, c’est une perte nette d’expertise pour l’entreprise, car ces travailleurs qualifiés vont se replacer ailleurs et la relance sera encore plus difficile. Comme plus grand donneur de contrats dans le domaine, il est important que le gouvernement planifie ses décisions de façon à jouer un rôle de levier pour consolider l’industrie et les emplois. »

La présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches, Ann Gingras, était également présente lors de ce rassemblement. « Nous allons continuer de frapper à toutes les portes pour que le gouvernement fédéral agisse afin de corriger l’incroyable injustice qui règne depuis sept ans maintenant dans notre région. Les députés et les ministres fédéraux n’ont pas fini de nous voir et de nous entendre. Nous maintiendrons la pression tant que Davie n’obtiendra pas sa juste part des contrats fédéraux qui est bien au-delà du maigre 1% des contrats octroyé à date, particulièrement en cette année pré-électorale qui débutera prochainement. »

Offres acceptées à 54,2 %

Les travailleuses et les travailleurs de l’usine de SICO, à Beauport, ont accepté hier à 54,2 % les dernières offres patronales. Ce vote à scrutin secret, tenu en assemblée générale, met fin à la grève générale qui durait depuis le 12 avril dernier.

La convention collective, d’une durée d’un an et demi, prévoit des augmentations de salaire de 2,5 %, rétroactives au 1er novembre 2017 et des augmentations de 1,5 % au 1er novembre 2018. La convention collective arrivera à échéance le 31 mars 2019.

C’est l’incertitude quant au renouvellement du contrat avec RONA, principal client de l’usine, qui a mené à la signature d’une convention collective plus courte qu’à l’habitude. Les membres du syndicat n’ont pas accepté de gaieté de cœur cette issue.

« À la lumière des résultats, il est apparent pour nous que les relations de travail et le climat de confiance sont à reconstruire à l’usine », a déclaré Sylvain Carbonneau, président du Syndicat des employé-es de SICO inc. (CSN).

Des milliers de signatures pour appuyer les tuteurs et les tutrices

Alors que l’administration de l’Université TÉLUQ persiste dans l’opération de mises à pied de la presque totalité de ses tuteurs et tutrices, des représentant.es de toutes les universités québécoises sont venus appuyer ce midi le Syndicat des tuteurs et des tutrices de la Télé-université-CSN (STTTU).  La présidente du syndicat, madame Nancy Turgeon, doit rencontrer, à cette occasion, le directeur général, monsieur Martin Noël, à son bureau de la rue du Parvis à Québec pour lui remettre des cartes de protestation signées par près de trois milles étudiant.es, enseignant.es et citoyen.nes.

Cet appui de la communauté a accru la détermination des tuteurs et des tutrices qui s’opposent au transfert de l’encadrement des étudiantes et des étudiants à une entreprise privée, l’Institut MATCI, et à des professeur.es sous contrat et à statut précaire. « Les personnes que nous avons rencontrées ont été estomaquées de la situation. Leur appui a été spontané et inconditionnel. Toutes les signatures ont été récoltées en moins de deux semaines dans les universités » souligne la présidente du syndicat.

L’attitude de la direction de l’université en laisse plusieurs perplexes. Selon Caroline Quesnel, secrétaire générale et trésorière de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQCSN), « l’Université TÉLUQ manque de transparence; elle a, selon nous, négocié de mauvaise foi et violé plusieurs dispositions du Code du travail. Elle a tenté de museler le syndicat par l’envoi de mises en demeure. Elle a choisi la voie juridique pour préserver l’encadrement des étudiantes et des étudiants par un partenaire privé et refuse de s’expliquer. La direction semble oublier qu’elle gère un établissement public financé par des fonds publics. C’est troublant et la situation mérite d’être clarifiée et dénoncée ».

