Cri du cœur des RSG : « On ne peut pas en faire plus »

Responsable d’un service de garde (RSG) en milieu familial depuis près de 25 ans, Carole Dion est inquiète, très inquiète pour l’avenir de sa profession. La présidente du Syndicat des éducatrices et éducateurs en milieu familial de Sainte-Marie — CSN est témoin d’une montée sans précédent de l’angoisse et du stress chez les RSG.

« Juste dans notre syndicat, il y a une quinzaine de travailleuses qui n’ont pas rouvert ou qui ont carrément fermé pour toujours leur service de garde lors du déconfinement, c’est énorme », expose Carole Dion, « d’ici l’automne, ça va être l’hécatombe si on ne fait rien, le milieu va s’effondrer en raison des dépressions et des burnouts. Les filles sont tout simplement découragées. »

Un déconfinement épuisant
Les services de garde en milieu familial ont rouvert le 11 mai avec des ratios réduits à 50 %, soit de 3 à 4 enfants maximum selon la taille du service. « On a reçu un ensemble de règles sanitaires à respecter pour se protéger et protéger les enfants », explique Carole Dion, « c’est extrêmement lourd ».

Dès l’ouverture, les éducatrices doivent porter masques et gants. Lorsqu’il est impossible de garder une distance d’au moins 1 m avec un enfant, par exemple pour l’habillement, la visière est requise. Il est interdit de faire un câlin ou de serrer un enfant dans ses bras. Puisqu’il faut tout désinfecter en permanence, Carole Dion explique qu’elle a guenille, torchon et désinfectant à la main en tout temps.

« J’ai dû réaménager les locaux et vider la salle de jeu du trois quarts de son contenu –adieu peinture, pâte à modeler et casse-tête – et il y a un bac pour mettre les jouets en quarantaine dès qu’un enfant a fini de jouer avec », explique Mme Dion. Les enfants se doivent de respecter en tout temps la distance de 2 m entre eux. « La gestion de la distance ça va bien si c’est une même fratrie, mais dès qu’il y a plus d’une famille c’est l’enfer. »

Carole Dion précise que la journée de travail est loin de se terminer avec le départ des enfants. « Il faut tout, tout, tout désinfecter pour le lendemain », explique-t-elle. Un sondage auprès des membres du syndicat a révélé que les RSG mettaient en moyenne 1 h 30 à cette tâche. « Le surcroit de travail n’est bien sûr pas dédommagé, pas plus que les frais supplémentaires engagés pour acheter désinfectant et Purell », poursuit-elle.

Les RSG ne peuvent en faire plus
Pour l’heure, les ratios sont à 50 % de ce qu’ils étaient, mais le ministère a annoncé son intention de les faire passer à 75 % le 1er juin et à 100 % le 22 juin. « Les RSG sont découragées, juste l’organisation physique des milieux de garde a été un tour de force », explique Carole Dion, « mais c’est irréaliste de penser que l’on va pouvoir respecter les règles sanitaires si on augmente les ratios. » La présidente du syndicat donne en exemple les dîners. « En ce moment, je dois faire respecter les distances le midi alors il y a un siège vide entre chaque enfant, là ce sera impossible si le nombre d’enfants double ! »

Les responsables en service de garde sont stressées et angoissées par la situation. « On reçoit beaucoup d’appels de nos membres en ce moment, elles trouvent ça complètement irréaliste qu’on songe à leur en demander plus », explique Carole Dion, « je suis très inquiète pour l’avenir de la profession si on continue de presser le citron des éducatrices comme ça ». Pour la présidente du Syndicat des éducatrices et éducateurs en milieu familial de Sainte-Marie — CSN, c’est de plus en plus clair : dans l’immédiat il est impensable d’envisager des ratios plus élevés que 50 %.

« On fait le maximum pour protéger les enfants, mais c’est épuisant », conclut-elle, « on est inquiètes. Sans oublier qu’on ouvre nos maisons et on expose donc nos familles qui ont le droit, elles aussi, de se sentir en sécurité chez elles. Il y a des limites à ce qu’on nous exige. »

La Ville de Donnacona effectue des mises à pied massives

Prétextant une obligation de déficit zéro, la Ville de Donnacona effectue des mises à pied massives d’employé-es syndiqués permanents. Une avenue que très peu de municipalités au Québec ont choisi d’emprunter.

« Environ 60 % des employé-es syndiqués sont victimes de mises à pied à la suite du plan de contingence adopté par la Ville », dénonce Israël Leblanc, président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs municipaux de la Ville de Donnacona – CSN.

« Nous sommes surpris et déçus de la décision de la Ville. Ils nous ont présenté ça comme une stricte question budgétaire », de dire le président du syndicat, « nous avons été placés devant le fait accompli, sans être consultés ». Le syndicat n’a pas été informé d’un tel plan de contingence touchant les membres de la direction et du personnel-cadre. « Il y a lieu de se demander si toutes les options ont été étudiées sérieusement », confie monsieur Leblanc.

Pour le Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN), la municipalité n’agit pas en citoyen responsable en cette période de crise. « Ça n’aidera sûrement pas l’économie locale de rajouter des chômeurs alors que la ville, en tant qu’administration publique, a les moyens de faire autrement », croit Ann Gingras, présidente du conseil central, « nous nous serions attendus à plus de jugement et d’empathie ».

La présidente du conseil central souligne par ailleurs qu’il n’y a pas de mot d’ordre des instances municipales ou gouvernementales à l’effet de couper dans la masse salariale afin d’équilibrer les budgets. « En fait, ça va à l’encontre de l’essence du message des gouvernements qui demandent plutôt aux organisations de tout faire pour garder leurs salariés à l’emploi avec plusieurs mesures de soutien », souligne-t-elle.

