Dans une décision rendue le 3 février dernier, le Tribunal administratif du travail (TAT) annule les congédiements de François Dubé, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Shawinigan Aluminium–CSN, et de Dominic Boisvert, représentant en santé et en sécurité au travail.
De plus, il ordonne le versement rétroactif des salaires et avantages perdus aux travailleurs et d’un montant de 25 000 $ à titre de dommages moraux et punitifs au syndicat.
Le 18 octobre 2024, l’employeur a congédié Dominic Boisvert. Le même jour, il a suspendu François Dubé sans solde. En janvier 2025, il a également décidé de congédier le président du syndicat.
C’est une deuxième décision défavorable en trois mois pour Shawinigan Aluminium. Le 15 décembre 2025, le TAT avait déclaré l’entreprise coupable d’entrave aux activités syndicales et avait ordonné à l’employeur de verser une somme de 3 000 $ au syndicat à titre de dommages punitifs.
Un climat hostile alimenté par un leadership coercitif
« Ces décisions démontrent à quel point l’employeur abuse de son droit de gérance. Depuis plusieurs mois, les travailleuses et travailleurs se plaignent d’un climat de travail toxique dans cette usine », affirme la présidente de la CSN, Caroline Senneville.
Et les chiffres parlent : 42 départs sur 57 postes en deux ans, 1200 heures de suspension depuis 2023, 37 cadres pour 57 employé-es syndiqués et un nombre d’arrêts de travail pour maladie inédit dans cette entreprise.
Demande d’intervention à Sotrem (actionnaire principal)
« En tant qu’organisation syndicale, c’est notre devoir de protéger nos membres. Nous avons entrepris des démarches auprès de la direction et nous avons tendu la main pour trouver une solution, mais nos appels sont restés lettre morte. Nous avons même écrit à Michel Boudreault, président-directeur général de Sotrem à Saguenay, son entreprise étant l’actionnaire principal de Shawinigan Aluminium. Et lui aussi semble insensible à la souffrance des travailleuses et travailleurs à Shawinigan », ajoute le président de la Fédération de l’industrie manufacturière, Kevin Gagnon.
« Nous remettons en question la compétence de la direction de Shawinigan Aluminium. En 2026, on ne traite pas ses employé-es ainsi. Depuis octobre 2025, l’employeur a l’obligation de prévenir les risques psychosociaux, ce qui inclut le stress, le harcèlement, l’incivilité et le manque d’autonomie. Avec 37 cadres pour surveiller 57 employé-es, nous sommes de toute évidence devant une situation à haut potentiel de harcèlement et de manque d’autonomie », affirme le président du Conseil central du Cœur-du-Québec, Pascal Bastarache.
Les décisions :
https://t.soquij.ca/a6H2W
https://t.soquij.ca/y6GLw
À propos
Syndicat des travailleuses et travailleurs de Shawinigan Aluminium inc.-CSN compte environ 57 membres.
Le Conseil central du Cœur-du-Québec (CCCQ–CSN) regroupe près de 90 syndicats représentant, sur une base régionale, quelque 20 000 membres dans tous les secteurs d’activité, publics et privés. Le territoire du conseil central couvre les régions administratives de la Mauricie et du Centre-du-Québec.
La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) rassemble quelque 330 syndicats et plus de 26 000 travailleuses et travailleurs de toutes les régions du Québec, œuvrant dans sept principaux secteurs d’activité. Elle est très active sur le plan de la formation et de la prévention en santé et sécurité au travail.
Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui concernent de près la société québécoise. Elle rassemble plus de 1600 syndicats et quelque 330 000 travailleuses et travailleurs, lesquels sont réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, et sur une base régionale dans 13 conseils centraux, avec près de 30 points de service au Québec et au Canada.