Le syndicat a déposé plusieurs recours contre l’université notamment pour contrer le virage vers la sous-traitance, la précarisation et la désyndicalisation des emplois. Les tribunaux devront se pencher sur les différents litiges au cours des prochains mois ce qui permettra de soulever enfin une partie du voile qui assombrit la réputation de l’Université TÉLUQ.

« Il est tout à fait compréhensible que l’université souhaite se positionner positivement avec l’arrivée du eCampus, mais son attitude envers ses employés d’expérience la place parmi les pires employeurs du Québec. Il y a des limites à mépriser le monde, » souligne Yves Fortin, secrétaire général du  Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CCQCACSN).  « J’ai rarement eu affaire avec un employeur aussi arrogant. Un triste modèle pour les étudiantes et les étudiants de cet établissement » conclut-il.

Une délégation syndicale à Ottawa

Au lendemain de la grande marche régionale en solidarité avec les travailleuses et les travailleurs de la Davie, une délégation syndicale prenait la route pour Ottawa, aujourd’hui, à la suite de l’invitation de Martine Ouellette, chef du Bloc Québécois, afin d’interpeller le gouvernement fédéral.

Rappelons que faute de contrats fédéraux, une menace de chômage pèse sur plus de 800 travailleuses et travailleurs du chantier naval Davie, à Lévis. Or, la Marine royale canadienne et la garde côtière ont des besoins pressants et bien documentés que pourrait combler immédiatement la Davie. Selon de nombreux acteurs politiques, dont le premier ministre du Québec qui était présent à la grande marche d’hier, ce sont des hauts fonctionnaires qui bloqueraient l’octroi de contrats fédéraux à la Davie.

Au centre : Philippe Couillard, premier ministre du Québec. À droite : Yves Fortin, secrétaire général du Conseil central de Québec-Chaudières-Appalaches. Photo : Clément Allard

Actuellement, les deux autres chantiers maritimes du Canada en mesure de répondre aux besoins du fédéral sont surchargés et incapables de livrer la marchandise dans un délai et à un coût raisonnable. Tous les échéanciers sont dépassés et un deuxième navire de ravitaillement, tel que prévu dans la politique nationale de défense, est toujours nécessaire. Le projet de l’Obélix, tel que proposé par la Davie, reste la meilleure solution pour répondre rapidement aux besoins de la Marine royale canadienne. « Nous ne demandons pas la charité, mais l’équité! Le plus grand chantier maritime du Canada doit avoir sa part des contrats fédéraux, il faut que ça bouge et vite pour éviter que l’expertise acquise au chantier ne se disperse avec les mises à pied », a déclaré Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN).

Programme de la journée

L’arrivée des syndicalistes à la Chambre des communes est prévue à 13 h. Un point de presse avec Martine Ouellette est prévu à 13 h 15. La délégation assistera ensuite aux débats de la Chambre des communes durant lesquels les ministres du gouvernement concernés par le dossier seront interpelés.

La délégation syndicale est composée des représentantes et représentants des deux syndicats CSN du chantier Davie, du Conseil central de Québec–Chaudières-Appalaches (CSN) et de la Fédération de l’industrie manufacturière de la CSN.

Au micro : Réjean Guay, président du Syndicat des travailleurs du chantier naval de Lauzon inc. À Droite, Yves Fortin, secrétaire général du Conseil central de Québec-Chaudières-Appalaches et Pierre Fortin, président du syndicat des employés du corps de sécurité Davie. Photo : Clément Allard

À propos des syndicats

Le Syndicat des travailleurs du chantier naval de Lauzon inc. (CSN) et le Syndicat de la sécurité du chantier naval (CSN) comptent ensemble plus de 1 000 membres au chantier Davie. Ils sont affiliés à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN) qui rassemble plus de 30 000 travailleuses et travailleurs au sein de 320 syndicats répartis partout au Québec, ainsi qu’au Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN) qui représente plus de 250 syndicats regroupant 45 000 syndiqué-es. Pour sa part, la CSN compte plus de 300 000 membres dans toute la province provenant tant des secteurs privés que publics.