« L’administration municipale ne doit pas oublier qu’il y aura un après-crise du coronavirus, conclut Israël Leblanc, le syndicat souhaite préserver un climat de travail sain et c’est pourquoi nous aurions souhaité que la ville discute au préalable avec nous afin de trouver des solutions plus humaines ».

Chantier Davie est le seul choix logique pour construire le Diefenbaker

Le gouvernement du Canada a annoncé aujourd’hui qu’il consulterait l’industrie sur le remplacement du brise-glace polaire Diefenbaker. Plus précisément, le gouvernement a publié une « demande de renseignements » pour connaître les capacités des chantiers navals canadiens afin de « construire et de livrer un brise-glace de classe polaire ».

Le communiqué gouvernemental précise qu’il s’agit d’une procédure d’approvisionnement standard et que « les renseignements recueillis aideront le gouvernement à déterminer la meilleure façon de procéder pour que le brise-glace soit livré de la manière la plus efficace et le plus rapidement possible ».

« Il est évident que Chantier Davie est le seul choix logique pour remplacer le Diefenbaker », a déclaré Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN), « surtout si l’objectif est que le brise-glace soit ‘’livré de la manière la plus efficace et le plus rapidement possible’’. Seaspan, qui en avait la responsabilité, devait livrer ce brise-glace en 2017. La construction n’est même pas commencée et les budgets ont plus que doublé. C’est l’argent des contribuables ».

Rappelons que les deux autres chantiers navals canadiens potentiellement en mesure de livrer un tel navire ont déjà un carnet de commandes rempli et accumulent les retards. En comparaison, Chantier Davie n’a pas de navire en construction à l’heure actuelle. Il est le plus gros chantier naval au Canada et concentre 50 % de la capacité de construction du pays. « Nos travailleurs ont une grande expérience dans la construction des navires y compris les brise-glaces. Ils ont fait leurs preuves à plusieurs reprises. Il est plus que temps de les reconnaître », conclut Nicolas Samson, vice-président du syndicat.

Le réseau de la santé doit redevenir un employeur de choix

N’eût été la sévère pénurie de main-d’œuvre, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale aurait fait un déficit de 14 M$ en 2019. À la place, l’organisation a atteint l’équilibre budgétaire. La différence entre les prévisions et le résultat final ? 150 000 heures de travail qui n’ont finalement pas été payées faute de personnel pour donner les services à la population.

Tout indique que le même scénario va se reproduire en 2020. Le portrait n’est guère plus rose dans le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec et dans le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Chaudière-Appalaches, ont révélé les syndicats CSN du réseau de la santé et des services sociaux de la région en conférence de presse ce matin.

Des employé-es à bout de souffle
C’est un fait connu et documenté, une sévère pénurie de main-d’œuvre frappe le système de santé et de services sociaux. Ce qui est peut-être moins connu, c’est que la pénurie touche un très large éventail de titres d’emploi. « Étant donné leur importance dans le système et la sévérité de la pénurie qui les touche, on a beaucoup parlé des préposé-es aux bénéficiaires dans les dernières années, mais la pénurie touche presque tous les titres d’emploi à des degrés divers », explique Richard Boissinot, président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

« La même situation prévaut du côté des professionnels et techniciens au CIUSSS, on a en permanence 45 assignations à temps plein en éducation spécialisée et en travail social qui ne sont pas comblées en plus d’une quarantaine d’autres dans différents titres d’emplois », explique Nicole Cliche, présidente du Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux (SPTSSS).

La pénurie de main-d’œuvre a un impact de plus en plus criant sur les services à la population. « Le personnel soignant est obligé d’aller au plus pressé et ne peut plus donner la qualité de soins auquel les gens ont droit, notamment dans les CHSLD, tandis qu’on voit maintenant des situations inimaginables, comme la fermeture de la cafétéria de l’hôpital de Baie-Saint-Paul pendant les fêtes cette année, faute de personnel », illustre Richard Boissinot. La situation est telle que des bonifications de services, pourtant décidées et financées, sont des plus difficiles à réaliser. « C’est triste, mais les maisons des aînés promises par la Coalition Avenir Québec risquent de connaître le même sort que le deuxième bain dans les CHSLD », prévient le syndicaliste.

La pénurie a le dos large
Tout ne s’explique cependant pas par la pénurie de main-d’œuvre. Certains problèmes découlent plutôt de pratiques de gestion désincarnées qui se sont développées au fil des fusions et des réorganisations constatent les syndicats CSN. « Avant, quand tu travaillais dans le réseau de la santé, tu avais un poste qui était lié à un lieu de travail, aujourd’hui les gens ne savent plus d’avance où ils vont travailler quand ils rentrent le matin », explique Pierre Émond, du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CHU de Québec (CSN), « les gestionnaires ne gèrent plus des humains, mais des budgets et se contentent trop souvent d’aller au plus simple, de remplir des cases et de boucher des trous.  Le résultat c’est qu’on est de plus en plus face à un phénomène de portes tournantes, l’an dernier sur 647 embauches dans notre catégorie, il y a eu 503 départs. »

Auparavant, les employé-es avaient un sentiment d’appartenance par rapport à leur lieu de travail. Dans le passé, les gestionnaires avaient une connaissance fine des milieux et arrivaient à gérer de façon humaine les remplacements et le temps supplémentaire en tenant compte des besoins et des réalités des gens avec qui ils travaillaient. « Ce n’était pas plus facile, mais on y arrivait. Aujourd’hui c’est tellement gros et en plus on applique des politiques mur-à-mur ce qui fait qu’on ne tient plus du tout compte d’enjeux propres à chaque salarié comme la conciliation travail-famille », explique M. Émond.