 

 

Le premier ministre Trudeau ne peut plus nous ignorer

Des centaines de personnes ont pris part à une marche de solidarité avec les travailleuses et les travailleurs du chantier naval Davie, dimanche à Lévis. De nombreuses personnalités politiques, dont le premier ministre du Québec et le maire de Lévis, participaient également à la marche. « Le premier ministre Trudeau ne peut plus nous ignorer », s’est exclamée Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN) qui organisait la marche en collaboration avec la compagnie. Les syndiqué-es porteront leur cause à Ottawa, dès lundi.

Photo : Nicolas Lefebvre Legault

Régent Guay, président du Syndicat des travailleurs du chantier naval de Lauzon inc., était ému de l’ampleur de la mobilisation. « Au nom des 800 personnes qui vont perdre leur emploi, si le gouvernement fédéral ne bouge pas rapidement, je veux vous remercier de vous être déplacé en si grand nombre, vous êtes la preuve que la population est attachée au chantier de la Davie et qu’elle en est fière », a-t-il déclaré.

Un front commun politique inédit
De nombreuses personnalités politiques se sont déplacées pour appuyer la cause des travailleuses et des travailleurs de la Davie démontrant ainsi l’ampleur du consensus politique au Québec, une première pour le chantier de Lévis. Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, qui avait annoncé sa présence la veille, a rencontré les responsables syndicaux en avant-midi et participé à la marche de solidarité. Le maire de Lévis, Gilles Lehouiller, un appui indéfectible au chantier, était également présent tout comme de nombreux maires de la rive-sud ainsi que le député de Lévis, François Paradis, le député de Bellechasse-Etchemins-Lévis, Steven Blaney, Martine Ouellette, chef du Bloc Québécois. Des délégations du NPD, du Parti Québécois et de Québec solidaire étaient également présentes.

Photo : Clément Allard

Traitement équitable
Pour le président de la Fédération de l’industrie manufacturière de la CSN, Louis Bégin, les gouvernements ont un rôle à jouer dans le développement d’une politique industrielle qui assure la création et le maintien de bons emplois. « En ce qui concerne la construction navale, il y a trois grands chantiers maritimes au Canada, dont Davie est le plus grand, on ne peut pas passer à côté », a-t-il déclaré. « On ne demande pas la charité, on exige un traitement équitable pour le Québec et notre juste part des contrats fédéraux pour la Davie, c’est une question de justice élémentaire. »

Ottawa interpellé
« Monsieur Trudeau, il est temps de corriger une injustice faite à la Davie », a une fois de plus martelé Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN), « c’est toute la population qui vous le dit aujourd’hui, vous ne pouvez plus nous ignorer ». Rappelons qu’en 2011 le gouvernement fédéral conservateur a octroyé pour 33 milliards de dollars aux chantiers Seaspan et Irving, ne laissant que des miettes pour le chantier de Lévis.

Ann Gingras annonce que la lutte se poursuit et que la CSN ne lâchera pas le morceau. « Dès lundi on va être à Ottawa pour interpeller le ministre de la Défense au sujet des contrats de la Marine royale canadienne », a-t-elle indiqué. En effet, des représentant-es des syndicats de la Davie ont été invités par Martine Ouellette, chef du Bloc Québécois à assister dans les tribunes aux débats en chambre alors que son parti interpellera le gouvernement à ce sujet.

À propos du syndicat
Le Syndicat des travailleurs du chantier naval de Lauzon inc. (CSN) a été fondé en 1949 et compte près de 1 000 membres au chantier Davie. Il est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN) qui rassemble plus de 30 000 travailleuses et travailleurs au sein de 320 syndicats répartis partout au Québec, ainsi qu’au Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN) qui représente plus de 250 syndicats regroupant 45 000 syndiqué-es. Pour sa part, la CSN compte plus de 300 000 membres dans toute la province provenant tant des secteurs privés que publics.