Le personnel du réseau de la santé et des services sociaux a l’impression de se faire presser le citron. « Le résultat de la pénurie de la main-d’œuvre et de la dégradation des conditions de travail c’est que les gens tombent malade ou quittent le réseau », explique Sonya Leboeuf du Syndicat du personnel de bureau, des techniciens et des professionnels de l’administration de Chaudière-Appalaches (CSN), « dans notre syndicat, sur 1700 membres réguliers environ, il y en a toujours une bonne centaine sur l’assurance-salaire parce que le travail les a rendus malades. Sur 285 embauches dans notre catégorie au CISSS Chaudière-Appalaches l’an dernier, 80 personnes n’ont même pas fini l’année avec nous. »

Des solutions pour contrer la pénurie
Les syndicats CSN ont des solutions à proposer pour contrer la pénurie de la main-d’œuvre. « Si on veut régler le problème de la pénurie de la main-d’œuvre, il faut être attrayant, le réseau de la santé doit revenir un employeur de choix », dit Nicole Cliche du Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale (CSN), « ce n’est pas compliqué : les gens ont besoin d’un bon salaire, de vacances et de stabilité. »

L’expérience récente du syndicat la pousse à croire qu’il faut ramener la gestion plus près des gens. « Il faut éviter le mur-à-mur et la gestion par ratio, il faut revenir à la base et gérer à partir de la réalité terrain des différentes équipes », explique Nicole Cliche, « ce qui importe surtout c’est d’écouter les salarié-es et de travailler avec les syndicats pour trouver des solutions conjointes. Ça crève les yeux : les solutions centralisées et la gestion autoritaire, ça ne fonctionne pas. »

« Il y a des négociations qui s’en viennent, il faut en profiter pour se mettre en mode solution plutôt que de chercher la confrontation comme le fait le gouvernement avec ses offres actuelles. Les employé-es à la base ont des solutions, il est temps de les écouter », croit Ann Gingras, « ce n’est pas qu’une question d’argent, le réseau doit prendre de toute urgence un virage humaniste, il faut laisser de côté la gestion comptable à la petite semaine pour revenir à la base : soigner des gens dans la dignité. » Pour que le système fonctionne, il faut de toute urgence engager plus de personnel pour mettre fin aux situations systématiques de sous-effectif. « Pour être attractif et déjouer la pénurie de main-d’œuvre, on ne peut se permettre de se concentrer que sur un ou deux titres d’emploi, il faut améliorer les conditions de travail de tous les employé-es pour leur permettre de souffler un peu », propose Ann Gingras.

Pour la syndicaliste, afin de redresser la situation, il faut également revenir à un modèle plus décentralisé, proche des gens et des employé-es. « Il faut revaloriser le modèle des CLSC, redonner leur place aux services sociaux et aux services de santé de proximité, reconnaitre l’expertise des employé-es et redonner aux gens la fierté de leur système de santé. »

Entente de principe adoptée à la Station de ski de Stoneham

Réunis en assemblée générale jeudi, les membres du Syndicat des employé-es de la Station de ski de Stoneham (CSN) ont adopté à 98 % l’entente de principe intervenue avec leur employeur à la suite d’une séance de négociation intensive la fin de semaine dernière.

Au chapitre des gains, mentionnons des augmentations de salaire de 6,72 % en moyenne pour la première année, de 3,05 % en 2020, 2 % en 2021, 2 % en 2022 et 2,5 % en 2023, ainsi qu’une bonification de la contribution de l’employeur aux REER des employé-es réguliers qui passera de 1 % pour atteindre 3 % d’ici la fin de la convention collective. La convention collective, d’une durée de cinq ans, arrivera à échéance le 4 juin 2024.

« Nous progressons sur la majorité de nos objectifs, nous sommes globalement satisfaits du règlement obtenu grâce à la détermination de nos membres », a déclaré Sébastien Noël, président du Syndicat des employé-es de la Station de ski de Stoneham (CSN), à l’issue de l’assemblée.

Rappelons que les membres du Syndicat des employé-es de la Station de ski de Stoneham (CSN) avaient rejeté une hypothèse de règlement jeudi dernier et adopté à 86,7 % un mandat de moyens de pression, pouvant aller jusqu’à la grève, à exercer au moment jugé opportun.

À propos du syndicat
Le Syndicat des employé-es de la Station de ski de Stoneham (CSN) compte entre 200 et 250 membres en haute saison. Il est affilié au Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN), à la Fédération du commerce (CSN) ainsi, bien entendu, qu’à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Entente de principe à la Station de ski Stoneham

À la suite d’une séance de négociation intensive hier, le Syndicat des employé-es de la station de ski de Stoneham (CSN) est heureux d’annoncer la conclusion d’une entente de principe jugée satisfaisante et dont il recommandera l’adoption. Aucun commentaire sur le contenu de l’entente ne sera émis avant de la soumettre aux membres du syndicat lors d’une assemblée générale à venir dans les prochains jours.

Rappelons que les membres du Syndicat des employé-es de la station de ski de Stoneham (CSN) avaient adopté à 86,7 % un mandat de moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève à exercer au moment jugé opportun jeudi dernier.

À propos du syndicat

Le Syndicat des employé-es de la Station de ski de Stoneham (CSN) compte près de 150 membres en haute saison. Il est affilié au Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN), à la Fédération du commerce (CSN) ainsi, bien entendu, qu’à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Vote de grève à la Station de ski Stoneham

Réunis en assemblée générale jeudi soir, les membres du Syndicat des employé-es de la station de ski de Stoneham (CSN) ont adopté à 86,7 % un mandat de moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève à exercer au moment jugé opportun. « Il appartient maintenant à la partie patronale de faire un bout de chemin pour sauver la saison à la veille du congé des fêtes, » a déclaré Sébastien Noël, président du Syndicat des employé-es de la station de ski de Stoneham (CSN), à l’issue de l’assemblée.

Après sept rencontres de négociation, les parties avaient fait appel au service d’une conciliatrice du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale. Trois rencontres de conciliation ont eu lieu et se sont soldées par une hypothèse de règlement qui a été jugée insuffisante et rejetée par les membres du syndicat en assemblée générale.

« Là où le bât blesse, c’est vraiment au chapitre des salaires, » indique Sébastien Noël. Pour les syndiqué-es, il est inconcevable que leur salaire de base soit encore et toujours collé sur le salaire minimum. Notons que, dès le 1er mai 2020, le salaire du premier échelon de la classe 1 sera surpassé par l’augmentation du salaire minimum.

« Ces syndiqué-es ont déjà subi un lock-out lors du précédent renouvellement de convention collective, il y a cinq ans. Nous appelons, aujourd’hui, les porte-paroles de Resort of the Canadian Rockies (RCR), une compagnie basée en Alberta, à faire un bout de chemin afin d’éviter un arrêt de travail pendant le congé des fêtes, » a déclaré Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN). « Dans tous les cas, les employé-es de la station de ski de Stoneham peuvent être assurés que le conseil central et toute la CSN seront derrière eux, quoi qu’il arrive, » a conclu la syndicaliste.

À propos du syndicat

Le Syndicat des employé-es de la Station de ski de Stoneham (CSN) compte près de 150 membres en haute saison. Il est affilié au Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN), à la Fédération du commerce (CSN) ainsi, bien entendu, qu’à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Une annonce historique pour les travailleuses et les travailleurs

Après des mois de tergiversations, le gouvernement fédéral vient d’annoncer par voie de communiqué qu’un seul chantier s’est préqualifié pour intégrer la Stratégie nationale en matière de construction navale, il s’agit du Chantier Davie. « Il s’agit d’une annonce historique pour les travailleuses et les travailleurs, l’injustice de 2011 est enfin réparée », se réjouit Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN).

« C’est une grande victoire qui est le fruit du travail acharné des syndicats du chantier, du conseil central et de toute la CSN », souligne Ann Gingras. Pour la présidente du conseil central, la nouvelle ne pouvait pas mieux tomber, à la veille de Noël. « Après des années d’incertitudes, les travailleuses et les travailleurs vont enfin pouvoir se projeter dans l’avenir et cesser de s’inquiéter pour la pérennité de leur gagne-pain », rappelle Ann Gingras pour qui l’inclusion dans la Stratégie nationale de construction navale vient assurer du travail à la Davie pour au moins deux générations.

Rappelons que la Stratégie nationale en matière de construction navale est un projet à long terme qui vise à renouveler la flotte fédérale de navires. Il s’agit d’un partenariat forgé avec les chantiers maritimes afin de construire au pays les navires de la Marine royale canadienne et ceux de la garde côtière. On parle de contrats de plusieurs dizaines de milliards de dollars échelonnés sur plusieurs décennies. Lors de son lancement, en 2011, le Chantier Davie avait été écarté de la stratégie au profit de deux autres chantiers canadiens de moins grande envergure. Il est évident depuis des années, que les deux chantiers retenus à l’époque ne suffisent pas à la tâche et sont incapables de livrer la marchandise tandis que la Davie est sous-utilisée et vivote faute de contrats de construction navale.

« C’est réellement une injustice qui a été faite à la Davie et au Québec lors du lancement de la Stratégie nationale en matière de construction navale en 2011, il fallait absolument la réparer et c’est pour ça que nous nous sommes tant mobilisés sur ce dossier, aujourd’hui on peut crier victoire et se dire que grâce à la mobilisation de tous les acteurs concernés la justice a prévalue », dit Ann Gingras qui rappelle toutefois que l’annonce d’aujourd’hui ne garantit toujours pas de travail à court terme. « Pour boucler la boucle, il ne manque plus que l’annonce de contrats de construction pour Chantier Davie, que ce soit la construction du Diefenbaker, un brise-glace dont le contrat a été retiré à un chantier de la côte ouest récemment, ou un deuxième navire ravitailleur, l’Obélix, » conclut Ann Gingras.

Le CCQCA appuie la coopérative du Soleil

Le Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN) répond à l’appel des travailleuses et des travailleurs du Groupe Capitales Médias et donne son appui à la coopérative du Soleil. Le comité exécutif de l’organisation syndicale vient de signer une lettre d’engagement de 10 000 $ pour le projet de coopérative.

« Soyons clairs, la disparition du Soleil serait une catastrophe pour la région », a déclaré la présidente du conseil central, Ann Gingras. Mais pour la syndicaliste, la crise que traverse le Groupe Capitales Médias peut se transformer en opportunité historique : celle de redonner Le Soleil à ses artisans et à sa communauté. « Le projet d’une coopérative de solidarité nous semble le bon véhicule pour permettre la mobilisation de toute la communauté », explique celle qui siège au comité de coordination de la campagne de contribution volontaire pour le démarrage de la coopérative du Soleil.