« Monsieur Trudeau, il est temps de corriger une injustice! »

Le Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN) et Chantier Davie Canada Inc. s’associent pour inviter la population à une marche régionale de solidarité avec les travailleuses et les travailleurs du chantier naval de Lévis. Les organisateurs soulignent qu’il s’agit d’une marche familiale à laquelle toute la population est conviée. La marche aura lieu le dimanche 3 décembre. Le rassemblement est à 13 h, au Cégep de Lévis-Lauzon, 205, route Monseigneur-Bourget. Veuillez noter qu’un service de navette sera offert après l’événement pour le retour des marcheurs vers leurs véhicules stationnés au cégep.

Front commun inédit

« Il est inhabituel de nous associer à un employeur pour une mobilisation, mais la cause est trop importante, plus de 800 bons emplois sont en jeu », déclare Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN). « Nous voulons passer un message clair au gouvernement fédéral, le chantier naval mérite sa juste part des contrats », explique Mme Gingras pour qui il s’agit d’un enjeu économique important pour la région.

La syndicaliste souligne que les appuis au chantier naval de Davie s’accumulent depuis plusieurs semaines. « On assiste à un véritable consensus régional regroupant syndicats, élu-es et gens d’affaires, le premier ministre Trudeau ne pourra pas nous ignorer éternellement. »

« Ce dimanche, nous marcherons unis en front commun pour envoyer un message clair à Ottawa. Assez, c’est assez. Il ne peut plus y avoir de mensonges et de dissimulations. Il est temps que le Québec soit traité de façon juste par le gouvernement fédéral », déclare Alex Vicefield, président de Chantier Davie Canada Inc.

Quoi :             Marche régionale de solidarité avec les travailleuses et les travailleurs de Davie
Quand :          Dimanche 3 décembre, 13 h
Où :                Cégep de Lévis-Lauzon, 205, route Monseigneur-Bourget

Le ministre joue sur les mots

Dans un communiqué émis hier, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, prétend rectifier les faits sur le décès survenu jeudi matin à Val-Bélair. Selon lui, il y aurait eu quatre ambulances disponibles au cours de cette intervention et non deux. « Le ministre joue sur les mots », affirme Frédéric Maheux, président de l’Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH–CSN).

Frédéric Maheux, Association des travailleurs du préhospitalier

« Ce que le ministre ne dit pas, c’est que deux des quatre ambulances dont il parle étaient en pause-repas, donc pas disponible immédiatement », explique le président de l’ATPH–CSN. Les véhicules en pause-repas ne sont pas considérés comme des ressources de premier plan parce qu’il y a des délais pour les faire intervenir. « Dans le cas précis de l’appel de jeudi matin, on ne peut dire que les normes ont été respectées à partir du moment où l’appel a changé de priorité. Le compteur ne recommence pas à zéro quand la priorité change. Ce qui compte pour le patient et sa famille, c’est le délai entre l’heure de l’appel et l’heure d’arrivée. On manipule les chiffres ici. S’il y avait eu assez de véhicules sur le terrain, nous serions arrivés avant que l’état du patient ne se détériore parce que le point stratégique le plus proche aurait été couvert, ce qui n’était pas le cas », déplore Frédéric Maheux. « Soit le ministre est mal informé, soit il tord la vérité pour marquer des points dans l’opinion publique », s’insurge M. Maheux.

« Les deux cas récents de décès ne sont que la pointe de l’iceberg », insiste Frédéric Maheux. Chaque jour les paramédics sont confrontés à des dizaines de cas de délais d’affectation anormaux à cause du manque de ressources. « Il ne s’agit pas d’inquiéter la population, mais de dénoncer une situation inacceptable et dangereuse», soutien Frédéric Maheux dont le syndicat n’a pas attendu les décès récents avant de tirer la sonnette d’alarme (rappelons qu’un communiqué sur la question a été émis le 27 septembre dernier).