Le conseil central lance à son tour un appel à toutes les forces vives de la région, aux syndicats, aux organisations sociales et à la population pour soutenir le quotidien plus que centenaire. « Ensemble, on peut sauver Le Soleil et la diversité de l’information », s’enthousiasme Ann Gingras. « Imaginez une presse réellement indépendante, entièrement consacrée à son rôle d’information, imaginez une presse ne devant rendre de comptes qu’à la communauté qui la supporte ! Il me semble que c’est une aventure emballante qui mérite tout notre appui. »

Le temps presse

Rappelons que le Groupe Capitales Médias s’est placé, cet été, sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité et que les offres de reprises doivent être déposées auprès du syndic le 25 octobre prochain. Les promoteurs espèrent récolter plus de 500 000 $ d’ici là pour financer la coopérative du Soleil. Les personnes et les organisations désirant en savoir plus et contribuer au projet peuvent visiter le site coopmonjournal.com. Si jamais le syndic ne retenait pas le projet de coopérative, toutes les sommes recueillies seraient retournées aux contributeurs.

Outils Garant : Entente de principe adoptée à 86%

Les membres du Syndicat des travailleuses et des travailleurs des Outils Garant (CSN) ont adopté à 86 % l’entente de principe ratifiant la convention collective qui leur était présentée ce matin en assemblée générale. La nouvelle convention collective, d’une durée de 5 ans, arrivera à échéance le 12 octobre 2023.

Rappelons que le 26 février dernier, les membres du syndicat avaient rejeté à 87 % une première entente de principe jugée insuffisante et adopté à l’unanimité un mandat de moyens de pression excluant la grève.

« Nous sommes contents après six mois de négociation d’avoir franchi cette étape, a déclaré Maxime Jobin, président du syndicat. C’est une bonne entente qui comporte des améliorations pour nos membres et permet de rattraper certains retards. Maintenant, le syndicat s’engage dans la négociation d’une première convention CSN pour les membres de notre nouvelle section à Woodstock, au Nouveau-Brunswick. »

Faits saillants
La nouvelle convention collective comporte quelques gains intéressants dont une quatrième semaine de vacances après 10 ans de service au lieu de 15, une augmentation de 16 % de la part de l’employeur pour l’assurance collective, une amélioration de la prime pour certificat en électricité, une nouvelle prime pour la formation, une nouvelle prime de surveillance, une nouvelle prime d’affûteur et une nouvelle clause sur les « tempêtes hivernales ».

La convention collective prévoit des augmentations de salaire de 11,5 % sur cinq ans. Les augmentations sont rétroactives au 12 octobre 2018 et seront payables dans les 30 jours.

Vote de moyens de pression

Les membres du Syndicat des travailleuses et des travailleurs des Outils Garant – CSN ont rejeté à 87 % l’entente de principe qui leur était présentée cet après-midi en assemblée générale. Un vote de moyens de pression, qui a récolté 100 % d’appui, a été réalisé dans la foulée.

« Le message des membres est clair : dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, la compagnie devra faire plus pour demeurer attractive », a déclaré Maxime Jobin, président du syndicat. « Nous retournons à la table de négociation avec un mandat très fort de nos membres ; les gens sont en colère et se disent qu’en tant que salariés d’une entreprise centenaire, ils méritent plus de respect », explique-t-il.

« Les travailleuses et les travailleurs des Outils Garant peuvent compter sur l’appui indéfectible du conseil central pour obtenir une convention collective qui correspond davantage à leurs aspirations », a assuré Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CSN).

Une hypothèse de règlement adoptée à 71 % par les membres

Les travailleuses et les travailleurs auront bientôt une première convention collective à la Coopérative funéraire des Deux Rives. Une hypothèse de règlement, soumise par la médiatrice-conciliatrice du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Françoise Chevarie, a en effet été adoptée à 71 % hier soir, lors d’une assemblée générale tenue au Club social Victoria, à Québec.

« Le chemin a été long et tortueux, mais nous y sommes arrivés grâce à la motivation et à la détermination des membres! », s’est exclamée Catherine Caron, présidente et membre du comité de négociation du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la Coopérative funéraire des Deux Rives (CSN), « nous sommes très contents du résultat et des gains que nous avons fait considérant qu’il s’agit d’une première convention collective. L’histoire ne se termine pas ce soir, elle commence. Nous avons maintenant une bonne base à partir de laquelle nous allons pouvoir faire des progrès dans les années à venir ».

Des gains conséquents

Entre autres gains qui seront inscrits dans cette première convention collective, soulignons notamment la reconnaissance de l’ancienneté, la protection contre le travail des cadres, la mise en place de règles applicables à toutes et à tous pour les horaires de travail, un comité conjoint sur l’équité salariale, l’ajout d’un plancher d’emplois et la création de plusieurs postes.

Au plan monétaire, les augmentations salariales sont de 3,5 % les deux premières années et de 2,5 % la troisième. Une rétroactivité salariale est prévue au 1er janvier 2018 et la progression dans les échelons sera plus rapide. Pour ce qui a trait aux RÉER, le groupe passe à Fondaction et l’employeur augmente sa contribution à 3,4 %. La convention collective arrivera à échéance le 30 juin 2020.

Mobilisation pour appuyer la création d’un tribunal spécialisé en matière d’agression sexuelle

Une cinquantaine de membres du comité des femmes du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CSN) vont se mobiliser en début d’après-midi aujourd’hui pour appuyer la création d’un tribunal spécialisé en matière d’agression sexuelle. Les syndicalistes et leurs alliées se rendront devant le palais de justice de Québec vers 13 h 30.