« Je trouve déplorable que le ministre laisse entendre que les sorties sur le manque d’effectifs ambulanciers soient liées aux négociations », s’indigne Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN). « Nous intervenons régulièrement sur la question depuis 2003, les paramédics ne sont quand même pas en négociation depuis plus de 15 ans ! »

Actuellement, tant le CIUSSS de la Capitale-Nationale que les entreprises ambulancières, les syndicats et les paramédics sur le terrain déplorent le manque d’effectifs. « Le ministre ne peut pas se cacher derrière les négociations pour faire la sourde oreille et se fermer les yeux sur la réalité. Il se doit d’agir afin d’assurer la sécurité de la population », réplique Ann Gingras.

Rappelons que le dernier ajout d’ambulances dans la région de Québec date de 2012 et que les études s’accordent pour dire que les changements dans la population commanderaient d’en ajouter encore.

L’Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH–CSN) regroupe 330 paramédics de la région de Québec. Le Conseil central de QuébecChaudière-Appalaches (CSN) regroupe les syndicats CSN sur le territoire de la Capitale-Nationale et de la région de Chaudière-Appalaches. Il représente 240 syndicats et plus de 45 000 membres dans tous les secteurs d’activité.

Étonnement et déception

C’est avec étonnement et déception que les 70 employé-es syndiqués de l’usine Aliments Maple Leaf ont appris la fermeture de leur usine, prévue à l’été 2018. Rencontrés hier après-midi par l’employeur, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Maple-Leaf Saint-Anselme (CSN) s’expliquent mal les raisons qui ont poussé la direction à prendre une telle décision, d’autant que la production fonctionnait à pleine capacité. « Les lignes de productions roulaient actuellement à plein régime. On ne sentait pas de baisse de production. Au contraire, le travail ne manquait pas », explique le président du syndicat, Jean-François Renaud. L’usine, véritable institution dans la région de Bellechasse, aurait pu être réaménagée et modernisée, selon le syndicat. « Nous sommes déçus que l’employeur choisisse de transférer sa production à l’extérieur, plutôt que de procéder à une modernisation de notre usine. Ce sont des emplois qui ne reviendront jamais », a déploré le président du syndicat.

Maple Leaf doit tenir parole
La direction a annoncé que les premières mises à pied pourraient être effectuées au printemps 2018. D’ici là, elle s’est engagée à mettre en place des mesures atténuantes afin d’aider et d’accompagner les travailleuses et les travailleurs à se retrouver un emploi. « L’employeur s’est engagé à aider les gens qu’il mettra à pied. Il devra respecter cet engagement », a rappelé pour sa part David Bergeron-Cyr, président par intérim de la FC–CSN. « La Fédération du commerce sera présente pour ses membres jusqu’au bout. Nous nous assurerons que Maple Leaf traitera ses salariés avec respect. Dans l’immédiat, toutefois, elle doit rencontrer le syndicat afin de le tenir au fait des développements et entamer rapidement la transition. Notre conseiller au dossier a par ailleurs transmis ses disponibilités et attend le retour de l’employeur », a précisé M. Bergeron-Cyr.

Solidarité régionale
La présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches, Ann Gingras, assure elle aussi aux employé-es touchés, le soutien indéfectible du conseil central. «La fermeture de l’usine est un coup dur pour ces femmes et ces hommes, particulièrement à l’aube du temps des fêtes. C’est aussi un choc pour la région, car cette usine, autrefois connue sous le nom Charcuterie Roy, est une institution dans le coin. Cependant, l’industrie de la transformation alimentaire est bien implantée dans Chaudière-Appalaches. Nous allons soutenir les travailleuses et les travailleurs d’Aliments Maple Leaf, afin que les effets de cette perte soient minimisés et qu’ils puissent retomber rapidement sur leurs pieds », a annoncé Ann Gingras. « Nous mettrons notre solidarité régionale à contribution dans l’objectif que ces gens puissent se retrouver un emploi », a conclu la présidente.