« Selon les données de 2014 de Statistique Canada, seulement 5 % des agressions sexuelles au Canada font l’objet d’un signalement et seulement 3 sur 1000 se soldent par une condamnation, rappelle Barbara Poirier, vice-présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CSN). Le déni de justice pour les survivantes, encore récemment illustré dans quelques cas très médiatisés, est inacceptable. Comme société, nous pouvons et nous devons faire mieux. »

Le comité des femmes du conseil central a décidé de se mettre en action en marge d’une journée thématique en condition féminine. Les militantes se rendront collectivement au palais de justice afin d’appuyer la création d’un tribunal spécialisé en matière d’agression sexuelle. « Nous voulons saluer l’initiative en ce sens des différents partis représentés à l’Assemblée nationale et réaffirmer que nous demeurerons vigilantes sur la question de la violence faite aux femmes », explique Barbara Poirier.

Pénurie de médecins en réadaptation

Le Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale (SPTSSS–CSN) s’inquiète de la pénurie de médecins à l’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ). Depuis le 20 janvier, faute de médecins pour faire les admissions, les services de réadaptation des personnes ayant subi notamment un AVC, un traumatisme crânio-cérébral ou une blessure à la moelle épinière ont été transférés à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus. « Nous interpellons ce matin la ministre de la santé et des services sociaux, Danielle McCann, afin de trouver rapidement une solution » a déclaré le président du syndicat, François Proulx-Duperré.

Une situation préoccupante

À la suite de plusieurs départs à la retraite et à la réforme Barrette (loi 20), le nombre de médecins généralistes à l’IRDPQ est passé de douze, en 2015, à deux, aujourd’hui. Le manque de couverture médicale a progressivement empêché de faire les admissions des patientes et patients en provenance de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus. Une des solutions temporaires développées par la direction du CIUSSS de la Capitale-Nationale est de commencer la réadaptation à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus.

« C’est une situation extrêmement préoccupante parce que c’est pendant les trois premiers mois que le processus de récupération est optimal », explique Véronique Thibeault, représentante du secteur de l’IRDPQ au SPTSSS–CSN. « La réadaptation à l’hôpital ne peut être équivalente si les gens ne bénéficient pas de la même intensité de traitement et si les plateaux de traitements ne sont pas adaptés ». L’accès aux services de réadaptation est essentiel pour permettre aux personnes de retrouver une participation sociale et une qualité de vie. L’IRDPQ est un centre spécialisé reconnu mondialement grâce à ses plateaux techniques et ses équipes spécialisées. « À l’IRDPQ, on a des équipes multidisciplinaires et les soins sont centrés sur la personne », souligne la représentante syndicale, « c’est très différent d’une culture hospitalière ».

Genèse d’une pénurie

Actuellement, l’IRDPQ a les autorisations et les crédits nécessaires pour accueillir cinq médecins généralistes. « Le problème, c’est qu’avec la loi 20, pour les médecins, ce n’est plus intéressant de venir à l’IRDPQ », explique Sébastien Collard, secrétaire général du SPTSSS–CSN et lui-même neuropsychologue à l’IRDPQ. Rappelons que la réforme Barrette impose aux médecins généralistes des quotas de patientes et patients et une présence en cabinet privé. « Les règles ministérielles, que d’aucuns qualifieraient de rigides, empêchent d’intégrer plus rapidement des médecins qui seraient intéressés mais qui n’ont pas encore atteint leurs quotas sur papier », indique Sébastien Collard, « ça pénalise en quelque sorte une institution comme l’IRDPQ ».

La ministre McCann doit intervenir

La ministre Danielle McCann, qui a répété plusieurs fois depuis sa nomination qu’elle aurait plus de flexibilité que son prédécesseur, peut intervenir, selon le syndicat. « Nous demandons à la ministre d’autoriser les dérogations nécessaires pour permettre de rétablir rapidement la situation », explique le président du syndicat, François Proulx-Duperré, « c’est important d’agir rapidement parce que sinon on risque d’échapper des gens et ça aurait des conséquences dramatiques ».

« Plus globalement, il y a lieu de revisiter l’ensemble de l’œuvre du docteur Barrette », croit Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN). « La ministre Danielle McCann a l’occasion de réparer les pots cassés par son prédécesseur. Nous avions averti que les réformes mises en œuvre depuis 2015 auraient des effets pervers, on est en plein dedans. Dans le cas qui nous occupe, il y a des règles à assouplir pour éviter que la même situation se reproduise ailleurs ». Pour la présidente du conseil central, il est plus que temps de redonner un peu de flexibilité au système de santé et de services sociaux et de recommencer à en écouter les différents acteurs qui assurent les services et soins au quotidien.

Entente de principe à la Station Mont-Sainte-Anne

Une entente de principe est intervenue cet après-midi dans le dossier de la Station Mont-Sainte-Anne après une séance de conciliation.

Les membres du Syndicat des employé-es de la Station Mont-Sainte-Anne- CSN prendront connaissance du contenu de l’entente de principe et seront appelés à se prononcer lors d’une assemblée générale qui aura lieu le samedi 22 décembre. Le syndicat ne fera pas d’autres commentaires d’ici là.

 À propos du syndicat

Le Syndicat des employé-es de la Station Mont-Sainte-Anne – CSN compte entre 350 et 400 membres en haute saison. Il est affilié au Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN), à la Fédération du commerce (CSN) ainsi, bien entendu, qu’à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Vote de grève à la Station Mont Sainte-Anne

Réunis hier soir en assemblée générale, les membres du Syndicat des employé-es de la Station Mont Sainte-Anne (CSN) se sont donné à 77 % un mandat pour une banque de sept jours de grève à utiliser au moment jugé opportun.

Il y a déjà eu une quinzaine de séances de négociation dans ce dossier, négociations qui se poursuivent toujours. Le litige porte actuellement sur la date de fin de la prochaine convention collective et sur les salaires. Les dernières offres patronales ont été rejetées à 63 %.

Grève générale illimitée à la carrière Calco de Saint-Marc-des-Carrières

Les quarante salariés de production, membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des industries manufacturières (STTIM–CSN), section Graymont Portneuf, sont en grève générale illimitée à compter de 7 h, le 30 juillet 2018 pour dénoncer l’impasse dans la négociation qui achoppe principalement sur les clauses salariales.

Fort d’un mandat de grève voté à l’unanimité par les membres, lors de l’assemblée générale tenue le 21 juin 2018 et après des séances de conciliation infructueuses, le syndicat entend régler une grande iniquité dans le traitement salarial qu’offre l’entreprise Graymont (Portneuf) inc. Division Carrière Calco avec celui offert à ses deux autres divisions québécoises pouvant atteindre une différence allant jusqu’à 8 $ de l’heure pour la même fonction.

Par cette grève, le syndicat entend faire valoir le sérieux de ses demandes qui visent un rattrapage pour diminuer les écarts avec les autres salariés de Graymont et de la compétition. C’est une question de justice et de respect.

La CSN demande au gouvernement d’en faire plus

L’acquisition par le gouvernement fédéral de trois brise-glace qui seront convertis par le chantier naval Davie représente un début, mais n’est pas à la hauteur des attentes de la CSN et de ses organisations affiliées.

« Cette annonce n’est pas nouvelle; le gouvernement avait déjà publicisé il y a quelques mois l’acquisition des trois brise-glace. Aujourd’hui, il est venu détailler les retombées qui en découleront : les créations d’emplois seront moins élevées que prévu et s’établiront à environ 200 emplois, ce qui est décevant; il faudra faire bien plus pour assurer la survie du chantier à long terme et éviter les impacts négatifs sur la région », a souligné d’entrée de jeu le président de la Fédération de l’industrie manufacturière, Louis Bégin.

Rappelons que la Davie avait proposé il y a deux ans au gouvernement fédéral un projet de conversion de quatre brise-glace; d’ailleurs, le premier ministre Trudeau lors de son passage à Québec avait annoncé en grande pompe le début de la négociation entre la Garde côtière et le chantier naval pour leur acquisition. « C’est 800 emplois qui auraient été générés alors qu’on nous en annonce aujourd’hui 200 sur deux ans. Pourquoi le chantier, qui continue à détenir 50 % de la capacité de production du pays, n’obtient-il que 1 % des contrats fédéraux à ce jour? La donne doit changer en prévision des appels d’offres du fédéral pour le renouvellement de sa flotte de brise-glace », a souligné aussi Louis Bégin.

Retenir la main-d’œuvre
Pour la présidente du conseil central de Québec Chaudière-Appalaches, la situation continue à être inquiétante à la fois pour les travailleurs du chantier que pour les emplois créés indirectement. « Environ 250 travailleurs syndiqués s’y activent actuellement afin d’achever le dernier traversier commandé par la Société des traversiers du Québec, alors qu’ils étaient 1 000 à l’arrivée au pouvoir du gouvernement Trudeau, souligne-t-elle. Quand celui-ci sera livré, il ne restera que les contrats pour les trois brise-glace dont il est question aujourd’hui, somme toute assez modestes, car le carnet de commandes est vide. Que seront devenus les travailleuses et travailleurs qui ne se seront pas retrouvé un emploi à la Davie? Déjà, plus de 300 syndiqué-es ont remis leur démission. Aurons-nous la main-d’œuvre experte nécessaire pour que le chantier puisse se qualifier dans le cadre des appels d’offres à venir? »

La Davie dans la Stratégie nationale
« Seaspan sur la Côte Ouest et Irving dans les maritimes ne respectent pas les échéanciers et les coûts explosent, a finalement affirmé le secrétaire de la CSN, Jean Lortie. Le Diefenbaker, appelé à remplacer le quatrième navire qui n’a pas été retenu par le gouvernement, devait être livré par Seaspan en 2017 au coût de 750 millions. Il sera retardé vers 2025 et le coût à ce jour s’élève à

1,3 milliards, qui viennent de la poche des contribuables. Les travailleuses et travailleurs de la Davie ont prouvé avec le navire Asterix leur grande expertise et leur capacité à livrer à temps. Nous attendons du gouvernement qu’il en tienne compte à l’automne afin de corriger la Stratégie nationale de construction navale en y intégrant la Davie. Il n’y a aucune raison pour que ce chantier performant et qui a fait ses preuves en soit exclu », a-t-il finalement conclu.

Une annonce qui manque de vision à long terme

La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), le Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN) et la Confédération des syndicats nationaux (CSN) prennent acte de l’octroi du contrat d’acquisition et de conversion de trois brise-glaces commerciaux de taille moyenne au chantier Davie de Lévis. Les trois organisations rappellent cependant au gouvernement qu’il s’agit d’une solution à court terme à un problème récurrent qui pourrait être réglé en partie en reconnaissant le chantier Davie dans la Stratégie nationale de construction navale.

« C’est évident, c’est une nouvelle que nous attendions avec impatience, annonce Louis Bégin, président de la FIM–CSN. À court terme, ça va rassurer les travailleuses et les travailleurs de la Davie, leur donner une certaine sécurité d’emploi. Ça va probablement permettre aussi de rappeler des employé-es au travail. On déplore par contre le fait que le gouvernement donne 15 jours aux autres fournisseurs pour signaler leur intérêt pour ce projet. On octroie le contrat à la Davie ou on ne l’octroie pas. Le gouvernement doit arrêter ce manège. Surtout que ce n’est pas une solution qui assure la pérennité des emplois à long terme sur le chantier. Pour ça, il faudrait que le gouvernement fédéral fasse le pas de plus et reconnaisse une fois pour toutes le chantier Davie de Lévis dans la Stratégie nationale de construction navale. Cette reconnaissance permettrait enfin à la Davie d’obtenir des contrats pour des navires de grande taille, ce que le chantier est déjà capable de faire à l’heure actuelle. Ces contrats sécuriseraient beaucoup plus d’emplois sur une plus longue période. »

« La Davie a la main-d’œuvre nécessaire pour faire beaucoup plus que la conversion de navires de taille moyenne, poursuit Jacques Létourneau, président de la CSN. Le personnel détient l’expertise requise et le chantier n’a pas besoin de modifications majeures pour pouvoir travailler sur des navires de grande taille. En allant du côté de Seaspan sur la côte ouest et d’Irving dans les maritimes, le gouvernement fédéral est passé à côté d’une belle occasion de sauver des millions de dollars. Dans la réalité, les chantiers choisis dans le cadre de la Stratégie nationale de construction navale ne sont pas en mesure de livrer la marchandise et doivent moderniser et agrandir leurs installations à coup de millions de dollars pour y arriver. Plusieurs années plus tard, aucun navire n’a été livré par ces deux chantiers. Le chantier de la Davie est prêt, les travailleuses et les travailleurs sont prêts, il ne manque que les navires. L’annonce d’aujourd’hui va aider dans l’immédiat, mais le gouvernement doit en faire plus. »

« Plus de cinq mois après la déclaration du premier ministre, nous sommes grandement déçu de voir que l’on passe de quatre à trois brise-glaces, il manque le plus grand navire alors que celui sensé le remplacer, le Diefenbaker qui devait être livré en 2017 ne le sera pas avant 2025 au plus tôt. Il faut être conscient que c’est le minimum pour les travailleuses et les travailleurs du chantier. La Davie a 50% de la capacité de production du pays mais n’a reçu que 1% des contrats fédéraux à date. Donc aujourd’hui, nous prenons acte de cette annonce partielle qui était attendue depuis longtemps. Mais si on veut assurer une stabilité au chantier et, du même coup, des retombées économiques importantes pour la région, le gouvernement doit cesser de tourner autour du pot et lancer dès maintenant des projets de plus grande envergure avec la Davie » conclut Ann Gingras, présidente du CCQCA-CSN.

Chantier Davie est prêt

Les 300 délégué-es de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), réunis en congrès cette semaine à Lévis, se sont rendus en fin d’après-midi au chantier maritime de la Davie pour souligner l’engagement de la CSN et de Chantier Davie Canada à tout mettre en œuvre afin d’assurer la pérennité du plus important chantier naval au Canada. Le rassemblement réunissait les salarié-es du chantier, leurs syndicats, les cadres, le personnel de direction ainsi que des membres de la communauté.

« Grâce à notre mobilisation, tant sur le plan local, régional que national, avec l’appui de la CSN, nous avons obtenu quelques engagements qui nous ont permis d’éviter une fermeture complète du chantier. On a encore beaucoup de pain sur la planche pour s’assurer d’une véritable pérennité du chantier. Au nom des syndicats CSN du chantier et de tous les travailleurs, je tiens à remercier toute la communauté pour son appui extraordinaire », se réjouit le président du Syndicat des travailleurs du chantier naval de Lauzon (CSN), Régent Guay.

« Le Canada a besoin plus que jamais de son plus grand chantier naval, Chantier Davie. Le gouvernement le reconnaît dans ses propres rapports de manière catégorique : la flotte fédérale rouille plus vite qu’elle ne peut être remplacée. Où les autres ont échoué, Davie a prouvé sa capacité à réaliser les programmes dans les délais fixés et selon le budget prévu », poursuit le président et chef de la finance de Davie, James Davies.

« On attend davantage du gouvernement Trudeau, enchaîne le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau. Le gouvernement a la responsabilité d’assurer un partage équitable des retombées économiques des contrats qu’il octroie lui-même. En excluant le plus gros chantier maritime du Canada de sa stratégie maritime, le gouvernement nuit énormément au développement économique de toute la région. Un changement de cap s’impose. »

Pour Louis Bégin, président de la FIM–CSN, à laquelle sont affiliés les trois syndicats du chantier naval, la mobilisation de tous les acteurs doit se poursuivre jusqu’à ce qu’on obtienne des annonces véritablement structurantes assurant l’avenir de la Davie. « Le Canada doit soutenir ses industries de pointe et la première façon de le faire est de s’assurer que les contrats qu’il octroie lui-même aient des retombées positives pour toute la population. Si ce chantier ferme par manque de travail, c’est une perte nette d’expertise pour l’entreprise, car ces travailleurs qualifiés vont se replacer ailleurs et la relance sera encore plus difficile. Comme plus grand donneur de contrats dans le domaine, il est important que le gouvernement planifie ses décisions de façon à jouer un rôle de levier pour consolider l’industrie et les emplois. »

La présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches, Ann Gingras, était également présente lors de ce rassemblement. « Nous allons continuer de frapper à toutes les portes pour que le gouvernement fédéral agisse afin de corriger l’incroyable injustice qui règne depuis sept ans maintenant dans notre région. Les députés et les ministres fédéraux n’ont pas fini de nous voir et de nous entendre. Nous maintiendrons la pression tant que Davie n’obtiendra pas sa juste part des contrats fédéraux qui est bien au-delà du maigre 1% des contrats octroyé à date, particulièrement en cette année pré-électorale qui débutera prochainement. »